Séisme du 11 juin 1909 en France

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Tremblement de terre du 11 juin 1909
Image illustrative de l'article Séisme du 11 juin 1909 en France
Vernègues après le tremblement de terre du 11 juin 1909.

Date 11 juin 1909
Magnitude 6,2
Épicentre 43° 42′ N 5° 24′ E / 43.7, 5.443° 42′ Nord 5° 24′ Est / 43.7, 5.4  
Régions affectées Chaîne de la Trévaresse,
(Bouches-du-Rhône
Provence-Alpes-Côte d'Azur
France)
Victimes 46 morts et 250 blessés

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Tremblement de terre du 11 juin 1909

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Tremblement de terre du 11 juin 1909

Le séisme du 11 juin 1909 fait référence à un séisme de magnitude 6,2 sur l'échelle de Richter qui s'est produit dans le Sud-Est de la France et qui entraîna d'importants dégâts et destructions au sein des villes de Salon-de-Provence, Vernègues, Lambesc, Saint-Cannat, Rognes dans le massif de la Trévaresse en Provence (Bouches-du-Rhône) et Montpellier dans l'Hérault. C'est le tremblement de terre de magnitude la plus élevée enregistré en France métropolitaine depuis celui de Roquebillière le 20 juillet 1564[1]. Il fut ressenti dans tout le Sud de la France et en Italie, de Gênes à Perpignan[2].

Rue du Puits-du-Mouton (aujourd'hui rue des Frères-Kennedy) à Salon-de-Provence.

Le bilan humain fait état de 46 morts et 250 blessés. L'ampleur des dégâts matériels fut considérable puisque 3 000 constructions furent endommagées et ce pour un coût total de 2,2 milliards de francs.

L'origine de ce tremblement de terre se trouve dans le rapprochement de la plaque africaine (plus précisément de la plaque adriatique) en direction de la plaque eurasienne au nord et qui a pour conséquence le plissement de la croûte terrestre, à l'origine de l'érection des Alpes, et la formation de failles engendrant les séismes.

Depuis, aucune activité de forte ampleur n'a été à déplorer mais la vigilance reste de mise. Classée en zone II, puis en zone 4 (accélération = 1,6 m/s2) dans le zonage de 2011, soit à sismicité moyenne, cette région demande au préalable que les règles de construction parasismique soient rigoureusement appliquées.

Séisme[modifier | modifier le code]

Secousses préliminaires[modifier | modifier le code]

Plusieurs secousses préliminaires se produisent à divers endroits de Provence : le 26 mai 1909, au Puy-Sainte-Réparade et le 28 à Saint-Cannat[3]. Peu avant la secousse principale, le 11 juin, on remarque le comportement anormal d'oiseaux volant bas, avec des cris de frayeur, de chiens hurlant à la mort, et de chevaux piaffant[3].

Secousses principales[modifier | modifier le code]

Le 11 juin 1909, à 21h15, deux secousses très violentes ébranlent la Basse-Provence, et, plus particulièrement, l'est du département des Bouches-du-Rhône. La profondeur du tremblement de terre est évaluée à 10 kilomètres.

Le 14 juin, on fait état d'un bilan de 43 morts. Le 15 juin, le sous-secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur, M. Mauzan, sous les ordres du ministre Clemenceau, visite les villages détruits.

Le 16 juin, le bilan est porté à 46 morts et plusieurs centaines de blessés. On évalue les dégâts, le 19 juin, à 15,5 millions de francs, dont 4,6 millions à Salon-de-Provence, 2 millions à Saint-Cannat et 1,55 million à Rognes.

Répliques[modifier | modifier le code]

Dans les semaines suivantes, des répliques, parfois violentes, surviennent, jetant l'effroi parmi la population : le 10 juillet, à Meyrargues, les 12, 13, 14 et 16 juillet à Puyricard, Arles, Lambesc, Marseille et Toulon.

La population, sous le choc, craint la violence des répliques et passe ses nuits à la belle étoile, sur les places ou dans les jardins publics, dans la crainte de l'effondrement de bâtiments. Ainsi, à Aix-en-Provence, « la place des Prêcheurs se remplit de gens dormant sur des matelas », comme en témoigne la mère d'un académicien[3].

Dégâts[modifier | modifier le code]

Bouches-du-Rhône[modifier | modifier le code]

  • Lambesc : nombreuses maisons détruites.
  • Aix-en-Provence : la toiture de la vermicellerie Augier s'effondre.
  • Cornillon-Confoux : destruction partielle de l'église (écroulement du tympan).
  • La Barben : destruction d'une tour du château.
  • Le Puy-Sainte-Réparade : plus de vingt maisons détruites. Deux morts. L'eau devient boueuse dans plusieurs puits.
  • Mouriès : la partie supérieure du clocher est abattue.
  • Rognes : dégâts considérables, quatorze morts[4]. L'effondrement d'une bergerie provoque également la mort de 150 moutons.
  • Saint-Cannat : plusieurs bâtiments sont détruits ou endommagés, comme l'église ou la chapelle Notre-Dame.
  • Salon-de-Provence : dégâts considérables. Vingt mètres de murs du château de l'Empéri sont abattus.
  • Venelles : le haut du village est rasé dans sa plus grande partie[5].
  • Vernègues : effondrement du château. La quasi-totalité des maisons est détruite. Deux morts. Le village a depuis été rebâti plus bas.

Vaucluse[modifier | modifier le code]

Autres départements[modifier | modifier le code]

Le séisme est ressenti très nettement jusque dans le Gard, notamment à Nîmes dans les étages des immeubles. Certaines cloches d'horloges publiques ont également tinté comme ce fut le cas à Congénies ... ( enquête menée par le muséum d'histoire naturelle de Nîmes au moyen d'un questionnaire auprès de toutes les communes du Gard ). Cette enquête laisse apparaitre que la composition du sol a beaucoup joué dans la propagation des ondes, moins ressenties sur les collines calcaires que dans les plaines.

Témoignages[modifier | modifier le code]

Plusieurs témoins du tremblement de terre en ont livré un récit réaliste :

  • Alfred Émile Sorel, romancier : « Un vacarme de vaisselle qui tombe, un plancher qui fléchit, une suspension qui se met à décrire un cercle fantastique, un grondement qui augmente et assourdit, des meubles qui roulent sur le sol ; enfin le fracas d'un bombardement, un obus qui éclate. Une voix, à mes côtés : "Un tremblement de terre". Cela n'a duré que vingt secondes ; il y a des instants où les forces se centuplent[3]. »
  • Un habitant de Pertuis se trouvant à son cabanon (Archives municipales) : « Les arbres sont secoués comme si des enfants quand ils veulent en faire tomber les fruits. Les blés environnants agitent les épis en se heurtant font un bruit qui n'est ni celui du vent, ni de la faux ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Séismes des Alpes-Maritimes du XIVe au XVIIe siècle », sur Azurséisme (consulté le 2 septembre 2013)
  2. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k596053p
  3. a, b, c et d Deux siècles d'Aix-en-Provence, 1808-2008, éd. Académie des sciences, agriculture, arts et belles lettres d'Aix-en-Provence, 2008, p. 165-9.
  4. (fr) Site internet des amis du vieux Rognes.
  5. (fr) Page dédiée sur le site officiel de la mairie de Venelles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Brun, Liliane Larrea et Robert Larrea : Meyrargues au temps de nos grands-parents, éd. Mairie de Meyrargues, 1990.
  • André Brahic, Michel Hoffert, André Schaaf et Marc Tardy : Sciences de la Terre et de l’univers, éditions Vuibert, 1999.
  • André Dagorne et René Dars : Les risques naturels, PUF, collection « Que sais-je ? » no 3533, 4e édition, 2005.
  • Henri Joannet … "et le 11 juin 1909, la Provence trembla!" (éd Alan Sutton,2008)
  • Estelle Bonnet Vidal : Seismes en Provence, éd. Campanile, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]