Caius Sergius Orata

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Caius Sergius Orata (140-91 av. J.-C.) est un sénateur romain réputé pour ses activités commerciales et son art de vivre. Les sources antiques insistent sur ses pratique spéculatives et le présentent comme l'exemple du luxe et du bien-vivre. Il y est considéré comme l'introducteur à Rome des bains chauds suspendus (hypocauste) et des huîtres du lac Lucrin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sergius Orata fut préteur en 97 av. J.-C.. Cicéron le présente comme privilégié par la fortune, entouré de bons amis et étant lui-même un excellent compagnon. Plus que par ses activités politiques, il est avant tout connu en raison de son art de vivre et des activités économiques qui lui étaient liées. Les auteurs antiques lui attribuent d'importantes innovations techniques dans le domaine de l'ostréiculture et dans le domaine de l'architecture thermale.

Selon Valère Maxime[1], pour qui il est un exemple du luxe dans l'aristocratie de la fin de la république, il fut le premier à utiliser des bains suspendus (balneae pensiles) et consacra d'importants travaux hydrauliques à la pisciculture et à l'ostréiculture. Orata fit notamment fermer partiellement l'entrée du lac Lucrin pour permettre l'élevage de l'huître en régulant les mouvements de l'eau. Selon Pline l'Ancien, Sergius tira grand profit de ses huîtres, il tirait aussi de grands profits de l'aménagement et de la vente de villas équipées de bains.

L'introduction à Rome par Orata des bains chauds suspendus est généralement comprise comme renvoyant aux hypocaustes, qui existaient cependant antérieurement[2],[3],[4],[5]. Orata les a sans doute modifiés, perfectionnés et développés, participant, avec son cercle de proches, à l'introduction d'usages hellénistiques à Rome[6]. Comme avec les parcs à huîtres, son entreprise fut un succès et ses thermes devinrent un signe de distinction parmi les riches Romains. Il racheta des villas, les équipa de son système de bains chauffés pour ensuite les revendre avec une plus-value. Orata était aussi un ami et protecteur du médecin Asclépiade de Bithynie.

Les investissements économiques d'Orata eurent des conséquences judiciaires. Il eut notamment un conflit juridique avec un certain Considius, publicain qui déclarait tenir en location l'eau du lac Lucrin, considéré comme un bien public. Cicéron mentionne aussi un procès à propos de la vente d'une villa[7]. Dans les deux cas, Orata fut défendu par Lucius Licinius Crassus, consul en 95 av. J.-C..

Son nom qui vient du latin « orata » ou « aurata » qui veut dire « de couleur dorée » lui viendrait de son penchant pour le luxe et de son habitude d’orner les doigts de ses mains de deux gros anneaux d’or. Certains associaient aussi son nom à son goût pour les dorades.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. IX, 1, 1.
  2. Tchernia, 1997.
  3. Wikander, 1996.
  4. Thébert, 2003, p. 80-83.
  5. Fagan, 1996 considère que les pensiles balineae d'Orata ne doivent pas être rapprochés de l'hypocauste mais de la pisciculture.
  6. Tchernia, 1997, p. 1254.
  7. De officiis, III, 67.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • O. Wikander, « Senators and equites VI. Caius Sergius Orata and the invention of the hypocaust », Opuscula Romana. Annual of the Swedish Institute in Rome - Stockholm, 20, 1996, p. 177-182.
  • G.G. Fagan, « Sergius Orata : inventor of the hypocaust ? », Phoenix, 50, 1996, p. 56-95.
  • A. Tchernia, « Le cercle de Licinius Crassus et la naissance de la hiérarchie des vins à Rome », CRAI, 4, 1997, p. 1247-1259 [1]
  • Yvon Thébert, Thermes romains d'Afrique du Nord et leur contexte méditerranéen : études d'histoire et d'archéologie, École française de Rome, 2003, 733 p.