Décroissance démographique

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La Population mondiale en février 2008 est d'environ 6,7 milliards d'individus[1].

Une décroissance démographique ou un déclin démographique, est pour une zone ou un pays donné, une situation dans laquelle le nombre d’habitants diminue, que ce soit parce que le taux de mortalité est supérieur au taux de natalité, ou parce que les flux d’émigration nets sont supérieurs à l’accroissement naturel. Une forme importante du déclin démographique est le crash démographique.

La décroissance démographique est également une conception politique et sociale qui prône une diminution de la taille de l'humanité, en particulier pour faire face aux enjeux actuels de réchauffement climatique et de ressources non renouvelables.

Sommaire

Théories favorables à une décroissance[modifier]

Le Malthusianisme[modifier]

Article détaillé : malthusianisme.

Le malthusianisme est une politique prônant la restriction démographique, inspirée par les travaux de l'économiste britannique Thomas Malthus (1766–1834). Le terme est utilisé pour la première fois par Pierre Joseph Proudhon en 1849. À l'origine, cette doctrine est hostile à l'accroissement de la population d'un territoire ou d'un État, et préconisant la restriction volontaire de la natalité, le mot malthusianisme désigne aussi par extension toute attitude craintive devant la vie et le développement.

Le néomalthusianisme[modifier]

Article détaillé : Néomalthusianisme.

Le néomalthusianisme est une actualisation de la doctrine de Thomas Malthus et de sa prise de conscience des ressources limitées de la planète. Selon Malthus, l'augmentation démographique est beaucoup plus rapide que la croissance de la production alimentaire, ce qui nécessite une limitation de la natalité pour éviter les famines dues à la surpopulation.

La volonté de ses partisans est de réussir à maintenir à niveau stable la démographie mondiale en équilibrant au mieux le taux de natalité et le taux de mortalité. Cet équilibre démographique permettrait ainsi de ne pas trop consommer les ressources naturelles de la planète, de préserver la biodiversité et le climat via une diminution de la pollution, et par ce biais réduire les tensions géopolitiques, lié à l'accès aux ressources, la pauvreté, et enfin de maintenir un certain niveau de vie. Elle doit permettre l'accession à une démographie stabilisée dont le seuil est déterminé.

Différents philosophes, scientifiques ou organisations ont pointé du doigt une catastrophe démographique potentielle désormais jugée imminente : l'écrivain britannique Aldous Huxley, le professeur d'université de Stanford Paul R.Ehrlich, l'anthropologue américain J.Kenneth Smail, l'association Démographie Responsable, ou encore le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) dans son rapport de 2011[2].

Mesures politiques à travers le monde[modifier]

Les seules mesures politiques de décroissance démographique prises sont de nature coercitive. Aucune mesure incitative ne semble avoir été envisagée à ce jour.

En Chine[modifier]

La Population mondiale est en constante augmentation
Article détaillé : Démographie de la Chine.

Jusqu'au début des années 1970, la Chine connaissait une très forte croissance démographique. Afin de limiter la croissance de sa population, elle a adopté une réglementation limitant la taille des familles urbaines (à l'exception des minorités ethniques) à un enfant, à deux enfants pour les familles rurales ayant eu une fille comme premier enfant. Le taux de natalité est ainsi tombé de 21 pour mille en 1990 à 12,4 pour mille en 2003. L'accroissement démographique est quant à lui de 0,6 % en 2003 contre 1,44 % en 1990.

Le 28 mars 2006, Zhang Weiqing – responsable de la « Commission d'État pour la population et le planning familial » – a indiqué, dans une interview accordée au site internet du gouvernement chinois, que la politique du planning familial avait aidé la Chine à éviter la naissance de 400 millions de bébés au cours des trois dernières décennies. Il a fait remarquer que la Chine avait mis environ trente ans pour réaliser l'objectif du contrôle de la population, alors que cela en avait pris cent dans les pays développés. « L'objectif d'assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n'aurait pas pu être réalisé si nous avions 400 millions de personnes supplémentaires » a souligné M. Zhang. La Chine faisant actuellement face à un nouveau pic de ses naissances, la politique de l'enfant unique ne sera pas changée dans un futur proche.

Cette politique n'est pourtant pas toujours appliquée rigoureusement, en particulier dans les campagnes reculées où le contrôle administratif est moins présent. Certaines familles privilégiées préfèrent aussi payer des amendes dont le montant n'a pas été réactualisé récemment.

Critiques[modifier]

Comme le malthusianisme et la décroissance, la décroissance démographique a été très critiquée. Ainsi, certains comme le démographe Yves Montenay reprochent à ceux qui prônent une baisse de la population de ne pas tenir compte du fait qu'il sera impossible, en Europe et dans les conditions actuelles de règlementation, d'assurer le financement des retraites, celui-ci dépendant du nombre d'actifs et de l'activité économique[3].

Le président de la République tchèque et économiste Václav Klaus considère pour sa part que les tenants de la décroissance démographique sont « emprisonnés dans leurs préjugés malthusiens et leurs ambitions mégalomaniaques ». Pour Klaus, en voulant remettre en cause le droit des individus à avoir des enfants, les tenants de la décroissance nous entrainent sur « la Route de la servitude », vers le totalitarisme. C'est la liberté qui doit prévaloir et non la coercition, quelles que soient ses intentions[4].

Notons aussi que la plupart des partisans de la décroissance soutenable (c'est-à-dire uniquement au niveau économique et de l'empreinte écologique), sont fortement opposés au malthusianisme et la décroissance au niveau démographique. Le journal La Décroissance du mois de juillet 2009 incluait un dossier intitulé "La décroissance contre Malthus". La question a été étudiée plus rigoureusement dans l'ouvrage du généticien et partisan de la décroissance soutenable Albert Jacquard, L'explosion démographique (1994) qui conclut que la Terre n'est pas en surpeuplement, ni aujourd'hui ni avec les prévisions des démographes concernant le XXIe siècle. Paul Ariès, théoricien français de la décroissance écrit souvent dans ses articles ou ouvrages qu'"Il n'y a pas trop d'humains sur terre mais trop d'automobilistes", et défend la thèse que l'"on peut vivre à 9 milliards d'hommes sur terre mais pas avec le mode de vie occidental"[5].

Distribution du déclin démographique[modifier]

En France, ce déclin touche notamment les anciennes communes minières[6]. Le déclin démographique est tangible dans des pays développés tels que le Japon et l'Allemagne .

Liste d'états touchés par un déclin démographique[modifier]

Pays Année Population (M) Baisse naturelle (%)[7]
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie 2012 9,5 0,3
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 2012 3,8 0,1
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 2012 7,2 0,5
Drapeau de la Croatie Croatie 2012 4,3 0,2
Drapeau de la République tchèque République tchèque 2012 10,5 0,0
Drapeau de l'Estonie Estonie 2012 1,3 0,0
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2012 81,8 0,2
Drapeau de la Hongrie Hongrie 2012 9,9 0,4
Drapeau du Japon Japon 2012 127,6 0,2
Drapeau de la Lettonie Lettonie 2012 2,0 0,5
Lituanie Lituanie 2012 3,2 0,2
Drapeau de la Moldavie Moldavie 2012 4,1 0,0
Drapeau du Portugal Portugal 2012 10,6 0,1
Roumanie Roumanie 2012 21,4 0,4
Drapeau de la Russie Russie 2012 143,2 0,1
Serbie Serbie 2012 7,1 0,5
Drapeau de l'Italie Italie 2012 60,9 0,1
Ukraine Ukraine 2012 45,6 0,4

Personnalités en faveur de la décroissance[modifier]

Thomas Malthus

Liste non exhaustive de personnalités en faveur d'une décroissance démographique, ou tout au moins d'un contrôle de la démographie, par ordre chronologique :

  • Thomas Malthus, penseur fondateur
  • Paul Robin, qui a introduit en France les concepts du néomalthusianisme
  • Octave Mirbeau, qui a popularisé dans la presse les idées néomalthusiennes
  • Aldous Huxley, qui évoque la question dans un essai intitulé dans sa version française : "Retour au Meilleur des Mondes".
  • Paul Leyhausen, qui a étudié les effets de la densité de population sur les communautés animales pour ensuite raisonner sur l'espèce humaine ; auteur de La communauté saine – Un problème de densité ? (1965)
  • Paul R. Ehrlich, auteur du livre à succès The Population Bomb (1968)

Annexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. http://populationmondiale.com/ Consulté le 20 février 2008
  2. rapport 2011
  3. Yves Montenay, Retraites, familles et immigration en France et en Europe, L'Harmattan, 2006
  4. Discours prononcé le 4 mars 2008 à la Conférence internationale sur le changement climatique à New York
  5. journal La Décroissance numéro 61, juillet-août 2009
  6. « Des villes françaises en net déclin démographique. Le cas de communes anciennement industrielles », Laurent Chalard, Population et Avenir, n° 683, mai-juin 2007
  7. [1]

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]