Maître de la Légende de sainte Ursule

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Maître de la Légende de sainte Ursule est un peintre anonyme actif à Bruges à la fin du XVe siècle.

Le Maître de la Légende de sainte Ursule doit son nom aux volets d’un retable conservés au Groeningemuseum de Bruges représentant différents épisodes de la vie de sainte Ursule. Ces volets avaient été attribués à Dirk Bouts par Gustav Friedrich Waagen[1] et Crowe[2]. Max Jakob Friedländer[3] est le premier à y voir la main d’un peintre jusque là inconnu, qu’il baptise « le maître de la légende de sainte Ursule ». Friedländer s’efforce ensuite de reconstituer son œuvre en recherchant dans d’autres tableaux les caractéristiques stylistiques du retable de Bruges. Il réattribue au maître de la légende de sainte Ursule certaines des œuvres du Maître de Saint-Séverin. Les styles des deux peintres semblent proches, même si le maître la légende d’Ursule est, comme l’analysait Nicole Raynaud, « plus novateur et plus moderne dans ses préoccupations[4]. »

Volets avec la Légende de sainte Ursule (Bruges, Hôpital Saint Jean)[modifier | modifier le code]

Meister der Ursulalegende 001.jpg
Meister der Ursulalegende 002.jpg

Les volets du retable de Bruges proviennent du couvent des Sœurs augustines noires de Bruges. Il est entré au Groeninge Museum en 1959. Le peintre a représenté le beffroi de Bruges dans un des panneaux (celui où sainte Ursule prend congé de ses parents). Ce détail a permis de préciser la date de l'œuvre. Le beffroi est en effet représenté sans son couronnement hexagonal, construit entre 1482 et 1486.Le retable aurait donc été peint au moins avant 1486. I.A. Janssens de Bisthoven, Dick de Vos[5] proposent avant 1482.

Le retable est incomplet. Le volet central manque. Les deux grands volets conservés au Groeningen Museum sont les volets latéraux. Ils se composent chacun de quatre petits panneaux peints recto verso. Le musée possède aussi deux petits volets, peints également recto verso, qui devaient constituer les parties supérieures des volets latéraux.

Les grands volets[modifier | modifier le code]

D’un côté sont peints les épisodes de la vie de sainte Ursule (tirés de la Légende Dorée de Jacques de Voragine) :

  • Le roi d’Angleterre remet un message à son hérault pour le roi Donatius de Bretagne
  • L'embarquement des onze mille Vierges
  • Sainte Ursule prenant congé de ses parents
  • L‘arrivée à Cologne
  • Sainte Ursule cheminant à pied vers Rome
  • Sainte Ursule à Rome, accompagnée du Pape, du cardinal Vincent et de Jacques, archevêque d'Antioche
  • Le massacre de sainte Ursule et des onze mille Vierges par les Huns à leur retour à Cologne
  • La vénération des reliques de sainte Ursule et des onze mille Vierges

Au revers, sont peints en grisaille les quatre évangélistes Jean, Matthieu, Luc, Marc et les quatre pères de l’Église : Jérôme, Grégoire, Augustin, Ambroise.

Les petits volets[modifier | modifier le code]

D’un côté sont peints l’Église (ou le Nouveau Testament) et la Synagogue (ou l’Ancien Testament), et de l’autre côté, peints en grisaille, l’Ange de l’Annonciation et la Vierge Marie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Lui sont attribuées également :

  • Vierge à l’Enfant et un ange, collection particulière.
  • Saint Michel combattant les démons, Bruges, Museum Onze-Lieve-Vrouw ter Potterie.
  • Sainte Véronique et le suaire, collection particulière.
  • Sainte Véronique et le suaire, Pinacoteca Manfrediana, Venise.
  • Diptyque de la Vierge à l’Enfant avec trois donateurs, Anvers, Koninklijk Museum
  • Portrait de la Dame à l’œillet, Anvers, Museum Mayer van der Bergh
  • Portrait de Ludovico Portinari, Philadelphie Museum of Arts, The John G. Johnson Collection
  • Sainte Ursule annonce à son père son départ en pélerinage à Rome, 1490-1500, Toile, 1,29 x 1,55 cm, Musée du Louvre[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Gustav Friedrich Waagen, Handbuch der Geschichte der Malerei : 1. Handbuch der deutschen und niederländischen Malerschulen, Stuttgart, 1862.
  2. « His probably earliest production known to me are two small wings containing eight events from the legend of St. Ursula, in the chapel of the convent des Sceurs Noires at Bruges »  Joseph Arthur Crowe, Handbook of painting, German, Flemish and Dutch schools, 1898. [1]
  3. (de) Max Friedländer , Die Brüger Leibaustellung von 1902, Repertorium für Kunstwissenshaft NF 13, 1903.
  4. Nicole Reynaud, « Les maîtres à noms de convention », in Revue de l'Art, no 42, 1978.
  5. Dirk de Vos, Hans Memling, Ludion, 1994
  6. Sainte Ursule, Louvre

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notice sur le peintre dans l'ouvrage de P. Philippot : Peinture flamande et Renaissance italienne, Paris, Flammarion, 1994
  • Dictionnaire des peintres belges
  • Conférence du 5 mai 2006, à Dunkerque : À l’ombre des grands Maîtres de Bruges par Françoise Caillet-Mangin, historienne de l'Art et guide au Palais des Beaux-Arts de Lille [2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Artistes ayant traité des sujets similaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]