Saint-Eustache (Haute-Savoie)

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Saint-Eustache
Image illustrative de l'article Saint-Eustache (Haute-Savoie)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Arrondissement d'Annecy
Canton Canton de Seynod
Intercommunalité Communauté de communes de la Rive Gauche du Lac d'Annecy
Maire
Mandat
Michel Chappet
2014-2020
Code postal 74410
Code commune 74232
Démographie
Gentilé Eustachois / Eustachoises
Population
municipale
480 hab. (2011)
Densité 46 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 47′ 48″ N 6° 08′ 56″ E / 45.7966666667, 6.14888888889 ()45° 47′ 48″ Nord 6° 08′ 56″ Est / 45.7966666667, 6.14888888889 ()  
Altitude Min. 600 m – Max. 1 680 m
Superficie 10,54 km2
Localisation

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Saint-Eustache est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie en région Rhône-Alpes. Ses habitants sont les Eustachoises et les Eustachois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Zone de montagne, la commune de Saint-Eustache est située dans une petite vallée au sud-ouest du Lac d'Annecy, entre les crêtes du Roc des Bœufs (1 774 m à l'aplomb du col de Leschaux) et du Semnoz (1 699 m au crêt de Châtillon sur Viuz-la-Chiésaz). L'altitude la plus basse est de 600 m sur le Laudon près du hameau d'Entredozon (Saint-Jorioz) et l'altitude moyenne est d'environ 728 m. Elle est traversée par un des trois principaux torrents se déversant dans le Lac d'Annecy. Sa superficie est de 1 054 hectares (10,54 km²), dont 586 ha de forêts (principalement sapins en altitude et feuillus en "basse" altitude), donc 55,6 % de la superficie totale de la commune. La présence de forêts est surtout comprise sur le côté est du Semnoz, le versant le moins exposé à l'ensoleillement, plus pentu et délaissé par l'occupation humaine.

Les Communes limitrophes avec Saint-Eustache sont Saint-Jorioz, Entrevernes, La Chapelle-Saint-Maurice, Leschaux, Viuz-la-Chiesaz et Duingt.

Climat[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

À partir d'Annecy, RN 508 le long de la rive ouest du lac jusqu'à l'échangeur situé devant la fonderie Paccard à la sortie de Sévrier, puis prendre la RD 10 jusqu'à Saint-Eustache.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La commune compte plusieurs hameaux (ici rangés par taille): le chef-lieu, le Cruet, La Magne, Patérier, La Pierre, Puget, La Bauche, Drand, Combarut.

Logement[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de la commune est sans doute due au saint protecteur de la paroisse, saint Eustache, et attribué lors de la création du village par les moines bénédictins du prieuré de Saint-Jorioz, aux environs de 1200, une fois les terres défrichées. L'étymologie des hameaux alentour est cependant parfois plus complexe à comprendre. Voici l'origine probable de quelques noms de localités de la commune :
- La Magne : de villa magna le grand village, certainement un important groupement de fermes dès l'origine ;
- Le Cruet : du patois dérivé de « cré », faible, chétif, en raison de son manque d'exposition au soleil ... Il demeure cependant plus certain que l'étymologie de ce hameau provienne d'un autre dérivé du patois signifiant « dans un creux », montrant la position du village, en effet, dans une petite combe... ;
- Puget : autrefois appelé « chez Puget » - plusieurs noms de hameaux de la commune contiennent le préfixe « chez », mais ne désignent peut-être pas forcément l'appartenance du lieu à une famille, mais est souvent le dérivé du latin casa, casis, littéralement maisons, et ne faisant alors référence qu'à un groupement de maisons... Il est probable que le village tire son nom de sa position géographique, l'ancien français « Puget » se traduisant par « sommet, colline »... ;
- La Bauche : bien que l'origine est incertaine, l'hypothèse la plus vraisemblable serait à voir dans le latin boschus, le bois, et s'expliquerait par le peu d'ensoleillement de ce versant de la vallée et la présence majoritaire de la forêt ;
- Les Lavanches : ce lieu-dit tire son nom du patois signifiant éboulement - se rapprochant du mot avalanche...- comme le laisse supposer sa situation dans une combe à l'aplomb au-dessus du Cruet.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de saint-Eustache est inconnue en ce qui concerne l'antiquité, alors qu'à Saint-Jorioz ont été trouvées des installations romaines.

Au Moyen Âge, le village garde la route qui mène au col de Leschaux qui était gardé par une tour seigneuriale construite au XIIe siècle, dans le but de percevoir un péage auprès de ceux qui veulent franchir le col. Le tracé de la route est à présent modifié.

Au XVe siècle, Saint-Eustache fait partie de la seigneurie de Duin (actuellement Duingt) et en 1443, Robert de Duin signe son testament dans la tour seigneuriale de Château-Vieux contrôlant l'accès au col de Leschaux.

En 1561, le village compte environ 284 habitants, surnommés les "Sanblessons".

Au milieu du XIXe siècle, la commune connaît un pic démographique, avec près de 600 habitants.

Une douzaine d'Eustachois trouvent la mort durant la Première Guerre mondiale.

Le village de Saint-Eustache est reconnu comme un « village martyr » de la Seconde Guerre mondiale. Le 22 décembre 1943, après la mort de trois soldats allemands tués au hameau de (Lavray), les autorités allemandes réagissent en envoyant, le 31 décembre, des hommes de la Wehrmacht, de la Gestapo et de la Schutzstaffel sur la commune. 28 habitants seront arrêtés (soit 10 % de la population), et 24 d'entre eux seront déportés. Seulement 4 reviendront.

Cette tragédie est décrite dans un opuscule intitulé La Tragédie de Saint-Eustache (Mairie de Saint-Eustache et l'Association des familles des déportés de Saint-Eustache, 2003, (ISBN 2-915516-00-6)) :

"Le mercredi 22 décembre 1943, trois soldats allemands, dont un officier, sont tués au Hameau de Lavray. Le moulin de Jean Armataffet, maire de Saint-Eustache, vient d'être le théâtre d'un sanglant affrontement entre le corps franc Simon et les soldats allemands en quête de victuailles. La vengeance ne se fait pas attendre et le 31 décembre 1943, la Wehrmacht, les SS et la Gestapo encerclent à l'aube plusieurs hameaux de la commune, pillent les fermes et arrêtent 28 habitants (plus de 10 % de la population) qui sont conduits à l'école "prison" Saint-François à Annecy. Après interrogatoire, 4 seront relâchés, 24 vont connaître les camps de concentration et 4 seulement reviendront en 1945 à Saint-Eustache, où 9 veuves et 33 orphelins espèrent..." Guy Pégatoquet, Michel Folliet et Joseph Tilliet, La tragédie de Saint-Eustache, Mémoire du dernier jour, 2003

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 480 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
398 382 443 502 532 603 557 525 509
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
540 504 502 447 415 406 412 401 404
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
253 288 287 284 274 268 234 209 239
1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011 - -
297 335 392 462 466 467 480 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Quelques noms de familles eustachoises -Ducret (Puget, Le Cruet, Drand, chef-lieu) -Barat (Le Cruet, La Pierre, Drand, chef-lieu, La Magne) -Barithel (Le Cruet, Chef-lieu) -Chappet (La Pierre) -Cottard (Combarut, Le Cruet, Chef-lieu) -Girollet (Puget) -Nicollin (Patérier) -Provent (Paterier)

-Masset (La Bauche) -Exertier(Chef Lieu) -Bertocchi(plus récent) -Péverill(Américain)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Michel Chappet S.E.old Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Entreprises de l'agglomération[modifier | modifier le code]

La fruitière du Cruet produit de la tomme blanche et vend du reblochon, de la tomme et du gruyère de Savoie, des salaisons, des pièces de viande provenant de bêtes de Saint-Eustache, ainsi que de la confiture et du miel.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Saint-Eustache fait actuellement partie des 52 communes du Parc naturel régional du Massif des Bauges.

Saint-Eustache est une commune rurale qui a su limiter les constructions en tous genres et ainsi préserver son environnement. Elle offre une intéressante biodiversité, notamment par ses forêts riches en essences d'arbres locaux (sapins, noisetiers, châtaigniers, marronniers, hêtres, bouleaux, épicéas...) ou sa flore (lichens et divers types de fleurs typiquement régionales), mais également une faune sauvage variée et peu chassée. Par ailleurs, Saint Eustache est le dernier village à posséder une frutière encore en activité. Elle produit des fromages, elle contribue aussi au développement du tourisme local avec l'organisation de visite guidée l'été pour des groupes de touristes.

Le tourisme vert se développe sur la commune grâce notamment à des structures d'accueil touristique. (gîtes ruraux, chambres d'hôtes, meublés de tourisme...)

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La tour de Château-vieux (Bâtie-Saint-Eustache) 
situé vers la hameau de Lavray, on peut encore voir les fondations d'une tour cylindrique du XIIe siècle. Elle a été édifiée par les seigneurs de Duin (actuellement Duingt, à qui Saint-Eustache appartenait). Elle était destinée au départ à surveiller la route qui menait au col de Leschaux. Robert de Duin y signe son testament en 1413. Le château gardera de l'importance, jusqu'à la Révolution, époque où il sera abandonné, et ses matériaux réutilisés pour la construction d'autres bâtiments.
L’Église paroissiale de Saint-Eustache 

Église placée sous le patronage de Saint Eustache. Le nouvel édifice, de style néogothique, est construit en 1864. Elle est consacrée en 1869[3]. C'est un édifice simple de style néogothique, sobre, qui tente d'imiter le style des églises du XIIIe siècle. La façade, encadrée par les monuments aux morts des deux guerres, présente une baie ogivale en son centre. Le long de la façade extérieure, des pierres tombales gravées, simples plaques, sont encastrées dans le mur. Ce sont quelques unes des tombes des anciens curés de saint-Eustache. Le clocher dresse sa croix à près de trente mètres du sol. L'intérieur de l'église est dépourvu de décorations. Les croisées d'ogives retombent en cul de lampe, on a trois travées dans la longueur avec le transept bas. Les vitraux sont modernes, à l'exception de deux baies dans le transept, qui sont plus anciennes. Le chœur est composé de trois pans. Au centre, une croix symbolise la chrétienté. Dans le transept gauche, on a un autel avec une immense statue de la Vierge à l'Enfant. Dans la nef, on rencontre un chemin de croix polychrome et six statues de faux-marbre blanc avec, au-dessus de l'entrée, une statue du Sacré-Cœur.

Les croix 
Comme sur beaucoup de communes, Saint Eustache, dispose d'un grand nombre de croix religieuses, qui autrefois servaient de point de repère. On les trouve aux carrefours des routes ou sur les sommets des montagnes environnantes. Il faut tout de même signaler quelques croix plus importantes que les autres :
  • La "croix-blanche", situé au carrefour éponyme, à la jonction entre la D10 et la D10b. C'est une croix de carrefour en pierre blanche (calcaire), sculptée par Tavernier, sculpteur à Annecy, à la fin du XIXe siècle ;
  • L'imposante croix de la Cochette, située à 1 336 m d'altitude, sur le rocher sommital de la montagne d'Entrevernes. La croix actuelle est assez récente, mais remplace une plus ancienne ;
  • La croix de la Bauche (910 m) est une des plus entretenue et fleurie.
La Mairie-école 
construite vers 1880 est le bâtiment emblématique de la commune. Elle est caractérisée par sa couleur rose et son inscription "SAINT-EUSTACHE 728 m". L'école a toujours été présente à la mairie et accueille toujours la maternelle. Les classes primaires sont situées à la Chapelle-Saint-Maurice et à Leschaux. L'école a été reconstruite en 2012 et un restaurant scolaire y a été adjoint.
La salle des gentianes 
salle des fêtes communale, construite en 1945, elle servait au départ de théâtre. Les sous-sols et les combles, autrefois habitables, sont aujourd'hui assez délabrés et attendent une réhabilitation. Depuis peu, la salle n'appartient plus au domaine ecclésiastique.
L'ancien pont de la Cure 
pont en demi-cercle construit au XIXe siècle, un autre pont similaire a été construit dans la secteur à Entredozon. Il est aujourd'hui remblayé.
Les bassins 
autrefois éléments essentiels de la vie sociale des communes rurales, chaque hameau de Saint-Eustache en possède un voire deux. Les femmes s'y retrouvaient pour y laver les vêtements et pour y discuter.
Les habitations typiques 
Il est difficile de rattacher le style des fermes eustachoises a celui des fermes savoyardes. Elles ressemblent fortement aux fermes baujues, mais aussi à celles de l'Albanais et du pays de Faverges. En fait, c'est un peu un mélange de tous ces types associés. En revanche, ce qui lui donne ce caractère bauju, c'est le fait que les hameaux soient groupés en grands corps de fermes très proches les uns des autres, et groupées entre eux avec de faibles distances entre chaque hameau.

Environnement[modifier | modifier le code]

Une partie de la commune de Saint-Eustache est classée dans les zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type I du roc des Bœufs et de la montagne d'Entrevernes à l'Est, et du Semnoz à l'Ouest[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  3. Françoise Dantzer, Les Bauges : Terre d'art sacré, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes »,‎ 2005, 251 p. (ISBN 978-2-8420-6272-9), p. 80.
  4. « Portail des données communales », Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]