Michel Jeury

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Michel Jeury

Description de cette image, également commentée ci-après

Michel Jeury lors des 7e rencontres de l'imaginaire de Sèvres, décembre 2010.

Activités Romancier, nouvelliste
Naissance 23 janvier 1934
Razac-d'Eymet, Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Genres Science-fiction
Distinctions Grand prix de l'Imaginaire

Œuvres principales

Michel Jeury est un écrivain français né le 23 janvier 1934 à Razac-d'Eymet en Dordogne. Ses romans ont marqué la littérature de science-fiction française des années 1970 et 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Michel Jeury est né en janvier 1934 à Eymet, en Dordogne, dans une famille paysanne. Après-guerre, il découvre que le célèbre Marcel E. Grancher était engagé aux côtés de son père durant la première guerre mondiale. Il insiste pour que celui-ci le contacte. Grancher aura une influence décisive dans l'envie d'écrire de Michel Jeury. Tout en aidant au travail agricole de ses parents, il poursuit ses études et obtient le bac en 1952. Dans le courant des années 1950, il écrit plusieurs romans, de science-fiction puis de littérature générale, tout en travaillant. Trois romans seront publiés, mais sans succès, malgré le Prix Jules Verne pour La Machine du pouvoir.

Jeury cesse d'écrire, exerce divers métiers (instituteur, visiteur médical, représentant, etc.). En 1967, il cesse toute activité professionnelle régulière et s'installe à Florensac chez ses parents, près de Falgueyrat sur le canton d'Issigeac. Il se remet à écrire et terminera le manuscrit de son roman Le temps incertain en 1972 à La Grèze, près d'Eyrenville. Paru l'année suivante dans la prestigieuse collection « Ailleurs et demain » de Gérard Klein sans que celui-ci ne modifie le manuscrit ni ne rencontre l'auteur, ce livre confirme une carrière d'écrivain de science-fiction qui durera près de vingt ans, avec la publication de plusieurs dizaines de romans.

À partir de 1973, Michel Jeury reçoit de nombreux auteurs confirmés comme John Brunner ou en devenir comme Roland Wagner, dans ce que Gérard Klein qualifiera plus tard de Pélerinage d'Issigeac[1]. Il recevra notamment des proches de Gilles Deleuze et contribuera activement à lancer la carrière des frères Bogdanoff.

Michel Jeury se marie en 1975, il a une fille en 1976. Au début des années 1980, il publie « Le Crêt de Fonbelle », mémoire de ses parents qui préfigure son évolution vers la littérature générale. En 1987, après la mort de ses parents, il s'installe à la bambouseraie d'Anduze, puis sur les hauteurs du village cévenol une douzaine d'années plus tard. Depuis la fin des années 1980, Michel Jeury est en quelque sorte retourné à ses racines paysannes, délaissant la science-fiction pour le roman de terroir (L'année du certif, entre autres) avec un succès considérable. Jeury ne retouchera à la science-fiction que ponctuellement, en publiant par exemple Le Chat venu du futur, (1998), coécrit avec sa fille Dany Jeury, jusqu'à la publication en 2010 d'un nouveau roman, May le monde[2] pour lequel il obtiendra à nouveau le Grand prix de l'imaginaire, 38 ans après Le Temps incertain.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les textes "de jeunesse"[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950, Michel Jeury écrit trois romans de science-fiction. Les deux premiers ne seront publiés qu'en 1960, sous les titres de Aux étoiles du destin et La machine du pouvoir et sous le pseudonyme d'Albert Higon, dans la collection Le Rayon fantastique. Le troisième restera inédit puis sera égaré. Entre-temps, Jeury écrit des romans de littérature générale. Le premier n'est pas publié ; le second, dans lequel il raconte sous forme romancée ses démêlés avec le Parti communiste, paraît chez Julliard en 1958 sous le titre Le diable souriant. Un troisième roman est refusé. Durant cette période, trois nouvelles de Jeury/Higon paraissent dans des revues.

Les années 1970[modifier | modifier le code]

La parution du livre Le Temps incertain, en 1973, dans la prestigieuse collection Ailleurs et Demain chez Robert Laffont fit grosse impression. Il s'agissait d'un roman rappelant le style de Philip K. Dick, très apprécié en France à l'époque, tout en ayant manifestement intégré l'influence du nouveau roman. Dans ce livre, Jeury introduit l'idée de chronolyse, un genre de distorsion du temps, et il utilise des techniques d'écriture assez particulières, avec notamment l'usage de séquences répétitives : la même scène se reproduit plusieurs fois au cours du roman, avec de légères différences. De plus, le roman met en scène un futur qui « introduisait comme possible des tyrannies industrielles de l'avenir en désignant explicitement leurs vecteurs : les multinationales », affirme Gérard Klein[3],[4].

L'année suivante paraît Les Singes du temps, dans la même collection. Il s'agit d'un deuxième volet sur la chronolyse, avec un type d'écriture qui poursuit les expériences du livre précédent. Toujours dans la collection Ailleurs et Demain, Michel Jeury publie la longue nouvelle utopique intitulée La fête du changement dans le recueil collectif judicieusement titré utopies 1975. En 1976 parait enfin Soleil chaud, poisson des profondeurs, un roman aussi ambitieux que les précédents. Il n'est plus question de chronolyse, mais d'un futur éclaté, où le morcellement de l'écriture reflète celui de la société décrite : toujours les multinationales, plus les réseaux informatiques.

Michel Jeury est alors un auteur reconnu, qui multiplie les publications afin de pouvoir vivre de sa plume. Il va ainsi faire paraître des romans plus grand public chez des éditeurs populaires (J'ai lu, Fleuve Noir) en parallèle à ses romans spéculatifs. Il ressuscite un temps Albert Higon pour publier Les Animaux de justice en 1976 puis Le Jour des voies en 1977. Il écrit également à destination du public spécifiquement adolescent : Le Sablier vert en 1977 et Le Monde du Lignus en 1978.

Il publie également en collaboration. Après de nombreuses nouvelles coécrites avec Katia Alexandre, il publie en 1977 L'Empire du peuple, signé Albert Higon, écrit avec Pierre Marlson.

Plusieurs romans importants paraissent ensuite coup sur coup chez divers éditeurs. Poney-Dragon, en 1978, renoue avec les interrogations sur le temps : un voyageur de la destinée se projette régulièrement dans un futur fasciste et proche, et doit trouver qui est, dans le monde d'aujourd'hui, le futur dictateur. L'Univers-ombre, en 1979, met en scène, avec des descriptions quasi ethnographiques, une utopie rapidement troublée : quelqu'un a réveillé le Pouvoir… La même année 1979 sont publiés également Le Territoire humain et Les Enfants de Mord.

Les années 1980[modifier | modifier le code]

La production de Michel Jeury s'accroit en quantité. Il publie de nombreux romans au Fleuve Noir, dans la collection Anticipation, spécialisée dans la science-fiction d'aventure. De 1979 à 1988, il fera paraître près d'une vingtaine d'ouvrages chez cet éditeur.

Il publie en 1981 la biographie de ses parents, dont il a assuré la rédaction : Le crêt de Fonbelle. Les gens du mont Pilat.

En parallèle, il écrit encore des romans spéculatifs. Ailleurs et Demain fait paraître en 1980 Les Yeux géants, un roman plein de soucoupes volantes, puis L'Orbe et la Roue en 1982. La série Les colmateurs se base sur la théorie des fractales pour imaginer des mondes multiples qui communiquent entre eux par des failles, que les colmateurs sont chargés de... colmater. Cette série comporte diverses nouvelles et trois romans : Cette Terre (1981), Le vol du serpent (1982) et Les démons de Jérusalem (1985). Le roman Le Jeu du Monde, paru en 1985, reçoit le prix Julia-Verlanger en 1986. Ce livre décrit un monde dominé par le jeu, anticipant à la fois la télé-réalité et les jeux en réseau apparus au début du XXI° siècle[5]. En 1986 paraît également La Croix et la Lionne.

Les romans paysans[modifier | modifier le code]

Le vrai goût de la vie est publié en 1988. Il s'agit d'un roman paysan, qui marque la rupture avec la science fiction. Il sera suivi par un deuxième volume intitulé Une Odeur d'herbe folle. Parmi les romans qui suivent, citons L'Année du certif, prix Charles Exbrayat 1995.

Les nouvelles[modifier | modifier le code]

Dans chacune de ses périodes littéraires, Michel Jeury a écrit et publié des nouvelles. Peu nombreuses au début des années 1960, elles furent au contraires très nombreuses et importantes dans les années 1970 et 80, pour se raréfier à nouveau dans les années 1990. Ces nouvelles, au nombre de plus d'une centaine, sont parues dans des revues très diverses, y compris dans de nombreux fanzines de science-fiction de très faibles tirages. Fort heureusement, la quasi-totalité de ces nouvelles sont disponibles en ligne, avec l'accord de l'auteur, sur le site de quarante-deux.org. En décembre 2007 paraît un recueil de 27 nouvelles, intitulé La vallée du temps profond, qui reprend les plus importantes nouvelles de science-fiction écrites par Jeury.

Études sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Joëlle Wintrebert, Michel Jeury, du Temps Incertain au Territoire Humain, in Univers 18, J'ai Lu, 1979.
  • Gérard Klein, préface au recueil Le livre d'or de la science-fiction, Michel Jeury, Presses pocket, 1982.
  • André François Ruaud, Soleil chaud ! Soleil chaud !, in fanzine Yellow submarine 1995. Repris dans le recueil La vallée du temps profond, Les Moutons électriques, 2007, page 465.
  • Richard Comballot, Voix du futur : Entretiens avec 8 auteurs de science-fiction, Les Moutons électriques, 2010.
  • Dominique Warfa, Michel Jeury, un univers indéterminé, in Galaxies 9 (nouvelle série), 2010.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.quarante-deux.org/archives/klein/prefaces/jeury.html
  2. Article du Monde du 25/11/2010
  3. Gérard Klein, dans sa préface au recueil Le livre d'or de la science-fiction, Michel Jeury, Pocket, 1982, page 10.
  4. (fr) « Préface de Gérard Klein à Michel Jeury  : le Livre d'or de la science-fiction » www.quarante-deux.org, consulté le 23 août 2010
  5. FR3 Bordeaux, Plateau Poidevin, 17/12/1985, archive INA BXC85121711.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :