Prison de Plötzensee

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52° 32′ 27″ N 13° 19′ 21″ E / 52.5408, 13.3225 ()

Prison de Plötzensee

La prison de Plötzensee est située dans le quartier de Charlottenburg à Berlin. Elle a été construite au XIXe siècle entre 1869 et 1879 près du lac Plötzensee par l'architecte Ludwig Alexander Hermann. L'établissement comprenait cinq bâtiments de détention de trois étages, d'une capacité de mille quatre cents détenus environ[1].

C'est durant la période nationale-socialiste de 1933 à 1945 qu'elle devint tristement célèbre.

La salle d'exécutions

Au total, 2 891 personnes y seront exécutées. Initialement par décapitation à la hache (de l'ouverture de la prison jusqu'à la moitié de 1937), puis avec l'accord de Hitler, par guillotine et pendaison.

Les sentences étaient généralement exécutés durant cette période par le bourreau Johann Reichhart (1893-1972), qui y officia la majorité des exécutions de sa carrière.

Afin d’augmenter les cadences des exécutions, une guillotine y sera transférée le de la prison de Bruchsal à la salle d'exécution de Plötzensee, située dans un bâtiment attenant à la cour de la prison.

Puis durant l'année 1943, une barre métallique composée de 5 crochets de boucher est placée dans la chambre d'exécution, qui serviront aux pendaisons. Plus tard il y aura 8 crochets pour augmenter les cadences.

Les premiers pendus seront les membres de l'Orchestre rouge, dont Maria Terwiel.

C’est à Plötzensee que furent également pendus la plupart des conjurés du 20 juillet 1944 qui avaient été jugés devant le Volksgerichtshof.

La princesse Obolensky, résistante de la région parisienne, y sera guillotinée le 4 août 1944.

Le massacre du 7 au [modifier | modifier le code]

Le massacre a commencé au crépuscule, le 7 septembre 1943. Plus de 250 prisonniers furent pendus par groupes de huit pour éviter les évasions, à la suite du bombardement partiel de la prison par l'aviation alliée, durant laquelle la guillotine fut endommagée. Comme il n'y avait plus d'électricité, les exécutions eurent lieu à la lumière des bougies. les bourreaux, épuisés, ne s'arrêtèrent qu'au matin, à huit heures, pour reprendre leur activité le soir, avec des forces neuves[2].

Mémorial[modifier | modifier le code]

Mur du Memorial à Plötzensee

En souvenir des condamnés, un mémorial a été érigé le 14 septembre 1952 près de la chambre d'exécution, qui est le seul édifice existant à ce jour. Il s'agit d'une petite bâtisse en brique rouge.

Sur le mémorial est écrit : « Aux victimes de la dictature d'Hitler des années 1933-1945 ». Un document fut inséré dans la première pierre du mémorial: « Ici, de 1933 à 1945, sous la dictature hitlérienne, des centaines d'hommes ont péri par meurtre légal, payant de leur vie leur lutte pour les droits de l'homme et la liberté politique. Ils étaient issus de toutes les couches de la société, et de presque toutes les nations.
Par ce mémorial, Berlin honore les millions de victimes du Troisième Reich, diffamées, maltraitées, privées de leur liberté ou assassinées à cause de leur conviction politique, de leur confession religieuse ou de leur appartenance raciale. »

Sur les 2 891 exécutés entre 1933 et 1945, on trouve 1437 Allemands, 677 Tchèques, 253 Polonais, 245 Français, 89 Autrichiens, 65 Belges, 115 personnes de nationalités diverses.

Les prisonniers polonais[modifier | modifier le code]

Kotwica, l'un des symboles de l'Armia Krajowa

Certains condamnés polonais appartiennent à l'Armée nationale secrète (Armia Krajowa) ou lui apportent leur soutien et ont été poursuivis pour détention illégale d'armes et d'explosifs, sabotage et atteinte à la sûreté de l'État. d'autres sont des prisonniers de guerre évadés ou des réquisitionnés du travail arrêtés par la Gestapo en Allemagne et qui, au début du moins, sont traduits devant les cours spéciales. À Plötzensee sont également exécutés des Polonais ayant essayé d'aider des compatriotes persécutés[3].

Les prisonniers tchèques[modifier | modifier le code]

Julius Fučík

Beaucoup appartiennent à un mouvement de résistance militaire portant le nom de "Défense nationale" (Obrana národa), composé d'officiers de l'ex armée tchécoslovaques. Quelque quatre périssent à Plötzensee entre avril 1942 et septembre 1943. Dans la même période, plus de deux cent vingts autres Tchèques sont exécutés, dont quatre vingts environ appartiennent à la résistance communiste et à peu près cent quarante à d'autres réseaux civils. Utilisant divers moyens, ils luttent pour une Tchécoslovaquie indépendante, ce que les tribunaux allemands jugent particulièrement répréhensibles depuis l'annexion des Sudètes et l'instauration du Protectorat de Bohème-Moravie en mars 1939. parmi les condamnés tués dans la nuit du 7 au 8 septembre 1943 se trouvait le communiste tchèque Julius Fučík qui a laissé un volumineux témoignage sous le titre "reportages, écrits sous le gibet"[4].

Le groupe Rütli[modifier | modifier le code]

Petit réseau de résistance composés d'anciens élèves de l'école Rütli, créé par Hanno Günther et une infirmière Elisabeth Pungs. Arrêtés en juillet et août 1942, tous les membres arrêtés sont internés dans la prison de Plötzensee. La plupart seront éxécutés[5].

Le groupe Baum[modifier | modifier le code]

Herbert Baum

En 1942 la Gestapo détient dans ses geôles les membres d'un groupe de juifs communistes dirigé par le couple Herbert et Marianne Baum. Depuis le milieu des années trente, Herbert Baum rassemblait autour de lui des personnes d'origine juive partageant ses convictions. Considérés par les réseaux communistes clandestins comme particulièrement menacés, ils étaient tenus à l'écart des liaisons avec le Parti, ce qui ne les empêchait pas de rédiger des tracts antinazis. Le 18 mai 1942, ils commettent un attentat contre l'exposition de propagande anticommuniste «Le paradis soviétique» (Das Sowjet-Paradies)[6], sur la place du Lustgarten à Berlin. Peu après, Herbert et Marianne Baum, Werner Steinbrink, Hildegard Jadamowitz et beaucoup d'autres membres du groupe sont arrêtés. Herbert Baum et deux autres se suicident en détention à la suite des sévices subis. Vingt complices sont condamnés à mort au cours de six grands procès. D'autres, dont le destin n'a jamais été élucidé, ont sans doute péri en camps de concentration. Les condamnés du groupe Baum sont exécutés à Plötzensee les 18 août 1942, 4 mars 1943, 11 mai 1943,18 juin 1943 et 7 septembre 1943. ( Heinz Rotholz (1922-1943), Heinz Birnbaum (1920-1943), Herbert Budzislawski Hella Hirsch (1921-1943), Hanni Meyer (1921-1943), Marianne Joachim (1922-1943), Lothar Salinger (1920-1943), Helmut Neumann (1922-1943), Hildegard Löwy et Siegbert Rotholz (1922-1943), Werner Steinbrink (1916-1942) et sa fiancée Hildegard Jadamowitz( 1917-1942)[7]

Le réseau Harnack/Schulze-Boysen connu sous le nom d'"Orchestre rouge"[modifier | modifier le code]

Le Complot du 20 juillet 1944[modifier | modifier le code]

Le bourreau[modifier | modifier le code]

Le bourreau en chef s'appelait Johann Reichhart. Il était le dernier exécuteur d'une famille bourgeoise de bourreaux qui remonte jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. En tant que serviteur de la justice nazie, il avait 3 165 exécutions à son actif dont 2 948 guillotinages.

Quelques personnalités décapitées ou pendues dans cette prison[modifier | modifier le code]

Ludwig von Leonrod. Officier allemand. Complot du 20 juillet 1944

Statistiques[modifier | modifier le code]


Sources[modifier | modifier le code]

  1. Le Mémorial de Plötzensee. . Publication du mémorial de la Résistance allemande. Bigitte Oleschinski. page 6
  2. Le Mémorial de Plötzensee page 19. Témoignage de deux aumôniers de la prison, le pasteur Harald Poelchau et son homologue catholique, Peter Buchholz
  3. Le Mémorial de Plötzensee page 29
  4. Le Mémorial de Plötzensee page 29
  5. Le mémorial de Plötzensee
  6. http://www.was-konnten-sie-tun.de/themen/th/propaganda-ausstellung-zerstoe/
  7. Le Mémorial de Plötzensee. Page 24

Liens externes[modifier | modifier le code]