Grésivaudan

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Grésivaudan
Vue du Grésivaudan depuis le sommet de la Croix de Belledonne, au fond le massif de la Chartreuse.
Vue du Grésivaudan depuis le sommet de la Croix de Belledonne, au fond le massif de la Chartreuse.
Massif Chartreuse / Belledonne
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Isère
Coordonnées géographiques 45° 19′ N 5° 57′ E / 45.317, 5.9545° 19′ Nord 5° 57′ Est / 45.317, 5.95

Géolocalisation sur la carte : Isère

(Voir situation sur carte : Isère)
Grésivaudan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Grésivaudan
Orientation sud-ouest
Longueur 45 km
Type Vallée glaciaire
Écoulement Isère
Voie d'accès principale A 41, N 90, D 523

Le Grésivaudan[1] est une vallée des Alpes françaises située en majeure partie dans le département de l'Isère. Elle constitue une partie du cours inférieur de l'Isère, entre Albertville, en amont et Tullins, en aval.

Toponymie[modifier | modifier le code]

« Graisivaudan », selon l'étymologie traditionnellement admise, provient de Gratianopolitanum valdanum (l'adjectif fait sur Gratianopolis, le nom gallo-romain de Grenoble) et signifie « vallée de Grenoble », le suffixe -vaudan, signalant une vallée où courent de nombreux cours d'eau[réf. nécessaire].

À l'origine, le terme de Grésivaudan ne désignait que la partie de la plaine alluviale de l'Isère en amont de Grenoble qui prolonge la Combe de Savoie[2],[3] mais, depuis la fin du XXe siècle, le terme Grésivaudan a été généralisé à toute la plaine alluviale de l'Isère comprise entre Tullins (en aval de Grenoble) et Albertville. On parlera alors de Bas-Grésivaudan (entre Tullins et Grenoble)[4], de Moyen-Grésivaudan (entre Grenoble et Pontcharra) et de Haut-Grésivaudan (entre Pontcharra et Albertville). Par ailleurs, les 47 communes situées en amont de Grenoble jusqu'à Barraux sont regroupées dans la Communauté de communes du Pays du Grésivaudan et il existe un Syndicat Mixte Pays du Sud-Grésivaudan regroupant les 43 communes des cantons de Saint-Marcellin, Vinay et Pont-en-Royans. Le Grésivaudan est alors la partie de l'Isère qui s'étend depuis sa confluence avec l'Arc (entre Aiton et Montmélian), voire avec l'Arly (à Albertville) en amont, jusqu'à celle de la BourneSaint-Nazaire-en-Royans) en aval.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation et topographie[modifier | modifier le code]

Vue du Grésivaudan depuis le bas de la station de ski des Sept Laux du côté de Pipay.

Le Grésivaudan marque la limite entre préalpes ou Alpes externes, formées en majorité de massifs montagneux calcaires et marno-calcaires (Bauges, Chartreuse, Vercors), et massifs internes alpins constitués en majorité de roches granitiques et métamorphiques (Vanoise, Belledonne).

Le Grésivaudan fait partie du sillon alpin : l'ensemble des vallées et dépressions au centre des Alpes françaises orientées sud-sud-ouest - nord-nord-est. En général, on y inclut le cours inférieur du Drac, le Grésivaudan supérieur, la Combe de Savoie (vallée de l'Arly et cours supérieur de l'Arve), et parfois la vallée de Chamonix. Géologiquement, on pourrait également y inclure le cours supérieur du Rhône en Suisse (Valais). Le sillon alpin s'étend donc sur les départements de l'Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie.

Les villes importantes du Grésivaudan sont, du nord au sud : Albertville, Montmélian, Pontcharra, l'agglomération grenobloise et Moirans.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Grésivaudan est une ancienne vallée glaciaire. Son profil en auge (fond plat et parois escarpées) a été modelé par des phénomènes glaciaires et post-glaciaires.

Voici les étapes du creusement de la vallée lors de la dernière glaciation, celle du Würm :

  1. le glacier de l'Isère s'installe dans la vallée à la faveur d'un refroidissement climatique[3] ;
  2. il s'épaissit et s'étend jusqu'au niveau de Tullins, plaqué contre le Vercors par le glacier du Rhône qui s'étale dans le nord de l'Isère et la plaine lyonnaise ;
  3. pendant des milliers d'années, il érode par des phénomènes complexes les côtés et le fond de la vallée qui prend un profil en « U » ;
  4. dans le même temps, les glaces, gênées dans leur écoulement par la cluse de Voreppe et le glacier du Rhône, s'amassent et surcreusent la vallée jusqu'à atteindre -800 mètres sous le niveau de la mer au niveau de Meylan. Au niveau de Grenoble, il y a alors jusqu'à 1 600 mètres d'épaisseur de glace ;
  5. lors du dernier réchauffement climatique il y a 10 000 ans, le glacier de l'Isère se retire petit à petit en laissant une vaste dépression devant lui qui se remplit d'eau jusqu'à former un immense lac du même type que les grands lacs italiens (lac Majeur, Lac de Côme, lac de Lugano, etc.) ;
  6. la vallée de l'Isère est entièrement occupée par un lac, de Tullins jusqu'à Albertville, dont le niveau est légèrement inférieur à l'altitude de la vallée actuelle ;
  7. les montagnes étant dénudées de glaciers et de végétations, les torrents érodent et charrient d'énormes quantités de matériaux qui viennent sédimenter dans le lac de l'Isère ;
  8. une fois le lac comblé, la vallée acquiert son visage actuel : un fond plat qui correspond à l'ancienne surface du lac bordé par des parois abruptes et des falaises.
Panoramique du Grésivaudan pris depuis le sommet de la station des Sept-Laux. À gauche l'agglomération grenobloise, au centre Le Touvet, à droite la Savoie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Grésivaudan est un ancien bailliage du Dauphiné. Situé entre le massif de Belledonne et le massif de la Chartreuse, le Grésivaudan offre un cadre grandiose : « à cause de ses terres riches et propices à la culture du blé, des arbres fruitiers et de la vigne », Louis XII, traversant le Grésivaudan en 1507 « enchanté par la diversité de ses plantements, par les tours en serpentant qu'y fait la rivière Isère », l'appela « le plus beau jardin de France »[5].

Le Grésivaudan a été le berceau de l'hydro-électricité (la houille blanche) : on trouve à Lancey (commune de Villard-Bonnot) les vestiges des premières hautes chutes construites par Aristide Bergès en 1869. L’hydraulique industrielle et l’énergie hydroélectrique ont été les moteurs essentiels de l'industrialisation précoce de la vallée (scieries, papeteries, aluminium, etc).

Permettant de circuler au cœur des Alpes, le Grésivaudan est un important axe de communication. Aussi, la vallée connaît une circulation très dense : autoroutes A41, A43, A48 et A49, routes nationales et départementales, voies ferrées vers la Maurienne et l'Italie qui seront électrifiées au milieu des années 2010.

La vallée abrite aujourd'hui des zones d'activités orientées innovation et haute technologie, Inovallée (ex-ZIRST) à Meylan et Montbonnot, pôle d'activité microélectronique à Crolles (STMicroelectronics) et Bernin (Soitec).

Environnement[modifier | modifier le code]

Du fait de sa position entre deux massifs montagneux, la vallée de l’Isère joue un rôle important de corridor biologique[6].

La vallée, longue de presque 50 km, sépare et réunit trois massifs montagneux (Chartreuse, Vercors et Belledonne) qui sont chacun caractérisés par une écopotentialité remarquable, et une qualité écologique relativement préservée réservoir de biodiversité). Tout au long du parcours de l’Isère, les zones humides, ripisylves, berges et milieux alluviaux abritent encore également une biodiversité élevée, malgré l'anthropisation du reste de la vallée due à l'agriculture et à la périurbanisation de Grenoble et la fragmentation écologique induite par le réseau routier et autoroutier (A41 et A48). Le Conseil général de l'Isère a pour ces raisons mis en place dans le cadre de la Trame verte et bleue nationale (et dans le cadre du « Réseau écologique de l'Isère » ou REDI[7] qui décline localement le réseau écologique paneuropéen renommé « Infrastructure verte ») un projet dit « Couloirs de vie » (2008-2014), cofinancé avec ses partenaires pour améliorer la connectivité écologique des espaces et milieux naturels de la vallée et périphériques (24 aménagements avaient été réalisés entre les années 1990 et 2012[8]), sur la base de données scientifiques s'appuyant sur un inventaire écologique, des pièges photographiques permettant d'étudier la circulation de la faune, y compris dans l'environnement nocturne, étude des collision faune-véhicules, etc. Ce programme inclut l'amélioration et la construction éventuelle de nouveaux passages à faune (écoducs), y compris pour la petite faune, pour par exemple sauver les dernières populations de rainettes[9]. Un nouveau système de détection de la faune a été mis en place en 2012 dans ce cadre entre Saint-Nazaire-les-Eymes et Bernin[10] et 6 autres ensuite et des opérations de sensibiliation à la protection de l'environnement nocturne et à la lutte contre la pollution lumineuse accompagne le projet[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Graisivaudan selon l'autre orthographe fréquente jusqu'au milieu du XXe siècle
  2. Définition du Robert des noms propres
  3. a et b « Le Grésivaudan », sur Géol-Alp (consulté le 8-09-2010)
  4. Le terme est déjà ancien : « La vallée de l'Isère en péril », sur Persée,‎ 1927
  5. Selon Guy Allard, Album du Dauphiné, XVIIe siècle
  6. M. Pezet-Kuhn, M. Lebrun, « Pour un aménagement du territoire intégrant et valorisant les corridors écologiques dans le Grésivaudan - Diagnostic et proposition d’actions », Agence d’urbanisme de la région grenobloise, mars 2006, 185 p.
  7. L'établissement du réseau écologique de l'Isère, un outil déterminant ; En 2001, le Conseil général a mandaté un bureau d'écologie suisse Econat afin d'établir ce qu'on appelle désormais le REDI ou Réseau écologique départemental de l'Isère, sur le modèle du réseau écologique suisse (le REN).
  8. [PDF] 5ème lettre annuelle d'information du projet « Couloirs de vie », 20 mars 2013
  9. Le passage à petite faune du Cheylas, 12 décembre 2012
  10. Les détecteurs de faune: une première en France!, 2012
  11. Nouvelle édition de Jour de la nuit, 12 octobre 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]