Tour Bretagne

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Tour Bretagne
Image illustrative de l'article Tour Bretagne
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Ville Nantes
Quartier Centre-ville
Coordonnées 47° 13′ 04″ N 1° 33′ 30″ O / 47.21771, -1.5584447° 13′ 04″ Nord 1° 33′ 30″ Ouest / 47.21771, -1.55844  
Histoire
Architecte(s) Claude Devorsine
Ingénieur(s) Marcel André
Construction 1971 - 1976
Usage(s) Immeuble de bureaux
Architecture
Hauteur de l'antenne 144 m
Hauteur du toit 120 m
Nombre d'étages 32
Superficie 16 000 m2
Nombre d'ascenseurs 8
Géolocalisation

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Tour Bretagne

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Tour Bretagne

La tour Bretagne, qui a été inaugurée le 18 novembre 1976, est un immeuble de bureaux situé dans le centre-ville de Nantes, entre la place de Bretagne, les rues de l'Arche-Sèche et de l'Abreuvoir, et la place du Cirque (sur le cours des 50-Otages, ancien cours de l'Erdre).

Avec une hauteur de 144 mètres[1], il s'agit de la troisième plus haute tour de bureaux de province après la tour Part-Dieu à Lyon et la tour CMA-CGM à Marseille. Les antennes qui s’y trouvent atteignent une hauteur proche de 144 mètres, au sommet de la réserve d'eau, 25 mètres au-dessus du dernier étage.

La tour Bretagne a été conçue par l'architecte Claude Devorsine à la demande d’André Morice, maire de Nantes de 1965 à 1977.

Historique[modifier | modifier le code]

La tour domine le centre-ville de Nantes

Le projet[modifier | modifier le code]

Le quartier de la place Bretagne, autrefois faubourg du Marchix, considéré avant la Seconde Guerre mondiale comme insalubre et dangereux, a été très endommagé lors des bombardements alliés sur Nantes, notamment ceux de septembre 1943.

Son réaménagement commence par la construction autour de la place de deux immeubles jumeaux, toujours existants, qui abritent la Poste centrale de Nantes, la Trésorerie générale et la Caisse primaire de Sécurité sociale.

Ce projet de tour est intégré au plan de réaménagement de la place Bretagne, dirigé par Roux-Spitz, au cours des années 1960, après que Nantes a été classée parmi les « métropoles d'équilibre » du pays. La tour Bretagne devait représenter la puissance économique de la ville et être une de ses nouvelles vitrines.

La réalisation[modifier | modifier le code]

Entre 1966 et 1968, l'architecte Claude Devorsine et Marcel André, ingénieur-conseil, conçoivent un bâtiment devant s'élever sur une parcelle trapézoïdale, présentant un dénivelé de 15 mètres[2]. En 1968, l'idée est de construire immeuble comportant :

  • un parking, réparti sur six étages et doté d'une station-service, auquel les voitures accèderaient par une rampe extérieure et dont l'accès pourra se faire soit depuis la place de Bretagne, soit depuis la place du Cirque ;
  • un vaste centre commercial, implanté aux trois niveaux immédiatement supérieurs, et comptant 25 boutiques, ainsi qu'un restaurant self-service ;
  • des bureaux dans l'ensemble des étages au-delà ;
  • une terrasse accueillant un restaurant panoramique de 200 mètres carrés.

En 1969, un groupe de promoteurs nantais se constitue, sous la forme d'une société civile immobilière, pour gérer la partie immobilière du projet.

Les travaux commencent le 30 septembre 1971, après de nombreux retards. Alors qu'initialement la mise à disposition est prévue pour l'été 1974, la difficulté d'obtention des agréments en matière de sécurité et d'urbanisme, et les modifications de plans imprévues retardent la livraison de la tour. Elle est inaugurée en 1976, après cinq ans de travaux.

Un demi-échec économique[modifier | modifier le code]

À l'achèvement de la tour, dix ans après le lancement du projet, les mentalités ont changé, et le bâtiment est perçu négativement. Il représente pour certains le symbole d'un urbanisme inhumain, axé sur le profit, et une aberration dénaturant le patrimoine ancien. La tour est inaugurée l'année de la sortie du film catastrophe La Tour infernale[2].

La tour n’est pas un grand succès. En effet, elle est restée longtemps à moitié vide en raison du coût élevé de ses loyers. La multiplication des suicides depuis la terrasse entraîne la fermeture du restaurant du 29e étage. Aucun commerce ne s'installe dans la base de la tour, comme il était initialement prévu. Cette aventure a causé des difficultés à nombre de ses promoteurs.

Pour remplir ses 16 300 m2, dont 3 060 m2 de commerce, dotés de 350 places de parking[3], la mairie décide d'y installer une partie de ses services. Fin 2012, les étages de la Tour Bretagne sont ainsi principalement occupés par les services administratifs de Nantes Métropole et ceux de l'Unité territoriale 44 de la DIRECCTE (anciennement Inspection du travail de Loire-Atlantique). Le Centre de Communication de l'Ouest (CCO) et le Conseil de développement (de Nantes Métropole) occupent une partie du rez-de-chaussée. Parmi les autres occupants de la Tour figurent l'ESPI (École supérieure des professions immobilières), l'ANCI (Agence nationale de communication et d'information du groupe La Poste), un cabinet d'assurances et une étude notariale.

Événements[modifier | modifier le code]

Le 22 septembre 2009, une vitre se brise au 12e étage et tombe sur le toit du parking et sur la voie publique sans faire de victime. La raison invoquée est un problème de variation de température.

Les 12 et 13 décembre 2009, en parallèle du sommet de Copenhague, l'association « Et si on s'activait » utilise la Tour Bretagne comme affiche géante. On peut alors lire grâce aux stores fermés ou non sur toute la longueur et sur les quatre faces les mots : WE CAN ACT NOW (« nous pouvons agir maintenant »).

Le 1er décembre 2012, un homme saute en parachute depuis le 32e étage[4].

Le 23 novembre 2014, 40 tonnes de matériel sont héliportées sur le toit de la tour afin de remplacer le système de climatisation[5].

Architecture[modifier | modifier le code]

La base de la tour est d'une structure complexe. Construite sur une surface de 1 800 m2, elle prend appui entre la place du Cirque et la place de Bretagne, l'écart d'altitude entre les deux esplanades étant de 15 m. L'architecte a tiré partie de la forte déclivité du terrain pour laisser libre cours à une forme de fantaisie, soulignée par le contraste avec les formes géométriques simples de la tour elle-même[3].

Cette base est constituée de trois rez-de-chaussée. Tout autant que l'immeuble, cette partie tranche avec l'architecture alentour. Le lien avec l'espace alentour est, à l'origine, la place donnée à l'automobile. Lors de la construction de la tour, le cours des 50-otages est parcouru par neuf voie de circulation parallèles, configuration rendue possible par le comblement de l'Erdre, réalisé une quarantaine d'années auparavant. Une large place est donc donnée à un garage pour voitures, sur plusieurs niveaux, et dont l'accès se fait en empruntant une rampe ayant l'aspect d'un toboggan. Ce ruban extérieur apporte des courbes à l'ensemble, la base a des allures de corolle[3].

Situation actuelle et projets[modifier | modifier le code]

La tour, qui mesure 144 mètres, possède huit ascenseurs, 2 groupes électrogène, 2 groupes froid et une réserve d'eau de 90 000 litres à son sommet. Elle a la particularité de posséder six étages de parking, trois rez-de-chaussée devenus, les niveaux 0 - 1er et 2e lors de la renumérotation des étages en 2009. Cela pour supprimer les étages appelés RC 1 - RC 2 et RC 3 qui étaient à l'origine desservis par les escalators. Le niveau zéro (qui se situe à vingt mètres au-dessus du Cours des 50-Otages) est surmonté de trente deux étages de bureaux et par 2 étages techniques.

Les Nantais, après avoir longtemps décrié son aspect rigide et monolithique, semblent désormais l'avoir acceptée quasiment 30 ans plus tard. On peut en juger par sa présence sur un certain nombre de cartes postales, ou par son intégration nouvelle dans les circuits touristiques de l'Office de tourisme de la ville.

Le Nid[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 2012, la terrasse du 32e étage est rouverte au public après plus de 10 ans de fermeture. Elle accueille l’œuvre du plasticien Jean Jullien, représentant le nid d'un volatile. Un bar suit cette thématique et accueille les clients dans des sièges en forme de coquilles d’œufs, à près de 120 mètres d'altitude, sous l’œil bienveillant d'une gigantesque cigogne. La terrasse, rénovée et sécurisée, offre quant à elle un panorama à 360° sur la métropole et ses alentours[6].

Image panoramique
Nantes : vue panoramique à 360° du haut de la Tour Bretagne
Voir le fichier

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tour Bretagne
  2. a et b Architectures et patrimoines du XXe siècle en Loire-Atlantique, 2006, p. 188.
  3. a, b et c Nantes - Architectures remarquables* 1945/2000, p. 88-91.
  4. Julie Menez et Samuel Nohra, « Il saute en parachute du haut de la Tour Bretagne », sur ouest-france.fr,‎ 2 décembre 2012 (consulté le 23 novembre 2014)
  5. Frédéric Brenon, « Nantes : Spectaculaire intervention par hélicoptère sur la Tour Bretagne ce dimanche », sur 20minutes.fr,‎ 23 novembre 2014 (consulté le 23 novembre 2014)
  6. « Le Voyage à Nantes : un bar au sommet de la Tour Bretagne », sur maville.com (consulté le 16 février 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Boucher (dir.), Jean-Louis Kerouanton (dir.) et Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de Loire-Atlantique (photogr. Bernard Renoux), Architectures et patrimoines du XXe siècle en Loire-Atlantique, Nantes, éditions Coiffard,‎ 2006, 224 p. (ISBN 2-910366-72-3).
  • Colette David, Michel Bazantay, Franck Gerno, Romain Rousseau et Murielle Durand-Garnier (photogr. Philippe Ruault), Nantes - Architectures remarquables* 1945/2000, Nantes, Nantes aménagement,‎ 2000, 140 p. (ISBN 2-9515061-0-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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