Politique en République de Macédoine

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Politique en République de Macédoine
Image illustrative de l'article Politique en République de Macédoine
Constitution
Président de la République
Gjorge Ivanov
Président du gouvernement
Nikola Gruevski
Liste
Gouvernement
Assemblée
Cour constitutionnelle
Élections
Présidentielle : 2004, 2009, 2014
Législatives : 2006, 2008, 2011
Référendums : 1991, 2004
Partis politiques
Politique étrangère

La politique en République de Macédoine a lieu dans le cadre d'une république démocratique représentative parlementaire, où le Président de la République de Macédoine est le chef de l'État. Le pouvoir exécutif est entre les mains du président de la République et du gouvernement, dirigé par le Président du gouvernement. Le pouvoir législatif est exercé par un parlement monocaméral, l'Assemblée de la République de Macédoine, et le pouvoir judiciaire est détenu par des juges élus par l'Assemblée.

La vie politique macédonienne est largement influencée par la volonté d'intégration européenne et économique ainsi que par l'opposition entre les deux principaux groupes ethniques, les Macédoniens et la large minorité albanaise.

Constitution[modifier | modifier le code]

La forme de l'État et son fonctionnement sont définis par la Constitution de la République de Macédoine, proclamée en 1991 et amendée 32 fois depuis. Cette constitution garantit notamment l'autorité de la loi, la démocratie et la défense des droits individuels. Parmi les autres valeurs importantes de la constitution se trouvent la liberté d'expression artistique et politique, le droit de vote pour tous les citoyens de plus de 18 ans, le droit d'entreprise et le pluralisme politique[1].

En plus des Macédoniens ethniques, cette constitution reconnaît des minorités : des Albanais, qui forment environ un quart de la population, des Turcs, des Roms, des Valaques, des Serbes et des Bosniaques. Elle définit également que tous les citoyens macédoniens sont égaux devant la loi et que l'État protège et promeut les cultures de toutes les communautés[2]. Les droits des minorités sont larges, elles peuvent par exemple faire un usage officiel de leur langue dans les municipalités où elles forment au moins 20 % de la population. Si un groupe forme 20 % de la population totale du pays, comme c'est le cas des Albanais, sa langue peut aussi être utilisée dans les institutions gouvernementales. Ainsi, les députés albanais peuvent s'exprimer dans leur langue lors des sessions parlementaires[3].

Séparation des pouvoirs[modifier | modifier le code]

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le blason présidentiel

Le pouvoir exécutif est entre les mains du président de la République et du gouvernement. Le Président est élu pour cinq ans au suffrage universel direct ; une personne peut prétendre au plus à deux mandats. Le Président négocie les accords internationaux, nomme ses ambassadeurs, reçoit la diplomatie étrangère, nomme divers dignitaires de la République, par exemple deux juges de la Cour constitutionnelle, il est le chef suprême des Armées et représente l'État dans le pays et à l'étranger[4]. Le gouvernement peut proposer des lois et des orientations budgétaires, il est responsable de l'application des lois, décide la reconnaissance d'États étrangers et propose des ambassadeurs[5].

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

La constitution de 1991 remet le pouvoir législatif au Parlement, constitué d'une seule chambre, l'Assemblée de la République de Macédoine. Ses 123 membres sont élus au suffrage universel direct tous les quatre ans. Le Parlement adopte et fait appliquer les lois, il élit le gouvernement, négocie le budget national, ratifie les traités internationaux, nomme et révoque les juges et déclare la guerre. Tout membre de l'Assemblée peut proposer une loi, ainsi que toute autre personne munie d'une pétition comportant au moins 10 000 signatures de votants. Le Président de la République a droit de veto sur le passage des lois, s'il en fait usage, la loi est revotée par l'Assemblée et elle est définitivement adoptée si elle reçoit au moins deux-tiers des suffrages. Le Président de l'Assemblée est élu par au moins 61 membres du Parlement. Il remplace le Président de la République si celui-ci est en incapacité d'assumer ses fonctions[6].

Pouvoir judiciaire[modifier | modifier le code]

Le pouvoir judiciaire est détenu par des juges sans restriction de mandat élus par l'Assemblée. La Macédoine compte 27 cours de grande instance, 3 cours d'appel et une cour suprême. La constitution interdit la création de cours d'urgence ou extraordinaires. Il existe enfin une Cour constitutionnelle, chargée de vérifier la conformité des actions du Parlement et du gouvernement par rapport à la Constitution[7]. Le droit macédonien est de tradition romano-civiliste[8].

Gouvernement local[modifier | modifier le code]

La République de Macédoine ne possède qu'un seul échelon territorial, constitué par 80 municipalités. La ville de Skopje possède un statut particulier, défini par la Constitution ; elle est formée de 10 municipalités tout en possédant son propre conseil et son maire. Les municipalités macédoniennes regroupent une ou plusieurs localités qui ont des besoins et des intérêts en commun. Une municipalité est donc une entité géographique et économique centrée sur un chef-lieu. La création ou la modification d'une municipalité doivent être édictées par une loi après un référendum local. Chaque municipalité possède son gouvernement et son maire, élus au suffrage universel direct. Ceux-ci ont diverses capacités définies par la loi, ils peuvent par exemple déterminer dans une certaine mesure leur mode de fonctionnement, ils votent le budget local et choisissent les plans de développement[9].

Les municipalités peuvent autoriser l'existence d'échelons inférieurs, correspondant par exemple à un village ou à un quartier. Les pouvoirs de telles entités sont déterminés par le gouvernement municipal, ils varient donc d'une municipalité à l'autre. Ces entités ne peuvent toutefois avoir une nature politique, elles ne peuvent que proposer des idées au gouvernement local et s'investir volontairement dans le développement du village ou du quartier. Elles peuvent recevoir des financements de la municipalité, de la population, d'entreprises, etc[9].

Alors que la minorité albanaise soutient la décentralisation du pays pour accentuer son autonomie, les Macédoniens ethniques s'opposent généralement à la création de régions, en avançant que la Macédoine est trop petite pour en avoir besoin[9]. Le pays est toutefois divisé depuis 2009 en huit régions statistiques qui n'ont aucun rôle administratif. Elles ont été créées pour que le pays possède des unités correspondant aux NUTS européennes ; ces régions correspondent à l'échelon NUTS-3. En plus de leur vocation statistique, elles doivent coordonner le développement économique entre les municipalités. Elles possèdent un conseil composé des maires des municipalités qui les composent[10].

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Photographie d'une affiche électorale du VMRO-DPMNE
« Oui ! Pour gagner plus de 1200 nouveaux projets pour le développement de la Macédoine ! », affiche du VMRO-DPMNE pour les élections législatives de 2011.

Depuis l'indépendance en 1991 et l'instauration d'un système multipartite, la scène politique macédonienne est dominée par deux grands partis, qui forment en général des coalitions avec des formations plus petites. Les deux grands partis sont les mêmes depuis 1991, il s'agit du VMRO-DPMNE et du SDSM. Le VMRO-DPMNE est au départ un parti nationaliste, mais à cause de son manque de reconnaissance international, il est a opté pour une ligne chrétienne-démocrate en 1995. Le SDSM est quant à lui l'héritier de l'ancienne Ligue communiste de Macédoine, mais son orientation sociale-démocrate qui tend vers le néolibéralisme fait qu'il est plus soutenu par les classes aisées que par la classe populaire[11]. Le SDSM se caractérise aussi par le désir d'améliorer les relations interethniques et de résoudre rapidement le conflit du nom avec la Grèce[12]. Les deux partis soutiennent l'adhésion du pays à l'Union européenne et à l'OTAN[12]. Le SDSM est associé au Parti socialiste européen[13] et le VMRO-DPMNE au Parti populaire européen[14].

Parmi les formations plus petites se trouvent les partis ethniques albanais, comme le DUI (nationaliste), le PDP (modéré) ou le Parti démocrate albanais (conservateur) et d'autres formations comme le Nouveau Parti social-démocrate, formé par un ancien membre du SDSM en 2005[11].

Les élections en République de Macédoine sont fortement soumises à la nature pluriethnique du pays, notamment à l'opposition entre la majorité macédonienne et la minorité albanaise. Ainsi, les Macédoniens ethniques choisissent le parti qui formera la majorité parlementaire et gouvernementale, tandis que les Albanais choisissent un parti les représentant, ce parti s'alliant alors avec la majorité. Ainsi, depuis 2008, le VMRO-DPMNE dirige le pays conjointement avec le DUI[12].

Dirigeants actuels[modifier | modifier le code]

Le président de la République de Macédoine, Gjorge Ivanov, et le président du gouvernement, Nikola Gruevski. Le président de la République de Macédoine, Gjorge Ivanov, et le président du gouvernement, Nikola Gruevski.
Le président de la République de Macédoine, Gjorge Ivanov, et le président du gouvernement, Nikola Gruevski.

Depuis 2006, c'est le VMRO-DPMNE qui détient la majorité au Parlement. Il est allié au DUI albanais[12] et ce sont des membres de ces deux partis qui forment l'essentiel du gouvernement, présidé depuis 2006 par Nikola Gruevski, du VMRO-DPMNE. Celui-ci est à la tête d'un gouvernement composé de 21 ministres dont trois sont sans portefeuille[15].

Au mois d'avril 2009, Gjorge Ivanov, professeur de sciences politiques, politicien sans étiquette proche du VMRO-DPMNE, a été élu président de la République. Il succède à Branko Crvenkovski, membre du SDSM[16].

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

La République de Macédoine possède un consulat ou une ambassade dans 38 États étrangers et elle entretient des relations diplomatiques avec 167 États[17]. Elle entretient de bonnes relations diplomatiques avec les membres de l'OTAN et de l'Union européenne, ainsi qu'avec ses voisins l'Albanie et le Kosovo, dont elle a reconnu l'indépendance en 2009. Les relations avec la Serbie sont bonnes bien qu'obscurcies par un conflit à propos de l'indépendance de l'Église macédonienne vis-à-vis du Patriarcat de Serbie, tandis que les relations avec la Grèce, bien que riches au niveau économique, sont gênées par le conflit du nom[18]. Les relations entre la République de Macédoine et la Bulgarie sont plutôt bonnes, mais il existe aussi des différents à propos de visions historiques, notamment sur l'existence de la langue macédonienne, considérée comme un simple dialecte par les Bulgares, et sur l'ethnicité de plusieurs personnages historiques nés en Macédoine avant que la nation macédonienne ne soit reconnue (les Macédoniens étaient alors considérés la plupart du temps comme bulgares)[19]. Les Macédoniens et les Bulgares s'accusent ainsi mutuellement de voler le patrimoine culturel de l'autre[20].

La République de Macédoine est membre de nombreuses organisations internationales, comme l'ONU, le Conseil de l'Europe, la Banque des règlements internationaux, le FAO, Interpol, l'Unesco ou encore l'Organisation internationale de la francophonie[21]. Le pays est candidat à l'adhésion à l'OTAN depuis 1999[22], mais son adhésion a été bloquée par le veto de la Grèce en 2008[23]. La République de Macédoine a aussi obtenu le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne en 2004, mais aucune négociation n'a encore commencé, malgré les recommandations formulées par la Commission européenne depuis 2009. Le principal obstacle est le différend avec la Grèce, dont le règlement est une condition pour l'accession du pays à l'Union[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Knowlton 2005, p. 37
  2. (fr) « Constitution de la République de Macédoine », Parlement macédonien (consulté le 29 mars 2012)
  3. (en) Svetomir Skaric, « Ohrid Agreement and Minority Communities in Macedonia », Friedrich Ebert Stiftung in Macedonia (consulté le 29 mars 2012)
  4. Knowlton 2005, p. 38
  5. (en) « Political structure », Ministère macédonien des Affaires étrangères (consulté le 22 mai 2011)
  6. Knowlton 2005, p. 38-40
  7. Knowlton 2005, p. 40
  8. (en) « A Guide to Online Research Resources for the Macedonian Legal System », Hawser Global Law School (consulté le 22 mai 2011)
  9. a, b et c (en) Ilija Todorovski, « Local government in Macedonia », Local Government and Public Service Reform Institute (consulté le 22 mai 2011)
  10. (en) « For the region », Région du Sud-Est (consulté le 22 mai 2011)
  11. a et b (en) « Main political parties », Ambassade de la République populaire de Chine en République de Macédoine (consulté le 22 mai 2011)
  12. a, b, c et d (en) « Key political Parties in Macedonia », Balkan Insight (consulté le 22 mai 2011)
  13. (fr) « Partis membres du PSE », sur Parti socialiste européen (consulté le 18 mars 2011)
  14. (en) « EPP/The Former Yougoslav Republic of Macedonia », sur Parti populaire européen (consulté le 18 mars 2011)
  15. (en) « Milososki-Lavrov: Macedonia still enjoys Russia's support over its constitutional name », Gouvernement de la République de Macédoine (consulté le 25 mai 2011)
  16. (en) « Gjorge Ivanov - President of Macedonia », SETimes.com - The news and views of Southeastern Europe (consulté le 15 mai 2011)
  17. (en) « Relations bilatérales », Ministère des Affaires étrangères de la République de Macédoine (consulté le 25 mai 2011)
  18. (en) Bureau of European and Eurasian Affairs, « Background Note: Macedonia », US Department of State,‎ 9 novembre 2011 (consulté le 19 mars 2012)
  19. (bg) « Pétition à l'UNESCO contre l'appropriation illicite de la langue, de l'histoire et de la culture bulgares par la République de Macédoine », News.bg (consulté le 1er avril 2011)
  20. (en) Anton Kojouharov, « Bulgarian “Macedonian” Nationalism: A Conceptual Overview », OJPCR: The Online Journal of Peace and Conflict Resolution (consulté le 1er avril 2011)
  21. (en) « Macedonia », sur The World Factbook, Central Intelligence Agency,‎ 13 mars 2012 (consulté le 18 mars 2011)
  22. (en) « Road to Nato », Ministère de la Défense de la République de Macédoine (consulté le 25 mai 2011)
  23. (en) Owen Bowcott et Maya Wolfe-Robinson, « Macedonia's Nato and EU hopes given boost by international court of justice », The Guardian,‎ 5 décembre 2011 (consulté le 19 mars 2012)
  24. (en) Biljana Lajmanovska, « Macedonia's EU bid still mired in name issue », Southeast European Times,‎ 19 novembre 2011 (consulté le 19 mars 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) MaryLee Knowlton, Macedonia, Marshall Cavendish,‎ 2005 (ISBN 0761418547)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]