Martin Ziguélé

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Martin Ziguélé
Image illustrative de l'article Martin Ziguélé
Fonctions
17e Premier ministre centrafricain
1er avril 200115 mars 2003
(1 an, 11 mois et 14 jours)
Président Ange-Félix Patassé
Prédécesseur Anicet-Georges Dologuélé
Successeur Abel Goumba
Directeur national de la BEAC à Bangui
1er juillet 20001er avril 2001
(9 mois et 0 jour)
Prédécesseur Jonas Yologaza
Successeur Enoch Dérant-Lakoué
Biographie
Date de naissance 12 février 1957 (57 ans)
Lieu de naissance Bangui (Oubangui-Chari)
Nationalité Centrafricaine
Conjoint Germaine Ziguélé
24 mars 1959 (55 ans)
Profession Consultant international en assurance
Chef de division en assurance-vie

Martin Ziguélé
Premiers ministres centrafricains

Martin Ziguélé, né le12 février 1957 est un homme politique centrafricain, ancien Premier ministre de la RCA entre avril 2001 et mars 2003. Il est également Consultant, spécialisé en Assurance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir effectué ses études secondaires au Séminaire de Bossangoa en RCA, Martin Ziguélé obtint à 21 ans son diplôme d'Études Supérieures d'Assurances (D.E.S.A) à l'Institut Internationale des Assurances de Yaoundé (Cameroun) en 1978. Il décrocha ensuite, en 1982, une Licence de lettres anglaises à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Bangui (RCA). Il intégra la Société Nationale Centrafricaine d'Assurances (Siriri) dès 1978. En 1988, il réussit avec brio le concours de la CICA-RE, Compagnie commune des réassureurs des Etats membres de la CIMA. Il grimpera progressivement les échelons en une dizaine d'années, de souscripteur à Chef de division des réassurances vie (toutes zones géographiques), cumulativement avec les fonctions de souscripteur des réassurances IARD pour les affaires hors d'Afrique (Europe, Asie et Moyen-Orient).

Nommé Directeur National de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale BEAC en 2000, Ziguélé rentrera à Bangui avec sa femme et ses six enfants. Peu avant sa prise de fonction, le Président Ange-Félix Patassé le nommera Premier Ministre par décret le 1er avril 2001. Il le restera jusqu'au coup d'État du 15 mars 2003 du Général François Bozizé.

Exilé en France, Ziguélé se présentera aux élections présidentielles du 13 mars 2005, puis du 11 janvier 2011. Lors des élections de 2005, il sera un candidat indépendant, soutenu par le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain MLPC dont il deviendra le Président jusqu'à ce jour ; en 2011, il sera le candidat de ce parti. Principal opposant politique durant les deux quinquennats du Général Bozizé, il prendra la tête de l'Alliance Démocratiques des Forces pour la Transition après le renversement du Général Bozizé par le coup d'Etat de la Coalition Séléka.

Fonction de Premier Ministre[modifier | modifier le code]

Martin Ziguélé est nommé Premier Ministre le 1er avril 2001 par Décret du Président Ange-Félix Patassé. Son Gouvernement, dit d’Action et de Combat (GAC), rendu public le 06 avril 2001, compte au total 24 membres, le Premier Ministre inclus, et réparti comme suit : deux (2) Ministres d’Etat, seize (16) Ministres, et cinq (5) Ministres délégués. Outre le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), parti du Président Ange Félix Patassé dont Monsieur Martin Ziguélé est aussi membre, d’autres entités politiques sont représentées au sein de ce gouvernement : le Parti Libéral Démocrate (PLD), le Parti Africain de Développement (PAD), la Convention Nationale (CN), l’Union Démocratique pour le Renouveau-Fini kodro (UD/FK), et même une personnalité indépendante héritant du portefeuille des Affaires Etrangères. L’une des particularités du Gouvernement d’Action et de Combat, c’est qu’il est représentatif de l’ensemble de la nation sur le plan géopolitique, de par la présence des ressortissants de presque toutes les préfectures du pays.

Gouvernement d’action et de combat n° 1[modifier | modifier le code]

(1er avril * 30 août 2001)

Premier Ministre, Chef du Gouvernement : Martin Ziguélé Ministres d'Etat :

  • Communication, Postes et Télécommunications, chargé des nouvelles Technologies, de la Culture et de la Francophonie : Gabriel Jean-Edouard Koyambounou (MLPC)
  • Finances et Budget : Eric Sorongopé (MLPC * Mouvement de libération du peuple centrafricain)

Ministres :

  • Chargé de la Promotion du monde rural : Salomon Namkoséréna (MLPC)
  • Affaires étrangères : Agba Otikpo Mé Zo Dè (personnalité indépendante)
  • Défense nationale : Jean-Jacques Démafouth (MLPC)
  • Intérieur et Sécurité publique : Théodore Bikoo (PLD * Parti libéral démocrate)
  • Justice : Marcel Météfara (MLPC)
  • Fonction publique, Emploi et Prévoyance sociale : Laurent Ngon Baba (PAD * Parti africain de développement)
  • Eaux, Forêts, Chasse, Pêche, Environnement et Tourisme : Constance Nathalie Gounébana (PLD)
  • Equipement, Aménagement, Transports, chargé du Désenclavement : Désiré Péndémou (MLPC)
  • Chargé des Relations avec le parlement : Michel Doko (PLD)
  • Mines, Energie et Hydraulique : André Nalké Dorogo (MLPC)
  • Education nationale et Enseignement supérieur : Timoléon M'baikoua (MLPC)
  • Affaires sociales, Promotion des Femmes, Jeunes, chargé de la réinsertion des handicapés : Mme Françoise Ibrahim née N'doma (CN * Convention nationale)
  • Jeunesse et Sports : Jean Dominique N'darata (UDR/FK * Union démocratique pour le renouveau-Fini Kodro)
  • Santé publique et Population : Joseph Kalité (MLPC)
  • Commerce et Industrie, chargé de la promotion du secteur privé : Jacob M'baitadjim (MLPC)
  • Plan et coopération internationale : Alexis N'gomba (PLD)

Ministres délégués :

  • à la Sécurité publique : Robert Zana (MLPC)
  • aux Finances et au Budget : Lazare Dokoula (MLPC)
  • au Plan et à la coopération internationale : Clément Eregani (MLPC)
  • aux Affaires étrangères : Victor Boucher (MLPC)
  • au Désarmement : Michel Doyéné (MLPC)

Le premier Gouvernement de Martin Ziguélé doit affronter plusieurs problèmes urgents et délicats dont le premier est celui du cumul par les fonctionnaires Centrafricains de 25 à 30 mois d’arriérés de salaires, véritables patates chaudes laissées par le précédent Gouvernement dirigé par Anicet Georges Dologuélé (Source AFP, Bangui, 6 avril 2001, 12h23). Les tâches du Premier Ministre Martin Ziguélé s’annoncent donc très difficiles, multiples et urgentes, surtout que les agents de la fonction publique, en grève depuis novembre 2000 et qui avaient conclu début mars 2001 une trêve avec l’ancien Premier Ministre Anicet Gorges Dologuélé, terminent à peine le premier mois de cette trêve au moment où Martin Ziguélé est promu à la Primature. En effet, les fonctionnaires n’ayant toujours pas reçu leurs salaires de février et mars 2000, songent à reprendre leur mouvement de grève générale (Source AFP, Bangui, 6 avril 2001, 12h23). De toute évidence, ce sont ces dossiers brulants qui justifient la dénomination du gouvernement de Martin Ziguélé, Gouvernement d’Action et de Combat (GAC). Il faut savoir que seulement un mois et demi après sa nomination, le Premier Ministre Martin Ziguélé doit affronter un évènement militaro-politique de taille avec ses dures conséquences, le coup d’Etat manqué du 28 mai 2001 du général André Kolingba. Le Président Ange Félix Patassé lui renouvelle sa confiance, et Martin Ziguélé procède à un remaniement de son gouvernement le 30 août 2001, gouvernement composé comme ci-après :

Gouvernement d’action et de combat n° 2[modifier | modifier le code]

(30 août 2001 – 15 mars 2003)

Premier Ministre, Chef du Gouvernement : Martin Ziguélé Ministres d'Etat :

  • Communication, Postes et Télécommunications, chargé des nouvelles Technologies, de la Culture et de la Francophonie : Gabriel Jean-Edouard Koyambounou
  • Finances et Budget : Eric Sorongopé (MLPC * Mouvement de libération du peuple centrafricain)

Ministres :

  • Chargé de la Promotion du monde rural : Salomon Namkoséréna
  • Affaires étrangères : Agba Otikpo Mé Zo Dè (personnalité indépendante)
  • Défense nationale : Pierre Angoa (MLPC, nouveau)
  • Intérieur et Sécurité publique : Joseph Mozoulé (nouveau)
  • Justice : Marcel Météfara
  • Fonction publique, Emploi et Prévoyance sociale : Laurent Ngon Baba Parti africain de développement)
  • Eaux, Forêts, Chasse, Pêche, Environnement et Tourisme : Constance Nathalie Gounébana
  • Equipement, Aménagement, Transports, chargé du Désenclavement : André Tobi Kotazo (MLPC, nouveau)
  • Chargé des Relations avec le Parlement : Michel Doko
  • Mines, Energie et Hydraulique : André Nalké Dorogo
  • Education nationale et Enseignement supérieur : Timoléon M'baikoua
  • Affaires sociales, Promotion des Femmes, Jeunes, chargé de la réinsertion des handicapés : Mme Françoise Ibrahim (CN * Convention nationale)
  • Jeunesse et Sports : Jean Dominique N'darata (UDR/FK * Union démocratique pour le renouveau-Fini Kodro)
  • Santé publique et Population : Joseph Kalité
  • Commerce et Industrie, chargé de la promotion du secteur privé : Jacob M'baitadjim
  • Plan et coopération internationale : Alexis N'gomba

Ministres délégués :

  • à la Sécurité publique : Cyrus Emmanuel Sandy (MLPC, nouveau)
  • aux Finances et au Budget : Lazare Dokoula
  • au Plan et à la coopération internationale : Clément Eregani
  • aux Affaires étrangères : Victor Boucher
  • au Désarmement : Général de brigade Xavier Sylvestre Yangongo (nouveau, sans étiquette)
  • à la Francophonie : Marguerite Koffio (MLPC, nouveau poste)
  • à l'Equipement : Binga Bassoukpalo (nouveau poste)
  • à l'Education nationale : André Ringui le Gaillard (MLPC, nouveau poste)
  • à l'Environnement et au Tourisme : Jean-Michel Mandaba (MLPC, nouveau poste)

Réalisations de Martin Ziguélé à la primature[modifier | modifier le code]

Le 7 mai 2001, à la tribune de l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre Martin Ziguélé présente la politique générale que son gouvernement entend mener. Il relève l’extrême pauvreté dans le pays. Il s’engage ensuite à combattre ce fléau. En ce sens, il décline une série de mesures dont les principales sont :

  • L’assainissement des finances publiques : lutte contre la fraude et l’incivisme fiscal, moralisation des fonctionnaires et agents de l’Etat, principalement ceux des régies financières ;
  • La promotion du secteur PME/PMI, du commerce et de l’artisanat ;
  • La promotion du monde rural par la modernisation du système agricole ;
  • La poursuite des réformes économiques, conformément aux conditionnalités des institutions financières internationales : privatisation d’une dizaine d’entreprises publiques et parapubliques.

Il faut souligner que la mise en œuvre de ce vaste programme politique a été rendue quasiment impossible d’abord par le coup d’Etat manqué du 28 mai 2001 de l’ancien Président, le général André Kolingba, ensuite le coup d’Etat manqué du 25 octobre 2002 du général François Bozizé, et enfin le coup d’Etat réussi du même général Bozizé le 15 mars 2003.

Malgré ces dures réalités affrontées, Martin Ziguélé a pu mener à bien un certain nombre de réalisations politiques dont les importantes sont :

  • Le paiement de 22 mois de salaires sur les 23 mois passés à la Primature (1er avril 2001-15 mars 2003), sans avoir reçu une seule aide financière extérieure ou aide publique au développement ;
  • Une lutte implacable et mémorable contre la corruption et les détournements de deniers publics. À cet égard, et c’est une grande première, Eric Sorongopé Zoumandji, Ministre d’Etat des Finances en fonction, et cadre éminent et influent du MLPC, a même été arrêté et jugé. Patrice Ngaïssona fonctionnaire aux Eaux et Forêts, et bien de fonctionnaires dont des douaniers et agents des finances ont été également traduits en justice. Au nombre des personnes arrêtées, figurent même des membres de l’ethnie et des ressortissants de la région du Premier Ministre Martin Ziguélé. En l’absence de toute aide extérieure comme relevé précédemment, c’est cette action énergique d’assainissement des finances publiques du Premier Ministre Martin Ziguélé qui l’aidera à payer régulièrement les salaires aux fonctionnaires ;
  • Le Gouvernement de Martin Ziguélé a signé le 10 octobre 2001 à Washington un Accord Intérimaire de six (6) mois avec le FMI qui a fait l'objet d'une Lettre d'Intention lui permettant de rester en rapport avec cette institution. Par la même occasion, Martin Ziguélé a obtenu l’engagement des institutions financières internationales à décaisser au gouvernement Centrafricain des fonds pour pallier les lourds contrecoups économiques du coup d'Etat manqué du 28 mai 2001 et des troubles armés générés par le coup d’Etat manqué du 25 octobre 2002 du général François Bozizé. Malheureusement, son gouvernement sera balayé par le coup d’Etat du 15 mars 2003 du général François Bozizé entre temps devenu rebelle, et accompagné à Bangui par des mercenaires étrangers principalement Tchadiens ; ce coup de force intervient alors que le Président de la République se rentrait d’un sommet des Chefs d’Etat de la CEN-SAD tenu à Niamey (Niger).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Artcles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site officiel de Martin Ziguele