Louis Henri Hubert Delisle

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Louis Henri Hubert Delisle.

Louis Henri Hubert Delisle, né le 1er janvier 1811 à Saint-Benoît[1] et mort le 8 décembre 1881 à Bordeaux, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

De l'île de La Réunion à l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Né le 1er janvier 1811 dans le quartier de Saint-Benoît, Louis Henri Hubert Delisle est le fils de Florentin Hubert de Lisle de Montfleury et de Catherine-Sophie Lainé de Beaulieu. Il quitte son île natale pour la métropole très jeune accompagné par sa famille. Il y épousera une de ses cousines créoles, Amélina Pignolet de Fresne[2]. En 1835, son père acheta au fils de Jean-Frédéric de La Tour du Pin Gouvernet, ancien ministre de la guerre de Louis XVI, le domaine et le château du Bouilh, aujourd'hui classé monument historique. Il y recevra fréquemment Alphonse de Lamartine, Ferdinand de Lesseps et le maréchal de Mac-Mahon.

Après de brillantes études de droit à Paris, il entame une carrière journalistique et politique dans le Bordelais qui le mènera d'un conseil municipal à l'Assemblée nationale. Ainsi, maire de Saint-André-de-Cubzac de 1846 à 1850, il est élu député de l'Assemblée Constituante cette dernière année puis député de l'Assemblée Législative en 1849. Il est nommé membre du Comité des colonies et s'y fait remarquer par ses prises de position en faveur de sa terre de naissance. Vers 1845, il devient par ailleurs Conseiller d'arrondissement de Saint-André-de-Cubzac.

Retour à La Réunion en tant que gouverneur[modifier | modifier le code]

Suite au coup d'État du 2 décembre, Louis Henri Hubert Delisle pense se retirer dans le Bordelais, mais le ministre Théodore Ducos le propose au Prince-Président pour remplacer à La Réunion le gouverneur Louis Doret ; il est nommé à ce poste par décret présidentiel le 17 mars 1852.

Il accoste à Saint-Denis le 8 août à dix heures du matin à bord de la frégate la Belle-Poule, partie de Toulon le 5 mai. Quand il quitte le navire à trois heures et demie de l'après-midi pour aborder au Barachois, il est accueilli par des manifestations inhabituelles. De fait, il est le premier gouverneur créole de La Réunion. Il y restera jusqu'au 8 janvier 1858, date à laquelle il s'établit en métropole, où l'empereur Napoléon III le nomme sénateur.

Modernisation de la colonie[modifier | modifier le code]

Sa première tâche en tant que gouverneur est la tournée des communes de l'île pour prendre la mesure des problèmes pendants. Il s'emploie ensuite à remettre les affranchis au travail et à faciliter l'immigration de nouveaux engagés, ce pourquoi il lance de grands travaux dans toute la colonie. Par exemple, pour contourner les difficultés de la route de La Montagne, Henri Hubert Delisle conçoit le projet du tunnel sous le Cap Bernard. C'est en tout cas durant son gouvernement que la route de ceinture faisant le tour de l'île est bouclée grâce à la traversée du Grand Brûlé et que le projet d'une seconde voie en altitude est imaginé et effectivement construit par tronçons dans les Hauts de Saint-Benoît, Saint-Joseph, Saint-Paul et Saint-Pierre – on la connaît aujourd'hui sous le nom de route Hubert-Delisle.

En parallèle, de nouvelles institutions sont créées. Avec Hubert Delisle, La Réunion entre dans l'ère du changement. Ainsi, le 4 juillet 1853, la Banque de la Réunion ouvre ses portes à Saint-Denis. Le pays possède enfin son établissement de crédit. En outre, et afin de développer le sentiment de l'épargne dans la population, le Gouverneur crée par ailleurs la Caisse d'Épargne et de Prévoyance.

Des manifestations prestigieuses organisées. En 1853, l'île organise sa première exposition coloniale. Instituée par décret du gouverneur, elle ouvre ses portes le 6 octobre dans les allées du Jardin colonial et se substitue à la Fête du Travail établie en 1848. Un jury constitué par le gouverneur récompense les meilleurs exposants. Puis, le 14 août 1855, le Muséum d'histoire naturelle est inauguré en présence d'un hôte de marque, le major général Hay, Gouverneur de Maurice. La tournée dans l'île de ce personnage est une réussite totale. C'est l'âge d'or pour la colonie.

Entre temps, l'ardeur au travail de Louis Henri Hubert Delisle vaut en moins de deux ans à ce bonapartiste des plus ardents d'être fait chevalier de l'ordre de la Légion d'Honneur par l'Empereur et Commandant de Saint-Sylvestre par le Pape.

Réinstallation en métropole[modifier | modifier le code]

Henry Hubert Delisle (1811-1881).jpg

En 1857, Hubert Delisle devient sénateur du Second Empire puis Sénateur de la Gironde de 1876 à 1879.
Il est conseiller général de la Gironde pour le canton de Saint-André-de-Cubzac de 1865 à 1881 et président du Conseil général de la Gironde de 1878 à 1879.

Il avait été fait chevalier (12 août 1854), puis officier (6 août 1860) et enfin commandeur de la Légion d'honneur le 30 août 1865[3]. Il était d'autre part commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand[4].

Il s'éteint le 8 décembre 1881 à Bordeaux et y repose depuis lors dans le cimetière de la Chartreuse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Tanneguy de Feuilhade de Chauvin, La Réunion sous le Second Empire : Témoignage d'un gouverneur créole, Karthala, Paris, 1998.
  2. Elle lui donna deux fils et deux filles, qui seules ont eu une descendance
  3. « Notice no LH/1316/54 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. « Henry Hubert Delisle », sur roglo.eu (consulté le 21 mai 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]