Rhinite allergique

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Rhinite allergique
Classification et ressources externes
Misc pollen colorized.jpg
Mélange de pollens photographié par microscopie électronique (fausses couleurs).
CIM-10 J30
CIM-9 477
DiseasesDB 26380
eMedicine ent/194 
MeSH D012220
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La rhinite allergique est une affection médicale bénigne secondaire à une hypersensibilisation à une substance étrangère dénommée allergène. Son expression clinique est essentiellement la rhinite et la conjonctivite.

L'allergène peut être le pollen (dans le cadre du rhume des foins) mais aussi les acariens, ainsi que d'autres produits.

Statistiques[modifier | modifier le code]

L'allergie est responsable des deux tiers des rhinites de l'enfant et d'un tiers de celles de l'adulte[1].

En France, plus de 30 % des adultes souffrent de rhinite allergique[2].

La prévalence dans l'enfance est en augmentation, bien que cela ne soit pas retrouvé partout dans le monde[3].

Les quatre-cinquièmes des rhinites allergiques débutent avant l'âge de 20 ans[1] et l'incidence semble être maximale au début de l'adolescence[4]. Elle atteint un peu plus fréquemment les garçons mais le ratio par sexe s'égalise à l'âge adulte[1].

La rhinite allergique est fréquente chez l'asthmatique et il est possible que la première favorise la seconde maladie[5].

Causes[modifier | modifier le code]

L'allergie semble être favorisée par différents facteurs. Une trop grande propreté, telle que décrite dans l'« hypothèse hygiéniste », pourrait favoriser l'apparition de phénomène allergique[6]. Chez l'adulte, l'alcoolisme serait un facteur favorisant de rhinites[7].

Description[modifier | modifier le code]

La rhinite se manifeste par un écoulement nasal clair pouvant conduire à une obstruction nasale. Elle est associée à des éternuements. L'association à une conjonctivite (yeux rouges qui pleurent et qui piquent) est fréquente.

L'évolution peut se faire vers un asthme[8] ou favoriser l'apparition d'otites[9].

Les symptômes peuvent être suffisamment gênants pour altérer la qualité de vie[10] à un niveau équivalent à celle de l'asthme[11], contrariant les activités sociales. Ils peuvent aussi dégrader les performances scolaires mais l'effet sédatif des médicaments antihistaminiques peut aussi jouer[12].

Une cause allergique à la rhinite doit être théoriquement démontrée par un test cutané (prick test) ou par la recherche d'immunoglobulines E spécifiques dans le sang. Cela est rarement nécessaire en cas d'allergie saisonnière, plus en cas de rhinite pérenne.

Rhinite allergique saisonnière[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pollinose.

La rhinite allergique saisonnière est appelée également pollinose, « rhinoconjonctivite allergique aux pollens », ou plus communément « rhume des foins ». Elle s'oppose aux rhinites dites « pérennes » qui sont, elles, provoquées par une substance allergisante non saisonnière (les acariens, par exemple).

Ses principales manifestations sont éternuements, rhinorrhée, obstruction nasale, démangeaisons nasales et oculaires, larmoiement. Ces symptômes surviennent suite à une exposition à des pollens allergisants, dont la présence dans l'air est variable selon les saisons. En Europe occidentale, par exemple, il s'agit d'espèces comme le noisetier et l'aulne à la fin de l'hiver, suivis du bouleau, puis du chêne au printemps, des graminées en début d'été, de l'ambroisie et du plantain en fin d'été[13]. Les conditions météorologiques influent également : la concentration en pollens dans l'air est plus élevée par temps chaud et sec.

La rhinite allergique saisonnière débute généralement dans l'enfance. Elle est rare après 65 ans. L'asthme y est souvent associé (dans 20 % des cas environ). La rhinite allergique peut aussi être associée à une conjonctivite allergique ou à d'autres pathologies comme la sinusite ou l'otite.

Les examens complémentaires sont rarement nécessaires pour faire le diagnostic. Les tests cutanés ne sont utiles que si une désensibilisation est envisagée. Il existe aussi une rhinite allergique de longue durée, qui peut s'étaler sur plusieurs années, c'est dans ces cas-là que la désensibilisation est idéale.

Traitements[modifier | modifier le code]

Les traitements sont surtout symptomatiques : éviction si possible de l'allergène (même si les preuves de l'efficacité de cette éviction manquent dans le cas des acariens[14]), cromoglicate de sodium en solution nasale (en collyre en cas de symptômes oculaires), corticoïdes locaux, antihistaminiques par voie orale ou nasale. L'irrigation nasale par une simple solution saline peut être efficace[15]. Les corticoïdes nasaux s'avèrent être plus efficaces que les antihistaminiques oraux[16], les premiers n'agissant cependant pas sur les conjonctivites associées. Les antagonistes aux leukotriènes sont d'efficacité comparable aux antihistaminiques[17]. Les corticoïdes en intramusculaire ne sont pas dénués d'effets secondaires, parfois graves.

La désensibilisation consiste à administrer un allergène de façon continue sur plusieurs mois ou années, de façon croissante. Administrée par voie sous-cutanée, la désensibilisation a prouvé son efficacité, mais au prix parfois d'effets indésirables (réactions locales aux points d'injections, urticaire), parfois grave (bronchospasme, angio-œdème, asthme, réaction anaphylactique), nécessitant une surveillance d'environ une heure après chaque injection[1]. Elle a également une certaine efficacité dans la prévention de l'évolution vers une maladie asthmatique[18]. L'administration par voie sublinguale (lyophilisats) est une technique efficace dans l'allergie pollinique[19] mais semble plus discutée dans les autres types d'allergie[20].

Le pollen de phléole des prés (Grazax⁰) est un traitement utilisable par voie orale, non remboursé par la sécurité sociale. Un traitement de quatre mois est nécessaire pour un gain de quatre jours de confort. Il n'existe par ailleurs pas d'essais comparatifs avec la désensibilisation par voie sous-cutanée. Deux tiers des patients ont présenté des effets indésirables suite à ce traitement[21][réf. insuffisante].

L'acupuncture semble avoir une efficacité limitée[22].

Même si ce n'est pas un médicament en France ni un traitement, la quercétine (quercetol) flavonoïde extraite de plantes type câpres,...,oseille, myrtilles, ... semble diminuer très fortement les symptômes inflammatoires, conjonctifs, écoulements nasaux et sifflements respiratoires[réf. nécessaire]. Elle est parfois associée au curcuma .

Le sureau semble efficace dans la régulation et l’élimination du mucus ou écoulement nasal y compris dans les nez très encombrés[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Greiner AN, Hellings PW, Rotiroti G, Scadding GK, Allergic rhinitis, Lancet, 2011;378:2112-2122
  2. (en) Klossek et al. « Prevalence, severity and impact of allergic rhinitis in the French community Survey Instant 2006 ». Allergy 2008; 63 (Suppl. 88): 158-611. Abstract no 1153. EAACI June 2008
  3. (en) Björkstén B, Clayton T, Ellwood P, Stewart A, Strachan Dthe ISAAC Phase III Study Group. Worldwide time trends for symptoms of rhinitis and conjunctivitis: phase III of the International Study of Asthma and Allergies in Childhood. Pediatr Allergy Immunol, 2008;19:110-124
  4. (en) Keil T, Bockelbrink A, Reich A et al. The natural history of allergic rhinitis in childhood, Pediatr Allergy Immunol, 2010;21:962-969
  5. (en) Leynaert B, Neukirch C, Kony S et al. Association between asthma and rhinitis according to atopic sensitization in a population-based study, J Allergy Clin Immunol, 2004;113:86-93
  6. (en) von Mutius E, 99th Dahlem conference on infection, inflammation and chronic inflammatory disorders: farm lifestyles and the hygiene hypothesis, Clin Exp Immunol, 2010;160:130-135
  7. (en) Bendtsen P, Grønbaek M, Kjaer SK, Munk C, Linneberg A, Tolstrup JS, Alcohol consumption and the risk of self-reported perennial and seasonal allergic rhinitis in young adult women in a population-based cohort study, Clin Exp Allergy, 2008;38:1179-1185
  8. (en) Shaaban R, Zureik M, Soussan D et al. Rhinitis and onset of asthma: a longitudinal population-based study, Lancet, 2008;372:1049-1057
  9. (en) Tewfik TL, Mazer B, The links between allergy and otitis media with effusion, Curr Opin Otolaryngol Head Neck Surg, 2006;14:187-190
  10. (en) Meltzer EO, Quality of life in adults and children with allergic rhinitis, J Allergy Clin Immunol, 2001;8:S45-S53
  11. (en) Leynaert B, Neukirch C, Liard R, Bousquet J, Neukirch F, Quality of life in allergic rhinitis and asthma: a population-based study of young adults, Am J Respir Crit Care Med, 2000;162 (4 Pt 1):1391-1396
  12. (en) Walker S, Khan-Wasti S, Fletcher M, Cullinan P, Harris J, Sheikh A, Seasonal allergic rhinitis is associated with a detrimental effect on examination performance in United Kingdom teenagers: case-control study, J Allergy Clin Immunol, 2007;120:381-387
  13. Calendrier des allergènes (France)
  14. Horak F Jr, Matthews S, Ihorst G et al. Effect of mite-impermeable mattress encasings and an educational package on the development of allergies in a multinational randomized controlled birth-cohort study—24 months results of the Study of Prevention of Allergyin Children in Europe, Clin Exp Allergy, 2004;34:1220-5
  15. (en) Georgitis JW « Nasal hyperthermia and simple irrigation for perennial rhinitis. Changes in inflammatory mediators » Chest 1994 Nov;106(5):1487-92.
  16. (en) Weiner JM, Abramson MJ, Puy RM, Intranasal corticosteroids versus oral H1 receptor antagonists in allergic rhinitis: systematic review of randomised controlled trials, BMJ, 1998;317:1624-1629
  17. Wilson AM, O’Byrne PM, Parameswaran K, Leukotriene receptor antagonists for allergic rhinitis: a systematic review and meta-analysis, Am J Med, 2004;116:338-44
  18. (en) Jacobsen L, Niggemann B, Dreborg S et al. Specific immunotherapy has long-term preventive effect of seasonal and perennial asthma: 10-year follow up on the PAT study, Allergy, 2007;62:943-948
  19. (en) Radulovic S, Calderon MA, Wilson D, Durham S, Sublingual immunotherapy for allergic rhinitis, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2010, Issue 12. Art. no : CD002893. DOI:10.1002/14651858.CD002893.pub2
  20. (en) Larenas-Linnemann D, Sublingual immunotherapy in children: complete and updated review supporting evidence of effect, Curr Opin Allergy Clin Immunol, 2009;9:168-176
  21. Revue Prescrire, no 288, octobre 2007.
  22. Brinkhaus B, Ortiz M, Witt CM et al. Acupuncture in patients with seasonal allergic rhinitis: A randomized trial, Ann Intern Med, 2013;158:225-234

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Benjamins, C. E., & de Graaf, J. (1934). L'utilité des symptômes nasaux dans le rhume des foins. Acta Oto-Laryngologica, 20(1-2), 165-180.
  • (fr) Vermeulen, B. (1931). Recherches sur les substances sensibilisantes qui provoquent le Rhume des Foins, au moyen de la méthode de Dale. Acta oto-lar., 15.
  • (fr) Annesi-Maesano, I., Didier, A., Klossek, J. M., Chanal, I., Moreau, D., & Bousquet, J. (2004). Le Score For Allergic Rhinitis (SFAR)–version française. Revue française d'allergologie et d'immunologie clinique, 44(4), 396-399.