Donjon (bande dessinée)

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Donjon
Série
Image illustrative de l'article Donjon (bande dessinée)

Scénario Lewis Trondheim
Joann Sfar
Dessin Donjon Zénith (DZ)

Donjon Crépuscule (DC)

Donjon Potron-Minet (DPM)

Donjon Monsters (DM)

  • Divers

Donjon Parade (DP)

Couleurs Walter (pour la grande majorité des albums)
Lewis Trondheim
Brigitte Findakly
Lucie Albon
Genre(s) Heroic-fantasy
Humour
Anthropomorphique

Personnages principaux Herbert de Vaucanson (DZ, DC et DP)
Marvin (DZ, DC et DP)
Hyacinthe de Cavallère (DPM et DZ)
Marvin Rouge (DC)
Lieu de l’action Terra Amata

Pays Drapeau de la France France
Langue originale Français
Éditeur Delcourt
Collection Humour de rire
Première publication 1998
Nb. d’albums DZ : 6
DC : 8
DPM : 5
DM : 12
DP : 5
DB : 5
Total : 41
Site web bibou.org/donjon
pastis.org/donjonland

Donjon est une série de bande dessinée créée par Lewis Trondheim et Joann Sfar en 1998 et publiée chez Delcourt jusqu'en 2014. Parodie d'heroic fantasy à plusieurs niveaux de lecture, elle s'inspire notamment de l'univers du jeu de rôle Donjons et Dragons.

L'originalité de la série tient dans son rythme de parution, exceptionnel pour une série française dans les premières années, dans la grande variété de ton et de style d'un album à l'autre et dans l'ambition démesurée affichée des deux auteurs principaux et scénaristes Lewis Trondheim et Joann Sfar. Ils avaient en effet déclaré vouloir dépasser les 300 tomes grâce à la collaboration de toute une génération de dessinateurs, souvent, mais non exclusivement, proches de L'Association.

En mars 2014, deux albums publiés simultanément dans la sous-série Crépuscule, Haut Septentrion dessiné par Alfred et La Fin du Donjon dessiné par Mazan, servent de conclusion à la série. Les créateurs de Donjon, Lewis Trondheim et Joann Sfar, expliquent vouloir se consacrer à d'autres projets, sans écarter pour autant toute possibilité de reprendre un jour la série : « je ne sais pas si on en fera d’autres dans l’avenir, mais ces deux-là signent la fin d’une époque[1]. »

L'univers de la bande dessinée a été adapté en jeu de rôle.

Univers[modifier | modifier le code]

L'histoire se déroule dans un monde fantastique de type médiéval, sur une planète nommée Terra Amata. Cet univers est peuplé de nombreuses espèces animales bipèdes intelligentes, qui définissent les différents peuples : les oiseaux du duché Vaucanson, les chiens de Clérembard, les lapins de Zootamauxime, les chats des plaines Kochaques ou les éléphants Babares. Il existe aussi d'autres espèces non inspirées d'animaux réels comme les Dragons, les gobelins, les olfs, et tous les monstres dans leur immense diversité[Note 1]. Les nations ne vivent pas toujours en paix les unes avec les autres, mais la reproduction inter-espèce est parfois possible[Note 2]. Ce monde, où la magie est très présente, est aussi peuplé de morts-vivants, esprits, vampires, squelettes, invisibles, etc.

L'histoire relate les aventures liées au destin d'une forteresse (un donjon évoquant celui des jeux de rôle), tout au long des âges du monde de Terra Amata. Le Donjon est un lieu où tous les aventuriers viennent tester leur force, chercher la fortune, connaître la renommée — il s'agit d'une parodie des premiers scénarios de Donjons et Dragons et de la fameuse trinité « porte-monstre-trésor ». Exceptionnellement, le point de vue choisi est celui du Gardien du Donjon et de ses monstres. Le Gardien doit gérer le Donjon à la façon d'une entreprise : « publicité », gestion des employés (les monstres), logistique (nourriture), difficulté des quêtes proposées…

Ce monde évolue au fil de trois époques principales, Potron-Minet, Zénith et Crépuscule, qui correspondent à trois séries. Celles-ci sont complétées par des séries annexes : Monsters, Parade et Bonus. Ces séries sont abrégées respectivement dans la suite de l'article en DPM, DZ, DC, DM, DP et DB. Les albums sont numérotés à partir de -99, le numéro s'appelant « niveau ». Mais certains tomes vont plus loin que le niveau -99, comme le DM 11, niveau -400.

Séries[modifier | modifier le code]

Donjon Potron-minet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Donjon Potron-minet.

L'époque Potron-minet (niveaux -99 à 0) raconte la formation de Hyacinthe de Cavallère (l'expression française « potron-minet », tombée en désuétude, signifie « la pointe du jour »), qui deviendra plus tard le Gardien du Donjon. On l'y voit arriver en ville jeune, idéaliste, amoureux et courageux et se transformer en justicier désabusé et vengeur dénommé « La chemise de la nuit ».

On peut trouver des éléments des trois mousquetaires dans cette série d'albums décrivant l'initiation et l'arrivée dans la vie adulte d'un jeune noble des campagnes. L'ambiance est celle des histoires de cape et d'épée, dans une ville proche de celles de la fin du Moyen Âge.

Le dessin est de Christophe Blain pour les quatre premiers albums, Christophe Gaultier prenant le relais pour les suivants.

Donjon Zénith[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Donjon Zénith.

L'époque Zénith (niveaux 1 à 100) raconte comment Herbert est entré en possession des différents objets du destin. C'est l'apogée du Donjon, qui, géré par le Gardien, doit faire face à différentes crises.

Cette série marque le début du déclin du monde vers un univers plus sombre et obscurantiste[Note 3]. Cependant, l'humour y est très présent, car cette période est une parodie des archétypes de l'Heroic fantasy classique et des jeux de rôle. Herbert est un anti-héros par excellence et Marvin, s'il est plus sérieux, possède des éléments comiques, comme le fait d'être végétarien malgré sa férocité.

Le dessin est de Lewis Trondheim pour les quatre premiers albums, puis de Boulet pour au moins les trois suivants.

Donjon Crépuscule[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Donjon Crépuscule.

On suit, pendant l'époque Crépuscule (niveaux 101 à 200), le personnage de Marvin Rouge. Le monde est vieux et fatigué, violent et barbare. Il s'est arrêté de tourner et est dirigé d'une main de fer par un tyran, chef politique et religieux de Terra Amata : le Grand Khân. Il règne dans son château, l'ancien Donjon, rebaptisé la Forteresse noire. L'humanité survit dans la mince bande de crépuscule située entre le grand désert où il fait perpétuellement jour, et le côté obscur et froid de la planète, plongé dans la nuit. Cette série retrace la fin du mécanisme de déclin amorcé dans Donjon Zénith en un univers effrayant et figé.

Après l'explosion de la planète, le monde devient un archétype d'univers post-apocalyptique, où se mène un combat primaire du bien contre le mal. La fin d'un monde n'est alors pas vue comme un événement forcément négatif car il annonce la naissance d'un nouveau monde et de l'espoir que celui-ci soit meilleur, moins vicié, corrompu ou pollué que l'ancien. Cette idée est fréquente dans les récits de Science-fiction post-apocalyptique, comme Nausicaä de la vallée du vent.

Le dessinateur est Joann Sfar pour les trois premiers albums, puis Kerascoët, un couple de jeunes auteurs (Marie Pommepuy & Sébastien Cosset), pour les deux suivants et Obion pour le sixième.

Donjon Monsters[modifier | modifier le code]

La série Monsters est une série qui se place en parallèle des trois séries principales. Elle est composée d'albums qui se centrent non pas sur l'univers, mais sur des personnages, secondaires ou non. Ainsi, les épisodes sont situés à différents moments des trois séries principales, et parfois même très longtemps avant le 1er tome de la série[Note 4]. Les séries se complètent donc en offrant différents points de vue. Chaque album est d'ailleurs réalisé par un dessinateur différent.

Les numéros « officiels » des albums de la série Donjon Monsters (ceux imprimés sur la tranche de l'album) correspondent à l'ordre dans lequel ils ont été publiés, mais il existe aussi un numéro de niveau, imprimé sur la page 1 (entre parenthèses sous le titre) qui informe sur leur emplacement dans le déroulé de la série. Par exemple, le Monsters no 6 correspond au niveau 40, l'histoire se déroule donc vers le milieu de la période Zénith.

Donjon Parade[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Donjon Parade.

Avec la série Parade, on suit les aventures des amis Herbert et Marvin. Chronologiquement, cette série se place entre les niveaux 1 et 2 des Donjon Zénith.

Le nom de la série (Parade) fait explicitement référence aux Mickey Parade et Pif Parade qui étaient publiés dans les années 1970 : de la bande dessinée à lire par pur plaisir, sans souci de chronologie. Les couvertures des albums sont dans le même esprit: des gags visuels n'ayant qu'un rapport lointain ou inexistant avec l'histoire racontée. Les Parade ont un nombre de pages moins important que les autres albums de la série. Jusqu'en 2007, soit le tome 5, les albums sont dessinés par Manu Larcenet.

Donjon Bonus[modifier | modifier le code]

La série Bonus comprend un jeu de rôle, Donjon - clefs en main,

Par commodité, les éditions spéciales d'albums (comme le DM10 Des soldats d'honneur en grand format, noir et blanc, en tirage limité à 3000 exemplaires) sont classés dans cette catégorie, mais officiellement il n'en est rien.

Personnages[modifier | modifier le code]

Personnages Principaux[modifier | modifier le code]

Hyacinthe de Cavallère, le gardien du Donjon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hyacinthe de Cavallère.

Hyacinte est le héros de Donjon Potron-Minet. Il est le jeune fils du seigneur De Cavallère, représentant de la vieille noblesse de campagne. Son père l'envoie dans la grande ville d'Antipolis faire ses études chez son oncle, riche entrepreneur ayant rompu les liens avec la famille De Cavallère. Jeune homme idéaliste, croyant en un monde de paix et de justice, abreuvé de romans de cape et d'épée, Hyacinthe décide de devenir justicier masqué sous le nom de la Chemise de la nuit. Sous ce nom, il est accusé à tort d'avoir assassiné le Professeur Fontaine, et est donc activement recherché par la police d'Antipolis.

Plus tard, entre les périodes Potron-Minet et Zénith, il devient le chef de la guilde des voleurs et des assassins de la ville, avec l'aide d'Alexandra, tueuse dont il est depuis longtemps amoureux. Plus froid et calculateur que dans sa jeunesse, Hyacinte apprend alors à gérer un groupe et se débarrasse de ses scrupules, ce qui lui est par la suite très précieux. Il devient en effet le fondateur et le gardien du Donjon dans Donjon Zénith. Personnage cynique et désabusé depuis la mort d'Alexandra, il n'en est pas moins pour autant un bon gardien, attaché à son donjon et à ses créatures. Celles-ci le lui rendent bien en manifestant envers lui une grande loyauté.

Herbert de Vaucanson, le Grand Khân[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Herbert de Vaucanson.

Herbert est un des deux héros des séries Donjon Zénith et Donjon Parade. Au début de la période Zénith, c'est un simple canard employé dans le donjon comme homme à tout faire. Ce n'est absolument pas un combattant mais il apprend ensuite à se battre. On découvre plus tard qu'il est en fait l'héritier du puissant Duché de Vaucanson, dont il a été banni pour des raisons politiques, après avoir été soumis à l'entraînement spartiate imposé aux fils de nobles du Duché. D'abord médiocre guerrier, il a néanmoins gardé de cet entraînement des talents de conspiration qui lui serviront abondamment par la suite. Personnage sympathique, séducteur, maladroit, un peu paresseux et « j'm'en foutiste », il sert de référence comique et de lien avec une certaine normalité pour le lecteur.

Il arrive au cours de la période Zénith à rassembler tantôt par chance, tantôt par fourberie, tous les objets du destin, artefacts magiques donnant un pouvoir immense à leur détenteur. Il se voit alors habité par L'Entité noire, qui fait de lui un être malfaisant. Il adopte le nom de Grand Khân. Il est le chef religieux et militaire de Terra Amata pendant la période Crépuscule. Aux antipodes du sympathique Herbert, le Grand Khân transforme le Donjon en forteresse, et règne d'une main de fer, cruel et despotique, sur le monde entier, jusqu'à l'explosion de celui-ci, qui verra alors la multiplication des luttes pour le pouvoir.

Marvin, le Roi Poussière[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marvin (Donjon).

Marvin est, à ce jour, le seul personnage que l'on rencontre dans les trois périodes : Potron-Minet, où on le voit, enfant, durant un épisode, Donjon Zénith et Donjon Crépuscule. C'est l'autre héros des séries Donjon Zénith et Donjon Parade. C'est l'un des meilleurs soldats du donjon. Il sympathise avec Herbert et lui apprend à se battre. Marvin est fier, courageux et possède un sens de l'honneur particulièrement développé. Ce dernier, de même que sa maîtrise des arts martiaux et des techniques de combat, lui viennent de son maitre en art martiaux qu'il a renié au cours du tome Le Roi de la bagarre, le draconisme. Celle-ci fait aussi de lui un végétarien, et lui interdit de se battre contre quelqu'un qui l'a insulté. Bien qu'étant impulsif, il ne déroge jamais à cette règle (jusqu'à Donjon Crépuscule). Il est relativement pacifiste, mais paradoxalement impitoyable en combat. Il est à la fois bourru et sentimental. Il a parfois des principes moraux assez rigides, limité dans sa vision du monde par ses croyances et son éducation. Il est analphabète.

Pendant la période Crépuscule, devenu très âgé, il se fait appeler le « Roi Poussière ». Il est l'ennemi mortel du Grand Khân, qui l'a banni mais le surveille pour pouvoir localiser l'emplacement du cimetière draconite. Devenu aveugle à cause des lois imposées par son culte, il est beaucoup plus souple moralement que durant sa jeunesse. La vieillesse semble lui avoir amené la sagesse nécessaire pour prendre du recul sur la religion, ce qui le fait parfois traiter d'hérétique par d'autres draconistes.

Marvin Rouge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marvin Rouge.

Marvin Rouge est le héros de Donjon Crépuscule. C'est un lapin anthropomorphe de couleur rouge, originaire de Zootamauxime. Il a été banni par les autres lapins qui l'ont appelé Marvin, comme tous les autres lapins rouges, « en mémoire du Marvin qui a détruit Zautamauxime ». On devine qu'il s'agit d'une référence à Marvin le draconiste, alias le Roi Poussière. Enfant, Marvin Rouge est recueilli par Grogro et Tonfa, qui deviendra son maître. Il devient un adolescent téméraire et bagarreur, un peu immature, qui va accompagner le Roi Poussière et Pipistrelle. Il a tendance à foncer dans le tas sans réfléchir et à séduire les filles sans vraiment savoir ce qu'il veut. Cependant il est moins bête qu'il n'en a l'air et mûrit au fil des albums. Il est aussi très fidèle au Roi Poussière, qu'il respecte, et qui lui fait office de figure paternelle[Note 5]il est effrayé par la magie et les sorciers car dans son enfance il a ingurgité toutes les potions de Grogro au cours de sa rencontre avec lui et Tonfa dans son enfance . Il est au cours de l'histoire équipé d'une armure de Vaucanson armée d'un fusil-nitro à chaque main. Marvin rouge apprend à s'en servir pour voler, grâce au recul provoqué par le tir.

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

Lieux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de lieux de Donjon.

Les objets du destin[modifier | modifier le code]

Les objets du destins sont au nombre de sept. On ne sait pas exactement qui les a créés (le bon dieu selo les petits lutins) mais "ils sont liés au destin de la planète" selon la ceinture du Destin adjointe a son fourreau rétif. Cependant, le destin d'Herbert est lié à celui des objets : il est le premier à tous les rassembler. Lorsque les sept objets sont rassemblés, un être démoniaque nommé L'Entité Noire apparait et prend possession du porteur.

On apprend au fil des épisodes leurs pouvoirs respectifs :

  • L'épée du Destin (adjointe à la ceinture du Destin et à son fourreau rétif) : L'Épée du Destin est un objet magique, et le premier des objets du Destin à être nommé dans la série. Indissociable de la Ceinture du Destin et de son fourreau rétif, c'est en fait la ceinture qui parle et énonce les conditions d'utilisation de l'épée à son nouveau porteur. Elle est de plus soudé sur son porteur jusqu'à sa mort et ce dernier ne peut pas l'enlever, même s'il retire ses autres vêtements.
La ceinture est extrêmement exigeante quant à l'héroïsme de son porteur, et le met parfois en grande difficulté quand elle estime qu'il n'est pas digne d'elle — en l'accusant de couardise, en révélant ses points faibles à ses ennemis, ou en l'attirant dans des pièges.
Si quelqu'un tente de la prendre sans tuer le porteur avant, la ceinture invoque l'un de ses anciens porteurs décédés, en lequel le porteur actuel se transforme temporairement pour punir le responsable du vol. Ceux-ci sont souvent puissants et mythiques, comme Bouboulou le roi des Olf ou Friedrich le Babare[2]. Cependant il arrive aussi parfois que l'ancien porteur invoqué soit un piètre guerrier, celui-ci n'ayant possédé l'épée que très brièvement, par chance. C'est le cas de Guillaume de la Cour ou encore d'Isidore le palefrenier. Ils ne sont alors d'aucun secours pour protéger l'épée.
L'épée émet une faible lueur dans le noir et un de ses tranchants coupe sans tuer — cette dernière particularité provoque de nombreux retournements de situation au cours de la série, les adversaires du porteur se voyant souvent survivre à une décapitation, celui-ci ayant utilisé le mauvais tranchant par erreur. On apprend aussi que tous les anciens porteurs ont fini décapités. C'est, avec les bottes, le premier objet récupéré par Herbert. Si le porteur de l'épée essaye d'empoigner une autre arme, la ceinture foudroie le porteur de l'épée sur place , et si quelqu'un d'autre que le porteur empoigne l'épée cette dernière lui brûle également la main et invoque un ancien porteur.
  • Les Bottes du destin : Si des larmes entrent en contact avec ces bottes, le porteur se transforme immédiatement en un géant monstrueux très puissant. S'il ne porte qu'une seule des bottes, le géant est moins grand et plus proche du physique d'origine du porteur. Contrairement à ce qui arrive pour l'épée, Herbert ne se rend compte qu'il porte les bottes du destin qu'assez tard, dans l'album Retour en fanfare (DZ 6).
  • Le Manteau du Destin : Ce long manteau protège son porteur mieux que n'importe quelle armure. En effet, celui qui le porte est immunisé contre le feu, les chutes, les armes... Cependant, les parties du corps non couvertes par le manteau sont vulnérables : le porteur peut, par exemple, se faire assommer. Herbert se voit dépossédé du manteau, puis le récupère par hasard, au détriment de Guillaume de la Cour qui le lui réclame sans cesse.
  • La Pipe du Destin : Cette pipe, la « Pipe du bon Dieu », comme l'appellent les Lutins, permet, en fumant le tabac nécessaire, d'acquérir différents pouvoirs, comme voir à travers les vêtements, traverser la matière, faire apparaître des monstres de fumée... Chaque tabac ne produit qu'un pouvoir et celui-ci n'est que temporaire. C'est Hyacinthe de Cavallère qui reçoit cette pipe des lutins qu'il a aidés, durant l'époque Potron-Minet. À l'époque Crépuscule, cependant, Herbert avoue que la Pipe ne sert plus à rien car il n'a plus le tabac qu'il faut (DM 4).
  • Les Lunettes du Destin : Elles permettent de lire les ouvrages que nul ne peut lire. Dans l'album Le grimoire de l'inventeur (DM 12), on s'aperçoit que c'est Guillaume de la Cour qui les possède.
  • L'Anneau du Destin : C'est un anneau de téléportation. En touchant la perle du bout de la langue et en murmurant l'endroit que l'on veut atteindre, il y transporte immédiatement le porteur et ceux qui sont à son contact.
  • La Clef du Destin : Son usage n'est pas connu avant l'album La fin du Donjon. Elle ne doit jamais entrer en contact avec une serrure.

Albums[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des albums de Donjon.

Ordre de lecture[modifier | modifier le code]

Les différents tomes peuvent se lire de différentes manières, soit par série, soit par ordre chronologique du Donjon ou soit par ordre de parution.

  • Lire les tomes par séries permet de s'habituer au style de narration et du style du dessin qui diffèrent d'une série à l'autre et de ne pas perdre le fil des aventures du héros.
  • Lire les tomes par ordre chronologique du Donjon permet de suivre l'évolution du Donjon et celle des personnages et de comprendre les différentes implications entre les époques.
  • Lire des albums de Donjon par ordre de parution permet de suivre la construction de l'univers de Donjon dans l'ordre où les auteurs l'ont créé.

Trilogies[modifier | modifier le code]

Cependant, il existe de nombreux liens entre les différentes séries. Ainsi, les auteurs ont créé deux trilogies, qui forment chacune un tout cohérent :

  • Armageddon (DC103), La Carte majeure (DM3 - niveau 103) et Le noir Seigneur (DM4 - niveau 103) racontent les mêmes événements, mais selon les points de vue de personnages différents, à savoir (respectivement) le Roi Poussière, Marvin Rouge et le Grand Khân.
  • La trilogie de l'automate, composée de Après la pluie (DPM-84), Le grand animateur (DM11 - niveau -400) et Le grimoire de l'inventeur (DM12 - niveau 7) suivent le même personnage — le Professeur Cormor — sur des époques différentes.

Titres[modifier | modifier le code]

Le titre des albums de chaque série se termine sur la même sonorité :

  • [-ɥi] pour Donjon Potron-Minet (La Chemise de la nuit, Un justicier dans l'ennui, …)
  • [-] pour Donjon Zénith (Cœur de canard, Le roi de la bagarre, …)
  • [-ɔ̃] pour Donjon Crépuscule (Le Cimetière des dragons, Le Volcan de Vaucanson, …)
  • [-o] pour Donjon Parade (Un donjon de trop, Le Sage du Ghetto, …)
  • [-œʁ] pour Donjon Monsters (Jean-Jean la terreur, Le Géant qui pleure, …)

La régularité des rimes des titres d'une même série est remarquable, choix rappelant les contraintes artistiques volontaires de l'Oubapo auquel appartient Lewis Trondheim [3].

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Certains personnages de Donjon font directement référence à des personnalités du monde de l'édition. Ainsi, le personnage de Guillaume de la Cour fait référence à Guy Delcourt, fondateur de la maison d'édition qui porte son nom, et Mourad Le Pirate, représenté avec un soleil sur son couvre-chef dans le premier tome de Donjon Monsters, Jean-Jean la terreur, est une référence à Mourad Boudjellal, fondateur de la maison d'éditions Soleil Productions.

Joann Sfar, originaire de Nice, fait référence à de nombreuses reprises à sa région natale, la Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les noms du géant Biscarra, de la ville d'Antipolis (nom grec d'Antibes) ou des hauts de Vaugrenier, par exemple, évoquent le provençal, de même que certaines expressions issues du francitan telles que boulègue collègue, calu, baboulin, minot dans le tome 104. L'approche du « Carnaval d'Antipolis », fête à l'origine populaire désormais défilé mercantile, présente un parallèle avec le Carnaval de Nice. Enfin, l'univers de Donjon, intitulé « Terra Amata », est une référence directe au site archéologique éponyme situé à Nice.

Littérarité[modifier | modifier le code]

La fin de Donjon est semblable à un monologue dont le discours est de type moraliste (au sens positif du terme) : « Ils veulent vivre toujours. Lorsqu'ils s'aperçoivent que ça n'est pas possible, ils essaient que leur renommée leur survive. Comme si rester au centre des conversations après leur mort les faisait exister plus que les autres. Et finalement, ils se rendent compte bien avant leur mort qu'on va les oublier. On les regardait comme des espoirs, puis comme des héros, puis comme des sages, et à la fin on ne les regarde plus. Il y avait ce bâtiment qui revêtait à leurs yeux une grande importance parce qu'ils y avaient eu une famille, des amis. D'autres gens viendront pour qui ce lieu ne signifiera rien. Les héros ont perdu par K.-O. leur combat contre le temps. Les actes de bravoure n'ont de sens qu'au moment où on les accomplit et dans la mémoire de leurs acteurs. Dans le temps, rien ne s'inscrit durablement[4] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Beaucoup de monstres peuplent Terra Amata. Il y a tellement de sortes de monstres qu'en fait, on n'en trouve pas deux qui se ressemblent. En fait, dès qu'on ne sait pas donner un autre nom à quelque chose de vivant, on l'appelle « Monstre » mais ce n'est pas péjoratif. » (DCM)
  2. Papsukal, par exemple, est le fils d'Herbert, un canard, et d'Isis, une chatte.
  3. Le maître de Marvin, dans l'épisode de Donjon Zénith 2, Le Roi de la bagarre, en est un exemple. Il s'oppose à la vision scientifique et « évoluée » du monde par ses croyances et superstitions: « Je leur ai ensuite parlé des démons qui envahissent nos esprits si le nombre de nos respirations est impair trois jours de suite. »
  4. Le Donjon Monster 11, le Grand animateur se déroule au niveau -400, des années avant les premiers événements de Potron-Minet
  5. « C'est ton deuxième père. » (DC 101)

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]