August von Kotzebue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

August von Kotzebue

Description de l'image  August von Kotzebue.png.
Activités Dramaturge, avocat, conseiller impérial
Naissance 1761
Weimar
Décès 1819
Mannheim

August Friedrich Ferdinand von Kotzebue, né à Weimar le et mort assassiné à Mannheim le , est un dramaturge allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de la noblesse balto-saxonne, originaire de Stendal.

D’abord élève à Weimar, il se rend à l'université d'Iéna à seize ans, avant de partir étudier pour un an à Duisbourg. En 1780, il achève ses études et devient avocat.

Grâce à l’influence du comte von Görtz, ambassadeur prussien auprès de la cour de Russie, il devient secrétaire du gouverneur-général de Saint-Pétersbourg. En 1783, il est nommé assesseur à la Haute Cour d’appel de Reval, où il se marie avec la fille du lieutenant-général russe, d'origine germano-balte, Friedricke von Essen (1763-1790). Il est enregistré dans la noblesse russe en 1785 et devient président de la magistrature de la province d'Estland[1]. À Reval[2], il acquiert une réputation considérable par ses romans, Die Leiden der Ortenbergischen Familie (1785) et Geschichte meines Vaters (1788), et encore plus par ses pièces Adelheid von Wulfingen (1789), Menschenhass und Reue (1790) et Die Indianer in England (1790). La bonne impression produite par ces œuvres est, cependant, presque effacée par une satire dramatique cynique, Doktor Bahrdt mit der eisernen Stirn, qui paraît en 1790 avec le nom de Knigge sur la page titre. Après la mort de sa première femme, Kotzebue abandonne le service de la Russie et vit pendant un temps à Paris et à Mayence ; puis il s’installe en 1795 dans un domaine qu’il a acquis près de Reval et se consacre à l’écriture.

Pendant quelques années, il publie six volumes de croquis et d’histoires diverses (Die jüngsten Kinder meiner Laune, 1793-1796) et plus de vingt pièces, la majorité faisant l’objet de traductions dans plusieurs langues européennes. En 1798, il accepte la fonction de dramaturge du théâtre de la cour à Vienne, mais, en raison de différends avec les comédiens, il est bientôt obligé de démissionner. Il retourne alors dans sa ville natale, mais, comme il n’est pas en bons termes avec Goethe - il attaque ouvertement le romantisme - sa position à Weimar devient inconfortable. Il pense retourner à Saint-Pétersbourg, mais, pendant son voyage, il est, pour des raisons inconnues, arrêté à la frontière et conduit en Sibérie. Heureusement, il a écrit une comédie qui flatte la vanité de l’empereur Paul Ier. Il est alors rapidement ramené, présenté, avec un domaine appartenant aux terres de la Couronne en Livonie et nommé directeur du théâtre allemand de Saint-Pétersbourg.

Il retourne en Allemagne à la mort de Paul Ier et s’installe de nouveau à Weimar. Mais il se trouve dans l’impossibilité, comme toujours, de gagner une position dans la société littéraire et se tourne vers Berlin, où, en association avec Garlieb Merkel (1769-1850), il édite Der Freimutige (1803-1807) et commence son Almanach dramatischer Spiele (1803-1820). Vers la fin de 1806, il retourne en Russie et, en sécurité dans son domaine d'Estonie, écrit plusieurs articles satiriques contre Napoléon Bonaparte dans ses journaux Die Biene et Die Grille. Comme conseiller d’État, il est attaché en 1816 au département des affaires étrangères à Saint-Pétersbourg et, en 1817, se rend en Allemagne pour y jouer un rôle d’espion au service de la Russie, avec un salaire de 15 000 roubles. Dans l’hebdomadaire Literarisches Wochenblatt, qu’il édite à Weimar, affichant des opinions ouvertement réactionnaires, il se moque des prétentions des Allemands qui demandent des institutions libres et devient un tel objet d’aversion générale[3] qu’il doit se déplacer à Mannheim. Il est à ce point détesté par les jeunes partisans enthousiastes de la liberté, que l’un d’eux, Karl Ludwig Sand, étudiant en théologie et membre d'une société d'étudiants militant pour les libertés civiques ou Burschenschaft, le poignarde mortellement à son domicile de Mannheim. Sand est condamné et exécuté l'année suivante, et le gouvernement Metternich tire prétexte de l'assassinat[4] pour placer les universités sous une surveillance stricte (décrets de Karlsbad ).

Son assassinat eut un grand retentissement en Allemagne, ainsi qu'en Europe. Alexandre Dumas consacra au jeune Sand un chapitre de son ouvrage Crimes célèbres, pour lequel il interviewa personnellement l'exécuteur de l'étudiant, puis s'inspira partiellement de l'histoire pour écrire avec Nerval le drame Léo Burckart (1839), signé du seul Nerval.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Portrait de Kotzebue à la bibliothèque d'État de Weimar, par Heinsius

Outre ses pièces, Kotzebue est l’auteur de plusieurs travaux historiques, trop partiaux et empreints de préjugés pour être de grande valeur. Plus intéressants sont ses récits autobiographiques, Meine Flucht nach Paris im Winter 1790 (1791), Über meinen Aufenthalt in Wien (1799), Das merkwürdigste Jahr meines Lebens (1801), Erinnerungen aus Paris (1804), et Erinnerungen von meiner Reise aus Liefland nach Rom und Neapel (1805). Comme dramaturge, il est extraordinairement prolifique : on compte de lui environ 200 pièces ; sa popularité, en Allemagne comme sur la scène européenne, est sans précédent. Son succès, cependant, est moins dû à ses qualités littéraires ou poétiques qu'à son extraordinaire facilité dans l’invention de situations efficaces ; il possède, comme peu de dramaturges allemands avant ou après lui, un instinct sûr du théâtre et son influence sur la technique du drame moderne d’Eugène Scribe à Victorien Sardou et de Bauernfeld à Sudermann est indubitable. Le meilleur de Kotzebue est dans ses comédies, telles que Der Wildfang, Die beiden Klingsberg et Die deutschen Kleinstädter, qui contient des peintures admirables du mode de vie allemand. Ces pièces dominent la scène en Allemagne, longtemps après le toujours fameux Menschenhass und Reue, Graf Benjowsky, tandis que les ambitieuses tragédies exotiques, comme Die Sonnenjungfrau et Die Spanier in Peru, ont été oubliées.

L’un de ses premiers traducteurs en français est le comédien Bursay, qui publie et fait jouer à Bruxelles Les Indiens en Angleterre (1792).

Sa pièce, Das Kind der Liebe, adaptée en anglais en Lovers' Vows par Elizabeth Inchbald est un élément clé du roman de Jane Austen, Mansfield Park

Œuvre théâtrale[modifier | modifier le code]

Deux recueils de drames de Kotzebue ont été publiés de son vivant : Schauspiele (5 volumes, 1797) ; Neue Schauspiele (23 volumes, 1798-1820). Son Sämtliche dramatische Werke paraît en 44 volumes en 1827-1829 et encore, sous le titre Théâtre, en 40 volumes, en 1840-1841. Une sélection de ses pièces en 10 volumes est parue à Leipzig en 1867-1868.

Comédies
  • Die alten Liebschaften. Leipzig 1812
  • Armuth und Edelsinn. Leipzig 1795.
  • Die beiden Klingsberg. Leipzig 1801
  • Die Bestohlenen. Leipzig 1817
  • Der Besuch, oder die Sucht zu glänzen. Leipzig 1801
  • Blind geladen. Leipzig 1811
  • Blinde Liebe. Leipzig 1806
  • Die Brandschatzung. Leipzig 1806
  • Bruder Moritz, der Sonderling, oder die Colonie für die Pelew-Inseln. Leipzig 1791
  • Der Citherschläger und das Gaugericht. Leipzig 1817
  • Der Deserteur. Wien 1808
  • Die deutschen Kleinstädter. Leipzig 1803
  • Der Educationsrath. Leipzig 1816
  • Die Entdeckung im Posthause oder Das Posthaus zu Treuenbrietzen. Wien 1808
  • Das Epigramm. Leipzig 1801
  • Des Esels Schatten oder der Proceß in Krähwinkel. Riga 1810
  • Die Feuerprobe. Leipzig 1811
  • Die gefährliche Nachbarschaft. Wien 1806
  • Der gerade Weg der beste. Leipzig 1817
  • Das Geständnis, oder die Beichte. Berlin 1806
  • Das getheilte Herz. Riga 1813
  • Die Großmama. Leipzig 1815
  • Der häusliche Zwist. Riga 1810
  • Der hyperboräische Esel oder Die heutige Bildung. Leipzig 1799
  • Die Indianer in England. Leipzig 1800
  • Das Intermezzo, oder der Landjunker zum erstenmale in der Residenz. Leipzig 1809
  • Max Helfenstein. Leipzig 1811
  • Die Organe des Gehirns. Leipzig 1806
  • Pachter Feldkümmel von Tippelskirchen. Leipzig 1811
  • Pagenstreiche. Leipzig 1804
  • Der Rehbock, oder die schuldlosen Schuldbewußten. Leipzig 1815
  • Der Shawl. Leipzig 1815
  • Der todte Neffe. Leipzig 1804
  • Ueble Laune. Leipzig 1799
  • Die Unglücklichen. Leipzig 1798
  • Der Vater von ohngefähr. Leipzig 1804
  • Der verbannte Amor, oder die argwöhnischen Eheleute. Leipzig 1810
  • Der weibliche Jacobiner-Clubb. Leipzig 1791
  • Der Wildfang. Lustspiel in 3 Acten. Leipzig 1798
  • Der Wirrwarr, oder der Muthwillige. Leipzig 1803
  • Die Zerstreuten. Riga 1810
  • Das zugemauerte Fenster. Leipzig 1811
  • Zwei Nichten für Eine. Leipzig 1814
Drames
  • Die Quäker Leipzig 1812
  • Der alte Leibkutscher Peter des Dritten. Eine wahre Anekdote. Leipzig 1799
  • Der arme Poet. Riga 1813
  • Bayard, oder der Ritter ohne Furcht und ohne Tadel. Leipzig 1801
  • Die barmherzigen Brüder. Nach einer wahren Anekdote. Berlin 1803
  • Die Corsen. Leipzig 1799
  • Die deutsche Hausfrau. Leipzig 1813
  • Die Erbschaft. Wien 1808
  • Falsche Scham. Leipzig 1798
  • Graf Benjowsky oder die Verschwörung auf Kamtschatka. Leipzig 1795
  • Der Graf von Burgund[5] . Leipzig 1798
  • Gustav Wasa. Leipzig 1801 (in fünffüßigen Jamben)
  • Der Hahnenschlag. Berlin 1803
  • Des Hasses und der Liebe Rache. Leipzig 1816
  • Hugo Grotius. Leipzig 1803
  • Die Hussiten vor Naumburg im Jahr 1432. Leipzig 1803 (in Jamben)
  • Johanna von Montfaucon. Leipzig 1800
  • Das Kind der Liebe, oder: der Straßenräuber aus kindlicher Liebe. Leipzig 1791
  • Die kleine Zigeunerin. Leipzig 1809
  • Der Leineweber Wien 1808
  • Lohn der Wahrheit. Leipzig 1801
  • Menschenhass und Reue. Berlin 1789
  • Octavia. Leipzig 1801
  • Der Opfer-Tod. 1798
  • Der Papagoy. Leipzig 1792
  • Die Rosen des Herrn von Malesherbes. Ein ländliches Gemälde in einem Aufzuge. Riga 1813
  • Rudolph von Habsburg und König Ottokar von Böhmen. Leipzig 1816
  • Das Schreibepult, oder die Gefahren der Jugend. Leipzig 1800
  • Der Schutzgeist. Leipzig 1815
  • Die silberne Hochzeit. Leipzig 1799
  • Die Sonnenjungfrau. Leipzig 1791 (première publication en 1789).
  • Die Spanier in Peru oder Rolla’s Tod. Leipzig 1796
  • Die Stricknadeln. Leipzig 1805
  • Ubaldo. Leipzig 1808
  • Die Unvermählte. Leipzig 1808
  • Die Versöhnung. Leipzig 1798
  • Die Verwandtschaften. Leipzig 1798
  • Die Wittwe und das Reitpferd. Eine dramatische Kleinigkeit. Leipzig 1796

Jugements[modifier | modifier le code]

  • Victor Cousin: « je me souviens d'avoir rencontré par hasardWeimar en 1816] le spirituel, et si on veut, le méchant, mais très insignifiant Kotzebue, auteur de pièces de théâtre fort médiocres, devenu un publiciste rétrograde, qu'un fanatique eut la bêtise d'assassiner en 1819. Jamais coup de poignard n'a été plus mal placé. Qui saurait aujourd'hui que Kotzebue a existé sans la bizarrerie de sa mort ?[6] »

Famille[modifier | modifier le code]

Son oncle, l'écrivain Johann Karl Musaeus (1735-1787), s'est consacré à recueillir des contes traditionnels et sa sœur Caroline Ludecus (de) (1757-1827?) fut elle-aussi un écrivain célèbre.

Écrivain prolifique, il fut aussi un père comblé : ses deux épouses successives, Frédérique von Essen (1763-1790) puis Christina von Krusenstiern, lui donnèrent 18 enfants, dont l'explorateur Otto von Kotzebue (1787-1846), le général Paul von Kotzebue et le peintre Alexandre von Kotzebue, qui fut témoin de son assassinat. Il est le grand-père d'Elisabeth Bluhm (1783-1860), fille du médecin de Tallinn et épouse de Johann VIII Burchart von Bélavary, pharmacien de la même ville et fondateur du premier musée en Estonie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Correspondant en partie à l'Estonie actuelle
  2. Actuelle Tallinn
  3. L'aversion que lui voue désormais la jeunesse allemande est telle qu'un de ses ouvrages est même brûlé symboliquement par des membres de la Burschenschaft Teutonia lors de la première fête de la Wartbourg, le 18 octobre 1817.
  4. Les circonstances de l'assassinat marquèrent les contemporains: en effet, Sand se présenta au domicile de l'écrivain qui l'y accueillit sans méfiance aucune, et lui porta le coup mortel devant le plus jeune fils du poète, Alexandre, qui avait alors 4 ans.
  5. Traduction de Guyot des Herbiers, 1814.
  6. in Victor Cousin, Souvenirs d'Allemagne, Paris, éditions du CNRS, 2011, p.155

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]