Sainte-Suzanne (La Réunion)

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Sainte-Suzanne
Vue de l'hôtel de ville de Sainte-Suzanne
Vue de l'hôtel de ville de Sainte-Suzanne
Sainte-Suzanne_Blason.jpg
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région La Réunion
Département La Réunion
Arrondissement Saint-Denis
Canton Sainte-Suzanne (chef-lieu)
Intercommunalité CINOR
Maire
Mandat
Maurice Gironcel
2012-2014
Code postal 97441
Code commune 97420
Démographie
Gentilé Sainte-Suzannois
Population
municipale
22 574 hab. (2011)
Densité 384 hab./km2
Géographie
Coordonnées 20° 54′ 20″ S 55° 36′ 26″ E / -20.9056, 55.6072 ()20° 54′ 20″ Sud 55° 36′ 26″ Est / -20.9056, 55.6072 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 1 449 m
Superficie 58,84 km2
Localisation

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Sainte-Suzanne

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Sainte-Suzanne

Sainte-Suzanne est une commune française, située dans le département en région de La Réunion.

Ses habitants sont appelés les Sainte-Suzannois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La cascade Niagara.

Le territoire communal est limitrophe de ceux de Saint-André, Sainte-Marie et Salazie. Il est séparé du premier par la Grande Rivière Saint-Jean.

Au nord, la commune est bordée par l'océan Indien, et s'élève vers le sud jusqu'à l'altitude de 1 449 m. Au-delà des crêtes se trouve Salazie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette ville de la Réunion est chargée d'histoire : c'est dans celle-ci que les « douze mutins » furent abandonnés en 1646, plus précisément à Quartier-Français. Ce quartier de Sainte-Suzanne tire, semble-t-il, son nom d'une guerre qui eut lieu entre les Anglais (le « camp Buston », devenu aujourd'hui le quartier de Saint-André, Cambuston) et les Français (d'où le quartier des Français).

La ville est fondée par le premier gouverneur de l'île Bourbon Étienne Regnault en même temps que Saint-Denis, en 1667. Au recensement de 1710 qui ne porte que sur l'élément masculin, on note 50 hommes à Sainte-Suzanne.

Sainte Suzanne lontan

Liste des maires de la commune[modifier | modifier le code]

  • 1816-1817 L'Héritier, François Victor
  • 1817-1818 Leroux, Louis
  • 1818-1821 Bedier, Louis-Philippe
  • 1821-1826 Serpe, Hubert Philippe
  • 1826-1835 Valentin, Hubert Philippe
  • 1835-1841 Vinson, François Auguste
  • 1841-1848 Desprez, Augustin Eugène
  • 1848-1857 Desprez, Augustin Eugène
  • 1857-1870 Nas de Tourris, Louis
  • 1870-1873 Fery d'Escland, Hippolyte André
  • 1873-1877 Richard, Adolphe
  • 1877-1884 Ollivier, Charles Armand Vincent
  • 1884-1905 Trésaricq, Jean
  • 1905-1906 Vidot, Jules
  • 1906-1927 Kourio, Félis
  • 1927-1939 Blanchet, Eustache
  • 1939-1945 Payet, René
  • 1945-1965 Repiquet, Georges
  • 1965-1977 Barau, José
  • 1977-1980 Paris, Albert
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1980 1993 Lucet Langenier PCR Conseiller général du canton de Sainte-Suzanne (1979-1993)
1993 2009 Maurice Gironcel PCR Conseiller général du canton de Sainte-Suzanne (2004-2009)
2009 janvier 2012 Yolande Pausé PCR  
février 2012 en cours Maurice Gironcel PCR  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 22 574 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011
9 794 11 151 11 984 13 196 14 695 18 144 21 714 22 574
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[1] puis population municipale à partir de 2006[2])
Histogramme de l'évolution démographique


Patrimoine funéraire[modifier | modifier le code]

Un cimetière restauré[modifier | modifier le code]

Situé dans la commune de Sainte-Suzanne, le cimetière de Bel-Air est le seul cimetière de l’île où se sont déroulées des opérations de restauration de tombes et de mausolées. Ces opérations s’étalent sur une période de 10 ans, de façon régulières les 4 premières années et de façon ponctuelle par la suite, à raison d’une intervention tous les deux ans en moyenne par l'association CHAM[3]. Il devient dans l’espace réunionnais un lieu d’observation, de référence en termes de gestion, de préservation et de transmission de ce type d’espace et des rapports à la Mémoire du lieu.

Ce cimetière pose plusieurs caractéristiques : il accueille dans son enclos des monuments à caractère patrimonial (le Caveau des Anglais), il comporte un plan de répartition qui se lit clairement dès l’entrée dans le cimetière, il accueille aussi dans son espace des formes modernes « d’ensevelissement » avec un columbarium. Sur le même espace deux types d’ensevelissement se côtoient ; la pratique à La Réunion est plutôt de construire de nouveaux cimetières ou des crématoriums dans des espaces distincts.

Le cimetière de Sainte-Suzanne a une valeur historique marquée. Cette valeur historique se définit par la présence sur le même espace de plusieurs types de constructions d’architecture, de style et de périodes différentes. Quatre types de monuments funéraires se trouvent ainsi dans le cimetière :

  • la stèle ;
  • le mausolée ;
  • le caveau ;
  • la tombe en terre.

La tombe en terre constitue l’ensevelissement le plus simple et le plus classique. La stèle est généralement constituée par un bloc de lave taillé (1,50 m à 2 m sur 30 à 40 cm de haut), le mausolée est construit sur une tombe en terre et se présente sous forme d’une construction maçonnée avec (ou pas) la présence d’un gisant (simple demi-cercle à Sainte-Suzanne). Le caveau est constitué par un espace creusé dans le sol (1,50 m à 2 m) avec une surélévation hors sol en brique ou en pierres taillées pour les tombes du XIXe siècle.

Le Caveau des Anglais[modifier | modifier le code]

Le cimetière de Bel-Air accueille dans son enclos un espace particulier constitué par une construction massive, que la mémoire orale appelle le « Caveau des Anglais ». La construction se présente sous forme d’une structure rectangulaire qui entoure une voûte. À l’intérieur on trouve un ensemble de pierres tombales. On estime la période de construction à la fin du XVIIIe siècle. Il aurait servi à abriter les corps des soldats anglais, morts pendant l’attaque de l’île au début du XIXe siècle. Cette structure est complétée par des espaces privatifs, entourée d’un petit muret ou sont enterrés principalement des personnes ayant vécu à la fin du XVIIIe et dans le début du XIXe siècle. Ce caveau, unique en son genre à La Réunion, a été entièrement restauré en 1996. Le plus ancien occupant des lieux : Pierre Antoine Thuault de La Flocherie (1734-1786) y est enterré en 1786. Le monument est d’une architecture de pierre dont l’appareillage est composé principalement de moellons assujettis de cales, de briques et de pierres taillées pour les chaînages et les entrées. Il est composé de deux parties :

  • le caveau principal (XVIIIe siècle) : 6,45 m de long sur 7,94 m de large sur une hauteur de 3,60 m ;
  • deux enceintes (XIXe siècle) à l’intérieur desquelles se trouvent des mausolées et des stèles en marbres.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Phare de Bel-Air à Sainte-Suzanne.

Depuis une dizaine d'années, un nombre important de chantiers a modifié le visage de Sainte-Suzanne. Parmi les infrastructures récentes figure la médiathèque intercommunale Aimé-Césaire, qui possède un riche fonds Océan Indien. La médiathèque se situe à l'entrée nord de la ville, près du quartier du phare. Le 26 juillet 2013 a également été inauguré le "Stade en Eaux Vives Intercommunal du Bocage" (S.E.V.I.) qui fait partie d'un grand projet de réhabilitation du quartier le Bocage-Niagara. Autres infrastructures de la ville :

  • Parc éolien de 7,1 MW[4]
  • L'Installation de Stockage de déchets non dangereux (ISDND) de Bagatelle

On trouve sur le territoire communal deux collèges publics :

  • le collège Hippolyte Foucque ;
  • le collège de Quartier Français, ouvert en 1998, et qui comptait 715 élèves à la rentrée 2005.

Sainte-Suzanne compte par ailleurs deux lycées :

  • le lycée public d'enseignement général et technologique de Bel Air, qui comptait 802 élèves en 2008 : 501 élèves au lycée général et 301 élèves au lycée professionnel. Ce lycée participe aussi à l'écologie grâce à son installation photovoltaïque ;
  • le lycée professionnel privé Saint-Joseph de Cluny.

Économie[modifier | modifier le code]

Vue de l'Océan Indien et de l'usine sucrière de Bois Rouge depuis Bellevue.

Le siège du groupe Quartier Français se trouve sur le territoire communal. C'est dire l'importance de la culture de la canne à sucre pour la commune.

Celle-ci capitalise également depuis 2004 sur l'image d'Edmond Albius pour signifier l'importance qu'elle entend donner à la culture de la vanille.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Domaine du Grand Hazier.

Le phare de Sainte-Suzanne, classé au titre des Monuments historiques en 2012[5] est le plus célèbre des phares maritimes réunionnais. Peint en rouge et blanc, il abrite aujourd'hui l'office du tourisme communal. On peut aussi se balader et se baigner près de la cascade Niagara qui alimente la rivière Sainte-Suzanne ou à la cascade Délices, se promener au Bocage, faire du canyoning au bassin Bœuf, visiter la Forêt Dugain ou sa ferme pédagogique, relier Saint-Denis à pied, à vélo ou en roller via le sentier littoral Nord.

Le Domaine du Grand Hazier, inscrit au titre des Monuments historiques en 1991[6] renferme un lieu de découverte de la production de la vanille, la "Vanilleraie" qui peut également être visité.

Dans les hauteurs de la ville, le quartier Bellevue possède un monument érigé en mémoire d'Edmond Albius.

Entrée du domaine du Grand Hazier

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Stèle en hommage à Edmond Albius

Natifs de Sainte-Suzanne[modifier | modifier le code]

Les personnages suivants sont natifs de Sainte-Suzanne :

Autres[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Denis en 1776, Jean-Baptiste Renoyal de Lescouble a été un habitant de Sainte-Suzanne. Il en a décrit la vie quotidienne dans un journal qui nous est parvenu couvrant la période de 1811 à 1838, année de sa mort.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la population des communes de 1961 à 2008
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  3. Site de l'association CHAM
  4. (fr) L’électricité verte pour éviter le black-out, Pierre-Olivier Rouaud, L’Usine nouvelle, p. 37, no 3100, 9 mai 2008.
  5. « Notice no PA97400019 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. « Notice no PA00105847 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]