Perruque

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Perruque capillaire)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Perruque (homonymie).
Buste de Romaine portant un postiche dit « en nid d'abeille » ou « en diadème », v. 80 ap. J.-C.

Une perruque est une coiffure de faux cheveux – d’origine humaine, chevaline ou synthétique – portée sur la tête pour des raisons liées à la mode, pour des considérations esthétiques ou professionnelles, ou pour se conformer à une prescription culturelle ou religieuse.

Certaines personnes portent une perruque pour cacher le fait qu’elles sont chauves. Les comédiens portent aussi des perruques pour s’approcher davantage du personnage qu’ils jouent. Les perruques sont aussi fréquemment utilisées pour mimer l’appartenance à un autre sexe.

Une perruque à fenêtre est une perruque où sont aménagées des ouvertures pour laisser passer les vrais cheveux.

Historique[modifier | modifier le code]

Les perruques ont été portées depuis des milliers d’années ; dans l’Égypte ancienne, par exemple, les gens les portaient pour protéger leurs crânes rasés du soleil ou lors de cérémonies (parures alors constituées de plantes tressées ou de crin). Dans d’autres civilisations anciennes, notamment chez les Assyriens, les Phéniciens, les Grecs et les Romains, elles étaient d’usage courant. Curieusement, elles ont principalement été utilisées dans les civilisations occidentales ; en Extrême-Orient, elles sont presque inconnues, sauf dans le théâtre traditionnel de la Chine et du Japon.

Après la chute de l’Empire romain, l’utilisation de cet accessoire a complètement disparu des habitudes de l’Europe occidentale pendant un millénaire, jusqu’à ce que cette mode soit remise au goût du jour au XVIe siècle comme un moyen de compenser la perte de cheveux ou d’améliorer son apparence personnelle. Elles ont aussi eu des emplois fonctionnels : ainsi, le manque d’hygiène de l’époque impliquait des infections capillaires, risque qui pouvait être amoindri si les cheveux étaient rasés et remplacés par une perruque qui pouvait facilement être retirée.

À cette époque, la mode était essentiellement dictée par la cour, c’est pourquoi son influence fut décisive dans la mode des perruques. Ainsi, en Angleterre, la reine Élisabeth Ire d’Angleterre portait une perruque rousse caractéristique, soi-disant conçue pour s’approcher des cheveux bouclés « à la romaine ». En France, ce fut Louis XIII qui, le premier, donna cours à la mode masculine de la perruque aux alentours des années 1620.

C’est ainsi que, progressivement, les perruques devinrent un accessoire obligatoire de l’habillement masculin pour les personnes d’un certain rang social. Les fabricants de celles-ci y gagnèrent un prestige considérable. La corporation des perruquiers fut créée en France par l'édit du 23 mars 1673[1] (Louis XIV instituant la communauté des « Barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes »), puis ce fut le cas partout en Europe. Il s’agissait d’un métier à haute qualification. Les perruques devenant, au XVIIe siècle, extrêmement compliquées et imposantes, pour couvrir le dos et les épaules, il n’est pas surprenant de les voir devenir de plus en plus lourdes et inconfortables à porter. Ce genre de perruque monumentale étant très onéreux à produire et les exemplaires les plus remarquables étant fabriqués à base de véritables cheveux humains, le crin de cheval fut, quant à lui, utilisé comme une alternative à meilleur marché.

Porte-perruque du XVIIIe siècle

Au cours du XVIIIe siècle, les perruques acquirent une forme plus petite et plus formelle, elles furent aussi adoptées dans différentes professions, comme un des éléments du costume ou de l’uniforme (elles sont ainsi encore actuellement portées par les hommes de loi en audience dans certains pays de common law, notamment en Angleterre). Elles étaient poudrée sous Louis XV. Leur usage était largement répandu dans toute l’Europe occidentale et en Amérique du Nord. Elles étaient un important symbole du statut social sous l’Ancien Régime. Ce symbole disparut lors de la création des États-Unis d’Amérique et, en France, dès la Révolution française. Leur usage persista encore quelque temps en Angleterre mais, lorsque Pitt le Jeune imposa une taxe sur la poudre à cheveux en 1795 destinée à aider à subventionner la guerre contre la France, Beau Brummell avait déjà renoncé au port de la perruque pour se faire couper les cheveux « à la Brutus », comme les Romains.

Les perruques féminines eurent un développement quelque peu différent. Elles étaient portées depuis le XVIIIe siècle à l’avant. Des perruques complètes aux XIXe et XXe siècles n’étaient plus à la mode. Elles étaient souvent portées par des dames âgées qui avaient perdu leurs cheveux.

Peu après la fin de la Terreur en France, sous le Directoire, les Merveilleuses se coiffaient, parmi leurs autres extravagances, de perruques de types très variés. Il en existait ainsi pour toutes les heures du jour : généralement blondes, on en trouvait aussi des noires, des bleues, des vertes, etc. La cache-folies visait ainsi à cacher les cheveux courts à la Titus.

Vers le début de la deuxième moitié du XXe siècle, les perruques connurent un sursaut de popularité. Ainsi, des compléments extravagants devinrent populaires dans les années 1960 et marquer un retour en force de cet accessoire dans la mode féminine. Ce phénomène fut encore accru par le développement de fibres en matière synthétique bons marchés qui permettent d’imiter les cheveux humains plus facilement et de manière plus commode.

Utilisations contemporaines[modifier | modifier le code]

Perruque fantaisie contemporaine.

De nos jours, les perruques sont portées de manière quotidienne ou occasionnelle pour des raisons de convenance. Elles sont utilisées également par des personnes qui ont perdu leurs cheveux suite à un traitement médical (le plus souvent, il s’agit de personnes atteintes d’un cancer qui subissent une chimiothérapie ou de personnes qui souffrent d’une alopécie). Un certain nombre de célébrités ont également popularisé les perruques. C’est le cas de la chanteuse américaine Cher qui a porté toutes sortes de perruques au cours des 40 années de sa carrière, allant de blondes à noires, de bouclées à lisses. La chanteuse Lady Gaga utilise énormément de perruques : blond platine, blond-rose, blond-rouge, jaune, blond-noir, gris, blanc, vert sont les couleurs qu'elle utilise le plus ; il est ainsi impossible de définir sa vraie coiffure : pendant un vol en avion elle est passée de blond à violet.

Elles peuvent aussi être portées pour s’amuser, comme déguisement.

Costume de barrister.

En Grande-Bretagne et dans de nombreux pays du Commonwealth, des perruques spéciales sont portées par les avocats (barristers) et par les juges, ainsi que par certains fonctionnaires du Parlement ou par les titulaires de certaines charges publiques, comme signe de leur fonction. Jusqu’en 1823, les évêques anglicans du Royaume-Uni portaient également des perruques de cérémonie. Les perruques portées par les avocats sont héritées du style qui était à la mode à la fin du XVIIIe siècle. Celles que les juges portent quotidiennement à l’audience sont également courtes, comme celle des avocats (bien que d’un style légèrement différent), mais, lors de certaines cérémonies, les juges ainsi que les avocats ayant le titre de conseillers du souverain (QC ou KC pour Queen Counsels ou King Counsels) portent un modèle plus large. Au XVIIIe siècle, les perruques étaient faites de vrais cheveux humains et poudrées de telle sorte de qu’elles aient une couleur blanche marquée. Le poudrage des perruques était une opération incommode et le développement de perruques naturellement blanches en crin de cheval ne nécessitant aucune poudre a certainement fait que cette tradition du port de perruque comme un élément du costume d’audience ait pu se maintenir en pratique. On peut noter que dans des pays appartenant encore récemment au Commonwealth, comme Hong Kong, la tradition n’a pas été abolie. Le port de la perruque a cependant été aboli en 2011 pour les juges irlandais pour des raisons d'économies budgétaires[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Franklin, Les corporations ouvrières de Paris du XIIe au XVIIIe siècle: histoire, statuts, armoiries, d'après des documents originaux ou inédits, Ayer Publishing,‎ 1971 (lire en ligne), p. 12
  2. « Les juges irlandais perdent leur perruque - NouvelObs » (consulté le 12/11/2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]