Square Dorchester

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Le square Dochester, parfois encore appelé square Dominion, est un parc urbain situé au centre-ville de Montréal de 11 000 m2. Le square est bordé à l'est par la rue Metcalfe où l'on retrouve l'Édifice Sun Life, à l'ouest par la rue Peel, l'édifice du Dominion Square au nord et le boulevard René-Lévesque au sud. On retrouve au sud du boulevard René-Lévesque la place du Canada.

Le square Dorchester en hiver vu de la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde

Amorcé à la fin de 1872, le premier aménagement formel du square se termine en 1880. Le square Dorchester et la place du Canada formaient alors une même entité appelée square Dominion.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancien cimetière catholique Saint-Antoine (1868)

Le cimetière Saint-Antoine[modifier | modifier le code]

En 1795, les administrateurs de la Cité interdisent les inhumations à l'intérieur des fortifications de Montréal pour des raisons de santé publique. La fabrique de la paroisse catholique Notre-Dame de Montréal cherchera quelques années un nouveau site pour recevoir les sépultures avant de faire l'achat, en 1799, de 4 acres (1,6 ha) de terrain dans le faubourg Saint-Antoine au propriétaire terrien Pierre Guy. Une chapelle est érigée dans l'enceinte du cimetière en 1812.

Ce n'est cependant pas le premier cimetière du secteur : dès 1776, on procède à l'inhumation de David Lazarus dans le cimetière Shearith Israël, premier lieu de sépulture juif d'Amérique du Nord. Le cimetière juif se trouvait à l'ouest du cimetière catholique, sur le site actuel de l'église Saint-Georges.

La deuxième pandémie mondiale de choléra frappe en 1832 et fait pas moins de 1900 victimes à Montréal. La médecine de l'époque étant démunie face à ce fléau, l'armée britannique tire du canon à chaque jour pour nettoyer l'air. Dans ce contexte, on décide qu'il faut exhumer les restes humains du Vieux-Montréal pour les éloigner de la ville. Le cimetière Saint-Antoine est agrandi.

La deuxième moitié du XIXe siècle voit les alentours se transformer en quartier résidentiel populaire, puis aisé. Plusieurs églises protestantes sont érigées pour desservir ces paroissiens : l'église Saint-Patrick en 1847, l'église Erskine Presbyterian en 1863, l'église méthodiste Dominion-Square et l'église Knox en 1865, et l'église anglicane Saint-Georges en 1869, ces trois dernières directement adjacentes au cimetière.

Exhumation des restes humains de l'ancien cimetière Saint-Antoine pour faire place au square Dominion.

Alors que la troisième pandémie de choléra touche Montréal, on décide à nouveau d'éloigner le cimetière qui est relocalisé définitivement sur le mont Royal avec l'ouverture du cimetière Notre-Dame-des-Neiges en 1854. Le cimetière juif est aussi transféré sur la montagne, près de l'entrée du cimetière Mont-Royal. Comme on désire lotir l'ancien cimetière en lots à bâtir, on doit procéder à la translation des restes, mais le processus est long et ardu, et les travaux progressent lentement.

Dans les années 1860, la crainte apparaît que l'exhumation des victimes du choléra entraîne l'émergence d'une nouvelle épidémie de cette virulente maladie. La Sanitary Association of Montreal, animée par le Dr Phillip Pearsall Carpenter, exige que les exhumations cessent et que soit plutôt aménagé un parc public en accord avec les exigences du mouvement hygiéniste.

En 1871, la Ville de Montréal, sous la direction du maire Charles-Joseph Coursol, achète l'ancien cimetière pour en faire le square Dominion.

Le square Dominion[modifier | modifier le code]

Plan du square Dominion (1907)
Photo aérienne (1927)

L'aménagement du square est confié à l'inspecteur municipal P. Macquiston et le plan est adopté par le conseil municipal le 9 décembre 1872, moment où le nouvel espace public reçoit le nom de square Dominion, en l'honneur du Dominion du Canada, fondé cinq années auparavant en 1867.

Fait unique à Montréal, il prévoit la division du terrain en deux portions présentant des compositions stylistiques très différentes et complémentaires. La portion sud, terminée en 1876, s'inspire des jardins pittoresques anglais avec ses allées sinueuses et peut servir au besoin de lieu de rassemblement grâce à ses grands espaces dégagés. La portion nord, inaugurée en 1880, s'articule autour de fortes symétries lui conférant un caractère formel commun aux jardins urbains victoriens.

Le lieu accueille rapidement de grands événements. En 1883, un regroupement anglophone de raquetteurs, le Montreal Snowshoe Club, y organise le premier carnaval d'hiver de Montréal. Le palais de glace, érigé sur le square, peut atteindre des proportions impressionnantes : celui de 1885 nécessite 12 000 blocs de glace et sa tour centrale, illuminée à l'électricité, culmine à 30 m de haut[1].

À la fin du XIXe siècle, des immeubles prestigieux sont érigés en bordure du square Dominion. L'hôtel Windsor, reconnu le plus luxueux de Montréal, est construit sur la rue Peel en 1878.

Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, fait construire sa nouvelle cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur adjacente au square. Il veut imprimer la présence catholique canadienne-française dans ce qui devient déjà le nouveau centre des affaires de Montréal. Sa construction, ralentie par des problèmes de financement, a lieu de 1870 à 1894.

En 1889, on inaugure la nouvelle gare Windsor. Le square Dominion devient alors une importante porte d'entrée à la ville et un lieu symbolique. On y élève, en 1895, le premier de plusieurs monuments commémoratifs, une statue de sir John Alexander MacDonald, premier ministre du Canada de 1869 à 1873.

En 1904, la compagnie d'assurances Sun Life pose la première pierre de son nouveau siège social du côté est du square. L'édifice Sun Life est l'un des premiers immeubles de bureaux construits au centre-ville. En 1929, on érige l'édifice Dominion Square, entre la place publique et la rue Sainte-Catherine ouest.

Pour contrer le chômage engendré par la crise économique de 1929, le maire Camilien Houde lance en 1931 de nombreux projets de travaux publics. Parmi ceux-ci, on construit des toilettes publiques dans de nombreux parcs de la ville. Le square Dominion voit la construction d'un petit pavillon octogonal abritant un escalier menant à des salles de toilette situées en sous-sol. Cet édicule, appelé dérisoirement camilienne en l'honneur du maire de l'époque, existe toujours mais abrite maintenant une crèmerie.

La place du Canada et le square Dorchester[modifier | modifier le code]

L'élargissement du boulevard René-Lévesque en 1955 et de la rue Peel en 1968, ainsi que la construction des bretelles d'accès et des espaces de stationnement qui les accompagnent, viennent retrancher des bandes importantes du square. Ces portions ne seront restituées au square qu'en 2011, lors de ses travaux de restauration et de rénovation.

En 1967, alors que le Canada célèbre le centenaire de la Confédération, la portion sud du square Dominion est rebaptisée à la suggestion du Canadien Pacifique qui construit l'hôtel Château Champlain voisin : elle reçoit le nom de Place du Canada. À partir de ce moment, les sections sud et nord du parc auront des noms différents.

Les travaux de construction du Château Champlain et du Métro de Montréal faits la même année reconfigurent la partie sud de la place du Canada. Dorénavant, une passerelle imposante relie la place au parvis du Château Champlain situé sur le toit de son basilaire en béton, tandis que la rue de la Gauchetière passe en diagonale sous le viaduc pour rejoindre la rue Osborne.

Suite au décès de l'ex-premier ministre du Québec René Lévesque en 1987, le boulevard Dorchester est renommé boulevard René-Lévesque. De façon à préserver la mémoire de Guy Carleton, baron de Dorchester, en l'honneur de qui le boulevard avait été originalement nommé, le square Dominion adopte l'appellation square Dorchester[2].

Site du patrimoine du Square-­Dorchester­-et­-de­-la-­Place­-du-­Canada[modifier | modifier le code]

Suite à un rapport très critique d'Héritage Montréal qui dénonce l’état lamentable dans lequel cet espace public se trouve, la Ville de Montréal entreprend en 2009 un vaste chantier de rénovation du square Dorchester et de la place du Canada. Le projet est confié aux firmes Groupe Cardinal Hardy, Claude Cormier + associés et Teknika HBA, qui proposent un design sobre mettant en valeur la forme et le langage paysager d'origine et rappelant la présence de l'ancien cimetière Saint-Antoine par l'insertion subtile de croix dans le pavé. Une attention particulière est apportée à l'éclairage du square de façon à procurer une ambiance nocturne plus feutrée.

Les travaux sur le square Dorchester se sont achevés en 2011. La rénovation de la place du Canada est toujours en projet; seules les restaurations du monument à sir John A. Macdonald et du Cénotaphe ont eu lieu en 2011. Les travaux pour les deux parcs devraient coûter 23 millions $[3].

En 2011, la Ville de Montréal a entrepris de constituer, en vertu de la Loi québécoise sur les biens culturels, le site du patrimoine du Square-Dorchester-et-de-la-Place-du-Canada pour commémorer « l'importance de ce site dans l'histoire de Montréal et du Canada, les bâtiments exceptionnels témoignant de l'évolution urbaine et architecturale sur près de deux siècles, le caractère unique du square et de la place, les œuvres d'art et les objets commémoratifs exceptionnels qui s'y trouvent de même que le témoignage politique et civique qu'il représente »[4].

Monuments au square Dorchester[modifier | modifier le code]

Monument à Robert Burns
Lion de Belfort
Héros de la guerre des Boers
Sir Wilfrid Laurier

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Références[modifier | modifier le code]

Vue panoramique du Square Dorchester
Vue panoramique du Square Dorchester