Lion de Belfort

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Lion de Belfort
Sculpture du Lion de Belfort
Sculpture du Lion de Belfort
Présentation
Architecte Auguste Bartholdi
Date de construction 1875-1879
Propriétaire Propriété de la commune
Protection Logo monument historique Classé MH (1931)
Géographie
Pays France
Région Franche-Comté
Département Territoire de Belfort
Localité Belfort
Localisation
Coordonnées 47° 38′ 12″ N 6° 51′ 52″ E / 47.636633, 6.864519 ()47° 38′ 12″ Nord 6° 51′ 52″ Est / 47.636633, 6.864519 ()  

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Lion de Belfort

Le Lion de Belfort est une sculpture monumentale en haut-relief du sculpteur alsacien Auguste Bartholdi, située à Belfort en France au pied de la falaise de la citadelle. Elle représente un lion couché et blessé prêt à se dresser qui repose sur un piédestal en rocaillage et commémore la résistance de la ville assiégée par les Prussiens durant la guerre de 1870, et à l'issue de laquelle la zone, correspondant à l'actuel Territoire de Belfort, sera la seule partie de l'Alsace à rester française.

La sculpture[modifier | modifier le code]

Longue de 22 m et haute de 11 m[1], ce qui en fait la plus grande statue de pierre de France[2], elle est constituée de blocs de grès rose de Pérouse (type de grès rouge des Vosges au lieu du calcaire blanc prévu par le conseil municipal de Belfort), sculptés individuellement, puis déplacés sur une terrasse verdoyante et adossée à la paroi calcaire grise de la falaise sous le château de Belfort, citadelle édifiée par Vauban puis remaniée par le général Haxo, pour y être assemblés. Suite à des protestations allemandes alors que l'Europe est dominée par Otto von Bismarck, le fauve — qui devait à l'origine faire face à l'ennemi — a la tête tournée vers l’ouest : « Bartholdi le fit alors le dos tourné à l'adversaire, dans une attitude dédaigneuse. Mais, entre ses pattes, il place une flèche tournée vers la frontière allemande » selon le directeur des musées de Belfort, Nicolas Surlapierre[3].

Contrairement à une légende reçue, le lion a bien sa langue : cela a été vérifié lors de travaux au début des années 2000.

L'œuvre symbolise la résistance héroïque de Belfort menée par le colonel Denfert-Rochereau pendant le siège de la ville par l'armée prussienne, qui dura 103 jours (de décembre 1870 à février 1871)[1]. Selon Bartholdi, « le monument représente, sous forme colossale, un lion harcelé, acculé et terrible encore en sa fureur » et « le sentiment exprimé dans l’œuvre doit surtout glorifier l’énergie de la défense. Ce n’est ni une victoire ni une défaite qu’elle doit rappeler »[4].

Un projet difficile à terminer[modifier | modifier le code]

Le projet, initié le 5 décembre 1871 par le conseil municipal de Belfort et son maire Édouard Meny qui sollicite en 1872 le sculpteur colmarien Auguste Bartholdi (il a participé à la guerre franco-allemande de 1870 en tant qu'aide de camp de Garibaldi), prévoit à l'origine que le mémorial soit érigé sur le « Pré Gaspard » (futur « Cimetière des mobiles », nom en référence au lieu de sépulture des victimes du siège). Bartholdi réalise différents travaux préparatoires pendant 5 ans (il étudie ainsi les lions au jardin des plantes de Paris), influencé par son maître Jean-Léon Gérôme qui aimait le gigantisme des sculptures égyptiennes antiques, il s'inspire notamment du Lion de Lucerne du sculpteur Bertel Thorvaldsen réalisé en 1819[5] et de Brutus, le lion de Jean-Baptiste Pezon, dompteur et directeur de la « grande ménagerie lozérienne » à Paris[6]. Il inscrit son Lion dans le paysage urbain à la manière du Land art. Les travaux de terrassement commencent en 1875, la dernière pierre n’est posée qu'en septembre 1879[7].

En raison d'un différend entre la ville de Belfort et Bartholdi sur l’utilisation du reliquat de la souscription d'abord locale puis nationale, il n'y eut pas d'inauguration officielle, à cette époque, mais une inauguration orchestrée par Bartholdi et des Belfortains le soutenant[1]. L'artiste finance le une illumination de son œuvre par des feux de Bengale. La section de Belfort du Club Alpin Français fait graver la dédicace « aux défenseurs de Belfort 1870 – 1871 » sur le socle du Lion grâce aux fonds récoltés par un droit d’accès payant établi en 1890[5].

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Postérité[modifier | modifier le code]

La sculpture à peine achevée, l'image du lion inspire, autant comme modèle que comme caricature, des poètes, chansonniers, sculpteurs (tel Max Ernst qui détourne sa figure dans plusieurs lithographies) et est exploitée à des fins publicitaires (carte postale, assiettes, gravures, montres, miniatures, lessives, épiceries). Bartholdi tolère d'abord cette exploitation puis devant la profusion des reproductions à partir de 1898, gagne les procès qu'il intente mais à sa mort, Belfort est devenue la « Cité du Lion » et ne tarde pas à en faire son emblème[5].

La sculpture est classée monument historique le [8].

Une réplique du Lion de Belfort au tiers, en cuivre martelé, est placée à Paris, place Denfert-Rochereau, et une autre au Square Dorchester de Montréal.

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Le Lion a été officiellement inauguré pour son centenaire en 1981[9], puis surtout le 18 septembre 2011, après deux jours de fête et de reconstitutions devant 45 000 visiteurs, par le maire de Belfort Étienne Butzbach à l'occasion des journées du patrimoine de 2011, qui coïncident avec le cent trentième anniversaire de sa construction. Belfort célébrait également en 2011 le cent quarantième anniversaire de la fin du siège de 1870-1871[10].

Anecdote[modifier | modifier le code]

Une légende veut que le logo de Peugeot ait comme origine le Lion de Belfort. Ce logo s'inspire en fait du lion des armoiries comtoises (la famille Peugeot étant originaire de Franche-Comté) et veut symboliser à l'origine les trois qualités des lames de scies Peugeot, résistance, souplesse et vitesse[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) Dominique Lhomme, « Le Lion de Belfort », L'Alsace.fr,‎ 4 janvier 2010 (lire en ligne)
  2. Mark Daniels, documentaire « La statue de la liberté, naissance d’un symbole », Arte, 15 février 2014, 41 min 40 sec.
  3. Aurélie Jacques, « Bartholdi entre au musée », sur Le Point,‎ 28 avril 2011
  4. Lettres de Bartholdi au Maire de Belfort, 1872
  5. a, b et c [PDF]Dossier de presse Bartholdi au musée d'Histoire de la Citadelle de Belfort
  6. (fr) [PDF] plaquette du musée Bartholdi à Colmar, page 4
  7. Yves Pagnot, Les 130 ans du Lion, 2010
  8. « Lion sculpté par Bartholdi », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Florence Besancenot, « Pour que le Lion rugisse... Mais pas sur nos feuilles d’impôts », Le magazine de la ville de Belfort, n° 221, février 2011, p. 11
  10. Inauguration du Lion de Belfort... 130 ans après !
  11. Histoire de l'automobile française, Histoire de l'automobile française, Seuil,‎ 2001, p. 54

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]