Paméla ou la Vertu récompensée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Paméla ou la Vertu récompensée
Image illustrative de l'article Paméla ou la Vertu récompensée
Édition de 1741

Auteur Samuel Richardson
Genre Roman épistolaire
Pays d'origine Flag of England.svg Angleterre
Lieu de parution Londres
Éditeur C. Rivington ; J. Osborn
Date de parution 1749

Pamela, ou la vertu récompensée, Pamela, or Virtue rewarded en anglais, est un roman épistolaire de Samuel Richardson en 1740.

Pamela a dû sa popularité principalement à la forme adoptée par l’auteur, qui est celle de lettres écrites par les personnages eux-mêmes, au plus fort de leurs passions, de leurs épreuves, de leurs dangers, avec tous les inconvénients de cette manière artificielle, ses invraisemblances, ses longueurs, et aussi avec cet avantage que le lecteur se trouve placé en rapport immédiat avec les personnages, qu’il vit dans leur intimité, connaît jusqu’à leurs plus secrètes pensées.

La nature édifiante de l’histoire a assuré un très grand succès d’édition à l’ouvrage. L’efficacité de la forme épistolaire, innovation qui était une source de grande fierté pour Richardson, qui dévoile l’intrigue au travers des lettres rédigées par la protagoniste, a, en outre contribué à rendre l’histoire acceptable à la bourgeoisie du XVIIIe siècle. Pamela a ainsi contribué à réinventer un genre littéraire dont la réputation avait fini par devenir fort incertaine.

Nombre de lecteurs de l’époque furent toutefois choqués par les scènes les plus osées et par quelques comportements discutables des personnages de Pamela ; il était facile, par exemple, de considérer l’héroïne comme une jeune intrigante qui tente d’atteindre un statut social plus élevé en se faisant épouser par un noble. Les opposants au sentimentalisme exagéré de Pamela eurent beau jeu de dénoncer l’usage du moralisme véhiculé par l’ouvrage comme caution agissante d’un exemple de prostitution légalisée.

Pamela a beaucoup été raillée alors pour sa licence et son succès inspira nombre de parodies, dont deux de Henry Fielding : la première, anonyme, de Shamela, censée révéler l’identité réelle de Pamela, écrite dans la même forme épistolaire que l’original et, la seconde, de Joseph Andrews, où Fielding imagine à Paméla un frère, aussi chaste qu’elle, et qui résiste avec la même vertu à de coupables avances. Eliza Haywood s’est également mise de la partie avec un de ses romans les plus connus, Anti-Pamela (1741).

Résumé[modifier | modifier le code]

Pamela Andrews est une humble et honnête jeune fille placée en condition chez M. B., un riche propriétaire. Se prenant de passion pour elle, le fils du ménage complote à plusieurs reprises avec ses domestiques pour obtenir ses faveurs. Pamela protège sa vertu avec succès et, après avoir vainement tenté de la séduire, B., touché en sa faveur après lecture de son journal secret, finit par l’épouser. Dans la deuxième partie du roman, Pamela essaie de s’adapter à la société bourgeoise et d’établir un rapport réussi avec B.

Réception[modifier | modifier le code]

M. B interceptant la première lettre de Pamela à sa mère.

Pamela a connu le plus gros succès de librairie de son temps. Non seulement l’ouvrage fut lu par d’innombrables lecteurs, mais il fut également lu à voix haute à des groupes. Par exemple, un apprenti achetait ou empruntait le roman et le lisait à voix haute aux autres tandis qu’ils travaillaient. Il a été également intégré, pour servir d’exemple, à des sermons. Il a même suscité la création d’accessoires tels que tasses ou éventails illustrées avec des thèmes de l’ouvrage.

Le succès de Pamela la fit bientôt porter à la scène tandis que l’abbé Prévost en assurait la traduction en français. En Italie, Pamela a été adapté par Pietro Chiari et Carlo Goldoni. En France, Louis de Boissy donna un Paméla ou la Vertu mieux éprouvée, comédie en vers et en 3 actes (Comédiens italiens ordinaires du Roi, 4 mars 1743). Neufchâteau a donné une Paméla ou la Vertu récompensée, comédie en 5 actes, en vers (Comédiens Français, 1er août 1793[1]). Robert-Martin Lesuire a imité l’ouvrage avec la Paméla française, ou Lettres d’une jeune paysanne et d’un jeune ci-devant, contenant leurs aventures (Paris, les marchands de nouveautés, an XI).

Édition moderne[modifier | modifier le code]

  • Paméla ou la Vertu récompensée trad. par l'abbé Prévost, Bordeaux, Ducros, 1970

Liens externes[modifier | modifier le code]

Œuvres liées[modifier | modifier le code]

  • La Déroute des deux Pamela (Godard d'Aucour / Daucour, Blaise), Paris, Pissot, Veuve de Noël, 1744
  • Paméla en France ou la vertu mieux éprouvée (Boissy), Paris, Clousier, Jacques, 1745.
  • la Paméla française, ou Lettres d’une jeune paysanne et d’un jeune ci-devant, contenant leurs aventures. Robert-Martin Lesuire, Paris, les marchands de nouveautés, an XI).
  • Paméla ou La Vertu récompensée (François de Neufchâteau, Goldoni), Paris, Barba, 1996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Nicolas François de Neufchâteau fit jouer, sur la scène du théâtre de la Nation, le 1er août 1793, une comédie en vers : Paméla ou la Vertu récompensée, tirée du roman de Samuel Richardson, imitée de Goldoni. Le jour de la neuvième représentation, comme le rideau allait se lever, un officier de police vint au nom du Comité de salut public interdire la pièce à cause de ces deux vers jugés subversifs :

    « Ah ! les persécuteurs sont les seuls condamnables.
    Et les plus tolérants sont les seuls raisonnables. »

    François de Neufchâteau fit alors les corrections qu'exigeait le Comité ; mais celui-ci signa un arrêté fermant le théâtre et décrétant d'accusation François de Neufchateau. Il fut incarcéré, lui et ses comédiens. Parmi les 13 acteurs (les actrices furent enfermées à Sainte Pélagie) du Théâtre Français incarcérés au Couvent des Madelonnettes, on trouve :