Blanche Selva

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Blanche Selva

Description de l'image  Blanche Selva.jpeg.
Naissance 29 janvier 1884
Brive, Drapeau de la France France
Décès 3 décembre 1942 (à 58 ans)
Saint-Amant-Tallende, Drapeau de la France France
Activité principale Pianiste, Pédagogue et Compositrice
Maîtres Vincent d'Indy
Élèves Georges Auric, Henri Gagnebin, Jean Witkowski, etc...
Distinctions honorifiques Chevalier de l'Ordre du Lion blanc (Prague, 1924)
Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique (1926)

Marie Blanche Selva, née le 29 janvier 1884 à Brive-la-Gaillarde en Corrèze et morte le 3 décembre 1942 à Saint-Amant-Tallende dans le Puy-de-Dôme, est une pianiste, pédagogue et compositrice[1] française.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille de Blanche Selva est originaire de Los Masos (Pyrénées-Orientales), où elle semble résider depuis plus de quatre siècles. Son père, Gaudérique, devient voyageur de commerce et se trouve à Brive au moment de sa naissance. La famille part ensuite s'installer à Limoges puis à Paris.

Blanche Selva commence le piano à quatre ans et demi. Dès 1893, elle entre en classe préparatoire du Conservatoire de Paris de Sophie Chéné, et y obtient sa première médaille. Elle quitte le conservatoire à 12 ans et demi. Autodidacte, elle travaille ardemment ses dons exceptionnels.

En janvier 1897, à 13 ans, elle donne son premier concert public à Lausanne. À 16 ans, sa rencontre avec Vincent d'Indy est déterminante et celui-ci la nomme professeur de piano à la Schola Cantorum en décembre 1901. Elle partage avec d'Indy, tout au long de son existence, les valeurs essentielles de l'art au point d'être considérée comme sa fille spirituelle et elle devient sa principale interprète. Ainsi, pendant près de 20 ans, elle est l'une des plus ferventes propagatrices de la musique de la famille « scholiste ». Mais elle ignore les compositeurs d'avant-garde.

En 1903, elle donne en première audition en France les Variations Goldberg de J.S. Bach. Puis, en 1904, elle interprète au piano en 17 concerts la première intégrale de l'œuvre pour clavier de Bach (un de ses compositeurs préférés). Les annotations et les conseils d'interprétation qu'elle note sur les partitions du Cantor de St-Thomas de Leipzig font encore autorité.

Isaac Albéniz lui demande la relecture d'Iberia dont elle maîtrise les difficultés et les nouveautés pianistiques. Elle a été la créatrice de la quasi-totalité d'Ibéria en France et devient la dédicataire du second cahier.

Elle joue très régulièrement les grandes sonates de Beethoven et interprétera les 32 sonates à Barcelone en 1925/26 puis lors du centenaire de la mort de Beethoven en 1927. César Franck (qui avait été le maître de d'Indy) est un autre de ses compositeurs favoris. Elle interprète Prélude, choral et fugue et c'est une des rares œuvres, avec la Partita n° 1, pour clavier, de Bach, qu'elle enregistre en 1928. Elle joue avec la même foi Rameau, Couperin, Schumann, Chopin, en extasiant chaque fois l'auditoire : l'esprit des maîtres semble la pénétrer et animer ses doigts.

Elle ouvre ses programmes à son mentor Vincent d'Indy, mais également à ses amis compositeurs de la Schola Cantorum. Ceux-ci lui dédient des œuvres et lui en confient la création de même qu'Albert Roussel, Paul Dukas, Albéric Magnard, Jean Roger-Ducasse, Marcel Labey, René de Castéra. Pour Déodat de Séverac, ami et compositeur proche en esprit dont elle achève la dernière œuvre et écrit une monographie, elle crée aussi plusieurs de ses compositions pour piano.

Elle interprète aussi Debussy, Ravel, Honegger, Rachmaninov, Smetana.

Elle compose très peu, des mélodies, des pièces pour piano et un oratorio. Admirée des grands pianistes de son temps, elle est, à son époque, une des pianistes française les plus renommées. Ainsi, elle sillonne la France et l'Europe pour donner des concerts et des récitals, souvent accompagnés de conférences explicatives.

De 1920 à 1924, elle se consacre à la promotion en France de la musique tchèque et fait connaître en Europe centrale la musique française. Elle partage son temps entre le poste de professeur au conservatoire de Strasbourg, un autre à Prague et à l'École normale de musique de Paris. Parallèlement, elle fonde sa propre école en formant des professeurs diplômés selon sa méthode. Ce réseau de professeurs s'étend sur toute la France.

À la fin de l'année 1924, elle s'installe à Barcelone où elle fonde sa propre académie et forme un duo avec le violoniste catalan Joan Massià. En 1930, sa carrière d'interprète est brutalement interrompue par une paralysie mais elle n'en poursuit pas moins son enseignement avec énergie. Elle quitte Barcelone en 1936 en raison de la guerre civile et s'installe, après un court séjour à Moulins (Allier), à Saint-Saturnin (Place de l'Ormeau) puis transférée de sa maison, très malade, dans un hospice occupé par des religieuses de Cambrai situé à Saint-Amant-Tallende (dans le Puy-de-Dôme) où elle décède en décembre 1942 dans la solitude et un dénuement certain. Elle repose au cimetière de Saint-Saturnin situé route d'Aydat où sur une épitaphe figure, notamment, les mots suivants : Bonté - Beauté - Vérité.

Saint-Saturnin.jpg

Saint-Saturnin : fontaine Renaissance au premier plan et la petite maison (située à gauche) où Blanche Selva arrive le 5 septembre 1938

L'interprète[modifier | modifier le code]

Son jeu est à la fois puissant, varié, lumineux et d'une grande légèreté rythmique. Elle sait décrire et enseigner les techniques qu'elle a mises au point et dont elle laisse des témoignages écrits détaillés et très complets. Elle prépare minutieusement les œuvres qu'elle interprète. Contrôle de la dynamique, sûreté, perfection du rythme et sonorité exceptionnelle, telles sont les qualités de son jeu qui sont le plus souvent mentionnées

Ses écrits[modifier | modifier le code]

Elle a publié plusieurs livres sur la technique pianistique et notamment :

  • Enseignement Musical de la Technique du Piano (7 volumes), Paris 1916 à 1925

Elle a publié également des traités sur la forme musicale :

  • La Sonate, Étude de son évolution historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'audition, Paris 1913,
  • Les Sonates de Beethoven, Barcelone 1927,
  • une monographie sur Déodat de Séverac, Paris 1930,
  • de nombreux articles, notamment dans les Tablettes de la Schola, le Monde Musical, La Revue Musicale, la Revista Musical Catalana,
  • des conférences et présentations de concerts,
  • des annotations, doigtés et conseils d'interprétation d'œuvres.

Ses œuvres principales[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Blanche Selva, une promenade musicale  : enregistrement d'origine historique (Association Blanche Selva et le Centre International Albert Roussel),
  • MALIBRAN-MUSIC (CDRG177 et Association Blanche Selva 2002),
  • Blanche Selva Chants de lumières : Amanda Favier, violon - Jacqueline Laurin, soprano et Laurent Martin, piano (Ligia)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Association Blanche Selva.
  • Dictionnaire biographique des musiciens de Théodore Baker et Nicolas Slonimsky (Robert Laffont),
  • Histoire de la musique - Tome IV « L'aube du XXe siècle » de René Dumesnil.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Selva Une artiste incomparable Blanche Selva pianiste, pédagogue, musicienne, comportant 24 pages d'illustrations et un CD de trois enregistrements historiques (La Touche : Association Blanche Selva, 2010) (ISBN 9782953636000)
  • Blanche Selva : naissance d'un piano moderne. (actes de la journée d'étude, Issy-les-Moulineaux, 18 novembre 2005 organisée par l'association Blanche Selva) ; Diane Andersen, Rémy Campos, Lucas Chiantore... Jean-Marc Warszawski, direction scientifique ; préface de Gilles Cantagrel. Lyon : Symétrie, 2010 (ISBN 9782914373210)
  • Anne de Beaupuy, Claude Gay, Damien Top, René de Castéra (1873-1955), un compositeur landais au cœur de la musique française, Biarritz : Séguier, 2005.
  • Andrée Vidal, Blanche Selva, artiste, pianiste et pédagogue. Dans Revue musicale de Suisse romande 5 (1978), p. 142-152.
  • Pierrette Hissarlian-Lagoutte, Style et technique des grands maîtres du piano, Genève : Henn, 1948.
  • Jean Rifa et Patrice Teisseire-Dufour, Des hommes et le Roussillon, Canet-en-Roussillon, Trabucaire,‎ 2004, 331 p. (ISBN 2-84974-011-X, notice BnF no FRBNF39910078),
  • Aux sources d'une nouvelle pédagogie du piano - Lettres de Blanche Selva à Guy de Lioncourt présentées et annotées par Gilles Saint-Arroman (Association Blanche Selva, 2013)(ISBN 9782953636017).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]