Quatre de Guildford

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Les Quatre de Guildford (Guildford Four) sont quatre jeunes gens qui ont été accusés et condamnés à tort à la prison à vie, par la cour d'assise d'Old Bailey à Londres, en octobre 1974 au Royaume-Uni pour les attentats des pubs de Guildford. Cet attentat fut commandité par l'Armée républicaine irlandaise provisoire et fit cinq morts et plus de cent blessés. Ils passèrent plus de quinze ans en prison avant que leur condamnation soit annulée par la cour d'assise[1].

Un autre groupe, les Sept Maguire (Maguire Seven), a été condamné et emprisonné à tort dans cette affaire. Ce sont les membres de la famille de Gerry Conlon, dont son père Patrick « Giuseppe » Conlon — qui mourut en prison —, sa tante et ses cousins de quatorze et seize ans, la plupart pour fabrication ou détention d'explosifs.

Quatre de Guildford[modifier | modifier le code]

Les Quatre de Guildford ont été accusés de participation directe aux attaques de l'IRA.

  • Paul Michael Hill, âgé de 21 ans au moment du procès, a été condamné pour les attentats des pubs de Guildford, celui du pub Kings Arms de Woolwich, et séparément, du meurtre du soldat britannique Brian Shaw, qu'il a avoué au cours du même interrogatoire. Il deviendra l'époux de Mary Courtney Kennedy (en) (1956), l'une des filles de Robert F. Kennedy (1925-1968). Le couple, aujourd'hui légalement séparé, a une fille, Saoirse Roisin (née le 22 mai 1997 à Washington DC).
  • Gerard « Gerry » Conlon, 21 ans, reconnu coupable des attentats des pubs de Guildford.
  • Patrick « Paddy » Armstrong, coupable de l'attentat de Woolwich et des attentats des pubs de Guildford.
  • Carole Richardson, 18 ans, reconnue coupable des attentats des pubs de Guildford.

Après leur arrestation, ils ont avoué l'attentat à la bombe, et malgré leurs rétractations, ce fut l'argument principal et la base de la preuve contre eux. Ils seront plus tard expliqué comme le résultat de la contrainte physique effectuée par la police, allant de l'intimidation à la torture, y compris des menaces contre les membres de la famille, ainsi que les effets de médicaments.

Il n'y a jamais eu le moindre indice d'appartenance des quatre jeunes gens à l'Armée républicaine irlandaise provisoire – à commencer par leur mode de vie. Patrick Armstrong et Carole Richardson vivaient dans un squat et leurs seuls démêlés concernaient la consommation de drogue et de petits délits.

Au cours de leur procès, les Guildford Four déclarèrent avoir été torturés par la police jusqu'à ce qu'ils signent des aveux. Après qu'ils furent reconnus coupables de meurtre et condamnés à des peines de prison à vie, le juge exprima son regret que le chef d'accusation ne fût pas la trahison, qui était alors passible de la peine de mort.

Lors du procès du Balcombe Street gang en février 1977, les quatre membres, tous appartenant à l'IRA, demandèrent à leurs avocats « d'attirer l'attention sur le fait que quatre innocents avaient été condamnés à de lourdes peines » pour trois attentats à Guildford et Woolwich. Ils n'ont jamais été inculpés de ces actes. Cependant, aucun indice n'a jamais été rapporté concernant leur implication dans les attentats, ils n'ont jamais admis de responsabilité personnelle et l'IRA n'a jamais donné les noms des poseurs de bombes.

Les Quatre de Guildford tentèrent en vain d'ouvrir un procès en appel conformément à la section 17 du Criminal Appeal Act de 1968. En 1987, le Ministère de l'Intérieur reconnut dans un mémorandum que leur culpabilité était improbable, mais que cela ne suffisait pas à ouvrir un appel.

Sept Maguire[modifier | modifier le code]

Les Sept Maguire ont été accusés pour la fabrication d'explosifs après que la police eut perquisitionné la maison de Anne Maguire à West Kilburn, le 3 décembre 1974.

Ils ont été jugés et condamnés, le 4 mars 1976 et ont reçu les condamnations suivantes:

  • Anne Maguire, 40 ans, a été condamné à 14 ans de prison
  • Patrick Maguire, mari de Anne, 42 ans, a été condamné à 14 ans de prison
  • Patrick Maguire, fils de Anne et Patrick, 14 ans, a été condamné à 4 ans de prison
  • Vincent Maguire, fils de Anne et Patrick, 17 ans, a été condamné à 5 ans de prison
  • William Smyth, frère d'Anne Maguire, 37 ans, a été condamné à 12 années de prison
  • Patrick O'Neill, un ami de la famille, âgé de 35 ans, a été condamné à 12 années de prison
  • Patrick « Giuseppe » Conlon, beau-frère de Anne Maguire, 52 ans, a été condamné à 12 années de prison.

Giuseppe Conlon a voyagé depuis Belfast pour aider son fils Gerry Conlon (Quatre de Guildford) dans le procès. Giuseppe Conlon, atteint d'une thrombose pulmonaire, est mort en prison en janvier 1980, alors que les six autres ont purgé leur peine et ont été libérés.

Nouveaux éléments et procès en appel[modifier | modifier le code]

En 1989, un enquêteur découvrit d'importantes modifications apportées aux notes dactylographiées des interrogatoires de Patrick Armstrong. Des passages avaient été supprimés, d'autres avaient été ajoutés et l'ensemble des notes avait été remanié. Ces notes et leurs amendements étaient identiques aux notes manuscrites et dactylographiées présentées au procès, ce qui suggérait que les notes manuscrites avaient été écrites après les interrogatoires. En conclusion, la police avait manipulé les notes pour les rendre conformes avec la version de la réalité qu'elle voulait présenter.

Ces nouveaux éléments permirent d'ouvrir un procès en appel avec Gareth Peirce (en) comme solicitor. Le Lord Chief Justice déclara que la police avait soit :

  • totalement fabriqué les notes dactylographiées en les modifiant pour les rendre plus vraisemblables, puis ajouté des notes manuscrites pour leur donner l'apparence de notes contemporaines; ou
  • dactylographié les notes manuscrites pour les rendre plus lisibles, puis modifié ces dernières avant de les retranscrire en notes manuscrites.

Dans les deux cas, la police avait menti et il était évident que les Quatre de Guildford devaient être libérés. Gerry Conlon, Patrick Armstrong et Carole Richardson furent immédiatement libérés, alors que Paul Hill devait attendre encore quelques jours avant de sortir de prison. Il ne fut définitivement innocenté qu'en 1994 du meurtre d'un soldat britannique en Irlande du Nord, dont il avait aussi été fallacieusement accusé.

Seize années après la libération des Quatre de Guildford, le Premier ministre britannique Tony Blair présenta publiquement des excuses le 9 février 2005 : « Je suis réellement désolé qu'ils aient été soumis à un tel calvaire et à une telle erreur judiciaire, c'est pourquoi je présente mes excuses aujourd'hui, ils méritent d'être blanchis totalement et publiquement ».

Adaptation[modifier | modifier le code]

L'autobiographie de Gerry Conlon, Proved Innocent, fut adaptée en 1993 dans le film Au nom du père, avec Daniel Day-Lewis, Emma Thompson et Pete Postlethwaite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]