Jaguar XJR-14

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Jaguar XJR-14

Jaguar XJR-14

Le Châssis 591 restauré en 2003

Présentation
Équipe TWR, Jaguar Racing
Constructeur Drapeau du Royaume-Uni Jaguar - TWR
Année du modèle 1991 - 1992
Concepteurs (Sous la direction de) Ross Brawn
Spécifications techniques
Châssis monocoque en carbone-kevlar.
Nom du moteur Ford Cosworth HB 3.5L
Cylindrée 3 500 cm3
Configuration V8, limité à 11 500 tr/min
Position du moteur centrale
Nombre de rapports six rapports avec une marche arrière
Système de freinage Carbone Industrie
Dimensions et Poids 750 kg
Carburant Castrol
Pneumatiques GoodYear
Partenaires Silk Cut, Castrol, Bud Light, VSD
Histoire en compétition
Pilotes Drapeau de l'Italie Teo Fabi
Drapeau du Royaume-Uni Derek Warwick
Drapeau de l'Australie David Brabham
Drapeau du Royaume-Uni Martin Brundle
Drapeau du Royaume-Uni Andy Wallace
Drapeau de l'Italie Mauro Martini
Drapeau des États-Unis Jeff Krosnoff
Drapeau des États-Unis Davy Jones
Drapeau des Pays-Bas Arie Luyendyk
Début 14 avril 1991 à Suzuka
Courses Victoires Pole Meilleur tour
19 6 11 11
Championnat constructeur 1 (WSC 1991)
Championnat pilote 1 (WSC 1991)

Chronologie des modèles

La Jaguar XJR-14 est un sport-prototype de compétition de la génération dite des « Sports 3.5L ». Elle a remporté le Championnat du monde des voitures de sport de la FIA en 1991 et fut vice-championne du Championnat américain IMSA en 1992.

Histoire[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Après deux saisons, 1989 et 1990, où Jaguar subit la domination des Sauber-Mercedes, TWR profite du changement de réglementation du Championnat du monde des voitures de sport pour construire une nouvelle voiture. Tom Walkinshaw confie ce projet à l'ingénieur britannique Ross Brawn. Propulsée par un moteur V8 Ford-Cosworth HB utilisé par Benetton en Formule 1 en 1990, la voiture possède un châssis en carbone-kevlar dernier cri. La dénomination de la voiture suit la séquence habituelle des voitures de courses Jaguar-TWR, XJR- accolé au numéro non encore attribué à savoir 14 (bien qu'il fut envisagé de lui attribuer la dénomination XJR-15). La dénomination XJR-13 ne fut pas retenue car contenant le chiffre 13 portant malheur en sport automobile.

Championne du Monde 1991[modifier | modifier le code]

La Jaguar XJR-14 se révèle immédiatement comme l'épouvantail du championnat 1991. Malgré un double abandon à Suzuka, les XJR-14 (châssis 591 et 691) de Teo Fabi-Derek Warwick-Martin Brundle surclassent leurs adversaires à Monza et à Silverstone, allant jusqu'à distancer de 4 secondes pleines les Peugeot 905 en essais.

Appartenant à cette génération de prototypes assimilés à des F1 déguisées, les XJR-14 ne peuvent participer aux 24 Heures du Mans 1991, leur moteur ne pouvant disputer une course aussi longue. Elles laissent place à cette occasion aux vieillissantes Jaguar XJR-12. Seul le pilote britannique Andy Wallace aura l'autorisation de Tom Walkinshaw de réaliser quelques tours durant les essais.

Le Championnat du monde des voitures de sport 1991 reprend alors ses droits au mois d'août au Nürburgring. TWR y amène un tout nouveau châssis, le XJR-14/791 avec lequel le duo Warwick-David Brabham apporte sa 3e victoire de la saison à Jaguar. Mais le manque de moyens financiers commence à se faire sentir, les XJR-14 sont moins dominatrices, faute d'essais de développement. Peugeot aligne sa nouvelle 905 Evo 1bis qui remporte les courses de Magny-Cours et à Mexico. Lors de cette dernière, Jaguar n'avait pas emmené avec eux de voiture de réserve, ce qui montre l'ampleur des restrictions budgétaires en fin de saison. Après une fuite d'huile sur le moteur de la XJR-14/691 au warm-up et en l'absence de mulet, le leader du championnat Teo Fabi ne put même pas défendre ses chances.

Jaguar finit plus brillamment sa saison à Autopolis. Pour fêter son titre pilote, qui s'ajoute à celui des constructeurs, Teo Fabi signe la pole position sur le nouveau tracé japonais. Les deux XJR-14 finissent la course sur le podium en 2e et 3e position, laissant la victoire au duo Michael Schumacher-Karl Wendlinger sur Sauber C291-Mercedes.

Les Jaguar XJR-14 ne repartent pas immédiatement vers l'Europe. Elles participent, une semaine après, à la manche de clôture du Championnat du Japon de Sport-Prototypes à Sugo. Cette pige commerciale est couronnée de succès puisque Fabi et Brabham enchaînent pole et victoire. À noter que cette course était de 500 miles, soit près de 800 km. La XJR-14 avait donc la fiabilité pour des courses d'endurance et non pas seulement des sprints de 430 ou 500 km.

Championnat IMSA GTP 1992[modifier | modifier le code]

1992 constitue la fin de l'aventure en livrée violette « Silk Cut » pour les XJR-14. Jaguar retire ses voitures du Championnat du Monde. Mais les XJR-14 ne restent pas au garage bien longtemps : par la volonté de Ford, TWR-Jaguar continue son engagement aux USA en Championnat IMSA GT. Les Jaguar américaines courent sous les couleurs de la bière Budweiser Light. Davy Jones est le pilote phare de Jaguar aux États-Unis. Après avoir utilisé une XJR-16 (châssis dérivé de la XJR-12, adapté aux circuits américains) à Daytona et à Sebring, Jones se voit confier le châssis XJR-14/791 à Miami. Cette association fait rapidement merveille, Jones enchaînant trois poles et signant la victoire à Road Atlanta.

Jaguar connaît toutefois de graves problèmes de jantes car les circuits américains sont beaucoup plus bosselés et moins bien entretenus qu'en Europe ou au Japon. Davy Jones connaît un premier gros crash à Lime Rock et son châssis 791 est irréparable. Avec le châssis 691, Jones signe deux poles et une victoire à Mid-Ohio. De nouveau accidenté durant le warm-up à Road America avec le châssis 591, il termine vice-champion derrière la Toyota Eagle de l'écurie de Dan Gurney.

En dehors du fait que la XJR-14 était plutôt faite pour les circuits européens et japonais, ces problèmes de charge aérodynamique ayant entrainés des ruptures de jantes sont également dus au lest imposé à la XJR-14 par l'IMSA. il faut dire que cette 3.5L nouvelle génération a rapidement fait peur en enchainant les poles face à la concurrence pourtant équipée de turbo.

La Mazda MX-R01[modifier | modifier le code]

Après sa victoire au Mans en 1991, Mazda voulait défendre son titre mais le nouveau règlement lui interdit d'engager son moteur rotatif et la Mazda 787B était vieillissante. Jaguar s'étant retiré du championnat du Monde, TWR vend 5 exemplaires de son châssis à Mazda. Rebaptisée MX-R01 et dotée d'un moteur Judd V10 rebadgé, cette Mazda est alignée au Japon et au championnat du monde avec pour meilleur résultat une 2e place à Silverstone pour le duo Johnny Herbert-Maurizio Sandro-Sala.

Engagé par Oreca-Mazdaspeed au Mans, le trio vainqueur en 1991 réussit une belle course, menant la première heure sous la pluie pour finalement décrocher la 4e place finale.

Renaissance en Porsche WSC-95[modifier | modifier le code]

L'histoire du châssis XJR-14 ne se termine toujours pas car, sur les trois châssis XJR-14 encore roulants, le XJR-14/691 avec lequel Téo Fabi a été champion et a remporté Silverstone SWC et Sugo en JSPC, est racheté par Porsche. L'équipe de Tom Walkinshaw, sous la direction de Tony Dowe, le transforme avant noël 1994 en barquette WSC-95 pour disputer les 24 Heures de Daytona. Les responsables de l'IMSA voient d'un mauvais œil l'arrivée d'un grand constructeur qui pourrait surclasser la concurrence et dissuader des concurrents privés de s'engager. À cette période, les formules monoplaces dominent le sport automobile mondial et les championnats d'endurance se remettent très lentement de la disparition du Championnat du monde fin 1992. L'IMSA décide de changer son règlement en augmentant les brides moteur. Porsche n'accepte pas cet état de fait et retire son projet WSC-95 avant Daytona.

Finalement, le Joest Racing reprend le projet un an plus tard : un nouveau châssis WSC-95/002 signe la pole des 24 Heures du Mans 1996 et l'ancienne XJR-14/691, devenue WSC-95/001, remporte l'épreuve à deux reprises en 1996 et 1997.

L'ancienne XJR-14/691 se trouve aujourd'hui dans le musée personnel de Reinhold Joest.

Quant aux deux autres châssis, ils ont longtemps été entreposés chez TWR puis restaurés en 2003 lors de la liquidation de TWR.

Le châssis 591, accidenté à Road America-Elkhart Lake, a été refait en livrée Monza 1991. En 2012, cette voiture est entièrement restaurée par le Chamberlain Synergie et a remporté la course de Silverstone, en Groupe C Racing, avec Nicolas Minassian à son volant. Elle a alors réalisé des temps assez similaire aux Audi et Toyota actuelles.

Le châssis 791, détruit à Lime Rock et longtemps entreposé sous une bâche à l'usine TWR de Valparaiso dans l'Indiana, était totalement irréparable. La voiture a cependant vu sa coque carbone réparée par Retract Composite et la voiture remontée entièrement par le Lanzante Motorsport. Elle se trouve depuis plusieurs années en Angleterre sans que l'on sache si elle peut rouler en piste. Elle est cependant complète.

Enfin, un quatrième châssis existe. Une nouvelle coque carbone a été faite chez Astec, le sous-traitant d'origine. Cette voiture était présente à Goodwood pour le « Festival of Speed » au mois de juillet 2010 avec une plaque de châssis indiquant « X91, August 1991 ». Cette voiture est en Angleterre et est en parfait état de marche. Cependant elle n'a pas de palmarès de course.

Palmarès[modifier | modifier le code]

WSC – 430 km de Monza 1991 (Châssis 591)

WSC – 430 km de Silverstone 1991 (Châssis 691)

WSC – 430 km du Nürburgring 1991 (Châssis 791)

JSPC – 800 km de Sugo 1991 (Châssis 691)

IMSA - Grand-Prix de Road Atlanta 1992 (Châssis 791)

IMSA - Grand-Prix de Mid-Ohio 1992 (Châssis 691)

Lien externe[modifier | modifier le code]