Introduction générale à la critique de l’économie politique

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Introduction générale à la critique de l’économie politique (en allemand : Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie, familièrement appelé le Grundisse) est un ouvrage de Karl Marx rédigé en 1857. Il s'agit d'une esquisse, composée dix ans avant que ne paraisse le premier volume du Capital, dans laquelle Marx s’interroge notamment sur la difficulté de faire entrer les productions artistiques dans son analyse de la production en général. Ce manuscrit n'a été publié que vingt ans après la mort de Marx.

La production[modifier | modifier le code]

Marx commence son ouvrage par une étude ethnologique de la société. Il commence par une réfutation de l’état de nature qui est pour lui une fiction. La nature de l’individu ne s’explique que par le fait qu’il est un produit de la dissolution des formes précédentes de sociétés. Parler de production se réfère donc à la production à un stade déterminé de l’évolution sociale. Ce que Marx reproche à l’état de nature de Rousseau c’est le fait de penser qu’il pourrait y avoir des hommes sans interaction. L’homme est non seulement un animal social mais un animal qui ne peut s’individualiser que dans la société. Un peuple est pour lui à l’apogée de sa production au moment même où il atteint son apogée historique. En fait un peuple se retrouve à son apogée industriel tant qu’il n’est pas mu par l’appât du gain mais par la passion de gagner. Pour lui, tous les stades de la production ont des caractères communs que la pensée retient comme détermination générale.

Rapport général de la production à la distribution, à l’échange et à la consommation[modifier | modifier le code]

La production crée les objets qui répondent aux besoins et la distribution les répartit en fonction des lois sociales. Donc l’échange répartit d’une nouvelle façon les objets. La distribution existe à côté de la production, en tant que sphère autonome, indépendante (c’est une conséquence de la séparation entre production et vente par l'intermédiaire de la monnaie). Sans production, pas de consommation mais sans consommation, pas de production, car l’une est le but de l’autre. Marx reconnaît le rôle de la demande dans la production qui crée le besoin d’une nouvelle production. Mais en même temps, l’offre de production fournit à la consommation sa matière. La production ne fournit pas seulement au besoin une matière, elle fournit aussi à la matière un besoin. En ce sens, l’offre crée en partie la demande. C’est pourquoi consommation et production sont interdépendantes et chacune y apparaît comme moyen et médiateur. Dès lors l’échange n’est que le lien intermédiaire entre la production et la distribution. Marx énonce trois faits sur l’échange : il procède de la division du travail, s’il est privé, cela suppose une production privée et l’échange est déterminé par le développement et l’organisation de la production. Du fait de l’existence de la monnaie et donc de la division entre l’acte de vente et de production, il existe une différence entre l’offre et la demande. Il réfute Say qui considère que la production est la consommation d’un peuple. Et c’est cette différence qui s’ajuste lors des crises. La distribution des biens, quant à elle, est déterminée par la structure de la production elle-même déterminée par la distribution (du sol).

C’est donc pour ces raisons que Marx réfute la méthode de l’économie politique même s’il reconnaît les progrès de cette école (on retrouve ici l’admiration de Marx pour les économistes Adam Smith et David Ricardo).

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