Simon Boccanegra (opéra)

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Simon Boccanegra
Image décrite ci-après
Palazzo San Giorgio, résidence des doges de Gênes

Nbre d'actes 3
Musique Giuseppe Verdi
Livret Francesco Maria Piave, Arrigo Boito
Langue
originale
Italien
Dates de
composition
1857
Création 12 mars 1857
Fenice, Venise
Drapeau du Royaume lombard-vénitien Royaume lombard-vénitien
Versions successives
  • Seconde version créée le 24 mars 1881 à la Scala de Milan
Personnages
Airs
  • « Il lacerato spirito » - Fiesco (Prologue)
  • « Come in quest'ora bruna » - Maria (I, 1)
  • « Nell'ora soave » - Maria (I, 2)
  • « Plebe ! Patrizi ! » - Simon Boccanegra (I, 2)
  • « Sento avvampar nell'anima » - Adorno (II)

Simon Boccanegra est un opéra en un prologue et trois actes de Giuseppe Verdi, livret de Francesco Maria Piave d'après une pièce d'Antonio García Gutiérrez, créé le 12 mars 1857 au théâtre de la Fenice à Venise.

Une seconde version, dont le livret a été repris par Arrigo Boito, a été créée à la Scala de Milan le 24 mars 1881.

Genèse[modifier | modifier le code]

En mars 1856, Giuseppe Verdi se rend à Venise pour mettre en scène La Traviata et reçoit une commande de la Fenice pour un nouvel opéra pour le carnaval de carême de 1857. Il choisit Simon Boccanegra tiré d'un drame de l'écrivain et poète espagnol Antonio García Gutiérrez paru en 1843. Cette histoire de la République de Gênes au XIVe siècle a une connotation politique. Verdi veut en dénoncer les guerres fratricides et menace de ne pas représenter l’œuvre si la censure touche au livret. Le musicien écrit la trame à partir de laquelle Francesco Maria Piave composera le livret. Fin 1856, la composition est achevée. Malgré sa recherche d’une expression musicale nouvelle avec des récitatifs « secs » dans le style de Wagner, la qualité de ce premier livret de Simon Boccanegra ne permet pas une étroite dépendance entre drame et musique.

Création[modifier | modifier le code]

L'œuvre est créée le 12 mars 1857 à la Fenice, sans grand succès. En juin, l'opéra est joué à Reggio d'Émilie avec plus de succès. Mais la représentation de 1859 à Milan est un échec. L'opéra disparaît de la scène pendant des années. Verdi retravaille l'œuvre en profondeur avec Arrigo Boito qui publie une version révisée du livret. La représentation du 24 mars 1881 à la Scala de Milan consacre enfin l'œuvre qui sera désormais montée à partir de cette seconde version remaniée.

Distribution[modifier | modifier le code]

Représentations successives[modifier | modifier le code]

Réception[modifier | modifier le code]

La critique[modifier | modifier le code]

Le public[modifier | modifier le code]

Argument[modifier | modifier le code]

L'action se situe à Gênes et dans ses alentours au milieu du XIVe siècle. Entre le prologue et le drame vingt-cinq années se passent.

Prologue[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle, Gênes est déchirée par les luttes entre patriciens et plébéiens. Le marin Simon Boccanegra et son amante Maria font les frais de ces querelles intestines : le père de Maria n’est autre que le doge de la ville, le patricien Fiesco. Lorsqu’il a appris qu’elle avait donné un enfant à Simon, il a assigné sa fille à résidence. Les deux amants avaient confié leur fille à une vieille servante mais celle-ci est morte, et l’enfant a mystérieusement disparu. A l’approche des élections, le plébéien Paolo propose à Simon de se présenter. Celui-ci accepte, voyant là son unique chance d’obtenir la main de Maria. Mais Maria meurt. Rongé par la douleur, Fiesco accuse Simon d'avoir causé la perte de sa fille, et lui déclare que seule la vue de sa petite fille pourrait les réconcilier. Et Simon Boccanegra est élu doge.

Acte I[modifier | modifier le code]

Vingt-cinq ans ont passé sur Gênes, désormais gouvernée par Simon Boccanegra. Mais la haine entre plébéiens et patriciens ne s’est pas apaisée. Fiesco s’est retiré à l’extérieur de la ville, sous le nom d'Andrea Grimaldi, avec Amelia, une orpheline qu’il a recueillie sur le rivage et élevée comme sa propre fille. Simon Boccanegra a promis la main d’Amelia à Paolo, devenu son protégé, mais la jeune fille est amoureuse de Gabriele Adorno, dont le père a jadis été tué par Simon Boccanegra. Coup de théâtre : Simon reconnaît en Amelia sa fille, disparue vingt-cinq ans auparavant. Mais la joie des retrouvailles est de courte durée : quand Boccanegra lui refuse la main d’Amelia, Paolo enlève la jeune fille. Le conflit privé prend des proportions politiques : Gabriele, qui soupçonne Simon Boccanegra d’être l’auteur de l’enlèvement, et Fiesco provoquent une insurrection. Simon doit faire face au peuple, cependant que les affrontements entre plébéiens et patriciens conduisent la cité au bord de la guerre civile. Grâce à Amelia, la vérité éclate : Paolo est démasqué, Gabriele et Fiesco sont emprisonnés.

Acte II[modifier | modifier le code]

Paolo, qui brûle de se venger, projette d’empoisonner Simon Boccanegra. Il réussit à persuader Gabriele de s’allier à lui, en lui faisant croire que Simon entretient une liaison avec Amelia. Mais lorsque Gabriele se retrouve face au doge, assoupi car il a déjà bu une gorgée de poison, l’intervention d’Amelia permet une fois de plus de faire la lumière: le jeune patricien renonce à son plan en apprenant que Simon est le père de sa fiancée. Le doge lui pardonne et Gabriele lui jure fidélité, mais, dehors, la rébellion vient de commencer.

Acte III[modifier | modifier le code]

La révolte est finalement écrasée. Paolo est arrêté puis exécuté. Fiesco hurle sa haine contre Simon Boccanegra. Mais en lui révélant qu’Amelia est la fille de Maria, Simon lui rappelle une promesse vieille de vingt-cinq ans: le plébéien et le patricien devaient faire la paix le jour où ce dernier reverrait sa petite-fille. C’est la réconciliation tant espérée. Amelia épousera Gabriele, qui succèdera à Simon. La foule en liesse réclame Simon Boccanegra, mais le poison a inexorablement accompli son œuvre, et déjà les ténèbres enveloppent le doge. Fiesco va annoncer à la foule que Gabriele est le nouveau doge.

Analyse[modifier | modifier le code]

Orchestration[modifier | modifier le code]

bois[modifier | modifier le code]

cuivres[modifier | modifier le code]

percussions[modifier | modifier le code]

cordes[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

En été 1985 une représentation de Simone Boccanegra eut lieu au Théâtre Antique d'Orange (Vaucluse) dans le cadre des Chorégies.

La soprano Monserrat Caballe y tenait le rôle de Maria Boccanegra.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Dutronc, Gilles de Van, Jean-François Labie, Sandro Cometta, Pierre Flinois, Simon Boccanegra dans L'Avant-Scène Opéra, Éditions Premières Loges, Paris, 1994, 128 p. (ISBN 2-84385-012-6)
  • Stéphane Goldet, Simon Boccanegra dans Guide des opéras de Verdi, Jean Cabourg, directeur de la publication, Fayard, collection Les indispensables de la musique, Paris, 1990, pp. 685-752 (ISBN 2-213-02409-X)
  • Piotr Kaminski, Simon Boccanegra dans Mille et un opéras, Fayard, collection Les indispensables de la musique, Paris, 2004, pp. 1608-1511 (ISBN 978-2-213-60017-8)
  • (de) Christian Springer, Giuseppe Verdi – Simon Boccanegra. Dokumente – Materialien – Texte, Praesens Verlag, Vienne 2008. (ISBN 978-3-7069-0432-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]


Sources[modifier | modifier le code]

  • Istituto nazionale di studi verdiani
  • Ouvrages cités

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]