Incendies à Edo

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L'Asakusa-mon (浅草門?, porte Asakusa) au cours du grand incendie de Meireki représenté dans le Musashiabumi (むさしあぶみ?), Kana-zōshi (仮名草子?) par Asai Ryōi (浅井 了意?). Les fonctionnaires confondent d'anciens détenus avec des évadés de prison et ferment la porte. Les personnes qui cherchent refuge n'ont alors pas d'autre choix que d'escalader les murs de la ville et tombent dans le canal en dessous.
Carte d'Edo dans les années 1840. La Sumida-gawa est représentée en bas à droite.

Les incendies à Edo ont lieu dans l'ancienne capitale du Japon Edo (江戸?), à présent Tokyo, durant l'époque d'Edo. La ville d'Edo est caractérisée par de fréquents grands incendies comme le dit l'expression « les incendies et les disputes sont les fleurs d'Edo » (「火事と喧嘩は江戸の華」?)[1]. Même dans les temps modernes, le vieil Edo reste encore dans les mémoires comme la « ville des incendies » (「火災都市」?)[2]. La ville a cette particularité qui la distingue du reste du monde d'être composée de vastes zones urbaines régulièrement rasées par le feu[3]. Les grands feux d'Edo sont comparés aux dieux chinois du feu Shukuyū (祝融?) et Kairoku (回禄?) et aussi plaisamment décrits comme des « feuilles d'automne ».

Il y eut plus des quatre-vingt-cinq incendies historiques dans l'histoire de la ville d'Edo[4].

Fréquence des incendies[modifier | modifier le code]

Durant les 267 années entre 1601 (Keichō 6), l'année suivant la bataille de Sekigahara (関ヶ原の戦い?), et 1867 (ère Keiō 3), l'année du Taisei Hōkan (大政奉還?, littéralement « retour de la souveraineté »), Edo est ravagé par 49 grands incendies. À titre de comparaison, pendant la même période, les grands incendies à Kyoto, Osaka et Kanazawa se montent seulement à neuf, six et trois respectivement, ce qui indique combien Edo se démarque des autres métropoles au Japon[5].

Si les petits incendies sont également inclus, des 1798 incendies qui surviennent au cours de ces 267 années, 269 ont lieu entre 1601 et 1700, 541 de 1701 à 1800 et 986 de 1801 à 1867. À mesure que s'accroît la population, Edo prospère et le nombre d'incendies augmente proportionnellement. En particulier, les 17 année entre 1851 (Kaei 3) et 1867 connaissent 506 incendies, auxquels contribue fortement l'instabilité de l'ordre public causée par l'administration inefficace du shogunat Tokugawa[6].

Grands incendies représentatifs[modifier | modifier le code]

Il y a plus de quatre-vingt-cinq « incendies historiques » dans l'histoire de la ville d'Edo[4].

Le tableau suivant répertorie certains grands incendies représentatifs dans l'histoire d'Edo à l'origine de pertes et de dommages catastrophiques. Les trois qui ont lieu au cours des époques Meireki, Meiwa et Bunka sont appelés les « Trois grands incendies de Edo » (江戸三大大火?)[7]. Outre les grands incendies, il existe aussi une série de petits incendies continus qui entraînent des pertes et des dommages plus importants qu'un seul grand sinistre[8],[9].

Grands incendies représentatifs à Edo[10],[11],[12]
Date du calendrier Tenpō Nom Victimes Dommages
Année Mois Jour Français Japonais Morts Disparus Villes Maisons de samouraï Temples et sanctuaires Maisons de chōnin
Keichō 6 (1601) Intercalaire 11 2 [fire 1]
Kan'ei 18 (1641) 1 29 ou 30 Incendie d'Oke-machi[fire 2] 桶町火事 400+ 97 123
Meireki 3 (1657) 1 18–19 Grand incendie de Meireki[fire 3] 明暦の大火 peut-être 107 000
Tenna 2 (1682)[fire 4] 12 28 Grand incendie de Tenna[fire 5] 天和の大火 830–3500 241 95
Genroku 11 (1698) 9 6 Incendie de Chokugaku 勅額火事 3000 326 308 232 18 700
Genroku 16 (1704)[fire 6] 11 29 Incendie de Mito-sama[fire 7] 水戸様火事 275 75 20 000
Enkyō 2 (1745) 2 12 Incendie de Rokudō 六道火事 1323 28 678
Hōreki 10 (1760) 2 6 Incendie d'Hōreki 宝暦の大火 460 80
Meiwa 9 (1772) 2 29 Grand incendie de Meiwa 明和の大火 14 700 4060 904
Bunka 3 (1806) 3 4 Grand incendie de Bunka 文化の大火 1200 530 80 80
Bunsei 12 (1829) 3 21 Grand incendie de Bunsei 文政の大火 2800 370 000
Tenpō 5 (1834) 2 7 Incendie de Kōgo[fire 8] 甲午火事 4000
Kōka 2 (1845) 1 24 Incendie d'Aoyama 青山火事 800–900 126 400 187
Ansei 2 (1855) 10 2 Incendie de tremblement de terre[fire 9] 地震火事 4500–26 000

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Premier grand incendie documenté à Edo. La ville entière est détruite.
  2. Daimyō hikeshi (大名火消?, des équipes de pompiers daimyo) sont établies après ce sinistre.
  3. Également appelé « incendie de Furisode » (振袖火事?). C'est le pire incendie de l'histoire d'Edo. Plus de la moitié d'Edo est concernée et le château de la ville perd son tenshu (donjon). Ce sinistre a des répercussions importantes sur la planification urbaine et le système de lutte contre l'incendie d'Edo.
  4. La date est le 25 janvier 1683 dans le calendrier grégorien, bien que Tenna 2 coïncide pour l'essentiel avec 1682.
  5. Également appelé l'« incendie de Yaoya Oshichi » (八百屋お七の火事?). Voir ci-dessous.
  6. La date est le 6 janvier 1704 dans le calendrier grégorien quoique Genroku 16 coïncide pour l'essentiel avec 1703.
  7. S'ajoutant aux dommages causés par le séisme de Genroku (1703) (en) survenu six jours auparavant, la zone de destruction est supérieure à celle du grand incendie de Meireki.
  8. La série d'incendies dure six jours.
  9. Le séisme Ansei Edo (1855) (en) de magnitude 7.0 frappe Edo le même jour et provoque des sinistres dans de nombreux endroits pour évoluer en ce grand incendie.

Causes des incendies[modifier | modifier le code]

Au cours de l'époque d'Edo, le feu est un élément indispensable de la vie quotidienne. Il est utilisé pour la cuisson et l'éclairage, ce qui en retour donne lieu à des accidents. Les incendies volontaires, dus à des motifs divers, sont une autre source de sinistres. La plus grande fréquence des grands incendies à Edo par rapport à d'autres villes provient de diverses raisons dont une dense disposition du logement urbain, une grande population, l'existence d'une classe sociale pauvre et les conditions météorologiques uniques d'Edo.

Matsunosuke Nishiyama, un chercheur qui a étudié les incendies Edo, en résume les causes telles que[13]

  • « Il n'est pas impensable qu'à Edo, probablement de nombreux habitants se réjouissent tout simplement du spectacle des grands incendies »;
  • « L'absence d'un système politique unifié dans une métropole comme Edo est l'une des causes de la fréquence des grands incendies »;
  • « Les chōnin (町人?, littéralement « gens des villes »), considérant que les incendies sont inévitables et leur propagation inexorable, sont satisfaits tant que leurs propres maisons ne sont pas à l'origine d'incendies ».

Croissance de la population[modifier | modifier le code]

Réplique d'un nagaya au musée Fukagawa à Edo

Après l'établissement du shogunat à Edo par Tokugawa Ieyasu (徳川 家康?), les résidences des daimyo (obligés des seigneurs) et des hatamoto (obligés les plus importants) sont construites autour du château d'Edo et hébergent un grand nombre de samouraï. Les commerçants et artisans nécessaires à la vie d'un samouraï migrent rapidement en masses vers Edo et provoquent une explosion de la population. Celle-ci augmente, passant d'environ 400 000 en 1640 (Kan'ei 17) à environ 800 000 en 1693 (Genroku 6) et à peu près 1 100 000 en 1721 (Kyōhō 6)[14]. Contrairement aux vastes zones résidentielles des samouraïs, les chōnin sont confinés dans des zones beaucoup plus petites. La population croissante monte leur densité de population à un degré extrêmement élevé[14]. Leurs résidences sont disposées de façon dense dans des zones très restreintes et les maisons en piteux état nagaya (長屋?, littéralement « longues maisons ») sont choses commune. L'espace vital par habitant, cuisine et toilette incluses, est généralement de la taille de six tapis tatami. En plus de cela, les matériaux de construction en bois et en papier se transforment facilement en combustible pour le feu. Toutes ces conditions conduisent naturellement à une forte probabilité d'accidents incendiaires.

Incendies volontaires[modifier | modifier le code]

Gravure du portrait de Yaoya Oshichi par Utagawa Kuniteru (歌川 国輝?) (1867)

Les incendies criminels sont une des causes majeures des incendies d'Edo. La plupart des incendiaires arrêtés vivent une vie appauvrie en raison du coût élevé de la vie à Edo et de leur inadmissibilité à travailler comme serviteurs sous contrat faute de garant. Certains d'entre eux ont vu leurs maisons incendiées et ont peu à perdre à commettre des crimes. Parmi les 102 incendiaires arrêtés en 1723 et 1724 (Kyōhō 8 et 9), 41 sont hinin (非人?, littéralement « non humain »)[note 1] et 22 n'ont pas de résidence permanente enregistrées. La plupart d'entre eux viennent des classes sociales inférieures[15],[note 2]

Les motivations des incendiaires varient mais la plus importante est le pillage. Les incendiaires de ce genre mettent le feu les jours de vent et profitent des troubles qui s'ensuivent pour commettre un vol. À part les pillages, les motifs fréquents découlent des relations sociales, telles que les domestiques qui cherchent à se venger de leurs maîtres et les rancunes nées de relations amoureuses avortées. Sont également enregistrés des cas où des marchands mettent le feu à des entreprises concurrentes et des enfants qui jouent avec le feu et même un cas avec une confession de « soudaine envie de mettre le feu »[16]. Étant donné qu'un incendie signifie également du travail pour charpentiers, plâtriers et échafaudagistes lors des reconstructions qui suivent, certains d'entre eux se réjouissent lors de l'apparition et de l'aggravation des sinistres. En particulier, comme nombre de pompiers travaillent principalement comme monteurs sur toit, certains d'entre eux propagent intentionnellement le feu pour le plaisir de faire étalage en public de leur compétence en matière de lutte contre l'incendie ou en créant des occasions d'affaires pour eux-mêmes. Cela amène le shogunat à émettre des ordonnances d'avertissement et à exécuter des pompiers incriminés[17]. Les incendiaires arrêtés sont exhibés dans les rues avant d'être brûlés vifs. Cependant, en dépit de la politique d'intolérance du shogunat vis-à-vis des incendiaires, les incendies d'origine criminelle ne sont jamais entièrement éliminés de Edo. Au cours de la période du bakumatsu, l'ordre public se détériore à proportion de l'incompétence croissante de l'administration du shogunat. En conséquence, le nombre des incendie criminels augmente considérablement.

Certains incendiaires deviennent des sujets de littérature ou de pièces de kabuki. Il s'agit notamment de Yaoya Oshichi ( 八百屋 お七 ?), qui donne son nom au grand incendie de Tenna de 1683 (Tenna 3), dans lequel quelque 3,500 personnes ont péri. O-shichi n'est pas responsable de l'incendie mais y perd sa maison. Elle trouve refuge dans un temple et y tombe amoureuse d'un page. Un an plus tard, elle essaie de lancer un incendie à partir du fantasme qu'un autre feu permettra aux deux d'être à nouveau réunis. Elle est arrêtée, jugée et exécutée par le feu. Son histoire est la base du Kōshoku Gonin Onna (『好色五人女』?) d'Ihara Saikaku et du Katakiuchi Yaguradaiko (『敵討櫓太鼓』?) de Tsuruya Nanboku IV.

Conditions météorologiques[modifier | modifier le code]

La forte mousson d'hiver en provenance du nord est une condition météorologique unique à Edo. Elle contribue à de nombreux incendies d'hiver et de printemps qui ont lieu par temps sec provoqué par les vents du nord-ouest et du nord. Par ailleurs, de forts vents du sud au printemps et à l'automne sont une autre cause de grands incendies[18]. Pour cette raison, les quatre équipes de jōbikeshi (定火消?, pompiers hatamono) établies par le shogunat en 1658 (Manji 1) sont stationnés au nord-ouest du château d'Edo pour le protéger des incendies qui se propagent de cette direction.

Lorsque les sinistres sont comptabilisés par mois, mars (du calendrier solaire) connaît le plus grands nombre de « grands incendies », suivi de février, avril et janvier. Ces quatre mois représentent 70 % de tous les grands incendies[19]. Le grand incendie de Meireki, le sinistre le plus catastrophique dans l'histoire de Edo avec quelque 107 000 victimes, a lieu le 2 mars 1657 (le 18e jour du premier mois de Meireki 3 dans le calendrier luni-solaire japonais Tenpō. Les chōnin d'Edo sont bien conscients de ce fait. En hiver, les femmes sont priées de se rendre dans les résidences de leurs parents dans la banlieue d'Edo et de revenir seulement après que la saison des incendies a passé, ce qui entraîne une fluctuation saisonnière de la population. En 1725 (Kyōhō 10), la population au cours du sixième mois, est plus importante de 10 000 individus que durant le quatrième mois. Plus de 90 % de la population en surplus est composée de femmes[20].

Mesures préventives contre les incendies du shogunat Tokugawa[modifier | modifier le code]

Tokugawa Yoshimune

Au début de l'époque d'Edo, les principaux responsables du shogunat décident de mettre la protection du shogun et du château d'Edo comme priorité les jours de grand vent, lorsque les incendies criminels sont le plus susceptible de se produire. En revanche, comme un vestige de l'époque Sengoku, les mesures de prévention des incendies concernant les zones résidentielles des chōnin reçoivent très peu d'attention[21]. Cependant, comme les chōnin acquièrent un pouvoir social, la politique du shogunat évolue aussi et, comme symbole de cette évolution, Tokugawa Yoshimune (徳川 吉宗?), le huitième shogun, élargit les mesures de prévention des incendies afin de couvrir tout Edo dans le cadre des réformes Kyōhō.

Organisation de la lutte contre les incendies[modifier | modifier le code]

Au début de l'époque d'Edo, la lutte contre l'incendie n'est pas encore institutionnalisée. Cependant, la répétition des grands incendies est un tournant décisif pour l'établissement d'un système de hikeshi (火消?, littéralement « lutte contre l'incendie »). Dans ce système, les pompiers sont généralement répartis en buke hikeshi (武家火消?, « pompiers samouraïs ») et machihikeshi (町火消?, « pompiers chōnin »). Au sein des buke hikeshi, les pompiers sont encore répartis en daimyō hikeshi (大名火消?, « pompiers daimyo ») et en jōbikeshi (定火消?, « pompiers hatamoto »). La principale méthode de lutte contre les incendies des hikeshi consiste à démolir les bâtiments qui entourent ceux qui sont déjà en feu pour empêcher le feu de se propager. Au cours de l'ère Meiwa, un type de pompe en bois actionnée à la main appelée ryūdosui (竜吐水?, littéralement « dragon pulvérisateur d'eau ») est employé, mais il ne devient jamais un moyen totalement viable de lutte contre les incendies en raison du manque d'approvisionnement ininterrompu en eau. Jusqu'à la restauration de Meiji, la démolition manuelle des bâtiments par des sapeurs-pompiers professionnels, dont la majorité sont des monteurs sur toit, reste la principale méthode de lutte contre les incendies[10],[22],[23].

Daimyō hikeshi[modifier | modifier le code]

Les daimyō hikeshi sont institutionnalisés en 1643 (Kan'ei 20), deux ans après l'incendie de Oke-machi, sous forme de service d'incendie obligatoire régulier assigné aux daimyos. Avant cela, les daimyo sont envoyés à des tâches de lutte contre les incendies par des ordonnances improvisées émises après qu'un incendie a éclaté. Les autres formes de daimyō hikeshi comprennent les shosho hikeshi (所々火消?, littéralement « pompiers d'emplacement »), responsables de sites jugés importants par le shogunat tels que les mausolées, les sanctuaires et les greniers à riz; les hōgaku hikeshi (方角火消?, littéralement « pompiers positionnés »), responsables de subdivisions individuelles d'Edo; et les kakuji hikeshi (各自火消?, littéralement « pompiers individuels »), qui, à la différence des organismes d'auto-défense de lutte contre les incendies dans les résidences de daimyo, sont obligés de participer à la lutte contre les incendies dans les zones environnantes.

Jōbikeshi[modifier | modifier le code]

Hinomi yagura de l'époque d'Edo

Les jōbikeshi sont institutionnalisés en 1658 (Manji 1), un an après le grand incendie de Meireki. Les hatamotos se voient confier des responsabilités de lutte contre les incendies directement sous le commandement du shogunat. Ils sont stationnés dans des maisons équipées de tours de guet d'incendie appelées hinomiyagura (火の見櫓?). Ils emploient également des pompiers professionnels appelés gaen (臥煙?). Quatre équipes sont d'abord organisées. Plus tard, leur nombre fluctue, avec pas moins de 15 équipes jusqu'à une seule équipe à la fin de la période Edo, en fonction de l'état financier et militaires du shogunat ainsi que de la disponibilité des machihikeshi. La plupart du temps, il y a une dizaine d'équipes et elles sont donc aussi appelées jūnin yashiki (十人屋敷?, littéralement « maison de dix équipes ») et jūnin hikeshi (十人火消?, littéralement « pompiers des dix équipes »).

Machihikeshi[modifier | modifier le code]

Matoi du me-gumi (め組?), l'un des groupes de lutte contre l'incendie

Lorsque Tokugawa Yoshimune prend le pouvoir en tant que huitième shogun, les tâches de lutte contre l'incendie à Edo sont réparties entre daimyō hikeshi, jōbikeshi et tanabikeshi (店火消?, « pompiers d'affaires »), dont les derniers sont des pompiers chōnin composés de commerçant et d'artisans. Alors que les daimyō hikeshi et les jōbikeshi sont des pompiers expérimentés, ils ne se préoccupent jamais vraiment des incendies qui se produisent dans les zones résidentielles des chōnin; par ailleurs, les tanabikeshi ne sont rien de plus que des bandes de pompiers amateurs prêts à fuir devant les incendies effrayants[24].

En 1720 (Kyōhō 5), Tokugawa Yoshimune institutionnalise les machihikeshi dans le cadre des réformes Kyōhō. Il ordonne au machi-bugyō (町奉行?, « commissaire des villes ») Ōoka Tadasuke (大岡 忠相?) d'établir de nouvelles unités de lutte contre les incendies qui soient réellement capables de protéger les zones résidentielles des chōnin. Dans le système machihikeshi, chaque ville est tenue d'envoyer ses chōnin à des tâches de lutte contre le feu[24]. Ōoka accepte les suggestions des fonctionnaires de la ville et organise les groupes de lutte contre l'incendie des villes. Quarante-huit groupes sont formés à l'ouest de la rivière Sumida. Tous, sauf quatre sont désignés à l'aide d'uniques lettres hiragana et sont donc désignés collectivement sous le nom de iroha 48 gumi (いろは 48 組?, littéralement « 48 lettres iroha »)[note 3]. Seize autres groupes sont formés à Honjo et Fukugawa à l'est de la rivière. Chaque groupe possède son propre et unique matoi (?, un objet d'identification en forme de drapeau) et son uniforme. Les relations sont courantes au sein de chaque groupe, mais la discorde entre les groupes est également commune. En 1730 (Kyōhō 15), ces groupes de lutte contre l'incendie sont réorganisés en groupes plus importants pour accroître la portée et l'efficacité de la mobilisation à l'occasion des sinistres[25].

Bien que les machihikeshi ne sont d'abord responsables que des seules zones résidentielles des chōnin, leurs aptitudes sont reconnues et ils sont ensuite envoyés pour combattre les incendies dans des endroits à l'intérieur des zones résidentielles des samouraïs, comme les ponts, les sanctuaires, les greniers de riz, et même à l'intérieur du château d'Edo. À l'époque de la restauration Meiji, ils sont devenus la principale force de lutte contre les incendies d'Edo, alors qu'au contraire, le nombre des buke hikeshi est considérablement réduit.

Mesures contre les incendies volontaires[modifier | modifier le code]

Comme les incendies criminels sont une des principales causes des incendies à Edo, le shogunat déploie des efforts considérables pour traquer les pyromanes. Un nouveau poste est créé au gouvernement, le hitsuke tōzoku aratame (火付盗賊改?, littéralement « correcteur de pyromane et voleur »). Les chōnin sont récompensés pour la capture d'incendiaires. L'incendie volontaire est un crime puni du bûcher comme avertissement à la population.

Hitsuke tōzoku aratame[modifier | modifier le code]

L'Hitsuke tōzoku aratame est un poste créé par le shogunat afin de cibler les incendies criminels, le vol et le jeu. Bien qu'il y ait d'abord trois postes distincts pour les trois crimes, il est connu qu'ils sont cumulés par le responsable militaire Nakayama Naomori (中山 直守?) en 1683 (Tenna 3). Plus tard, ces postes sont éliminés pendant une courte période, mais réintroduits en 1703 (Genroku 16) et fusionnés en un seul poste en 1718 (Kyōhō 3).

Contrairement aux machi-bugyō, qui sont des fonctionnaires civils, les hitsuke tōzoku aratame sont des responsables militaires. Par conséquent, leurs stratégies d'interrogatoire ont tendance à être violentes. Tandis qu'ils ont le pouvoir d'arrêter les pyromanes présumés, il n'y a pas de pénalité pour fausses arrestations. Pour cette raison, ils torturent souvent des suspects arrêtés pour les contraindre à des aveux forcés, ce qui conduit à un grand nombre de fausses accusations[26]. Cela laisse une image tristement célèbre auprès des chōnin, qui les surnomment kojiki shibai (乞食芝居?, « théâtres modestes ») lorsqu'ils comparent les machi-bugyō et les kanjō-bugyō (勘定奉行?, commissaire financier) au ōshibai (大芝居?, grands théâtres)[27].

Récompenses pour la capture et l'exécution des incendiaires par le feu[modifier | modifier le code]

Le shogunat à plusieurs reprises émet des ordonnances qui exigent que les incendiaires capturés soient immédiatement livrés et offre des récompenses à leurs ravisseurs. En outre, les procédures criminelles en cours contre une personne qui a capturé un pyromane sont abandonnées. Même les pyromanes qui jouent un rôle important dans la production d'information contre leurs complices ou d'autres incendiaires sont éligibles à des récompenses en plus de l'amnistie[28]. En 1723 (Kyōhō 8), il est ordonné que toute personne peut être arrêtée pour des raisons de comportement suspect dans le cas d'un incendie, même si elle n'a pas commis d'incendie criminel.

Comme avertissement au public, les incendiaires arrêtés sont exhibés à travers la ville et brûlés sur le bûcher. Qui plus est, les charges retenues contre eux sont écrites sur des plaques de bois et présentées à la population. L'exécution par le feu est stipulée dans le Kujikata Osadamegaki (『公事方御定書』?), le code pénal de l'époque d'Edo, et pratiquée jusqu'à son remplacement en 1868 (Meiji 1) par le Karikeiritsu (『仮刑律』?), le code pénal provisoire du gouvernement de Meiji[29]. Les membres de la famille des pyromanes sont également concernés, comme les épouses et les filles réduites à la servitude sous contrat ou envoyé en exil.

Dans le cas d'un incendie criminel contractuel, la personne qui a payé pour le crime est également punissable. Lorsque l'incendiaire est un samouraï, l'exécution par le feu est inapplicable. Au lieu de cela, la peine maximale du gokumon ( 狱门 ?, littéralement, « porte de l'enfer ») s'impose; le samurai condamné est décapité et la tête placée sur un piédestal ou une plate-forme et exposée pendant trois jours, tandis que le cadavre est utilisé pour des exercices d'épée. Celui qui menace d'incendie volontaire par des écrits est d'abord punissable de la peine capitale, mais la peine est ensuite réduite à l'exil.

Bien que les peines sont infligées sur la base des principes décrits ci-dessus, les circonstances atténuantes telles que les tentatives infructueuses d'incendies criminels sont aussi prises en considération. Les pyromanes de moins de 15 ans ne sont pas exécutés, mais envoyés en exil ou mis en probation.

Planification urbaine[modifier | modifier le code]

La dense distribution de bâtiments construits à partir de matériaux inflammables est un facteur important qui permet de faire évoluer les feux de petit à grand. Une fois qu'un bâtiment a pris feu, les voisins s'enflamment bientôt avant que les pompiers ne puissent intervenir. Pour cette raison, à la suite du grand incendie de Meireki, les bâtiments faits avec des matériaux ininflammables sont promus à Edo pour renforcer la défense de la ville contre les incendies. Les zones coupe-feu appelées hiyokechi (火除地?, « zones de protection incendie ») et hirokōji (広小路?, « larges allées ») sont mises en place en divers endroits à Edo. L'adoption de matériaux résistant au feu, y compris les toits de tuiles et les maisons en terre deviennent obligatoires.

Hiyokechi et hirokōji[modifier | modifier le code]

Sujikai uchi Yatsukōji (筋違内八ツ小路?), ukiyo-e de la série Cent vues d'Edo par Utagawa Hiroshige (歌川 広重?). Yatsukōji (八ツ小路?) est un des hirokōji après le grand incendie de Meireki.

Après les catastrophiques pertes causées par le grand incendie de Meireki, une grande attention est portée aux mesures de prévention des incendies dans le plan de reconstruction d'Edo. Des zones coupe-feu sont mises en place pour éviter la propagation des incendies. Cela commence avec le déplacement des résidences principales du Gosanke (御三家?) à l'extérieur du château d'Edo et l'attribution de l'espace laissé vacant à la prévention des incendies. La délocalisation des résidences appartenant à d'autres daimyo et hatamoto suit. Pour atténuer le tassement des bâtiments à l'intérieur d'Edo, la plupart des destinations sont choisies en fonction de leur éloignement du château. En outre, au cours de l'ère Genroku, les daimyo reçoivent des terres pour construire leurs résidences secondaires et tertiaires dans les environs d'Edo, et leurs résidences tertiaires sont également utilisées comme abris en cas d'incendie. Les terres sont récupérées sur la mer comme autre moyen d'installer de nouvelles résidences de samouraïs. Vers 1661 (Kanbun 1), un terre plein est réalisé à Honjo pour permettre la construction de résidences de samouraïs ainsi que la relocalisation des résidences de chōnin[30]. Des décisions similaires de relocalisation sont également adressées aux temples et aux sanctuaires. La plupart d'entre eux déménagent à l'extérieur des canaux d'Edo tandis que certains trouvent leurs nouveaux emplacements à Asakusa, Komagome et Koishikawa. Le transfert du quartier de la prostitution de Yoshihara (吉原?) dans le voisinage de Nihonbashi vers Asakusa a également lieu durant cette période, même si le déménagement est décidé avant le grand incendie de Meirekii.

Les deux types de zones coupe-feu, hiyokechi et hirokōji, sont créés à partir des terres libérées par la délocalisation; les premiers sont des terres vacantes et les seconds des rues élargies. Par ailleurs, pour accompagner la politique d'élargissement des rues, les maisons sont tenues d'éliminer tous les avant-toits[31]. Les délocalisations aboutissent à l'élargissement de la partie urbaine d'Edo. En 1662 (Kanbun 2), les domaines de l'Ueno, Asakusa et Shiba à l'extérieur des canaux sont placés sous l'administration des machi-bugyō.

Après le grand incendie de Tenna, une autre vague de délocalisation impliquant résidences de daimyo, temples et sanctuaires, permet l'installation de nouveaux hiyokechi et des hirokōji agrandis. En conséquence, la plupart des temples et des sanctuaires sont maintenant situés à l'extérieur des canaux. Lors des réformes Kyōhō, la prévention des incendies est renforcée en commençant par l'institutionnalisation des machihikeshi. À la lumière de l'enthousiasme de Tokugawa Yoshimune pour une Edo non-inflammable, de nouveaux hiyokechi sont mis en place à Kanda, Hatchōbori et Ichigaya[30].

En dépit des efforts pour établir des zones coupe-feu autour d'Edo, il existe aussi des cas où des maisons sont construites à l'intérieur des hiyokechi et des magasins le long des hirokōji, ce qui réduit considérablement leur efficacité, parfois au point où il y a un risque d'incendie encore plus élevé qu'auparavant.

Bâtiments coupe-feu et résistants au feu[modifier | modifier le code]

Tuiles

Après le grand incendie de 1601 (Keichō 6), le shogunat impose que les toits de chaume soient remplacés par des toits à bardeaux. Plus tard, les toits de tuiles deviennent à la mode parmi les bâtiments à l'intérieur des luxueuses résidences des daimyo et sont également adoptés dans certaines résidences de chōnin. Cependant, après le grand incendie de Meireki, un changement de politique interdit l'utilisation de toits de tuiles parce que les tuiles résistantes au feu tombent des toits et causent de nombreux blessures[32],[33]. Au lieu de cela, les toits de chaume inflammables doivent être recouverts de terre pour empêcher le feu de se propager. En 1661 (Kanbun 1), l'utilisation des toits de chaume dans les nouveaux bâtiments est également interdite, ce qui rend les toits à bardeaux la seule possibilité autorisée.

Il faut attendre l'arrivée au pouvoir de Tokugawa Yoshimune pour que les toits de tuiles deviennent obligatoires. En ce qui concerne les résidences de samouraï, à partir de 1723 (Kyōhō 8), les résidences incendiées des hatamoto près de Banchō doivent être reconstruites avec des toits de tuiles. Des prêts sans intérêt sont également prévus à cet effet. Après 1725 environ (Kyōhō 10), dans certaines zones limitées, les résidences existantes sont tenues d'adopter des toits de tuiles. Plus tard, cette politique est appliquée dans les grandes zones avec l'avertissement que les résidences non conformes seront démolies. Pour les résidences des chōnin, l'interdiction des toits de tuiles est annulée en 1720 (Kyōhō 5). Après 1722 (Kyōhō 7), tous les bâtiments d'Edo sont tenus d'avoir des toits de tuiles et d'être construits à partir ou recouverts de terre, bien qu'en considération de la charge économique qui pèse sur les chōnin, les toits fabriqués à partir de coquille d'huître sont également autorisés dans certains cas. De même que pour les résidences de samouraïs, l'exemption des frais de services publics est valable et des prêts sans intérêt sont disponibles. Par ailleurs, les résidences non modifiées sont susceptibles d'être démolies.

Le programme visant à protéger Edo des incendies initié par le shogunat est mis en œuvre sous le règne de Tokugawa Yoshimune, bien qu'après sa mort en 1751 (Kan'ei 4), le shogunat est moins actif en raison de sa situation financière dégradée. Le programme n'a jamais été complètement terminé, ce qui est la principale cause de divers grands incendies survenus avant l'ère Meiji.

Interdictions et ordres d'alerte d'incendie[modifier | modifier le code]

Afin de prévenir les incendies, le shogunat émet toutes sortes de directives dont l'interdiction de causes potentielles d'incendie, des règlements d'alerte aux incendies lors d'événements importants et l'interdiction d'activités spécifiques au cours d'incendies réels.

Les interdictions visant les risques d'incendie sont dirigées contre les sentō (bains publics), les feux d'artifice, les sagichō (左義長?)[note 4] et l'incinération des déchets. La plupart des résidences chōnin sont construites sans bain pour éviter d'être soupçonné d'en être la cause en cas d'incendie. En conséquence, les bains publics sont populaires[34]. Bien que la nécessité de l'emploi du feu dans l'activité des bains empêche une interdiction complète, en 1653,(Jōō 2) le feu est interdit dans les bains publics après 18 heures[35]. Les bains publics sont en outre tenus de garder l'eau du bain jusqu'au matin afin que l'eau puisse être utilisée pour combattre d'éventuels incendies. La production de feux d'artifice à l'intérieur de la ville est interdite en 1648 (Keian 1). Leur utilisation est également interdite sauf dans les estuaires et finalement partout interdite sauf le long de la rivière Sumida en 1642 (Keian 5). Les festivités sagichō sont interdites en ville et dans les intérieurs au cours de l'ère Genroku. Déjà plus tôt, l'incinération des déchets est interdite en 1655 (Meireki 1). À titre exceptionnel, une interdiction des cerfs-volants est prononcée en 1646 (Shōhō 3), deux jours après qu'un cerf-volant en feu soit tombé sur le Kitte-mon (切手門?, porte Kitte) du château d'Edo[36].

Lors d'événements importants tels que la visite du shogun au Nikkō Tōshō-gū (日光東照宮?), la visite d'un membre féminin de la famille royale de Kyoto et l'arrivée d'un représentant Joseon, des ordonnances exigeant un niveau élevé d'alerte incendie sont publiées. En vertu de ces ordonnances, la ville est surveillée pour éviter les incendies et les querelles, des seaux remplis d'eau sont préparés et la zone urbaine est nettoyée. Des ordonnances similaires sont également émises lors de la célébration de rituels au Kan'ei-ji (寛永寺?), au Zōjō-ji (増上寺?) et au Sannō-sha (山王社?).

Les activités spécifiques interdites pendant les incendies comprennent le « tourisme du feu »[37], le déplacement d'outils avec des chariots de grande taille appelés daihachiguruma (大八車?, littéralement « grand chariot de huit »), ainsi que l'usage et la production de kurumanagamochi (車長持?, « boîtes à roues de stockage de vêtements »), tout cela en vue de prévenir les troubles dus à l'intensification de la circulation qui résulterait de l'usage de ces véhicules et afin de réduire les obstacles s'opposant aux besoins d'évacuation.

Mesures de prévention anti-incendie Chōnin[modifier | modifier le code]

Alors que le dicton « L'argent ne doit pas être conservé pendant la nuit » (「宵越しの銭はもたねー」?) exprime clairement l'attitude effrénée du peuple Edo vers la vie[38], il reflète aussi sa mentalité pragmatique concernant les fréquents grands incendies de la ville : mieux vaut dépenser tôt son argent que le perdre dans un incendie[39]. Pour les chōnin d'Edo, les incendies sont chose commune et pourtant, leur extension est presque irrésistible. Quand un incendie s'attaque à leurs résidences et à leurs entreprises, le premier objectif est d'évacuer rapidement et de préserver leurs propriétés. D'autre part, ils accordent aussi une attention scrupuleuse à faire en sorte que le sinistre n'émane pas de leur propre résidence.

Dispositions contre les incendies[modifier | modifier le code]

Les incendies se produisent à Edo indépendamment du jour ou de la nuit. Si un incendie se déclare lorsque tout le monde dort, changer de vêtements et préparer l'éclairage entraîne un retard dans l'évacuation. Ainsi, quand la ville entre dans la saison des feux à l'approche de l'hiver, par mesure de précaution, les habitants déposent des objets dont des vêtements, des waraji (わらじ?, sandales de paille) et des chōchin (提灯?, lanternes en papier) à côté de leurs oreillers en cas d'urgence. Lorsqu'il y a une alerte au feu, l'origine et la direction du vent doivent d'abord être confirmées. Si la situation est jugée dangereuse, les objets de valeur qui ne peuvent être emportés sont mis dans des dozō (土蔵?, magasins en terre) et des anagura (穴蔵?, trous de conservation), les clients sont informés et les gens montent sur les toits pour éteindre les étincelles afin d'empêcher le feu de se propager. Lorsque le danger devient imminent, ils évacuent avec seulement les objets de valeur qui peuvent être emportés.

Pour protéger les objets de valeur du feu, des yōjinkago (用慎籠?) sont utilisés. Le yōjinkago est un type de grand panier en bambou que l'on peut porter sur le dos ou les épaules[40]. Pour les documents importants, des casiers en osier appelés mochinoki tsuzura (持退き葛籠?) sont utilisés. Bien que daihachiguruma et kurumanagamochi peuvent transporter un plus grand nombre d'articles, leur grande taille a tendance à en faire des obstacles lors de l'évacuation. Il y a aussi des cas où les objets transportés prennent feu à partir d'étincelles volantes et contribuent à propager l'incendie. Ces raisons conduisent le shogunat à les interdire.

Comme mesure supplémentaire, et comme un précurseur de l'assurance contre les incendies, les riches marchands payent d'avance les détaillants de bois pour les matériaux nécessaires à la construction des maisons. Si une entreprise brûle, après déblaiement des débris, les matériaux prépayés peuvent être immédiatement réclamés pour la reconstruction, afin que l'entreprise puisse reprendre dans un bref délai[41].

Dozō et anagura[modifier | modifier le code]

Dozō et anagura sont des bâtiments utilisés pour stocker des biens qui ne peuvent être transférés en cas d'incendie. Les riches commerçants en possèdent généralement beaucoup. En raison de leurs coûts élevés, les dozo sont pour la plupart construits et utilisés par les commerçants; en comparaison, les anagura sont plus abordables pour les gens du commun.

- Les dozō sont des magasins avec d'épais murs en terre plâtrés et des toits de tuiles dans la plupart des cas. Leur résistance au feu rendue possible par leurs murs épais les rend idéal pour stocker les produits, les biens ménagers, les outils et les objets de valeur. Cependant, ils peuvent aussi souffrir de faiblessess causées par une construction fautive et un entretien insuffisant, laissant entrer les incendies par les fissures dans les fenêtres et les entrées ainsi que par les trous de souris, avec pour conséquence un possible effondrement. Pour cette raison, les riches marchands préparent la terre de telle sorte que leurs plâtriers attitrés puissent rapidement sceller leurs dozō lorsque les incendies se produisent. Il y a aussi des cas où, quand ils sont eux-mêmes auteurs de feux, ils laissent ouvertes les portes de leur dozō et les laissent brûler en forme d'expiation publique[41]. Des dozō spécialement fortifiés pour le stockage de documents appelés bunkogura (文庫蔵?) existent mais n'ont jamais été populaire en raison de leurs coûts de construction encore plus élevés, même s'ils sont assez forts pour supporter de grands incendies. D'un autre côté, il y a aussi des résidences et des entreprises appelées misegura (見世蔵?) construites pour ressembler à des entrepôts. Cependant, leur résistance au feu doit être plus ou moins compromise pour tenir compte des larges ouvertures nécessaires à un usage professionnel. Les Misegura qui ont survécu jusqu'à nos jours sont maintenant situés principalement dans les villes de Katori (Sawara), Tochigi et Kawagoe, et donnent à ces villes et à leurs quartiers le nom de « petite Edo » (「小江戸」?).

- Les anagura sont des espaces de stockage souterrains. Contrairement aux petites unités de rangement sous les lits, les anagura disposent de suffisamment d'espace pour contenir une personne et sont également construits pour stocker des objets de valeur. Ils sont moins chers que les dozō, tout en restant efficaces contre les incendies et le vol car ils n'ont que leur couverture à sécuriser. Les anagura à Edo sont utilisés pour la première fois en 1656 (Meireki 2) par un fournisseur de draperie gérant de magasin nommé Izumi-ya (和泉屋?) à Nihonbashi. L'efficacité des anagura d'Izumi-ya est reconnue dans le grand incendie de Meireki et contribue à les populariser[42]. En ce qui concerne la popularité des anagura à Edo, le marchand de sel Kawagoe Enomoto Yazaemon (榎本 弥左衛門?) écrit dans ses mémoires Mitsugo yori no Oboe (『三子より之覚』?, « Mémoires de ma vie depuis l'âge de trois ans ») qu'un dixième d'Edo s'est transformé en trous[43]. Une telle popularité donne également lieu à la profession d'anagura daiku (穴蔵大工?, « charpentiers anagura »). Bien que les anagura d'Edo sont principalement construits avec du cyprès pour empêcher les fuites causées par de hauts niveaux des nappes phréatiques, l'humidité souterraine limite néanmoins leur durabilité.

Peines pour les accidents d'incendie[modifier | modifier le code]

Bien que le shogunat impose des peines, dont la mort par le feu, pour réprimer les incendies criminels, les peines pour les accidents par le feu sont loin d'être aussi sévères. Les membres de la classe des samouraïs qui provoquent un incendie sont acquittés s'ils parviennent à l'éteindre au sein de leurs demeures; Il en va donc de la responsabilité des chōnin de contenir l'incendie. Bien que le conseil des rōjū (老中?) examine des propositions visant à imposer des sanctions sévères, y compris la mort et l'exil dans le cas de grands sinistres, ces propositions ne sont jamais adoptées. Le raisonnement pratique estime qu'à l'époque les accidents dus au feu peuvent arriver à n'importe qui, et les rōjū se posent la question de savoir s'ils sont prêts à commettre le seppuku s'il leur arrivait accidentellement d'être à l'origine d'un grand incendie[44].

Accidents par le feu des samouraï[modifier | modifier le code]

Si un incendie se déclare dans une résidence de daimyo, aussi longtemps que la porte est préservée, le propriétaire ne peut être tenu responsable même si les maisons alentour ont pris feu. Naturellement, toute l'attention est portée à la protection de la porte. Certains samouraïs sortent leurs portes coulissantes hors des cadres et les emportent tandis qu'ils s'échappent. Certains autres repoussent le machihikeshi (groupe de lutte contre les incendies) qui accoure sur les lieux, luttent contre le sinistre par leurs propres moyens, puis prétendent que la fumée provient simplement de bûchers. Bien qu'il n'y ait pas de peine corporelle, un samouraï qui provoque un incendie par accident doit encore en rendre compte au ōmetsuke (大目付?, « inspecteur de l'administration ») afin de subir une assignation à résidence dans une autre demeure. s'il a laissé le feu se propager à partir de sa résidence, il devra présenter une demande de responsabilité à son supérieur. Trois accidents impliquant un incendie obligent un samouraï à déplacer sa résidence à la périphérie de Edo, même si ce n'est pas explicitement prévu[45].

Accidents d'incendie des temples et sanctuaires des chōnin[modifier | modifier le code]

Le second volume du Kujikata Osadamegaki impose aux chōnin des sanctions de 10, 20 et 30 jours d'oshikome (押込?), ou stricte résidence surveillée, à ceux qui ont accidentellement mis le feu à des zones de plus de 10 ken (environ 18 m)[46]. La peine peut être prolongée jusqu'à 50 jours et aggravée du port de menottes si l'incendie survient un jour de promenade du shogun. Si les dégâts d'un incendie se propagent à une zone large de plus de 3 chō (environ 327 m), outre le coupable, le chef de famille, le propriétaire et le gachigyōji (月行事?)[note 5] sont également soumis à 30 jours d'oshikome. Les membres du goningumi (五人組?)[note 6] auquel ils appartiennent sont punis de 20 jours d'oshikome. Qui plus est, les gachigyōji des six villes autour de la source de l'incendie - à l'exception de celles qui sont au vent - reçoivent également 20 jours d'oshikome[note 7].

En ce qui concerne les accidents d'incendie survenant dans les temples et les sanctuaires, le shogunat, par clémence, ne pénalise les responsables que de sept jours de enryo (遠慮?), ou résidence surveillée allégée au cours de laquelle les excursions nocturnes discrètes sont tolérées. Même un incendie qui coïncide avec la visite du shogun ou se développe en grand incendie n'entraîne que trois jours supplémentaires à la peine. Les accidents relatifs au feu sont également sanctionnés d'une bien plus grande clémence dans les villes construites autour de temples et de sanctuaires importants que dans d'autres villes. Un incendie détruisant une superficie supérieure à 10 ken n'entraîne que trois jours d'oshikome.

Impact économique[modifier | modifier le code]

Chaque fois qu'un grand incendie survient, les dépenses matérielles et monétaires nécessaires à la reconstruction d'une Edo dévastée sont énormes. Par conséquent, l'influence d'un grand feu sur les prix à la consommation ainsi que sur les perspectives économiques peuvent éprouver Edo et affecter la totalité du Japon. La fréquence des grands incendies peut donc être qualifiée de facteur déterminant qui soutient la croissance économique d'Edo[47]. Au contraire, le coût de la reconstruction devient également un énorme fardeau pour le shogunat et contribue à ses difficultés financières. Les chōnin souffrent aussi de la pression économique. Il n'est pas impensable qu'un commerçant gérant une grande entreprise puisse être réduit à vivre dans un nagaya (voir ce-dessus) après un grand incendie. En ce qui concerne le budget du shogunat, parmi les dépenses allouées aux chōnin, celles liées à la prévention et à la lutte contre les incendies représentent les plus grandes proportions.

La flambée des prix à la consommation[modifier | modifier le code]

Chaque grand incendie signifie une flambée des prix à Edo. Les aliments, à commencer par le riz, ainsi que les matériaux de construction nécessaires à la reconstruction des maisons, tous voient leurs prix se multiplier. Le prix du saké par exemple, après le grand incendie de Meireki, passe de 40 mon par shō (environ 1,74 l)[note 8] à 1 000 mon par shō, tandis que celui de l'huile bondit de 3 mon par shō' à 2 400 mon par shō[48]. L'augmentation de la charge de travail pour la reconstruction de la ville contribue à la flambée des frais des artisans embauchés. Outre les artisans, les serviteurs sous contrat connaissent également une augmentation de leurs salaires car ils sont moins nombreux à souhaiter travailler à Edo par crainte de grands incendies. En dehors de ces cas, le montant des loyers progresse aussi en fonction de la pénurie de logements, ainsi que les tarifs des ferry en raison de la demande accrue avant que ne soient reconstruits les ponts. Telles sont les conséquences que les grands incendies à Edo exercent sur les prix à la consommation locale.

Afin de contrôler les prix inflationnistes, le shogunat émet des ordonnances interdisant les hausses de prix, imposant des limites supérieures aux salaires des artisans et pénalisant les contrevenants les plus importants. Des mesures qui portent sur la pénurie de riz à Edo sont mises en œuvre. Le riz est acheté directement auprès des agriculteurs et revendu. Les agriculteurs sont également autorisés à se rendre à Edo pour vendre eux-mêmes leur riz.

En raison du nombre accru de commandes passées à partir d'Edo auprès de différents endroits du pays, les grands incendies à Edo ont une influence nationale sur les perspectives économiques du pays. De la même façon, le shogunat émet dans de grandes régions des avertissements contre les hausses de prix opportunistes. Néanmoins, cela n'empêche pas des commerçants comme Kawamura Zuiken (河村 瑞賢?) de bâtir une fortune à partir du commerce du bois et de contrats de reconstruction après le grand incendie de Meireki[49].

Fardeau financier pour le shogunat[modifier | modifier le code]

Les dépenses de reconstruction des installations détruites par le feu occupent une grande partie du budget du shogunat. Dans le cas du grand incendie de Meireki, bien que la tour Tenshu détruite du château d'Edo soit laissée telle quelle, la reconstruction de la citadelle intérieure ainsi que des palais entraîne une dépense totale de plus de 930 000 ryō. Par comparaison, Tokugawa Ietsuna (徳川 家綱?), le shogun à l'époque et arrière petit-fils de Tokugawa Ieyasu, hérite de ses ancêtres de l'argent et des propriétés pour une valeur de 4,23 millions de ryō[50].

Outre la reconstruction, les activités de secours en cas de catastrophe sont une autre source de dépenses importantes. Après le grand incendie de Meireki, hatamotos et gokenin (御家人?, vassaux) reçoivent des dotations proportionnelles à leurs allocations et sont autorisés à recevoir des paiements anticipés de riz. Les daimyos, à l'exception des dotations, reçoivent également des prêts sur dix ans. Environ 160 000 ryō sont dépensés en dotations pour les chōnin, dont les parts correspondent à la taille des façades de leurs habitations. Par ailleurs, il est ordonné aux daimyos de fournir du congee aux chōnin qui ont perdu leurs foyers. Les chōnin dont les greniers à riz ont brûlé reçoivent gratuitement du riz. Après le grand incendie de Meireki, le shogunat poursuit ses efforts de secours à chaque fois que se produit un grand incendie, mais à une échelle moindre en raison de la détérioration de son état financier.

Les grands incendies[modifier | modifier le code]

  • 1657 l'incendie qui détruit 70 % de la ville d'Edo, aussi connu comme Grand incendie de Meireki (明暦)の大火, Meireki no taika?). Cet incendie a détruit 60-70 % d'Edo. On estime que le désastre réclame plus de 100,000 brûlés vivants. Les plus mauvais éléments du feu ont continué pendant deux jours, les 2-3 mars 1657 (l'Ère Meireki 3, 18th-19th days of the 1st month)[51]
Abarenbō Shōgun (暴れん坊将軍) était un programme télévisé de 1978 à 2003 sur TV Asahi (株式会社 テレビ朝日), une chaîne de télévision japonaise. Cette lanterne rouge est un symbole des sapeurs-pompiers de Megumi qui jouent un rôle périodique dans ce drame de l'époque d'Edo.
  • 1772 Un incendie dévastateur, aussi connu comme Grand incendie de Meiwa (明和の大火, Meiwa no taika?)[4]. Cet incendie a éclaté le 29 février 1772 (l'Ère Meiwa 9, le 26e du 1re mois). Ceci est considéré un des trois plus grands incendies d'Edo. Les rapports officieux décrivent un bandage des cendres et des cendres presque 8 kilomètres de largeur et 24 kilomètres de longueur -- détruisant 178 temples et tombeaux, 127 résidences de daimyo, 878 résidences non officielles, 8705 maisons de hatamoto, et 628 blocs de logements marchands, avec des évaluations de plus de 6,000 morts. Toute cette dévastation a plus tard engendré les coûts énorme de reconstruction[52].

Les incendies graves[modifier | modifier le code]

  • 1668 Un incendie grave a éclaté à Edo le 3 mars 1668 (l'Ère Kanbun 8, le 1re du 2e mois). Ce désastre a été attribué à l'incendie criminel ; et les feux ont brûlé pendant 45 jours[53].
  • 1681 Un feu significatif a brûlé incontrôlablement dans la ville le 5 février 1682 (l'Ère Tenna 1, le 28e du 12e mois)[54].
  • 1697 (Genroku 10): Une incendie encore à Edo[54].

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les hinin représentent la classe la plus inférieure et la plus discriminée dans le système de caste de la société japonaise à l'époque d'Edo. Les membres en sont généralement d'anciens détenus et des vagabonds.
  2. Il est à noter que le nombre d'incendiaires arrêtés durant ces deux années est monté en flèche. Il est possible que certains d'entre eux sont en fait innocents.
  3. Iroha est un poème japonais connu pour être un pangramme de tous les kana.
  4. Festival du feu célébré le jour de la pleine lune du premier mois du calendrier luni-solaire.
  5. Poste à rotation mensuelle qui supervise les affaires dans une ville.
  6. Durant la période Edo, les familles das habitations voisines sont réunies en groupes de cinq pour partager diverses responsabilités, dont la lutte contre les crimes, la sécurisation des paiements de tributs et l'assistance mutuelle. Ces groupes sont appelés goningumi.
  7. Ces gachigyōji sont punis pour avoir laissé le feu s'étendre. Les six villes qu'ils surveillent sont celles dont les machihikeshi sont tenus d'organiser la mobilisation lors d'un incendie.
  8. Cela avant la réforme de 1669 qui change la valeur du shō pour l'équivalent d'environ 1,804 l. Voir [1][2][3].

Références[modifier | modifier le code]

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  8. Hata 1952, p. 54
  9. Yoshihara 1978, p. 439
  10. a et b Kuroki 1999
  11. Hata 1952
  12. Yoshihara 1978
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  22. Ikegami 1978
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  24. a et b Edo Weekly 2010a
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  27. Yamamoto 1993, p. 247
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  52. Hall, John Whitney. (1955). Tanuma Okitsugu, p. 120.
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Seiichi Iwao, Teizō Iyanaga et Susumu Ishii, Dictionnaire historique du Japon, Paris, Maisonneuve & Larose,‎ 2002 (ISBN 978-2-7068-1575-1)
  • (en) Timon Screech, Memoirs of the Shoguns: Isaac Titsingh and Japan, 1779-1822, London, Routledge Curzon,‎ 2006 (ISBN 978-0-7007-1720-0, lire en ligne)
  • Isaac Titsingh, Annales des empereurs du Japon, Paris, Royal Asiatic Society/Oriental Translation Fund of Great Britain and Ireland,‎ 1834 (OCLC 251800045)
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]