Marie-Noémi Cadiot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cadiot.
Marie-Noémi Cadiot

Marie-Noémi Cadiot (12 décembre 1832, Paris - 10 avril 1888, Saint-Jean-Cap-Ferrat), dite Claude Vignon, est une sculptrice, femme de lettres et féministe française.

[modifier] Vie et œuvre

Elle fut l'épouse d'Alphonse-Louis Constant, dit Éliphas Lévi. Ils se marièrent civilement à la mairie du 10e arrondissement le 13 juillet 1846 et eurent ensemble une fille, Marie, qui mourut en 1854 à l'âge de 7 ans. Elle quittera plus tard son mari pour le marquis de Montferrier (beau-frère de Josef Hoëné-Wronski).

Ayant suivi des leçons auprès du célèbre sculpteur Pradier[1], elle participa notamment aux travaux sur les reliefs de la fontaine Saint-Michel.

Elle fréquenta le Club des Femmes de Mme Niboyet, et écrivit dans Le Tintamarre et Le Moniteur du Soir des feuilletons littéraires sous le pseudonyme de Claude Vignon (tiré d'un roman de Balzac), qu'elle fit officialiser en 1866.

Madame Claude Vignon reçut à partir de 1862 une pension de Napoléon III de 6000 Francs[2]. Après son mariage avec Maurice Rouvier le 3 septembre 1872[3], elle publia aussi sous le nom de H Morel[4].

[modifier] Notes et références

  • Harvey, David Allen. "Forgotten Feminist : Claude Vignon (1828-1888), Revolutionary and Femme de Lettres" Women's History Review, 13, 4, 2004. 559-583.
  • Armand de Pontmartin, Nouveaux samedis : 11e série, Michel-Lévy frères, Paris, 1875, chap XVII Quintette de roman, [3] : "Madame Claude Vignon, femme de talent et de convictions républicaines, est… Elle en a eu, en des temps meilleurs, lorsqu'elle publiait dans le Correspondant des nouvelles charmantes, ingénieuses, originales, vrai régal pour les abonnés de ce recueil, peu habitués à ces jolies petites débauches.…"
  • Article signé C.D. du 13/07/1882 du journal Le Passant pour la sortie du roman, Une Parisienne [4].
  1. Eugène de Mirecourt fils, "Aux femmes", L. Sauvaitre (Paris) 1895 :
    "Madame CLAUDE VIGNON (née en 1833 à Paris, morte le 12 avril 1888 à Nice) qui fut élève du sculpteur James Pradier, et dont l'œuvre est également considérable. — Elle a, en effet, exécuté : l'Enfance de Bacchus, statue en marbre qui a été exposée au Salon de 1853, ainsi qu'un buste de Romieu ; le buste (en marbre) de Monsieur Goitpy (1855) ; un groupe en marbre Idylle; les bustes de Lefuel et de Pierre Gavarni (1857) ; Génie, bas-relief pour le Louvre (1859); la Musique, bas-relief pour le ministère d'État (1861); les bustes de Lemaître et du Baron de Beaulieu (1864) ; le buste de Lefebvre-DuruJlé (1866); celui de Monlferrier (1868); Canova, buste en marbre (1873) ; Petit danseur aux castagnettes, terre cuite ; La Fontaine, buste en marbre (1874); le buste de Maurice Bouvier ; Daphnè, terre cuite émaillée (1875) ; buste de Monsieur de Tillancourt, terre cuite (1877); Pêcheur â l'épervier, plâtre (1878). — Elle a exécuté, en outre (sous l'Empire), des travaux de sculpture décorative pour le Louvre, pour le Ministère d'État et pour la fontaine Saint-Michel. — Comme on peut s'en rendre compte, l'œuvre de Madame Claude Vignon, à l'exemple de celle de Madame Léon Bertaux, présente une réelle importance."
  2. Auguste Poulet-Malassis, Papiers secrets et correspondance du second empire : réimpression complète de l'édition de l'Imprimerie nationale, annotée et augmentée de nombreuses pièces publiées à l'étranger et recueillies, chez tous les libraires (France), 1871 Lettre de Mme Claude Vignon au Constitutionnel p. 55 :
    À propos de sa pension de 6,000 fr., Mme Claude Vignon, homme de lettres et statuaire, a écrit au Constitutionnel qui paraissait à Tours, une lettre bonne à conserver.
    « Tours, 19 octobre 1870.
    « Monsieur le rédacteur,
    « Des amis m'avaient écrit de Paris que mon nom figurait parmi ceux de plusieurs littérateurs, sur la liste des pensions faites par l'Empereur, et je n'avais, pas jugé à propos de m'en occuper, par la raison simple que s'il était venu à l'Empereur la pensée de donner, sur sa liste civile, à une femme sans autre fortune que son travail, une pension qui l'eût affranchie de faire du métier, en lui permettant de faire de l'art, je l'eusse probablement acceptée, une partie de la liste civile des souverains ayant toujours été affectée à cet emploi. » Mais aujourd'hui, en reproduisant le fait, vous le soulignez ; alors je m'explique. » Je n'avais point de pension sur la liste civile ; je n'ai jamais vu M. Thélin. » L'allocation de 500 fr. par mois que je recevais depuis plusieurs années des mains d'un des administrateurs de la fortune privée de Napoléonc III, était la rémunération d'un travail demandé par l'Empereur et à lui seul destiné. » Ma liberté reste donc entière. » J'ajoute : » 1° Que pour plus d’une raison, je ne regrette point d'avoir été à même de voir de près les hommes et les choses de ce temps, dont je veux écrire l'histoire. » 2° Qu'étant femme, et par conséquent incapable d'aspirer à devenir ni député, ni ministre, ni membre d'aucune espèce de gouvernement, j'en profite pour réserver mon indépendance envers les partis, et ne reconnaître à aucun le droit de me demander des comptes. » Agréez, etc. » CLAUDE VIGNON. »
  3. Revue du Louvre, Volume 28, Conseil des musées nationaux, 1978 (France) [1]
  4. Georges d’Heylli Dictionnaire des pseudonymes Georg Olms Verlag, 1977, p. 26 [2] Vignon (Claude). Auteur de quelques remarquables romans ; sculpteur de talent, journaliste, etc., née Cadiot (Noémi) en 1832. Elève de Pradier, elle épousa en 1848 l'abbé défroqué Alphonse-Louis Constant, le trop fameux auteur de la Bible de l'humanité, et qui, sous le nom d'Éliphas Lévy, est devenu magicien et a même publié sur sa doctrine et sur ses idées un Rituel qui est assez connu. Ce premier mariage de Claude Vignon ne fut pas heureux, et les deux époux furent séparés judiciairement quelques années plus tard. L'abbé Constant ne mourut qu'en 1875. Sa veuve épousa alors le député Maurice Rouvier, qui, depuis, a été ministre. Mme Rouvier a encore publié dans divers journaux, sous le nom de H. Morel, des correspondances sur les séances de l'Assemblée nationale de Versailles de 1871 à 1876. — Un décret, en date du 26 août 1866, avait autorisé Mme Constant à porter légalement le pseudonyme de Claude Vignon sous lequel elle est littérairement connue.(ISBN 3487063395) (ISBN 9783487063393)


[modifier] Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues