Hubert-François Gravelot

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Hubert-François Gravelot

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Portrait gravé de Gravelot par
Benoît-Louis Henriquez (1732-1806).

Nom de naissance Hubert-François Bourguignon d'Anville
Naissance 26 mars 1699
Paris, Drapeau de la France France
Décès 19 avril 1773 (à 74 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Nationalité Française
Activités Peintre, dessinateur,
illustrateur, caricaturiste
Autres activités Gravure, cartographie
Formation Académie royale de peinture
Maîtres Jean II Restout, Boucher.
Élèves Gainsborough
Mouvement artistique Rococo

Hubert-François Bourguignon d'Anville, connu sous le nom de Gravelot (1699-1773) est un illustrateur, graveur, dessinateur et peintre français qui connut un certain succès à Londres au début du XVIIIe siècle et qui y laissa l'empreinte du « goût français ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Frontispice de The Toast, poème de William King (1735).

Élève considéré comme moyen par l'Académie royale de peinture[1], Gravelot tente tout de même le voyage de Rome avant d’être contraint, faute de ressources, de revenir à Paris sans avoir pu dépasser Lyon. Après l’échec d’une opération commerciale à Saint Domingue où l’a envoyé son père, il devient l’élève de Jean Restout puis de Boucher.

De 1732 à 1745, Gravelot s'installe à Londres. Bien que sujet à l'anglomanie comme nombre de ses compatriotes, il s'y rend sur l'invitation du graveur Claude Dubosc (1682-1745)[2] afin de travailler sur les gravures de l'édition anglaise de l'ouvrage de Bernard Picart, Traité des cérémonies religieuses de toutes les nations. On trouve dans les carnets de note du graveur George Vertue une appréciation très positive du style de Gravelot. Ce dernier commence alors à fréquenter une société d'artistes, la St Martin's Lane Academy dirigée par William Hogarth, à une époque où Londres ne comportait ni galerie, ni musée, ni exposition, pas même une école qui fut l'équivalent de l'Académie royale à Paris. Gravelot prend comme élève un certain Thomas Gainsborough qui deviendra l'un des peintres les plus importants de l'école anglaise du XVIIIe siècle. Son style fait école, il est sans doute l'un des promoteurs du rococo en Angleterre, tant il excelle dans l'art de l'ornementation. Gravelot s’est également distingué dans ses illustrations et ses rocailles qu’il avait réalisées pour des ébénistes, tapissiers et des chaudronniers, qui furent une source d'inspiration pour des orfèvres, tapissiers et des ébénistes parmi lesquels on compte Thomas Chippendale, sans oublier les miniaturistes travaillant pour la fabrique de porcelaine de Chelsea.

Ses illustrations, notamment 35 frontispices pour la seule édition des Œuvres complètes de Shakespeare en 1744[3], ont influencé les artistes anglais et il travaille aux côtés de graveur comme Gerard Vandergucht. On compte aussi le Pamela: or, Virtue rewarded de Samuel Richardson qu'il illustre en 1741.

Les sentiments anti-français déclenchés par la bataille de Fontenoy en 1745 ramènent Gravelot à Paris en octobre, où, accompagné par l'un de ses élèves et d'une fortune estimée à 40 000 livres, il n’a aucune difficulté à employer ses talents. Durant l'hiver, Gravelot réussit à faire libérer son jeune élève embastillé, les Anglais ayant été déclarés un temps suspects.

Il illustre aux côtés de graveurs comme Noël Le Mire, l'Histoire de Tom Jones de Fielding (1750), le Décaméron (1757), la Nouvelle Héloïse (1761), les Contes moraux de Marmontel (1765), les Métamorphoses d’Ovide (1767-71), La Jérusalem délivrée du Tasse (1771) mais aussi les œuvres complètes de Corneille, Racine et Voltaire : certains de ces livres illustrés sont considérés comme parmi les plus beaux de cette époque.

Il laisse plus de 2 000 cuivres.

Grand lecteur, Gravelot était le frère du géographe Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville avec lequel il travailla sur une série de cartes et qui écrivit son éloge funèbre. Son frère rapporte que lorsqu'il dessinait, il s'aidait d'une série de poupées qu'il avait fait confectionner à Londres, équipées de leurs vêtements[4].

Il se maria deux fois : avec Marie-Anne Luneau, décédée en 1759, puis avec Jeanne Ménétrier en 1770.

Quentin de La Tour a fait son portait exposé au Salon de l'Académie Royale de peinture et de sculpture en 1769.

Le bibliophile Emmanuel Bocher (1835-1919) contribua à faire redécouvrir ses talents de dessinateurs.

Œuvres conservées[modifier | modifier le code]

Département des Arts graphiques du musée du Louvre 
  • Jeune homme tenant une tasse et regardant une jeune femme à la tapisserie
  • La Conversation, fusain
  • Le Prix de Beauté : dans un parc, une assemblée d'hommes et de femmes
  • Promenade des boulevards
  • Femme debout près d'un jeune homme et d'une jeune femme endormis
Musée Condé, château de Chantilly 
  • Les Joueurs de dés ou le distrait
Victoria & Albert Museum
  • Série de gravures, 1733-1744.
Rosenbach Museum, Philadelphie
  • Dessins préparatoires aux éditions illustrées.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Philippe de Chennevières-Pointel et Anatole de Montaiglon, Abecedario de P. J. Mariette sur les arts et les artistes, Paris, J.-B. Dumoulin, 1853, p. 172-173.
  • (en) Kimberley Rorschach, Eighteenth-Century French Book Illustration: Drawings by Fragonard and Gravelot from the Rosenbach Museum and Library, Philadelphie, Rosenbach Museum and Library, 1985.
  • (en) Sir Lawrence Gowing (ed.), A Biographical Dictionary of Artists, Oxfordshire, Andromeda Oxford Limited, nouv. édit. 1995 (ISBN 978-0816032525).
  • Notice n° 70 de Christophe Leribault in Raphael to Renoir: Drawings from the Collection of Jean Bonna, New York, The Metropolitan Museum of Art / The Yale University Press, 2009, p. 156-158.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le catalogue de la bibliothèque de l'ENSBA inventorie 14 dessins conservés dans son fonds.
  2. Voir notice BNF, en ligne.
  3. Voir (en) Alan R. Young, Hamlet and the Visual Arts, 1709-1900, University of Delaware Press,‎ 2002, 405 p. (ISBN 0874137942), p. 28-29
  4. Leribault (MoMA, 2009), op. cit.

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