Viuz-la-Chiésaz

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Viuz-la-Chiésaz
Centre de Viuz-la-Chiésaz
Centre de Viuz-la-Chiésaz
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Annecy
Canton Alby-sur-Chéran
Intercommunalité Communauté de communes du Pays d'Alby-sur-Chéran
Maire
Mandat
François Lavigne-Delville
2014-2020
Code postal 74540
Code commune 74310
Démographie
Gentilé Viulan(e)
Population
municipale
1 257 hab. (2011)
Densité 90 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 48′ 42″ N 6° 03′ 45″ E / 45.8116666667, 6.0625 ()45° 48′ 42″ Nord 6° 03′ 45″ Est / 45.8116666667, 6.0625 ()  
Altitude 585 m (min. : 440 m) (max. : 1 699 m)
Superficie 13,91 km2
Localisation

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Viuz-la-Chiésaz

Viuz-la-Chiésaz (prononcer : « viu la chièz ») est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie en région Rhône-Alpes. Elle fait partie du Pays de l'Albanais et du Canton d'Alby-sur-Chéran.

Géographie[modifier | modifier le code]

Placé sur la face ouest du Semnoz, Viuz-la-Chiésaz s’étire jusqu’au Crêt Châtillon. La moitié de la surface communale est couverte de forêts de feuillus et d’épicéas dont la forte déclivité rend l’exploitation difficile. Les sept ruisseaux qui la divisent servent de limite communale et assurent des corridors biologiques.

Composée de nombreux hameaux, Viuz-la-Chiésaz fait partie des « communes bourgs ». Les logements y sont principalement des propriétés individuelles. Cependant des logements collectifs locatifs se développent.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le toponyme « Viuz » provient du nom latin vicus, signifiant une petite agglomération à l'époque romaine[1]. Cette étymologie est confirmée par la découverte de vestiges de l’époque romaine. La rectification du tracé de la route en 1865, puis d’autres travaux entrepris par la suite, permirent de retrouver la trace d’une villa romaine ainsi que divers objets. À proximité se trouvait une nécropole attribuée aux Burgondes.

Chef-lieu de Viuz dans les années 1960

Des archives attestent de l’existence en 1337 et 1452 d’un prieuré d’obédience clunisienne dédié à St Jean Baptiste à La Chiésaz (qui signifie l’église dans le dialecte savoyard). Laissé à l’abandon, il fut détruit à la Révolution. Seul vestige de ce prieuré au hameau de La Chiésaz : un bénitier incorporé dans un mur. La Chiésaz a été rattachée à la paroisse de Viuz au moment du Concordat, sous Napoléon 1er.

Maison forte d’Orlyer : Jusqu’au XVIIIe siècle, au sud-ouest du village au lieu-dit « grand maison » se dressait la maison forte de la famille D’Orlyé. Il ne reste que quelques pierres gravées à leurs armes incorporées dans des constructions nouvelles (grand maison, mairie) Les membres de la famille d’Orlyé ont choisi pour leur sépulture l’église de l’abbaye d’Hautecombe. Jacques d’Orlyé, entré chez les dominicains d’Annecy en 1445, sous le nom de père Guillaume, finit sa vie en ermite dans une grotte près d’Allèves. Les biens ont été vendus principalement aux habitants de la commune dans les années 1828 à 1833.

La maison forte de Barreau : Propriété privée, située au sud du village au hameau de barreau, certaines parties datent du XIIIe siècle. En ce temps-là, le noble Fenouillet épousa Suzanne de Gruffy, elle apporta en dot cette maison. Morts sans héritier ils lèguent leurs biens à sa sœur, épouse Portier de Bellair en 1651. Cette bâtisse abrite encore une chapelle. Au début du XXe siècle, une aile est rajoutée à cette bâtisse.

La voie romaine pénétrait sur le territoire communal par le hameau de Lavy et le quittait, au sud, par les Rippes. On peut apercevoir depuis le Semnoz, dans les temps de sécheresse, une bande roussie ou blanchâtre, selon qu’elle traverse les champs ou les prés tracée presque en droite ligne du nord au midi, longeant à peu de distance l’ancienne route d’Annecy. On ne sait pas si elle rejoignait les Bauges ou Chambéry.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1861 1862 Emmanuel Portier De Bellair    
1862 1870 François Laperousaz    
1871 1875 Armand Portier De Bellair    
1876 1880 François Barbier    
1881 1884 Maurice Masson    
1885 1887 Joseph Francoz    
1888 1924 Victor Portier De Bellair    
1924 1925 Edouard Laperrousaz    
1925 1932 Francois Gueugnon    
1932 1944 Charles Metral    
1944 1945 François Masson    
1945 1947 Charles Metral    
1947 1977 Gaston Daviet    
1977 1983 Antonin Longeret    
1983 1995 Guy Daviet    
1995 2001 André Laperrière    
2001 2008 Marc Le Roux    
2008 2009 Yolande Mermin    
2009 en cours Éliane Vire    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 257 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
379 374 417 396 573 566 619 646 598
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
553 540 549 537 519 504 473 454 445
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
423 377 378 386 368 368 341 346 404
1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 - -
601 818 1 022 1 174 1 211 1 278 1 257 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

L’activité principale est l’agriculture. Elle est assurée par différents éleveurs, céréaliers et producteurs de lait. De petits artisans sont également implantés sur la commune.

Les commerces[modifier | modifier le code]

Une boulangerie, un bar-tabac-restaurant et deux hôtels-restaurants, dont l'un au sommet du Semnoz, sont présents sur la commune.

L'agriculture[modifier | modifier le code]

Sept agriculteurs se partagent le territoire agricole de la commune. Ils représentent un panel d’activité variée. Certains font du lait pour la fruitière du parc des Bauges située sur Gruffy, d’autres font de la viande. Il y a un fabricant de fromage sur sa ferme qui fait de la vente directe. Un dernier possède du matériel et cultive des céréales.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vu du chef-lieu et du Semnoz
École et église de Viuz

L’église[modifier | modifier le code]

Église placée sous le patronage de Saint Étienne. Le nouvel édifice, de style néoroman, est construit entre 1833 et 1834. Il est consacré en 1844[4].

Elle apparaît en 1365 dans les archives du diocèse de Genève de style roman. L’église de style néo-roman, dédiée à Saint Étienne, a été construite en 1833/1834 par l’architecte Ruphy fils. Devenue trop petite l’architecte Raillon la redessine en 1903 après avoir déplacé le cimetière. Superficie intérieure actuelle : 22 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur et 11 mètres de hauteur de haut. Elle a été restaurée de 1986 à 1988. Son clocher construit en 1864 porte les 2 cloches fabriquées en 1851 par Claude Paccard, elles pèsent respectivement 846 kg et 408 kg.

Selon une légende, lors de la Révolution, les habitants auraient caché la cloche de l’église dans un marais pour qu’elle ne soit pas fondue à des fins militaires. Mais ils n’ont jamais réussi à la retirer du marais, et la légende dit qu’un glas retentit parfois près du marais où la cloche serait toujours présente.

On dit aussi que des habitants de la commune lors de la fabrication des cloches actuelles ont apporté de l’or pour qu’elles aient un son plus clair.

L’école-mairie[modifier | modifier le code]

En 1867, le bâtiment est achevé. Il permet de faire l’école aux enfants des deux sexes, d’avoir des logements pour les instituteurs et un local approprié pour la mairie. En 1976, la commune dispose d’une école élémentaire de trois classes, d’une maternelle et d’une cantine de 60 couverts. En 1984-85, le conseil municipal fait aménager une classe élémentaire à l’étage à la place des appartements de fonction des instituteurs et une nouvelle classe de maternelle qui accueille les 4-5 ans. La cantine est installée dans la maison Berthet et peut accueillir 80 à 100 couverts. La mairie est transférée en 1985 dans l’ancien presbytère. En 2000, un troisième bâtiment de 611 m2 est ajouté au groupe scolaire pour accueillir les salles de motricité et les classes maternelles.

Le presbytère[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle, le presbytère occupe une dépendance du château de Viuz et se compose d’une cuisine et d’une petite chambre d’environ 73 m2. En 1730, il se situe près de l’église, dans la maison occupée actuellement par Madame Aymes. Réquisitionné à la Révolution, il est vendu à des particuliers et sera acheté ensuite par Joseph et Jacques Laperrousaz dit Gonet. Se retrouvant sans presbytère, la paroisse loue une maison pendant quelque temps. En 1829, Charles-Louis Portier De Bellair lègue à la commune la petite maison appelée « la grange du cimetière », ancien cabaret qui sera aménagé pour recevoir convenablement les prêtres de la paroisse. En 1857, le presbytère est agrandi selon le devis de monsieur Ruphy. En 1897, l’intérieur est réaménagé, avec deux chambres, un corridor dans la longueur, une porte du côté sud, une salle à manger, une cuisine et un WC. Le dernier prêtre quitte le presbytère en 1979. Loué ensuite pendant 5 ans à des particuliers, il est réaménagé en 1985 pour accueillir l’actuelle mairie.

Le cimetière[modifier | modifier le code]

Il était situé autour de l’église Saint-Étienne. Certaines tombes en molasse, dataient du VIe ou VIIe siècle. En 1836, le cimetière est embelli en son centre d’une très belle croix, elle est toujours à côté de l’église. En 1838, pour assurer une certaine décence, il est clos, afin que les animaux ne puissent pas facilement s’y introduire. En 1887, le cimetière est saturé et les fosses se renouvèlent avant le délai légal de cinq ans. Un terrain, situé le long de la route départementale no 5, est alors cédé gratuitement par Emmanuel Portier de Bellair. En 1890, commencent les travaux d’aménagement, les paroissiens auront jusqu’en 1900 pour y transférer les ossements de leurs familles. En 1987, un parking est créé et l’entrée située face à la route départementale est déplacée.

Le Semnoz (géré par le SIPAS)[modifier | modifier le code]

Le Semnoz avec comme point culminant le Crêt de Châtillon (1 699 m) permet la pratique de différents loisirs en été : la luge d’été sur un circuit aménagé, la randonnée sur de nombreux chemins, le parapente avec son cite d’atterrissage à l’ouest de la commune de Viuz, le VVT avec la possibilité de faire monter son vélo en bus pour ne faire que la descente. En hiver le ski alpin, le ski nordique et la raquette peuvent être pratiqués sur des pistes aménagées. Les alpages sont occupés l’été, nous pouvons rencontrer des vaches mais aussi des chèvres. Le panorama est exceptionnel sur la chaîne du Mont-Blanc, le Massif des Écrins et la plaine de l’Albanais. L’accès au Semnoz peut se faire par des sentiers : soit en prenant depuis Viuz le hameau des granges et la direction du rocher des Fours soit en prenant la direction de Quintal; ce dernier arrive au bas de la station de ski.

Les sentiers[modifier | modifier le code]

Sentier à thème : « le Chemin du bois de la Marie » au départ de la Vetaz, balisé par les enfants de la maternelle de Viuz la Chiésaz. De nombreux thèmes sont abordés sur la faune et la flore. Tout un réseau de sentiers a été ouvert avec pour objectif le raccordement des hameaux entre eux et au centre du village. Certains sont entretenus par le centre d’insertion de canton, et d’autre font partie du réseau entretenu par le SIGAL.

Les grottes[modifier | modifier le code]

La grotte des Fours est située au bas du rocher des Fours, le gros rocher au-dessus du village. On peut s’y rendre par le chemin du Semnoz au départ du hameau des granges en 1 h30 environ. La grotte des maquisards est aussi située sous ce banc de rocher mais elle est beaucoup moins accessible il faut passer un passage dangereux non sécurisé en direction de Gruffy. Son nom lui vient de la guerre de 1940. De nombreux résistants se sont cachés là haut lorsque les Allemands sont venus dans nos villages. Les habitants montaient la soupe tous les jours par ce sentier.

Les ruisseaux[modifier | modifier le code]

L’eau du Semnoz s’évacue en direction du Chéran par de nombreux ruisseaux. Sept au total coupent la commune d’est en ouest. Ils sont d’un débit variable selon les saisons. Depuis quelques années ils ont tendance à se tarir en été. De nombreuses sources ont été captées. Une originalité sur le canton concerne le ruisseau de « Grand-maison », il est unique : sont lit est au sommet d’une butte au centre des terres cultivables.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Mgr Louis Michel Petit, archevêque d'Athènes (1868 - 1927)

Louis Michel Petit naquit à Viuz-la-Chiésaz, le 21 février 1868, au hameau de "Chez Mermet", au lieu-dit "du Moulin". Il était le 7e d'une famille de 11 enfants. Il a fait ses études secondaires dans les alumnats, petits séminaires assomptionnistes. Licencié en philosophie et en théologie, il est ordonné prêtre en 1891. Il devient successivement professeur, puis supérieur de séminaires en France (Toulouse), ou en Turquie. Il est sacré archevêque d'Athènes, le 4 mars 1912, à Rome en présence de l'évêque d'Annecy, Mgr Campistron.

Sa vive intelligence, sa culture variée, sa connaissance approfondie de tout ce qui touche le monde oriental faisaient de lui un maître incontesté dans le vaste domaine du savoir ecclésiastique, surtout en ce qui concerne l'histoire, le dogme, l'hagiographie, le droit, la liturgie des Églises d'Orient. La précision de sa documentation, favorisée par une mémoire prodigieuse était indiscutable (revue du diocèse d'Annecy). Mgr Louis Petit fut un écrivain fécond. Son œuvre littéraire est considérable. Elle a été éparpillée dans une foule de revues savantes byzantines d'Allemagne, de Russie, d'Italie. La République Française lui a décerné la Légion d'Honneur en 1921.

Il est décédé le 5 novembre 1927, après de longues souffrances, laissant inachevés de nombreux et importants travaux. Cet homme qui fréquenta les grands de ce monde sut rester simple et bon. Il était heureux de se retrouver, à de trop rares intervalles, parmi les gens de sa famille. Son influence dans l'Église a été importante. On dit qu'il aurait pu être nommé pape sans la tradition d'alors de choisir le successeur de Saint-Pierre parmi les prélats italiens.

C'est à la gloire de la commune de Viuz-la-Chiésaz d'avoir produit un homme comme Louis Michel Petit, une des plus belles figures de l'épiscopat missionnaire savoyard qui, par son rayonnement intellectuel est devenu le plus illustre de ses enfants.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Raffestin, Paul Guichonnet et Jocelyne Hussy, Frontières et sociétés : Le cas franco-genevois, L'âge d'homme,‎ 1975, 231 p. (ISBN 978-2-8251-3018-6), p. 20.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  4. Françoise Dantzer, Les Bauges : Terre d'art sacré, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes »,‎ 2005, 251 p. (ISBN 978-2-8420-6272-9), p. 74.