Julius Leber

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Julius Leber à son procès en octobre 1944
Un bel hommage : À Biesheim (Haut-Rhin) une place Jules Leber
... et un panneau en français apposé à l'emplacement de sa maison natale

Julius Leber, né le 16 novembre 1891 à Biesheim (Alsace-Lorraine) et mort le 5 janvier 1945 à Berlin (prison de Plötzensee), est un homme politique allemand d'origine alsacienne et un résistant contre le national-socialisme (nazisme).

Biographie[modifier | modifier le code]

Julius Leber était le fils naturel de Katharina Schubetzer et fut reconnu plus tard par Jean Leber, un maçon qu’elle avait épousé. En 1908, Leber termina à Vieux-Brisach son enseignement scolaire au niveau du brevet et fit une formation commerciale dans une usine de papier peint à Vieux-Brisach. En 1910, il fréquenta à Fribourg-en-Brisgau une Oberrealschule (de), écrivant accessoirement des articles de presse et donnant des leçons particulières pour financer ses études.

Après l’Abitur en 1913, Leber étudia l'économie politique et l’histoire aux Universités de Strasbourg et de Fribourg-en-Brisgau. Cette même année, il entra au SPD. En 1914, il s’engagea volontairement.

Comme soldat au sein de l'armée impériale allemande, durant la Première Guerre mondiale, il fut blessé deux fois, promu lieutenant et servit après le conflit dans la Reichswehr au sein des troupes de protection des frontières à l'Est. Pendant le Putsch de Kapp, en 1920, il se mit avec son unité aux côtés de la République. Il quitta ensuite la Reichswehr en signe de protestation. Des études supplémentaires lui permirent de devenir docteur ès sciences politiques à l'université de Fribourg.

En 1921, Leber devint rédacteur en chef du journal social-démocrate Lübecker Volksboten pour lequel Willy Brandt écrivit aussi, alors qu’il était encore élève au début des années 1930. Il fut de 1921 à 1933 membre de la municipalité de Lübeck. Comme député SPD au Reichstag à partir de 1924, il s'occupa avant tout de la politique de défense.

Après l'arrivée au pouvoir d'Hitler, il fut tout de suite victime d’un attentat puis arrêté ; la pression des ouvriers de Lübeck amena sa libération, mais en mars il fut de nouveau arrêté et, de 1933 à 1937, il séjourna en prison et dans le camp de concentration de Sachsenhausen. Après sa libération, il travailla pour la résistance sous le couvert d’un commerce de charbon à Schöneberg (Berlin) et obtint le soutien entre autres de Gustav Dahrendorf, le père de Ralf Dahrendorf, d'Ernst von Harnack et de Ludwig Schwamb.

En 1940, il chercha des contacts dans la direction des forces armées et fit la connaissance du comte Claus von Stauffenberg. Par la suite, il eut d’autres contacts avec Carl Friedrich Gördeler et avec le cercle de Kreisau autour du comte Helmuth James von Moltke. Suivant les plans de putsch organisé par Stauffenberg, Leber devait devenir ministre de l’Intérieur.

Leber fut arrêté par la Gestapo dès le 5 juillet 1944, peu avant l’attentat du 20 juillet 1944. Le 20 octobre, commença devant la cour de justice du peuple un procès à grand spectacle contre Leber, Adolf Reichwein (en), Hermann Maass (en) et Gustav Dahrendorf (en). Leber fut condamné à mort et le jugement exécuté par pendaison le 5 janvier 1945 à la prison de Plötzensee.

La Julius-Leber-Kaserne (de) à Berlin-Tegel (ancien casernement des Forces françaises à Berlin, sous le nom de « Quartier Napoléon »), ainsi que la Dr-Julius-Leber-Strasse à Lübeck portent son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Mémorial en l'honneur de Julius Leber à l'Ehrenfriedhof de Lübeck.
  • Gérard Sandoz, Ces Allemands qui ont défié Hitler : 1933-1945, Paris, Pygmalion,‎ 1980 (ISBN 978-2-857-04074-3).
  • (de) Dorothea Beck et Julius Leber, Julius Leber : Sozialdemokrat zwischen Reform und Widerstand, Berlin, Siedler,‎ 1983 (ISBN 978-3-886-80091-9).
  • Gérard Flesch et Léon Strauss, « Hieronymus Julius Leber », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 23, p. 2260
  • Barbara Koehn, La résistance allemande contre Hitler, 1933-1945, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui »,‎ 2003, 399 p. (ISBN 978-2-130-53671-0).
  • Günther Weisenborn (trad. Raymond Prunier, préf. Alfred Grosser), Une Allemagne contre Hitler [« Der Lautlose Aufstand »], Paris, Ed. du Félin,‎ 2000 (ISBN 978-2-866-45384-8).

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