Abdel-Ilah Benkiran

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Abdel-Ilah Benkiran
عبد الاله بنكيران
Conférence de presse du PJD, en 2009.
Conférence de presse du PJD, en 2009.
Fonctions
20e chef du gouvernement marocain
En fonction depuis le 29 novembre 2011
(2 ans, 9 mois et 5 jours)
Monarque Mohammed VI
Gouvernement Benkiran
Législature IXe législature
Prédécesseur Abbas El Fassi
Secrétaire général du
Parti de la justice et du développement
En fonction depuis le 20 juillet 2008
(6 ans, 1 mois et 14 jours)
Prédécesseur Saâdeddine El Othmani
Président du conseil national du
Parti de la justice et du développement
1er juillet 200420 juillet 2008
(4 ans, 0 mois et 19 jours)
Successeur Saâdeddine El Othmani
Député
En fonction depuis le 14 novembre 1997
Législature VIe législature
VIIe législature
VIIIe législature
IXe législature
Biographie
Nom de naissance Abdel-Ilah Benkiran
Date de naissance 2 avril 1954 (60 ans)
Lieu de naissance Rabat (Maroc)
Nationalité Marocaine
Parti politique Parti de la justice et du développement
Diplômé de Université Mohammed V - Agdal
Profession Professeur
Religion Islam

Abdel-Ilah Benkiran
Chefs du gouvernement marocain

Abdel-Ilah Benkiran[1] (généralement orthographié Abdelilah Benkirane dans les médias francophones, notamment marocains ; en arabe : عبد الاله بنكيران) est né à Rabat (Maroc) dans le quartier populaire d'Al Akkari le 2 avril 1954 d'une famille liée à l'Istiqlal. Il est un homme politique marocain, dirigeant du Parti de la justice et du développement, qui a remporté les élections législatives du 25 novembre 2011 au Maroc avec 107 sièges sur 395[2]. Conformément à la nouvelle Constitution[3], le roi Mohammed VI l'a officiellement nommé chef du gouvernement lors d'une brève audience à Midelt le 29 novembre 2011[4].

Formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran est titulaire d'une licence en physique de l'Université Mohammed V - Agdal en 1979, il s’engage après dans l'enseignement en devenant professeur à l'École normale supérieure de l'enseignement technique de Rabat. Abdel-Ilah Benkiran est également propriétaire et directeur d'une école primaire privée à Salé[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran au forum de Davos, le 28 janvier 2012.

Débuts[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran adhère à la Chabiba Islamiya en 1976, suite à sa lecture d'un livre de Sayed Qotb (Mâalim Fi Al Tariq [Signes de piste])[6]. Par la suite, il fonde en 1981 Al Jamaa Al Islamiya. En 1992, elle devient officiellement Réforme et Renouveau. La même année avec quelques camarades de la confrérie, ils essaient de créer un parti du renouveau nation, l'autorisation leur sera refusée. Ils se tourneront alors vers le Parti de l'Istiqlal qui les accepte en son sein mais ils resteront relégués à un rôle marginal. Par la suite, Abdelilah Benkirane rejoint Abdelkrim Al Khatib au sein de son parti Mouvement populaire démocratique constitutionnel (MPDC) mais avant il décide de réunir autour de lui une nébuleuse associative islamiste. C'est ainsi que l'Association islamique de Ksar el-Kébir d'Ahmed Raïssouni, l'Association Achourouk de Rabat et l'association Addaâwa islamique de Fès (créée en 1976 par un ouléma de la Quaraouiyine Abdessalam El Harras). L'ensemble prend le nom de la Ligue de l'avenir islamique. Celle-ci rejoint l'association Réforme et renouveau, qui devient alors le Mouvement de l'unicité et de la réforme (MUR) regroupant plus de 200 associations. Ce dernier arrimé au MPDC deviendra en 1998 le Parti de la justice et du développement.

Ascension[modifier | modifier le code]

Abdel-Ilah Benkiran a été élu secrétaire général du Parti de la justice et du développement le 20 juillet 2008 à Rabat. Il a obtenu 684 voix, suivi de Saâdeddine El Othmani (ancien secrétaire général du PJD et ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération) avec 495 voix et Abdellah Baha (compagnon et bras droit de Benkiran, ministre d’État sans portefeuille au sein de l'actuel gouvernement) 14 voix. Il est aussi député de la circonscription de Salé médina depuis les législatives de 1997.

Chef du gouvernement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Benkiran.

À la tête du PJD, Abdel-Ilah Benkiran remporte les élections législatives du 25 novembre 2011 avec 107 sièges sur 395[2]. Conformément à la Constitution, le roi Mohammed VI le nomme officiellement chef du gouvernement lors d'une brève audience à Midelt le 29 novembre 2011[4]. Abdel-Ilah Benkiran a l'intention de se concerter avec la coalition de la Koutla, qui regroupe l'Istiqlal du chef du gouvernement sortant, Abbas El Fassi, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), disposant respectivement de 60, 39 et 18 élus, pour former le nouveau gouvernement. Le 4 décembre 2011, l'USFP décline l'offre et décide de ne pas rejoindre le gouvernement Benkirane, préférant acter de son échec électoral et regagner une crédibilité dans l'opposition[7]. C'est finalement les deux autres partis de la Koutla, Istiqlal et PPS qui rejoignent les rangs de Benkirane, ainsi que le Mouvement populaire (32 sièges) après avoir quitté l'Alliance pour la démocratie.

Le 12 mai 2013, le conseil national du parti de l'Istiqlal annonce son retrait de la coalition gouvernementale à la suite d'une réunion extraordinaire tenue à Rabat. Le début de cette crise politique commence en effet en septembre 2012, à la suite de l'élection de Abdelhamid Chabat à la tête du parti, il critique alors publiquement le bilan gouvernemental et appelle au retrait de ses six ministres partisans du gouvernement. Le 9 juillet 2013, cinq des six ministres istiqlaliens déposent officiellement leur démission au chef gouvernement[8], seul Mohamed Louafa refuse de mettre à exécution la décision de retrait du gouvernement prise par son parti et maintient son portefeuille à l'Éducation nationale. Le 15 juillet 2013, le parti déclare son passage à l'opposition rendant de facto le gouvernement Benkiran minoritaire[9].

Poursuite judiciaire[modifier | modifier le code]

Le 16 octobre 2012, l'Union nationale des professions libérales (UNPL) dépose plainte contre le chef du gouvernement auprès de la Cour de cassation, et ce « pour son refus d'entretenir un dialogue avec les représentants des professions libérales, afin de parvenir à une solution qui leur assurera le droit à la couverture médicale et à l'assurance sociale, surtout que la nouvelle constitution a insisté sur le droit des professions libérales à une couverture médicale »[10].

En 2014, le Parti de l'Istiqlal (PI) dépose une plainte, contre le chef du gouvernement, Abdel-Ilah Benkirane, auprès de la Cour de cassation, pour « diffamation » et « non dénonciation de délit commis ». Le PI demande dans cette plainte l'ouverture d'une enquête sur ce qu'il considère « des accusations gratuites » de la part du chef du gouvernement à l'encontre des dirigeants du parti. La plainte invoque les dispositions de l'article 442 et 444 du code pénal marocain et les articles 40, 45, 46, 47 et 48 du code de la presse pour « atteinte à l'honneur et à la personne, et diffamation »[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Rectificatif au « Bulletin officiel » no 6000 du 5 moharrem 1433 (1er décembre 2011), page 2508 », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 6010,‎ 5 janvier 2012, p. 35 (lire en ligne)
    Rectificatif précisant l'orthographe « Abdel-Ilah Benkiran » au lieu de « Abdelilah Benkirane ».
  2. a et b France24.com
  3. Adoptée par référendum le 1er juillet 2011, celle-ci prévoit que le chef du gouvernement (anciennement Premier ministre) est choisi au sein du parti arrivé en tête des élections législatives
  4. a et b Le roi du Maroc nomme un islamiste modéré comme Premier ministre, Liberation.fr, 29 novembre 2011
  5. Abdelilah Benkirane, un islamiste modéré au pouvoir, Le Point, 29/11/2011
  6. Abdellah Tourabi, « La grande énigme : D'où viennent nos islamistes ? (1/2) », Zamane, no 15,‎ janvier 2012, p. 29-30
  7. RFI, « Maroc : l’USFP ne participera pas au gouvernement Benkirane », Radio France internationale,‎ 5 décembre 2011
  8. Maroc: démission officielle des ministres de l'Istiqlal, rfi.fr, 10/07/2013
  9. Istiqlal-USFP :Vers une alliance dans l'opposition, aufaitmaroc.com, 16/07/2013
  10. Moins d'une année après son investiture : Le chef du gouvernement et quatre ministres traînés en justice, Libération, 30/10/2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]