Marie-Noémi Cadiot

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Marie-Noémi Cadiot

Marie-Noémi Cadiot, connue sous le pseudonyme de Claude Vignon, née le 12 décembre 1828[1] ou 1832[2] à Paris, morte le 10 avril 1888 à Saint-Jean-Cap-Ferrat, est une sculptrice, femme de lettres et féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Noémi Cadiot fut l'épouse d'Alphonse-Louis Constant, dit Éliphas Lévi. Ils se marièrent civilement à la mairie du 10e arrondissement le 13 juillet 1846 et eurent ensemble une fille, Marie, qui mourut en 1854 à l'âge de 7 ans. Elle quittera plus tard son mari pour le marquis de Montferrier (beau-frère de Josef Hoëné-Wronski).

Ayant suivi des leçons auprès du sculpteur James Pradier[3], elle participa notamment aux travaux sur les bas-reliefs de la fontaine Saint-Michel de Paris.

Elle fréquenta le Club des Femmes de Mme Niboyet, et écrivit dans Le Tintamarre et Le Moniteur du Soir des feuilletons littéraires sous le pseudonyme de « Claude Vignon » (tiré d'un roman de Balzac), qu'elle fit officialiser en 1866.

Claude Vignon reçut à partir de 1862 une pension de Napoléon III de 6000 Francs[4]. Après son mariage avec Maurice Rouvier le 3 septembre 1872[5], elle publia aussi sous le pseudonyme de « H. Morel »[6].

Elle est inhumée à Paris au cimetière du Père-Lachaise (46e division)[7].

Œuvre[modifier | modifier le code]

sculpture[modifier | modifier le code]

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Daphnée changée en laurier
Musée des beaux-arts de Marseille
  • Daphnée changée en laurier, marbre (1866), Musée des beaux-arts de Marseille[8].
  • l'Enfance de Bacchus, marbre (exposée au Salon de 1853)
  • Buste de Romieu
  • Buste de Monsieur Goitpy (1855), marbre
  • Idylle, groupe en marbre
  • Bustes de Lefuel et de Pierre Gavarni (1857)
  • Génie, bas-relief pour le palais du Louvre (1859)
  • La Musique, bas-relief pour le ministère d'État (1861)
  • Bustes de Lemaître et du Baron de Beaulieu (1864)
  • Buste de Lefebvre-Durujlé (1866)
  • Buste de Montferrier (1868)
  • Buste de Canova, (1873) marbre
  • Petit danseur aux castagnettes, terre cuite
  • Buste de La Fontaine (1874), marbre
  • Buste de Maurice Bouvier
  • Daphnée (1875), terre cuite émaillée
  • Buste de Monsieur de Tillancourt (1877), terre cuite
  • Pêcheur à l'épervier (1878), bronze
  • Travaux de sculpture décorative pour la fontaine Saint-Michel[9]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Contes à faire peur, 1857, re-édité Editions de Crémille, 1973. Contient 6 nouvelles (•Les morts se vengent (1856) •Le convive des trépassés •Les dix mille francs du diable •Isobel la ressuscitée - Légende des bords du Rhin •Le reflet de la conscience •La dalle)
  • Un drame en province - La statue d'Apollon, Hetzel, 1863 [10]
  • Révoltée ![11]
  • Un naufrage parisien, Michel Lévy frères, 1869[12]
  • Château-Gaillard, Michel Lévy frères, 1874[13]
  • Victoire Normand, E. Dentu, 1862[14]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en)Harvey, David Allen, « Forgotten Feminist : Claude Vignon (1828-1888), Revolutionary and Femme de Lettres », dans Women's History Review, 13, 4, 2004. 559-583.
  • Armand de Pontmartin, Nouveaux samedis : 11e série, Michel-Lévy frères, Paris, 1875, chap XVII : « Quintette de roman »[15]
  • Article du 13 juillet 1882 signé C.D. dans le journal Le Passant pour la sortie du roman : Une Parisienne[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. État-civil reconstitué de Paris, V3E N368
  2. Notice d'autorité de la BNF
  3. Eugène de Mirecourt fils, Aux femmes, L. Sauvaitre (Paris) 1895 : « Madame Claude Vignon (née en 1833 à Paris, morte le 12 avril 1888 à Nice) qui fut élève du sculpteur James Pradier, et dont l'œuvre est également considérable. »
  4. Auguste Poulet-Malassis, Papiers secrets et correspondance du second empire, réimpression complète de l'édition de l'Imprimerie nationale, annotée et augmentée de nombreuses pièces publiées à l'étranger et recueillies, chez tous les libraires (France), 1871 Lettre de Mme Claude Vignon au Constitutionnel p. 55 : « À propos de sa pension de 6,000 fr., Mme Claude Vignon, homme de lettres et statuaire, a écrit au Constitutionnel qui paraissait à Tours, une lettre bonne à conserver.
    « Tours, 19 octobre 1870.
    « Monsieur le rédacteur,
    « Des amis m'avaient écrit de Paris que mon nom figurait parmi ceux de plusieurs littérateurs, sur la liste des pensions faites par l'Empereur, et je n'avais, pas jugé à propos de m'en occuper, par la raison simple que s'il était venu à l'Empereur la pensée de donner, sur sa liste civile, à une femme sans autre fortune que son travail, une pension qui l'eût affranchie de faire du métier, en lui permettant de faire de l'art, je l'eusse probablement acceptée, une partie de la liste civile des souverains ayant toujours été affectée à cet emploi. » Mais aujourd'hui, en reproduisant le fait, vous le soulignez ; alors je m'explique. » Je n'avais point de pension sur la liste civile ; je n'ai jamais vu M. Thélin. » L'allocation de 500 fr. par mois que je recevais depuis plusieurs années des mains d'un des administrateurs de la fortune privée de Napoléonc III, était la rémunération d'un travail demandé par l'Empereur et à lui seul destiné. » Ma liberté reste donc entière. » J'ajoute : » 1° Que pour plus d’une raison, je ne regrette point d'avoir été à même de voir de près les hommes et les choses de ce temps, dont je veux écrire l'histoire. » 2° Qu'étant femme, et par conséquent incapable d'aspirer à devenir ni député, ni ministre, ni membre d'aucune espèce de gouvernement, j'en profite pour réserver mon indépendance envers les partis, et ne reconnaître à aucun le droit de me demander des comptes. » Agréez, etc. » Claude Vignon. »
  5. Revue du Louvre, Volume 28, Conseil des musées nationaux, 1978 (France) [1]
  6. Georges d’Heylli Dictionnaire des pseudonymes Georg Olms Verlag, 1977, p. 26 [2] : « Vignon (Claude). Auteur de quelques remarquables romans ; sculpteur de talent, journaliste, etc., née Cadiot (Noémi) en 1832. Élève de Pradier, elle épousa en 1848 l'abbé défroqué Alphonse-Louis Constant, le trop fameux auteur de la Bible de l'humanité, et qui, sous le nom d'Éliphas Lévy, est devenu magicien et a même publié sur sa doctrine et sur ses idées un Rituel qui est assez connu. Ce premier mariage de Claude Vignon ne fut pas heureux, et les deux époux furent séparés judiciairement quelques années plus tard. L'abbé Constant ne mourut qu'en 1875. Sa veuve épousa alors le député Maurice Rouvier, qui, depuis, a été ministre. Mme Rouvier a encore publié dans divers journaux, sous le nom de H. Morel, des correspondances sur les séances de l'Assemblée nationale de Versailles de 1871 à 1876. — Un décret, en date du 26 août 1866, avait autorisé Mme Constant à porter légalement le pseudonyme de Claude Vignon sous lequel elle est littérairement connue. »(ISBN 3487063395) (ISBN 9783487063393)
  7. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 771
  8. « Notice no 000SC004436 », base Joconde, ministère français de la Culture
  9. Eugène de Mirecourt fils, Aux femmes, L. Sauvaitre (Paris) 1895 : « L'œuvre de Madame Claude Vignon, à l'exemple de celle de Madame Léon Bertaux, présente une réelle importance. »
  10. En ligne sur Gallica
  11. En ligne sur gallica
  12. En ligne sur Gallica
  13. En ligne sur Gallica
  14. En ligne sur Gallica
  15. : « Madame Claude Vignon, femme de talent et de convictions républicaines, est… Elle en a eu, en des temps meilleurs, lorsqu'elle publiait dans le Correspondant des nouvelles charmantes, ingénieuses, originales, vrai régal pour les abonnés de ce recueil, peu habitués à ces jolies petites débauches… »
  16. [3].


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