Fontaine Saint-Michel de Paris

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Fontaine Saint-Michel
Image illustrative de l'article Fontaine Saint-Michel de Paris
Présentation
Période ou style éclectisme
Type fontaine monumentale
Architecte Gabriel Davioud
Date de construction 1860
Dimensions 15 × 26 m
Propriétaire ville de Paris
Protection  Inscrit MH (1926)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localité 6e arrondissement de Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 11″ N 2° 20′ 37″ E / 48.853144, 2.3437 ()48° 51′ 11″ Nord 2° 20′ 37″ Est / 48.853144, 2.3437 ()  

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Fontaine Saint-Michel

La fontaine Saint-Michel est une fontaine située dans le 6e arrondissement de Paris sur la place Saint-Michel, au croisement du boulevard Saint-Michel et de la rue Danton.

Elle a la particularité d'occuper à elle seule tout un mur pignon.

Histoire[modifier | modifier le code]

La fontaine Saint-Michel, vers 1880.

La fontaine Saint-Michel fait partie du plan d'aération de la ville prévu par Haussmann sous Napoléon III. Le percement du boulevard Saint-Michel dans l'axe de la Sainte-Chapelle entraînait la création d'une place au débouché du pont Saint-Michel, Haussmann a ordonné la mise en place de cette fontaine afin de combler l'angle entre la boulevard Saint-Michel et la place Saint-André-des-Arts et donner un débouché visuel à la perspective du boulevard du Palais[2]. La première idée était d'ériger une énorme statue de Napoléon Ier mais elle fut abandonnée, et devant l'insistance de la commission municipale — qui voulait rappeler le souvenir de la vieille « chapelle Saint-Michel en la Cité » —, ce fut finalement la lutte du Bien contre le Mal qui fut retenue comme programme : l'archange Michel terrassant le Diable dans un arc de triomphe entouré de chimères (ou dragons) ailées[2].

Elle a été conçue par l'architecte Gabriel Davioud, aidé de Flament, Simonet et Halo. Elle est haute de 26 mètres et large de 15 mètres. Elle est composée à la manière d'un arc de triomphe antique, d'une travée rythmique marquée par des colonnes corinthiennes en marbre rouge du Languedoc amortie par quatre statues de bronze représentant les vertus cardinales.

L'emplacement de la fontaine Saint-Michel était ingrat[2] : en contrebas du pont Saint-Michel, contre un pignon très haut et mal éclairé — plein nord. La composition avec une niche centrale encadrée de quatre colonnes et d'un fronton est une référence à la fontaine Médicis du jardin du Luxembourg. La polychromie a pour but d'équilibrer le manque d'éclairement[2]. Cette fontaine, dont le chantier a commencé en juin 1858 fut inaugurée le 15 août 1860[3]. Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 16 mars 1926[1].

Programme iconographique[modifier | modifier le code]

Saint Michel terrassant le démon, de Francisque Duret, dans la niche centrale.

Neuf sculpteurs ont contribué à la fontaine :

La fontaine Saint-Michel se différencie des autres fontaines parisiennes par le recours à la polychromie : marbre rouge du Languedoc (colonnes), marbre vert, pierre bleue de Soignies, calcaire jaune de Saint-Yllie[4].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Chimère ailée de Henri-Alfred Jacquemart.

La critique a été globalement négative[2] à l'inauguration de la fontaine en 1860.

Bien que certains tentent de défendre la fontaine en comparant la polychromie à celle des fontaines italiennes du XVIIIe siècle[5], le style éclectique est attaqué pour son incohérence, sa trop grande profusion de statues de sculpteurs différents qui annule leur talent individuel[6].

Rinceaux néo-Renaissance.

L'emplacement de la statue devant un mur a également été critiqué[7], on aurait préféré la voir au centre de la place. En fait, la fontaine Saint-Michel est la dernière fontaine-mur construite à Paris dans la tradition renaissante ouverte par la fontaine Médicis au XVIIe siècle et poursuivie au XVIIIe siècle avec la fontaine des Quatre-Saisons. Les fontaines monumentales postérieures à la fontaine Saint-Michel sont isolées au centre de places ou de squares.

« Dans ce monument exécrable,
On ne voit ni talent ni goût,
Le Diable ne vaut rien du tout ;
Saint Michel ne vaut pas le Diable. »

— anonyme, quatrain consacré aux sculptures de la fontaine Saint-Michel[8]

Desserte[modifier | modifier le code]

(M) Ce site est desservi par la station de métro Saint-Michel.
(BUS) RATP 21 24 27 38 85 96 Balabus OpenTour
(N) N12 N13 N14 N21 N122 N145
RER (RER)(B)(C)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Hélène Levadé et Hugues Marcouyeau, Les Fontaines de Paris : l'eau pour le plaisir, Bruxelles, Chapitre Douze,‎ 2006, 592 p. (ISBN 9782915345056, lien OCLC?)
  • Daniel Rabreau (éditeur scientifique), Dominique Massounie (éditeur scientifique) et Pauline Prévost-Marcilhacy (éditeur scientifique), Paris et ses fontaines : de la Renaissance à nos jours, Paris, Délégation à l'action artistique de la ville de Paris, coll. « Paris et son patrimoine »,‎ 1995, 317 p. (ISBN 9782905118806, liens OCLC? et notice BnF?)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Fontaine Saint-Michel », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a, b, c, d et e Georges Poisson, Nouvelle Histoire de Paris : Histoire de l’architecture à Paris, Paris,‎ 1997, 765 p. (ISBN 2-85962-019-2), p. 498-499
  3. Dominique Jarassé, « La fontaine Saint-Michel, Le classicisme controversé », Archives d'architecture moderne, no 22,‎ 1982, p. 80-87
  4. Béatrice Lamoitier, « Le règne de Davioud », dans Paris et ses fontaines, p. 184
  5. François Lacour, « Fontaine Saint-Michel », Le Monde illustré,‎ 8 mai 1858, p. 295
  6. Alfred Darcel et Charles Blanc, « La Fontaine Saint-Michel », Gazette des Beaux-Arts, vol. VIII,‎ octobre 1860, p. 44-45
  7. A. J. du Pays, « Fontaine Saint-Michel », L'Illustration, vol. XXXVI,‎ 18 août 1860, p. 110
  8. Roland Villeneuve, Dictionnaire du Diable (ISBN 2863111841)

Articles connexes[modifier | modifier le code]