Ichmoul

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Ichmoul
APC d'Ichмoul
APC d'Ichмoul
Noms
Nom algérien إيشمول
Nom chaoui Ich N'Oul
Nom amazigh ⵉⵛ ⵏ ⵓⵍ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Aurès
Wilaya Batna
Daïra Ichmoul
Président de l'APC Lakhdar Agabi
Code ONS 0530
Indicatif 033
Démographie
Population 10 240 hab. (2008[1])
Densité 83 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 18′ 00″ N 6° 29′ 00″ E / 35.3, 6.483333335° 18′ 00″ Nord 6° 29′ 00″ Est / 35.3, 6.4833333  
Superficie 124 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Batna.
Localisation de la commune dans la wilaya de Batna.

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Ichmoul

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Ichmoul

Ichmoul (anciennement Médina)[2] est une commune de la wilaya de Batna en Algérie ; elle est située dans le massif de l'Aurès.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'Ichmoul est situé au sud-est de la wilaya de Batna.

Communes limitrophes d’Ichmoul
Arris Foum Toub Foum Toub
Arris Ichmoul Yabous (wilaya de Khenchela)
Arris Tighanimine, Inoughissen Inoughissen

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de cette commune montagneuse est semi-aride, l'hiver est froid et rude avec des températures qui atteignent parfois les -14°C, et l'été est modéré et sec[3].

Nuvola apps kweather.png Données climatiques à Ichmoul.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −4,6 −3,5 −1,6 0,7 3,5 8,5 10,6 10,4 8,3 4,2 −0,3 −3,2 2,8
Température moyenne (°C) 0,5 1,6 4,1 7,5 11,1 16,4 19,5 19,9 15,6 10,2 5,2 1 9,4
Température maximale moyenne (°C) 4,7 8,1 9,9 15,5 18,3 24,3 28,1 27,1 22,5 16,2 9,9 5,6 15,8
Nombre de jours avec gel 5 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 3 10
Précipitations (mm) 23 5 16 10 10 6 1 4 16 19 27 29 166
Nombre de jours avec précipitations 6 4 6 4 3 1 0 2 3 5 5 6 45
Source : Chinci, statistiques sur 20 ans[4].
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
4,7
−4,6
23
 
 
 
8,1
−3,5
5
 
 
 
9,9
−1,6
16
 
 
 
15,5
0,7
10
 
 
 
18,3
3,5
10
 
 
 
24,3
8,5
6
 
 
 
28,1
10,6
1
 
 
 
27,1
10,4
4
 
 
 
22,5
8,3
16
 
 
 
16,2
4,2
19
 
 
 
9,9
−0,3
27
 
 
 
5,6
−3,2
29
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

La commune d'Ichmoul est composée de 32 localités[5] :

  • Ahadhri
  • Aouhabent
  • Bacha supérieur
  • Bacha inférieur
  • Bala Aïssa
  • Bouyeztoutène
  • Cité Ifertacine
  • Djermane
  • El Hadjadj
  • El Hammam
  • El Oudha
  • Ferme Abdesselem
  • Ferme Boussad
  • Hafedh
  • Isrirène
  • Khenguet Asli
  • Khenguet Debbane
  • Khenguet Rezazna
  • Kherzouz
  • Laanacer
  • Lakhnaag
  • Meloudja
  • Ouled Azzous
  • Ouled Bechka
  • Ouled Moussa
  • Tachechart (Tiguensoura)
  • Tadjra
  • Tamestaouth
  • Tazeghouine
  • Teniet Telathène
  • Tighezza
  • Vieux Medina
  • Village de Medina (Lahrig inférieur)

Histoire[modifier | modifier le code]

Période de la colonisation française[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXème siècle, est créé le douar Ichmoul, dans le cadre de la commune mixte de l'Aurès, dont la capitale est Arris. Les habitants de ce douar appartiennent à la tribu des Touabas.

Dans les années 1930, Médina est le lieu d'un marché important pour les habitants de cette commune mixte notamment ceux du versant sud-est du Djebel Ahmar Kaddou (douars Kimmel, Tadjemout et Oulach).

Durant l'été 1936, l'ethnologue Germaine Tillion passe plusieurs semaines à étudier ce marché et l'évoque de façon assez détaillée dans son livre Il était une fois l'ethnographie (2000)[6].

La révolution algérienne[modifier | modifier le code]

Dès le début de la guerre d'Algérie, les Touabas, dont est issu la famille de Mostefa Ben Boulaïd, sont dans l'ensemble favorables à l'insurrection. Le douar Ichmoul fait partie des zones de forte rébellion, ce qui explique l'épisode du bombardement d'Ichmoul, annoncé (mais finalement non réalisé)[7]

Le bombardement du douar Ichmoul

En novembre 1954, l'armée française[8] menace de bombarder au napalm le village de Touffane, avertissant la population par des tracts largués d'avion annonçant le bombardement (80 000 tracts[9]).

Le sous-préfet Deleplanque, accompagné par le caïd Saadi Abd el-Krim, parti à la rencontre de trois éléments « représentatifs de la population rebelle », leur donne trois jours pour qu'avant le bombardement, ils se rendent avec leurs familles dans le camp d'accueil de la population à Touffana, avec promesse de leur donner du travail, des logements et de la nourriture pour toutes les familles. La proposition n'est acceptée que par 150 personnes qui s'étaient rendues avec peu d'armes[10].

Le bombardement est annulé, mais le colonel Ducourneau et Gilles, ratissent Ichmoul à la recherche de rebelles, cependant sans résultats[10].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville est au pied de la montagne, le Djebel Ichmoul, dont elle porte le nom. Son origine est l'expression berbère Ich N'Oul (« la corne du cœur »), qui avec le temps s'est transformée en « Ichemoul »[11].

Population[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges de la commune d'Ichmoul en 2008 en pourcentage[12]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,72 
80 ans et +
0,77 
1,54 
70 à 79 ans
1,63 
2,38 
60 à 69 ans
2,5 
2,9 
50 à 59 ans
3,15 
4,81 
40 à 49 ans
5,05 
7,37 
30 à 39 ans
7,59 
10,11 
20 à 29 ans
10,53 
10,23 
10 à 19 ans
9,51 
9,73 
0 à 9 ans
9,44 
0,00 
nd
0,02 
Pyramide des âges de la wilaya de Batna en 2008 en pourcentage[13]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,49 
80 ans et +
0,48 
1,21 
70 à 79 ans
1,23 
1,77 
60 à 69 ans
1,8 
3,43 
50 à 59 ans
3,37 
5,04 
40 à 49 ans
5,25 
6,80 
30 à 39 ans
6,88 
10,74 
20 à 29 ans
10,39 
11,29 
10 à 19 ans
10,84 
9,69 
0 à 9 ans
9,25 
0,02 
nd
0,03 

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Population de la commune d'Ichmoul de 1966 à 2008[14].
1966 1977 1984 1998 2008
12 090 13 935 17 000 9 887 10 240

Économie[modifier | modifier le code]

L'agriculture est l`un des secteurs les plus actifs de la commune. 500 ha, environ 40 % des terres de la commune, sont plantés de vergers de pommiers. Cette activité remonte à 1971, date de l'introduction de la pomme à Ichmoul ; auparavant la céréaliculture dominait dans la région[11].

La commune possède des réserves en barytine : dans le passé une mine été exploitée par une usine qui existe encore mais qui n'est plus active[15].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine archéologique[modifier | modifier le code]

Dans la commune on trouve des ruines romaines, un arc de triomphe, et des stèles écrites en latin[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Batna : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. Farouk Zahi, « L'actualité Autrement Vue : « Ras Keltoum, dans le massif du Chélia » », Le Quotidien d'Oran, no 4711,‎ 2 juin 2010 (ISSN 1111-2166, lire en ligne).
  3. la commune de Ichmoul sur le site officiel de a wilaya de Batna, consulté le 24 décembre 2012
  4. « Temperatures in Ichmoul, Batna, Algeria », sur www.chinci.com (consulté le 24 décembre 2012).
  5. Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Batna, p. 1479.
  6. Pages 125-129.
  7. Cf. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie.
  8. François Mitterrand a été concerné par cet épisode en tant que ministre de l'Intérieur du gouvernement Pierre Mendès France.
  9. Hamou Amirouche, Akfadou : un an avec le colonel Amirouche, éditions Casbah 2009, p.309 (ISBN 9961648560)
  10. a et b Yves Courrière, Les fils de la Toussaint, A Ichmoul ... était-on encore en retard d'une guerre ?, p-426-429, Ed. Fayard 1968
  11. a et b Lamia F., « Ichmoul,terre de pommeraies par excellence : « Déficit en retenues collinaires » », El Watan, no 6213,‎ 30 mars 2011, p. 13 (ISSN 1111-0333, lire en ligne).
  12. Wilaya de Batna — Population résidente par age et par sexe. Consulté le 24 mai 2012.
  13. Wilaya de Batna — Population résidente par age et par sexe. Consulté le 24 mai 2012.
  14. Philippe Thiriez, en flanant dans les Aures, chap. 3 (« Batna »), p. 46 p.46
  15. Ali Benbelgacem, Batna : « Ichmoul dans son enclavement routier », dans La Nouvelle République du 25 avril 2010, consulté le 25 mai 2012
  16. ALGERIA (Aures) Roman ruins of Ichmoul in the Aures consulté le 28 mai 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]