André Adolphe Eugène Disdéri

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André Adolphe Eugène Disdéri

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André Adolphe Eugène Disdéri, autoportrait (entre 1857 et 1865)[1]

Naissance 28 mars 1819
Paris
Décès 4 octobre 1889
Paris
Nationalité Français
Activités Photographe

André Adolphe Eugène Disdéri (28 mars 1819 à Paris - 4 octobre 1889 à Paris) est un photographe français, qui déposa le brevet de la photo-carte de visite en 1854. Il mit au point un appareil photographique multi-objectifs qui permettait de réaliser plusieurs poses simultanément sur un même négatif lors d'une même séance de prise de vue. Par là-même, il réduisait le coût de production de chaque photographie, et la photographie pouvait devenir financièrement plus accessible. Il contribua ainsi à l'essor de la photographie et la rendit plus populaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Disdéri fut d'abord commis-voyageur, fabricant de lingeries, et bonnetier à Paris. Après avoir fait faillite, il part pour Brest, fin 1846, pour y ouvrir un établissement de photographies repris plus tard par sa femme, après leur séparation. Après avoir occupé divers emplois, dont une entreprise de diorama, il est fiché comme républicain et quitte Brest pour le sud de la France où il devient photographe à Nîmes. Il travaille alors sur les techniques du collodion et du papier ciré.

De retour à Paris en janvier 1854, il ouvre un des plus importants studios de photographie de l'époque. Il invente en effet un nouvel appareil photographique qui utilise la technique du collodion humide et qui peut reproduire six clichés sur la même plaque de verre. C'est le brevet du portrait-carte qu'il dépose en 1854 et dont les avantages sont la réduction du prix de la photographie pour les clients et la reproductibilité des portraits, à l'inverse du procédé du daguerréotype, plus coûteux et qui ne permet qu'un seul portrait. Avant lui, un autre photographe, Louis Dodéro, avait produit à Marseille des portraits photographiques au format dit carte-de-visite[2], mais c’est à Disdéri qu’on en doit le développement commercial à grande échelle. Le portrait photographique entre alors dans l'ère industrielle et fonde son succès sur la représentation du statut social.

Les photographies obtenues par ce procédé ont un petit format assez proche de la carte de visite. Celles-ci deviennent assez vite à la mode, Disdéri devenant alors le photographe de nombreuses cours d'Europe. Parmi ses clients, on trouve : la princesse de Metternich, épouse de l'ambassadeur d'Autriche, Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Bisaccia, le baron Salomon de Rothschild, la comtesse Hatzfeld.

„Les Jambes de l'opera, Mosaïque breveté s.d.g.d.“, circa 1862
Portrait de Giuseppe Verdi par Disdéri, au format carte-de-visite
Le prince impérial Louis Napoléon par Disdéri (1864)

Il est photographe officiel de l'Exposition universelle de 1855 et présente de très grands formats (portraits grandeur nature) à Amsterdam. En 1856, une faillite personnelle et professionnelle le mène en prison. Cependant, il reparaît en 1859 avec un nouvel appareil à quatre objectifs qui lui permet de réaliser huit clichés sur la même plaque.


En cette même année, 1859, la légende raconte que Napoléon III, au départ de sa campagne militaire vers l'Italie, se serait arrêté dans la boutique de Disdéri pour s'y faire tirer le portrait. La venue de l'empereur se serait répandu dans tout Paris et l'engouement tel que nombre de studios ouvrirent et se mirent à pratiquer cette technique. Si l'itinéraire du cortège impérial ce jour-là infirme la légende, avec Mayer et Pierson[3], Disdéri est cependant bel et bien reconnu photographe officiel de l'Empereur et son succès devient considérable. En 1860, il accompagne peut-être l'Empereur à Alger : son catalogue Algérie de mars 1861 présente alors pas moins de deux cent cinquante-six photographies « algériennes » : « cartes-photos » ou « vues stéréoscopiques » dont plusieurs vues prises sur le vif de l'escadre impériale dans le port d'Alger et du débarquement de l'Empereur.

En 1862, il publie L'Art de la photographie, où il entend prouver que la photographie relève de l'art. Nadar serait bien mieux placé que lui pour mener à bien la démonstration, mais reconnaîtra l'habileté de son concurrent, concentrant ses critiques acerbes sur Pierre Petit et Mayer et Pierson. Disdéri obtient une médaille d'or à Londres où il tient une succursale, ainsi qu'à Madrid. Son atelier parisien luxueux se trouve alors juste au-dessus du théâtre de Robert-Houdin, au numéro 8 du boulevard des Italiens. Inauguré en grande pompes, on y trouvait notamment un véritable musée : « Le Louvre du portrait-carte » selon l'expression du Monde illustré du 14 avril 1860, avec une collection de personnages et de simples personnes dont les originaux suffiraient à peupler une sous-préfecture de seconde classe". Il est vrai que l'article rappelle aussi que, dans son premier salon, Disdéri avait d'abord gravé les noms de ses plus illustres clients et la date de leurs visites à ses ateliers : « On y voit à côté des noms de LL MM l'Empereur et l'Impératrice, ceux du Prince Impérial, du prince Jérôme, du prince Napoléon et de la princesse Clotilde, des princes et de la princesse Murat, etc. » A son apogée, Disdéri compta jusqu'à une centaine d'employés. Devenu riche, il fit construire une maison à Rueil-Malmaison, avenue Paul-Doumer, qui existe toujours.

Après l'écrasement de la Commune, il prit de nombreux clichés des corps des fusillés. À partir de 1874, son activité décline et ne suffit plus à payer ses dépenses somptuaires. Il part pour Nice en 1879 puis revient à Paris pour y mourir complètement ruiné en 1889.

Il laisse 91 albums, avec 12 000 planches et 50 000 références, miraculeusement récupérés par Maurice Levert, le fils d'un ancien préfet de l'Empire, dont les héritiers vendirent le fonds aux enchères le 28 janvier 1995 à "Drouot Richelieu". La Bibliothèque Nationale de France, le Musée de l'Armée et la Réunion des Musées Nationaux dont le Musée d'Orsay se portèrent acquéreurs d'un peu plus de la moitié des lots environ. Les autres lots furent achetés par quelques collectionneurs et des musées étrangers. La vente généra des prix élevés pour l'époque.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Musée d'Orsay, notice de l'oeuvre
  2. Jean Sagne, L'Atelier du photographe (1840-1940), collection Histoire des hommes, Presses de la Renaissance, 1984 (ISBN 2856162886), p. 57 et 164.
  3. Société des frères Mayer (Léopold-Ernest Mayer et Louis-Frédéric Mayer) associés à Pierre-Louis Pierson.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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