Parti de la justice et du développement (Maroc)

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Parti de la justice et du développement
حزب العدالة والتنمية
Présentation
Secrétaire général Abdel-Ilah Benkiran
(depuis le 20 juillet 2008)
Fondation 1967 (MPDC) par Abdelkrim El Khatib
1998 (PJD)
Siège 4, rue El Yefrani
Cité les Orangers, Rabat
Presse écrite Arabe : Attajdid, Almisbah[réf. nécessaire]
Symbole Lampe[1]
Idéologie Islamisme
Conservatisme
Nationalisme
Libéralisme
Couleurs bleu, blanc
Site web www.pjd.ma
Représentation
Représentants
106 / 395
Conseillers
0 / 270
Ministres
11 / 39

Le Parti de la justice et du développement (arabe : حزب العدالة والتنمية, transcription : Hizb al-εadala wa at-tanmia) (PJD), est un parti politique marocain de référentiel islamique.

Officiellement, le parti se définit comme un parti politique national dont le but est la contribution à la construction d'un Maroc moderne démocratique, prospère et solidaire, fier de son authenticité historique et contribuant positivement dans la marche de la civilisation humaine, dans le cadre de la monarchie constitutionnelle en reconnaissant le fait que le roi du Maroc est également Commandeur des croyants.

Histoire[modifier | modifier le code]

La création du parti remonte aux années 1960 quand le docteur Abdelkrim El Khatib proche du palais et chef de l'Armée de libération marocaine, s'est opposé à la déclaration de l'état d'exception et annonça la constitution du Mouvement populaire démocratique et constitutionnel en février 1967, ce parti demeura néanmoins une coquille vide, sans véritable activité politique. Juin 1996, sur l'instigation du ministre de l'intérieur Driss Basri, le parti s'ouvre à des membres du Mouvement Unité et Réforme (MUR), regroupant notamment des ex-membres ayant renoncé à la violence de la Chabiba Islamiya, un mouvement islamiste violent des années 1960 et 1970. Cette approche offrait l'avantage de donner au MUR une façade politique légale, tout en évitant pour l'État, le précédent de la création d'un parti islamiste ex-nihilo. L'État s'assurait en outre l'ancrage du parti au sein du Makhzen, du fait de la proximité du fondateur du parti Abdelkrim El Khatib avec le palais royal. Il faut rappeler que ce fut ce même Abdelkrim El Khatib qui milita pour que la notion d'Amir Al Mouminine (Commandeur des croyants) qui fait du roi le chef religieux soit inscrite dans la première constitution marocaine.

Aux élections législatives de 1997, il décrocha neuf sièges malgré les fraudes qui les ont caractérisées. Le parti décline la proposition de participer au gouvernement d'alternance et opte pour le soutien critique. En 1998, le parti changea son nom et devient « Parti de la justice et du développement ». Suite au non-respect par le gouvernement de ses engagements, le parti passe du soutien critique à l'opposition. En 2001, le parti présente un « mémorandum pour des élections transparentes et saines » comportant ses propositions sur les conditions politiques et légales pour organiser des élections crédibles. Après les élections législatives de 2002, le parti devient le premier parti d'opposition (42 sièges). En 2004, le parti organise son cinquième congrès national et fait élire le docteur Saâdeddine El Othmani au poste de Secrétaire général. Lors des élections législatives de 2007, le parti arrive en 2e place avec 46 sièges, mais préfère rester dans l'opposition. En 2008, le parti organise son sixième congrès national et fait élire le professeur Abdel-Ilah Benkiran au poste de secrétaire général, il a obtenu 684 voix sur les 1628 voix.

À la suite du printemps arabe de 2011, le parti islamiste sort vainqueur du scrutin législatif de novembre 2011, en obtenant 107 sièges sur les 395 constituant la chambre basse marocaine. Le 29 novembre 2011, le secrétaire général du PJD, Abdel-Ilah Benkiran, est nommé chef du gouvernement par le roi Mohammed VI, donnant ainsi droit au parti de constituer le nouveau gouvernement.

Représentation parlementaire[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 27 septembre 2002, le parti a obtenu 42 sièges au Parlement, soit une augmentation de 33 sièges par rapport à sa première participation lors des élections de 1997 (9 sièges). Lors des élections législatives du 7 septembre 2007, le PJD est arrivé 2e en obtenant 46 sièges à la Chambre des représentants, juste derrière le Parti de l'Istiqlal avec 52 sièges, mais il préfère rester en opposition. Lors des législatives de 2011, le parti enregistre une large victoire en obtenant 107 sièges.

Évolution du PJD depuis sa création en 1998
Législatives 1997 2002 2007 2011
Nombre de sièges 9/325 42/325 46/325 107/395
Rang 10e 3e 2e 1re
Participation au gouvernement non non non oui


Représentation au sein du gouvernement marocain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Abdel-Ilah Benkiran.

Arrivé premier aux élections législatives de 2011, le parti compte onze portefeuilles sur les trente-et-un constituant l'actuel gouvernement :


Idéologie[modifier | modifier le code]

Ce parti est considéré comme conservateur. Il est connu pour son opposition à l'occidentalisation des mœurs marocaines dans le but de garder et renforcer l'identité marocaine. Le parti a toutefois adopté un ton beaucoup moins véhément depuis les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, perpétrés par la mouvance terroriste. Le parti travailla alors à se construire une image de respectabilité et à se rendre fréquentable.

C'est ce parti qui, aidé par d'autres conservateurs, a fait pression sur le Palais et la commission Mennouni pour que la liberté de conscience soit supprimée de la nouvelle constitution de 2011.

Pris à partie dès le début du mouvement du 20 février, ses dirigeants, en tête desquels Abdelillah Benkirane, ont su opérer un virage tactique qui les a progressivement fait sortir de l'orbite du Makhzen aux yeux de nombreux marocains.

Néanmoins, et malgré ses discours incessants sur la démocratie et les droits de l'homme, droit dont le parti s'était fait le chantre, son traitement du dossier contestataire post-élection démontra clairement qu'il était, tout autant qu'un autre parti, dans l'orbite du Makhzen et qu'il ne se comportait pas différemment de ses prédécesseurs[2], [3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Arrêté du ministre de l'Intérieur no 2914-11 du 30 kaada 1432 (28 octobre 2011) fixant les symboles attribués aux listes de candidatures ou aux candidats appartenant aux partis politiques », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5992,‎ 3 novembre 2011, p. 2386-2387 (lire en ligne)
  2. http://voxmaroc.blog.lemonde.fr/2012/02/03/insurrection-de-taza-les-jeunes-accusent-mohammed-vi/
  3. Tahar Abou El Farah, « Benkirane: les jeunes du mouvement du 20 février ne sont pas "des personnes sacrées" », La Vie éco,‎ 24 avril 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdellah Tourabi, « La grande énigme : D'où viennent nos islamistes ? (1/2) », Zamane, no 15,‎ janvier 2012, p. 28-33
  • Abdellah Tourabi, « La grande énigme : D'où viennent les islamistes du PJD ? (2/2) », Zamane, no 16,‎ février 2012, p. 30-35

Liens externes[modifier | modifier le code]