Harro Schulze-Boysen

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Harro Schulze-Boysen, né à Kiel le 2 septembre 1909, exécuté à Plötzensee à Berlin le 22 décembre 1942, est un officier allemand, théoricien nationaliste-révolutionnaire, écrivain et héros de la Résistance au nazisme.

Shultse Boizen Harro.jpg

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Schulze-Boysen est né dans une famille d'officiers, fils d'Erich Schulze, un officier décoré de la marine de guerre, et apparenté à l'amiral Alfred von Tirpitz, le fondateur de la marine allemande. Sa mère était Luise Boysen.

Le jeune Harro Schulze-Boysen passa son enfance à Duisbourg. En 1923, à l'âge de 14 ans, il vécut l'occupation de la Ruhr par les troupes françaises et belges. Son activité parmi les militants opposés à l'occupation entraîna rapidement son arrestation par les Français.

Activités politiques[modifier | modifier le code]

En 1928, Schulze-Boysen rejoignit le Jungdeutscher Orden (Ordre des jeunes Allemands), une organisation de jeunesse de la République de Weimar, et la Studentenverbindung (cercle d'étudiants) Albingia. Il étudia le droit à Fribourg-en-Brisgau (Bade-Wurtemberg) et Berlin, sans obtenir de diplôme. En 1930, il soutenait un groupe d'intellectuels nationalistes appelé Volksnationale Reichsvereinigung (Union populaire nationale du Reich), et prit contact en 1931 avec la revue française Plans , dont le but était l'instauration d'un système économique collectif au niveau européen. La même année, il publiait dans le journal national-bolchevique Der Gegner, fondé par Franz Jung et inspiré de Plans. Ses sympathies vont à l'URSS, il défend un rapprochement géopolitique entre Berlin et Moscou.

En 1932, il organisa les Treffen der revolutionären Jugend Europas (Rassemblements de la jeunesse révolutionnaire européenne), avec plus d'une centaine de participants. Il prônait l'abolition du système capitaliste et la fin du traité de Versailles. Il est le contact allemand de Philippe Lamour et du groupe Ordre nouveau.

En avril 1933, des Chemises brunes saccagèrent les bureaux du Gegner et Schulze-Boysen se fit battre, graver des croix gammées à même la peau, et enfermer pendant plusieurs jours. Il fut finalement libéré sur l'intervention de ses parents. En mai 1933, il commença à suivre un entraînement de pilote à Warnemünde et, à partir de 1934, il travailla au département des communications du ministère des transports aériens du Reich (Reichsluftfahrtministerium) à Berlin.

Activités de résistant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Orchestre rouge.

À partir de 1935, Schulze-Boysen rassembla autour de lui des anti-fascistes à sympathie pour la gauche, artistes, pacifistes et communistes. Le cercle publiait des tracts anti-fascistes. En 1936, il se maria avec Libertas Haas-Heye, employée de presse de la Metro-Goldwyn-Mayer, qui rejoignit le cercle de résistance. En 1939, Schulze-Boysen prit contact avec Arvid Harnack et son propre groupe, ainsi qu'avec les communistes Hilde et Hans Coppi. De ces réunions émergea ce que la Gestapo allait appeler l'Orchestre rouge (Rote Kapelle).

Entre 1940 et 1941, le groupe entretint des contacts par radio avec des agents soviétiques, procurant ainsi des documents annonciateurs de l'invasion de l'URSS.Lieutenant dans l'État-major de la Luftwaffe, Schulze-Boysen avait accès à des documents secrets.

Arrestation et mort[modifier | modifier le code]

En juillet 1942, le département de décryptage du Oberkommando des Heeres réussit à briser le code des transmissions radio du groupe, et la Gestapo entreprit de remonter la filière. Le 31 août, Harro et Libertas Schulze-Boysen étaient personnellement arrêtés par Horst Kopkow. Condamnés à mort le 19 décembre, ils furent exécutés trois jours plus tard, à la prison de Plötzensee, à Berlin.

Souvenir[modifier | modifier le code]

Une citation de Harro Schulze-Boysen sur le fronton du ministère allemand des Finances

En 1972, une rue de Lichtenberg, dans la banlieue berlinoise, fut baptisée en l'honneur du couple Schulze-Boysen.

Le fronton du ministère allemand des Finances porte la citation

« Wenn wir auch sterben sollen,
So wissen wir: Die Saat
Geht auf. Wenn Köpfe rollen, dann
Zwingt doch der Geist den Staat. »

« Glaubt mit mir an die gerechte Zeit, die alles reifen lässt! »

« Même si nous devons mourir,
Nous savons ceci : la graine
porte des fruits. Si les têtes roulent,
l'Esprit ébranlera toujours l'État. »

« Avec moi croyez en des temps justes où tout mûrira. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]