Conservatoire à rayonnement régional de Bordeaux

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Conservatoire à rayonnement régional de Bordeaux
Image illustrative de l'article Conservatoire à rayonnement régional de Bordeaux
Façade du conservatoire
Généralités
Création 1852
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 44° 49′ 53″ N 0° 33′ 34″ O / 44.831256, -0.559539 ()44° 49′ 53″ Nord 0° 33′ 34″ Ouest / 44.831256, -0.559539 ()  
Adresse 22 quai Sainte-Croix
33033 Bordeaux
Site internet www.bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal? nfpb=true& pageLabel=pgSomRub11&classofcontent=sommaire&id=1194
Cadre éducatif
Réseau Conservatoire de musique, danse et art dramatique en France
Type Établissement public d'enseignement artistique spécialisé
Pouvoir organisateur Ville de Bordeaux, département de la Gironde, Région d'Aquitaine, État
Directeur Jean-Luc Portelli
Population scolaire 2 000 (2012)
Enseignants 150 professeurs et assistants spécialisés d'enseignement artistique (2012)
Niveau Conservatoire à rayonnement régional
Formation Musique, danse, art dramatique (détails)
Options 1er, 2e et 3e cycle pratique amateur, 3e cycle spécialisé (DEM)
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Bordeaux

(Voir situation sur carte : Bordeaux)
Point carte.svg

Le conservatoire à rayonnement régional de Bordeaux (également appelé conservatoire de Bordeaux Jacques-Thibaud[1]) est un établissement d'enseignement artistique agréé et contrôlé par l'État (Direction générale de la Création artistique du ministère de la Culture et de la Communication), représenté par la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC). Il propose[2] trois spécialités, musique, chorégraphie et art dramatique. Le CRR est situé sur le quai Sainte-Croix à Bordeaux (Aquitaine, France).

Il porte le nom de conservatoire de Bordeaux Jacques-Thibaud en l'honneur du violoniste bordelais Jacques Thibaud, fondateur du concours Long-Thibaud.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Tourny avait fait construire, à proximité de l'hôtel de l'Intendance, une salle des concerts qui fut utilisée jusqu'à l'édification du Grand Théâtre. Il n'y était exécuté que de la musique religieuse et les concerts n'avaient lieu que lors des jours de fermeture des salles de spectacle. À l'instar de Court de Gébelin et Pilâtre de Rozier et de leurs musées littéraire et scientifique, l'abbé Dupont de Jumeaux, prieur d'Eymet, crée en 1783 le musée de Bordeaux. L'intendant Dupré de Saint-Maur met à sa disposition la salle de l'hôtel de l'intendance où le comité de musique du musée organise ses concerts jusqu'à la loi du 22 décembre 1789 qui lui en enlève la jouissance.

La salle de concert vit son existence propre mais le musée est supprimé. Pendant la terreur, les artistes vivent isolés, sans pouvoir se réunir en société. À la dissolution en 1795 du Club national qui s'y réunissait, d'anciens membres du musée créent une nouvelle société sous l'appellation de Lycée littéraire qui tient ses séances dans la salle de concerts jusqu'en 1798. Le concours d'artistes de talent assurera le succès de la section philharmonique conduite par Blanchart, premier violon de l'orchestre du Grand Théâtre, Dacosta, professeur de musique vocale et instrumentale, et Magnouac, ancien commis des bureaux de l'hôtel de ville qui avait déjà apporté sa contribution à la création d'une académie de musique dès 1776. De trop lourdes dettes entraîneront la disparition du lycée. Un théâtre de variétés occupe ensuite la salle qui est démolie sous le consulat.

En 1800, sont jetées les bases du Muséum d'instruction publique dont la section philharmonique allait faire partie pour devenir, le 25 février 1837, le Cercle philharmonique. Pendant neuf ans, les concerts du Cercle philharmonique seront donnés rue Rolland, dans l'ancienne salle du Jeu de paume devenue salle de casino, ou salle Franklin, ancienne salle de répétition de l'orchestre national Bordeaux Aquitaine jusqu'en 2013.

Parallèlement, le projet d'un conservatoire de musique proposé, le 29 mai 1821, au conseil municipal, sans qu'il y soit donné suite, est repris en 1835 par un musicien de l'orchestre du Grand Théâtre, Ryckmans. Il prévoit la gratuité pour les enfants de familles modestes. Quatorze professeurs seraient nécessaires, chacun donnant une heure de leçon trois fois par semaine à quatre élèves. Sont également projetés des concerts mensuels permettant de faire ressortir le talent des artistes de la ville de Bordeaux.

Il faudra cependant attendre 1852 pour voir la création d'une école gratuite de musique avec soixante élèves en solfège et en chant. Entre temps, était créée, le 30 novembre 1843, à l'initiative de Louis-Charles-Costard de Mézeray, alors premier chef d'orchestre du Grand Théâtre, suivi par soixante-quatre musiciens de l'orchestre de la ville, la société philanthropique de Sainte-Cécile dont l'école sera, en 1850, l'extension, installée rue Arnaud-Miqueu. Déjà sont organisés des concours de fin d'année et des manifestations musicales offertes par les membres de la société Sainte-Cécile.

En 1856, l'école est transférée rue de Montméjean. Le 8 juin 1857, Camille Saint-Saëns est nommé membre honoraire de la société Sainte-Cécile et fera partie du jury.
En 1858, sont créées les classes de violoncelle et de violon. Hippolyte Beaudoin aura comme élèves Charles Lamoureux et Édouard Colonne.
En 1859, Hector Berlioz dirige avec l'orchestre de la société Sainte-Cécile le Carnaval romain.
Les classes de clarinette et piano sont créées en 1862 et 1863. Au 31 décembre 1862, la société se compose de 929 sociétaires.
La classe d'orgue harmonium est créée en 1866.
En 1873, la société Sainte-Cécile est reconnue d'utilité publique par Adolphe Thiers. Naissent ensuite les concerts populaires.
En 1877, est fondée une école gratuite d'harmonie s'adressant à un public populaire qui réunit 250 élèves.
On dénombre 370 élèves en 1878.
De 1883 à 1891, la direction est assurée par Henri Gobert.
Dès 1885, sont donnés 8 concerts chaque saison.
En 1888, sont créées les classes de cuivres et de bois.
En 1891, Gustave Leloug succède à Henri Gobert.
En 1896, la direction revient à Jules Pennequin, également chef d'orchestre de la société Sainte-Cécile. La classe de déclamation est créée.
En 1903, deux nouvelles classes de violon sont ouvertes et l'on crée la classe de harpe. En 1914, Bernard Crocé-Spinelli prend la direction de l'établissement de Bordeaux après avoir assuré celle du conservatoire de Toulouse.
Le 11 avril 1920, la société Sainte-Cécile devient conservatoire municipal. Crocé-Spinelli reste en poste. À sa mort, le compositeur Aristide Martz assurera un bref intérim.
En 1932, le violoniste virtuose et chef de l'orchestre philharmonique Gaston Poulet prend également la direction du conservatoire.
En 1948, la relève est assurée par Georges Carrère qui dirige en même temps la classe d'orchestre et le cours d'excellence de violon.
En 1968, le conservatoire adopte les statuts d'école nationale de musique. Jacques Pernoo, directeur de la musique de la ville de Bordeaux est nommé directeur du conservatoire.
Quatre-vingt-deux professeurs enseignent la musique, la danse et le théâtre à mille huit cent élèves.
L'enseignement de l'harmonie, du contrepoint, de la fugue et de la composition est proposé dans les nouvelles classes d'écriture.

La création du conservatoire national de région et l'installation au centre André-Malraux[modifier | modifier le code]

La transformation du conservatoire de musique, d'art dramatique et de danse en conservatoire national de région en 1972 permet, avec l'aide nouvelle et substantielle de l'État, d'envisager de quitter les locaux exigus de la rue du Docteur-Albert-Barraud.

Le départ de l'école d'architecture pour le campus de Talence a libéré un terrain à proximité des quais et de la gare Saint-Jean. Un concours d'architecture sera lancé le 30 novembre 1973. 39 projets seront soumis. C'est une équipe bordelaise (Agence Perrier et Mothes) qui sera retenue. Les travaux commencés en 1977 seront terminés en 1980.

Si les portés des danseurs ont été quelque peu oubliés, le conservatoire s'avère l'un des mieux conçus d'Europe[3], conjuguant les spécificités nécessaires à la fois à la musique et au théâtre. Sa façade ouvrant désormais sur les quais nouvellement aménagés, il intègre à l'arrière de manière originale une construction contemporaine traitée en terrasses dans un ensemble composé de l'église romane de l'abbatiale Sainte-Croix et de l'école des beaux-arts installée dans le bâtiment de l'abbaye édifié au XVIIe siècle. La jonction est réalisée par un théâtre de plein air.

Les 18 000 mètres carrés de sa superficie sont répartis sur trois niveaux entre lesquels sont distribués l'accueil, les services administratifs et les différents départements pédagogiques composés de quarante-cinq salles d'enseignement, quarante-sept studios de travail, une salle d'orgue et quelques salles permettant à un public restreint d'assister aux examens de fin d'année.

La salle Jacques-Thibaud (qui deviendra plus tard la salle Antoine-Vitez et sera dédiée au théâtre national Bordeaux Aquitaine voisin), de 700 places environ, recevra les concerts publics des élèves. Elle sera plus tard remplacée par l'Atelier, une salle de 200 places construite dans les locaux du théâtre du Port de la Lune. Les spectacles et concerts de la saison publique du conservatoire sont donnés dans les divers lieux de la ville, participant ainsi à son animation culturelle tout en conjuguant enseignement pédagogique et expression artistique.

Depuis 1980, le conservatoire s'est enrichi des classes de danse contemporaine, ondes Martenot, clavecin, et des départements de musiques baroque et électroacoustique.

En 1989, le compositeur et chef d'orchestre Michel Fusté-Lambezat, nouveau directeur du conservatoire, va donner une impulsion nouvelle aux ensembles de musique de chambre ou chorale et aux orchestres qu'il portera au nombre de quatre, dirigeant lui-même l'orchestre des jeunes du conservatoire de Bordeaux, faisant entrer la musique contemporaine dans les programmes pédagogiques et les concerts, contribuant au développement de la classe de composition musicale, véritable école de créateurs régionaux.

Sont également créées des sections de formation professionnelle : saxophone, cordes et art dramatique.

Liste des directeurs successifs[modifier | modifier le code]

  • Lancelin
  • Varney (1866-1878)
  • Portéhaut (1878-1883)
  • Henri Gobert (1883-1891)
  • Gustave Leloug (1891-1896)
  • Jules Pennequin (1896-1914)
  • Bernard Crocé-Spinelli (1914-1932)
  • Aristide Martz (interim en 1932)
  • Gaston Poulet (1932-1948)
  • Georges Carrère (1948-1968)
  • Jacques Pernoo (1968-1989)
  • Michel Fusté-Lambezat (1989-2000)
  • Jean-Luc Portelli (2000-)

Liste de professeurs et anciens professeurs[modifier | modifier le code]

Anciens élèves: Prix et félicitations du jury[modifier | modifier le code]

Natalie Dessay


Diplôme délivré[modifier | modifier le code]

En tant que CRR, le conservatoire de Bordeaux n'est habilité qu'à délivrer comme diplôme le seul Diplôme d'études musicales correspondant à la fin du cycle spécialisé.

Le conservatoire aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La direction est aujourd'hui assurée par Jean-Luc Portelli, qui a succédé à Michel Fusté-Lambezat en 2000, et Hervé Alexandre de 2006 à 2011, en tant que directeur adjoint, qui a succédé à Bernard Lumeau.

Le conservatoire, et ses 150 professeurs, accueillent en 2012 2 700 élèves[2].


Enseignements[modifier | modifier le code]

Les enseignements sont organisés en départements :

  • Bois (flûtes, hautbois, basson, saxophone, clarinette), cuivres (cor, trompette, trombone, tuba), et percussions
  • Cordes (violon, alto, violoncelle, contrebasse)
  • Piano
  • Pratiques collectives (orchestre symphonique, orchestres d'harmonie, musique de chambre, musique de chambre contemporaine, chorales)
  • Ecriture, contrepoint, composition, culture
  • Formation musicale
  • Musique ancienne (flûte à bec, clavecin, contrebasse baroque, viole de gambe et violon baroque)
  • Musiques actuelles et jazz, MAO (Musique assistée par ordinateur) et électroacoustique
  • Chant
  • Danse
  • Théâtre

Administration[modifier | modifier le code]

Outre la participation de l’État, représenté par la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC), le conservatoire est financé par le conseil général de la Gironde et la ville de Bordeaux.

Un conseil des élèves a été créé en 2001, dans le but de créer un lien entre les élèves et l'administration du conservatoire.

Une association des parents d'élèves, soutenue par la ville de Bordeaux, membre de la FNAPEC et de l'URAPEC, anime les relations entre parents et conservatoire, et organise de nombreuses manifestations pour aider les anciens élèves à se faire connaître dans la région.

Partenariats[modifier | modifier le code]

Le conservatoire, en partenariat avec l’Éducation nationale, s’inscrit dans un cycle de classes à horaires aménagés dans le domaine musical (CHAM) et rassemble les élèves à l’école élémentaire André-Meunier, au collège Aliénor-d’Aquitaine, au lycée Camille-Jullian (baccalauréat TMD), au lycée François-Mauriac de Bordeaux, depuis la rentrée 2007. De nouveaux établissements ont rejoint ces deux lycées, le lycée Gustave-Eiffel et le lycée Michel-Montaigne[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le CRR sur le site de la médiathèque de la Cité de la musique
  2. a, b et c Le CRR sur le site de la commune
  3. Le Conservatoire a 20 ans plaquette du service communication du Conservatoire - Mai 2000


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]