Chiennes de garde

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Les Chiennes de garde est une association féministe française créée en 1999 par Florence Montreynaud et Isabelle Alonso. Leur but est de lutter contre les violences symboliques sexistes dans l'espace public. Florence Montreynaud a choisi le nom de « chiennes de garde » comme traduction de l'anglais « watchdog » (« chien de garde »)[1].

Leur devise : « Adresser une injure sexiste à une femme publique, c'est insulter toutes les femmes ». Leur action en trois mots : « décrypter, dénoncer, résister ». Les Chiennes de garde manifestent sous une banderole annonçant : « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours » citation de Benoîte Groult (une des signataires).

Formation[modifier | modifier le code]

Le manifeste des Chiennes de garde[modifier | modifier le code]

Le manifeste des Chiennes de garde a été lancé par Florence Montreynaud le 8 mars 1999. Le 13 septembre 1999, il avait recueilli 691 signatures (519 femmes, 164 hommes et 8 associations).

« Nous vivons en démocratie. Le droit est libre, mais tous les arguments ne sont pas légitimes. Toute femme qui s'expose, qui s'affirme, qui s'affiche, court le risque d'être traitée de « pute » ; si elle réussit, elle est souvent suspectée d'avoir « couché ». Toute femme visible est jugée sur son apparence et étiquetée : mère, bonne copine, bonne à tout faire, lesbienne, putain, etc.

Ça suffit !

Nous, Chiennes de garde, nous montrons les crocs. Adresser une injure sexiste à une femme publique, c'est insulter toutes les femmes. Nous nous engageons à manifester notre soutien aux femmes publiques attaquées en tant que femmes. Nous affirmons la liberté d'action et de choix de toutes les femmes. Nous, Chiennes de garde, nous gardons une valeur précieuse : la dignité des femmes. À bons entendeurs, salut. »

Signataires du Manifeste des Chiennes de Garde[modifier | modifier le code]

Michelle Perrot (historienne), Isabelle Autissier (navigatrice), Laure Adler (ancienne directrice de France Culture), Hervé Baro (secrétaire général du SE-FEN), Huguette Bouchardeau (ethnologue), Michèle Cotta (ancienne directrice de France 2), Boris Cyrulnik, Jacques Gaillot (évêque), Stéphane Hessel (ambassadeur de France), Sonia Rykiel (styliste), Pascal Bruckner (écrivain), Françoise Héritier, Alain Touraine, Françoise Gaspard (sociologue, ancienne maire et ancienne députée socialiste), les députés européens Olivier Duhamel, Geneviève Fraisse, Alain Lipietz, les députés/ministres Yves Cochet, Roselyne Bachelot-Narquin, Véronique Neiertz, les écrivains Malek Chebel, Catherine Clément, Amélie Nothomb, Marie Darrieussecq, Régis Debray, Régine Deforges, Claire Etcherelli, les philosophes Pierre-André Taguieff, André Comte-Sponville, et nombre d'anonymes.

Opposante aux Chiennes de garde[modifier | modifier le code]

Élisabeth Roudinesco, psychanalyste, dit « Pour quoi faire ? Jouer les molosses et créer une police politique du langage ? Oui, il faut se défendre contre l'insulte, mais avec les lois dont nous disposons déjà. Il ne faut pas faire des femmes des victimes, mais développer leurs forces ».

Actions[modifier | modifier le code]

  • 8 mars 1999, Journée internationale des Femmes, les Chiennes de garde apportent leur soutien à Dominique Voynet, ministre de l'environnement, Verte, insultée comme femme.
  • 6 septembre 1999, pour des excuses à Laure Adler, directrice de Radio-France, après diffusion d'un tract insultant (surnoms donnés : la taulière, ou la Pompadour) par les militants du syndicat Force ouvrière.
  • 1er octobre 1999, soutien à Sheikh Hasina Wajed, Première ministre du Bangladesh, et à l'écrivain Taslima Nasreen, menacée de mort par des islamistes.
  • 6 octobre 1999, soutien à Martine Aubry, ministre, contre les propos sexistes d'un patron, et pour la mise au point de la lutte contre le sexisme du programme du Medef.
  • 16 novembre 1999, soutien à deux femmes interdites d'accès à la brasserie parisienne, le Fouquet's, car non accompagnées.
  • 8 mars 2002 : Action contre la disqualification du viol.
  • 2002 : Six revendications transmises aux candidats à l'élection présidentielle.
  • 2003 : soutien à Véronique Fayet (UDF) insultée par Xavier Darcos ; soutien à Aurélie Filipetti (Verts) insultée par Xavière Tiberi.
  • 2004 : Projet de loi contre les propos à caractère sexiste et homophobe.
  • 2005 : Préparation d'une proposition de loi-cadre contre les violences faites aux femmes.
  • 21 octobre 2008 : « Êtes-vous proxénète ou spécialiste d’informatique ? » Lettre ouverte à M. Yves Lagier, PDG de Surcouf
  • 5 février 2009 : « La parité impossible : c’est la faute des femmes » lettre ouverte à l'AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur)
  • 16 février 2009 : Lettre ouverte des Chiennes de garde à Madame Yamina Benguigui
  • 8 mars 2009 : « Le macho de l’année » élu par les Chiennes de garde
  • 16 mars 2009 : « Franchement utiliser la violence contre les femmes est indigne » Lettre ouverte à Reporters sans frontières
  • Mars 2009 : Actions concernant les textes du rappeur Orelsan
  • 28 février 2010 : « La publicité nous tire vers le bas. Ça suffit ! » Lettre ouverte aux présidents de la République, du Sénat et de l’Assemblée nationale
  • 5 mars 2010 : Le macho de l'année élu par les chiennes de garde
  • 2 septembre 2010 : à la suite de la mobilisation pour Sakineh « Des Françaises insultées, les Chiennes de garde réagissent » communiqué de presse
  • 17 novembre 2010 : « Elfassi, tu ne nous feras pas taire ! » Communiqué de presse
  • 9 février 2011 : « Non à la putanisation des petites filles ! »
  • 7 mars 2011 : « Le macho de l'année » élu par les Chiennes de garde
  • 11 mai 2011 : Lettre ouverte à Pascal Terrasse député et président du conseil général de l’Ardèche
  • 18 mai 2011 : « Après la porno chic, la porno crade ? » lettre ouverte au Jury de Déontologie Publicitaire
  • 1er septembre 2011 : Les annonceurs Pulco et Axe modifient leurs films publicitaires, communiqué de presse

Controverse[modifier | modifier le code]

Les Chiennes de garde sont considérées par les féministes hédonistes (notamment celles préconisant la légalisation de la prostitution ou que les travailleuses et travailleurs des secteurs et industries du sexe puissent obtenir un statut social), comme des féministes « officielles » selon la conception qu'en donne une auteure telle Peggy Sastre et d'autres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)[1] Article 3 de la FAQ du site officiel du mouvement