Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg
Généralités
Création 1855
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 34′ 28″ N 7° 45′ 20″ E / 48.574388888889, 7.755661111111148° 34′ 28″ Nord 7° 45′ 20″ Est / 48.574388888889, 7.7556611111111  
Adresse Cité de la musique et de la danse, 1 place Dauphine
67076 Strasbourg
Site internet www.conservatoire.strasbourg.eu
Cadre éducatif
Réseau Conservatoire de musique, danse et art dramatique en France
Type Établissement public d'enseignement artistique spécialisé
Pouvoir organisateur Ville de Strasbourg, État
Directeur Vincent Dubois
Population scolaire 1 800 (2011-2012)
Enseignants 162 professeurs et assistants spécialisés d'enseignement artistique (2011-2012)
Niveau Conservatoire à rayonnement régional
Formation Musique, danse, art dramatique (détails)
Options 1er, 2e et 3e cycle pratique amateur, 3e cycle spécialisé (DEM)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Strasbourg

(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Point carte.svg

Le conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg est un conservatoire à rayonnement régional, établissement d'enseignement artistique agréé et contrôlé par l'État (Direction générale de la Création artistique du ministère de la Culture et de la Communication), représenté par la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC). Il propose[1] trois spécialités, musique, chorégraphie et art dramatique. Il est situé à Strasbourg (Bas-Rhin, France).

Histoire[modifier | modifier le code]

Franz Stockhausen entouré d'un groupe de professeurs et d'élèves du Conservatoire (salle de l'Aubette)

La création du conservatoire est officiellement datée du 3 janvier 1855 par la ville de Strasbourg, à la suite de la donation en 1839 d'un amateur d'art, l'avocat Louis Apffel[1].
C'est en effet ce legs Apffel d'un montant assez considérable (plus de 400 000 francs de l’époque) qui permit à la municipalité de mettre sur pied un conservatoire dont émanera également un orchestre[Note 1]. Tous deux viendront par la suite donner un nouvel essor au théâtre lyrique dans la capitale alsacienne occupée après 1870[2]. Quant à la municipalité, elle organisa le cadre nécessaire pour donner à l'établissement les moyens de fonctionner, et aussi, de lui assurer le financement complémentaire nécessaire. La subvention de la ville deviendra progressivement majoritaire ; en 1934 elle représente 80 % du budget total contre 2,1 % pour les revenus issus de la dotation Apffel (le reste provient des frais d'inscription des élèves) .

Dès sa création, le conservatoire joue un rôle considérable dans la vie musicale locale. Il assure en effet les concerts en abonnement donnés par l'Orchestre constitué des professeurs. En 1875, cet ensemble devient permanent, avec une gestion en régie, le directeur du conservatoire assurant toujours la direction conjointe des deux institutions[3].

En 1919, après le retour à la France de l'Alsace-Lorraine, le gouvernement concède à la ville l'ancien Landtag(palais du Parlement régional) place de la République, construit sous l'annexion allemande. Il sera affecté l'année suivante au conservatoire, sur la demande pressante de son nouveau directeur Guy Ropartz, qui refuse de s'installer dans l'ancien Palais impérial (actuel Palais du Rhin), qu'il qualifie de « triste bâtisse »[4].

Par la suite, c’est encore du pouvoir central français que viendra le changement lorsque, en 1969, sous l'égide de Marcel Landowski, la direction de la Musique et de la Danse, propose à la municipalité de Strasbourg d'entrer dans le nouveau cadre national des établissements d’enseignement musical à vocation régionale soutenus par le ministère de la Culture. Le changement qui fait désormais du conservatoire municipal un conservatoire national de région (CNR) ne se résume pas qu'à une question d'appellation. Il se traduit par de nouvelles normes pour les cursus, les diplômes et les statuts des personnels enseignants et administratifs. Ceux-ci doivent passer les concours nationaux (CA) de professeurs et de directeurs, mis en place par le ministère de la Culture. À la création de la fonction publique territoriale en 1986, les statuts évoluent et les nouveaux règlements des filières obligent à présent les enseignants et directeurs à passer un concours d'État organisé par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Enfin, l'établissement est sous le contrôle pédagogique de l'inspection de la musique du ministère de la Culture.

Financièrement, le CNR obtient également avec ce changement de statut une subvention ministérielle devant couvrir environ 10 % de son budget de fonctionnement. Les nouvelles dispositions et les développements voulus dans les années 1970 par la municipalité et le directeur de l'époque Louis Martin, notamment une augmentation substantielle du nombre d'élèves et le recrutement de musiciens réputés, se traduisirent par un doublement du budget du CNR entre 1970 et 1978[5].

Les lieux successifs d'installation du conservatoire[modifier | modifier le code]

Le Conservatoire dans l'ancien palais du Parlement régional (1920)

Le conservatoire de Strasbourg a d'abord été installé à l’Aubette, puis en 1920 dans l’ancien palais du Parlement régional. La question du lieu devint progressivement problématique. Après l'avoir occupé seul jusqu'en 1947 (il fut doté d'une salle de concert de 400 places avec un orgue Cavaillé-Coll-Mutin), il dut partager le bâtiment avec le Théâtre national de Strasbourg (TNS), ce qui nécessita de trouver, à la fin des années 1960, des locaux annexes à proximité pour faire face à l'augmentation des effectifs. En 1995, le CNR quittait définitivement le bâtiment que l'État affecta alors totalement au TNS et à son école de formation. La ville aménagea une friche industrielle (La Laiterie) qu'elle affecta à l'établissement d'enseignement spécialisé, dans l'attente de la construction d'une Cité de la musique et de la danse. Celle-ci fut inaugurée en 2006 et comporte un auditorium de 500 places, une salle de 200 places ainsi qu'une bibliothèque musicale.

Directeurs successifs[modifier | modifier le code]

L'organiste Vincent Dubois est nommé directeur à partir du 1er mars 2012.

Le CRR aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Le CRR de Strasbourg compte environ 1 800 élèves (2011-2012), répartis en 14 départements, 160 enseignants dont une partie occupe à mi-temps les postes de chefs de pupitres à l'Orchestre philharmonique de Strasbourg ou joue dans des ensembles comme Les Percussions de Strasbourg, le Studio 111, Accroche Notes et le Parlement de Musique.

En outre, entre 1992 et 2007 en partenariat avec le festival Musica il accueille des compositeurs en résidence.

Diplômes délivrés[modifier | modifier le code]

Le conservatoire décerne un certificat d'études musicales et un certificat d'études chorégraphiques, ainsi que les diplômes d’études chorégraphiques, musicales et théâtrales.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Dans le domaine musical, le conservatoire délivre un enseignement concernant les cordes (violon, alto, violoncelle, contrebasse), les bois (flûtes, hautbois, basson, saxophone, clarinette), les cuivres (cor, trompette, trombone, tuba) ainsi que les instruments polyphoniques (piano, accordéon, guitare, harpe, orgue, percussions). Des classes de chant, d’écriture et de composition musicales, ainsi que de musiques anciennes et improvisées sont également proposées[1].

Les danses classique, contemporaine font partie de l’offre chorégraphique du conservatoire ainsi qu’un cursus d’art dramatique [1].

Partenariats[modifier | modifier le code]

Le conservatoire, en partenariat avec l’Éducation nationale, s’inscrit dans un cycle de classes à horaires aménagés. Les écoles primaires Saint-Jean, Sainte-Madeleine, Gustave-Doré et du Neufeld (musique), Louvois (danse) et les collèges Pasteur et Foch (musique et danse) participent à ce programme[1],[6].

Liste de professeurs et anciens professeurs[modifier | modifier le code]

Liste des compositeurs en résidence[modifier | modifier le code]

En partenariat avec le festival Musica

Liste des anciens élèves du conservatoire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. sur le modèle du conservatoire de Paris et de son orchestre de la société des concerts du conservatoire

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Le site du CRR de Strasbourg
  2. "On lit volontiers dans cette décision la forte interaction entre une municipalité et les élites locales soucieuses d'assurer une éducation artistique à leurs enfants, à l'ère libérale. À la naissance de l'institution municipale, qui plus est dans une ville réputée pour sa tradition musicale à la confluence des cultures protestante, catholique et juive, les initiatives et les ressources sont venues de la société bourgeoise", in Mario d'Angelo, Perspectives de gestion des insttitutions musicales en Europe, coll. OMF (Observatoire musical français), Université Paris-Sorbonne.
  3. M. Geyer, La vie musicale à Strasbourg sous l'empire allemand (1871-1918), Paris/Strasbourg, École des Chartes/société savante d'Alsace, 1999
  4. Geneviève Honegger, Le conservatoire et l'Orchestre philharmonique de Strasbourg, Strasbourg, Oberlin, 1998, p. 72
  5. Mario d'Angelo, La muse et la cité, l'institution musicale et le système social français, thèse de doctorat (sous la direction de Michel Crozier) de l'Institut d'Études Politiques de Paris, 1983, p. 52 et suivantes.
  6. Le CRR sur le site de la Cité de la musique

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Breiner, Histoire du conservatoire de Strasbourg de 1855 à 1930, Université Strasbourg 2, 1985 (mémoire d'Histoire)
  • Myriam Geyer, La vie musicale à Strasbourg sous l'Empire allemand (1871-1918), Publications de la société savante d'Alsace, 1999, 301 p. (ISBN 2-904920-23-4) (mémoire de fin d'études de l'École des chartes)
  • Geneviève Honegger, Le conservatoire et l'orchestre philharmonique de Strasbourg, Oberlin, Strasbourg, 1998, 256 p. (ISBN 2-85369-179-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]