Nouveau produit de synthèse

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Des party pills achetées sur Internet et contenant du BZP.

Les nouveaux produits de synthèse (NPS) sont des drogues synthétiques apparues récemment sur le marché des stupéfiants, et sur lesquelles il existe un vide juridique.

Ces produits sont également connus sous de nombreuses autres appellations, pour la plupart anglophones  : « Research Chemicals (RC) » (produits chimiques de recherche), « Designer Drugs » (drogues sur mesure) ou encore « Legal Highs » (drogues légales), bien que ce dernier terme englobe également des produits naturels tels que le kratom ou la sauge des devins. L'expression « nouveaux produits de synthèse » est celle généralement préférée par les organismes officiels tels que l'OFDT[1], ainsi que par la presse[2].

Au départ principalement proposés à la vente sur Internet, ils sont de plus en plus fréquemment vendus par des « dealers » dans les lieux fréquentés par les usagers de drogues. Il est à noter que les acheteurs n'ont pour la plupart aucun moyen d'être certains du contenu réel ainsi que du degré de pureté de leurs achats, aussi soigneuse soit la présentation.

Ces produits appelés à juste titre RC sont uniquement destinés à la recherche, leurs mécanismes d'action ainsi que leurs effets à moyen et long terme sont absolument non documentés. Quant à leurs effets à court terme, ils varient grandement selon les produits, les consommateurs et les conditions d'expérimentation.

Ils sont impliqués dans de nombreux cas d'overdoses ou de crises psychologiques ("Bad Trips") et même dans plusieurs décès chaque année. En effet ces produits sont souvent très puissants (actifs à de très petites doses, parfois quelques dizaines de µg) ; le manque d'informations et de précautions élémentaires conduit parfois à des interactions avec d'autres substances qui peuvent s'avérer extrêmement dangereuses.

Histoire[modifier | modifier le code]

Suite à la proclamation de la Convention internationale de l'opium dans les années 1920s, réglementant le commerce des opiacés, des analogues synthétiques de la morphine et de l'héroïne font leur apparition : ceux-ci sont les toutes premières « drogues sur mesure », produites dans le seul but de contourner la loi[3]. Cette tendance continuera dans les décennies suivantes avec l'apparition de drogues synthétiques telles que le DOM ou les analogues de la MDMA[4]. Ce serait Gary L. Henderson, de l'université de Californie à Davis, qui le premier fit usage de l'expression « Designer Drugs », à l'époque pour désigner certains analogues synthétiques du fentanyl apparus sur le marché de l'héroïne sous le nom de « China White »[5]'[6].

Mais ce sont surtout les années 1990, qui, suite à l'avènement du Web et la publication des ouvrages TiHKAL et PiHKAL de Alexander Shulgin, donnera naissance au marché en ligne des drogues de synthèse, qui évoluera au XXIe siècle en un large éventail de sites Web proposant à la vente des « Research Chemicals », au début principalement des tryptamines et des phényléthylamines. Les années avançant, de nouveaux produits apparaitront sur ce marché, notamment des pipérazines, des analogues de la cathinone et du pyrovalérone, des cannabinoïdes synthétiques, et de nombreux autres produits. Ces dernières années, les NPS sont de plus en plus fréquemment vendus par des sites web sous des appellations inventées telles que « bath salts », « plant food », « cannabis synthétique », voire se retrouvent sur le marché classique de la drogue où ils sont le plus souvent faussement présentés comme étant un produit plus connu (comme de la MDMA ou de la kétamine par exemple).

Législation[modifier | modifier le code]

La plupart des NPS font l'objet d'un vide juridique à leur sujet, ce qui facilite leur fabrication et leur distribution. En France, certains NPS tels que le benzylpipérazine, les analogues de la cathinone, ou la 4-fluoroamphétamine sont interdits[7],[8], mais la plupart restent inconnus des textes légaux puisque destinés à la recherche uniquement.

Ce flou juridique est semblable à celui dont font l'objet les plantes ornementales contenant des substances psychoactives en France, ce qui signifie que, faute de preuve de consommation, un possesseur ne risque théoriquement rien devant la justice.

Exemples[modifier | modifier le code]

Les NPS sont très nombreux et de nouveaux apparaissent chaque année[9],[10],[11]. Quelques-uns des plus connus sont :

NPS hallucinogènes[modifier | modifier le code]

Imitant la DMT, les tryptamines (libérant les trois principales catécholamines) ou imitant la mescaline, la famille des stimulants psychodysleptiques PEA (Phenylethylamines) et amphetamines substituées AMPEA (alpha-methyl-phenyl-ethyl-amines).

  • 2C-X (PEA)
  • 3C-X ou DO-X (AMPEA)
  • 25X-NBOMe ou 25X NBOH ou 25X NBOF( dérivés benzyl des 2C-X découverts très récemment sous la supervision de David E. Nichols). Une multitude d'accidents avec ces molécules sont à signaler.

Tryptamines hallucinogènes :

  • Tryptamines substituées sur l'azote (de la même façon que la N,N-Diméthyltryptamine) et leurs dérivés substitués en 4eme et 5eme position sur le cercle phényl de l'indole, structurellement plus proches de la psilocine ou de la sérotonine (quasiment toutes décrites dans TiHKAL, Alexander & Ann Shulgin)
  • 5-MeO-DMT
  • 5-MeO-DiPT
  • 4-HO-DMT
  • aMT (alpha-methyltryptamine)

NPS proches de certains médicaments utilisés pour traiter la narcolepsie et l'hyperactivité[modifier | modifier le code]

Ce sont des analogues plus ou moins proches du methylphenidate (Ritaline, Concerta, etc.) :

  • Ethylphenidate, ou EPH.
  • 3,4 CTMP ( threo-3,4-dichloromethylphenidate)
  • 2-DPMP (Desoxypipradrol)

Lysergamides[modifier | modifier le code]

  • LSZ
  • AL-LAD
  • ALD-52
  • ETH-LAD

NPS entactogènes et stimulants[modifier | modifier le code]

  • Dérivés fluorés d'amphétamines et de methamphétamines : 2-FA, 2-FMA, 4-FA ou 4-FMA.
  • Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, noradrénaline et dopamine : 5-APB et 6-APB et leurs dérivés par exemple.
  • Dérivés de pipérazine (Mcpp; Alpha-PVP, 4-FMpp, 4Meppp, MDPV, BZP...)
  • Dérivés de la cathinone comme la Méphédrone. Ces produits sont classés stupéfiants en France.
  • Dérivés de cocaïne et d'alcaloïdes tropanes, peu apparus sur le marché (Attention : certains produits vendus comme tels sont des mélanges de plusieurs autres "fond de tiroirs")
  • Methiopropamine (MPA)
  • Dérivés d'Aminoindane ( 2-AI, N-Methyl-2AI)

NPS Cannabinoïdes[modifier | modifier le code]

Il y en a de plus en plus, même si leurs effets sur la santé sont encore inconnus. Ces produits ne bénéficient en aucun cas de la marge de sûreté associée au cannabis, et de nombreux utilisateurs ont fait mention de troubles psychologiques ou physiques après consommation. Des problèmes rénaux ont été identifiés comme causés par l'UR-144 ou le 5-F-UR-144.

De plus les agonistes totaux ou partiels des récepteurs endocannabinoïdes CB1 sont connus pour provoquer une immunodéficience réversible semblable à celle causée par le VIH.

  • JWH-X et leurs analogues THJ-X
  • AM -X et leurs remplaçants NM- X ou MAM- X
  • CHMIACA, PINACA, FUBINACA.

NPS Dissociatifs[modifier | modifier le code]

Certaines molécules, souvent structurellement proches du PCP, possèdent des effets dit "dissociatifs" :

  • 2-Meo-Ketamine ( Methoxyketamine)
  • N-Ethyl-Norketamine (NEK)
  • 3-Meo-2-Oxo-PCE (ou MXE comme Methoxetamine)
  • 4-Meo-PCP ( ou Methoxydine )
  • 3-Meo-PCP
  • Diphenidine
  • 2-Meo-Diphenidine (Methoxyphenidine)

NPS Opioïdes[modifier | modifier le code]

Certains produits possèdent des propriétés permettant de les classer comme opioïdes. Attention toutefois, la plupart d'entre eux ne se limitent pas à ces propriétés et possèdent également d'autres affinités (sérotoninergiques par exemple).

  • RH-34
  • W-15
  • O-Desmethyl-Tramadol
  • AH-7921 ( Doxylam )
  • Des analogues du fentanyl

NPS Benzodiazépines[modifier | modifier le code]

Des molécules de la famille des benzodiazépines sont également des NPS. Celles-ci sont pour la plupart proches des benzodiazépines "classiques" (à effet anxiolytique, hypnotique ou myorelaxant) et possèdent donc le même potentiel d'abus, sans toutefois être approuvées pour la consommation et testées et donc sans études relatives aux effets secondaires.

  • Etizolam
  • Diclazepam
  • Flubromazepam, flubromazolam
  • Phenazepam
  • Meclonazepam

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]