Oxyurose

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Oxyurose
Classification et ressources externes
L'oxyurose est due à un ver, Enterobius vermicularis, communément nommé « oxyure ».
CIM-10 B80
CIM-9 127.4
DiseasesDB 13041
MeSH D017229
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L'oxyurose est une parasitose due à un ver, l'Enterobius vermicularis, communément nommé « oxyure ». Il s'agit d'une parasitose digestive bénigne et très fréquente, notamment chez l'enfant. Il s'agit de la parasitose la plus répandue en France.

Vecteur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enterobius.

Le vecteur de l'oxyurose est un petit nématode (vers rond), l'Enterobius vermicularis, qui mesure de 1 à 4 mm pour le mâle et de 8 à 13 mm pour la femelle. Cette dernière possède une longue extrémité postérieure pointue.

Les femelles sont blanches et bien visibles dans les selles. Leur extrémité postérieure est progressivement effilée alors que celles des mâles, qui sont moitié moins longs, est enroulée ventralement. Ces derniers ne sont vus que dans les selles de purgation.

Les femelles migrent vers l'anus (généralement la nuit) et y déposent de 10 à 20 000 œufs. Elles sécrètent également une substance irritante qui incite l'hôte à se gratter (prurit anal ou ano-vulvaire), transférant les œufs sur les doigts. Lorsque ceux-ci sont ingérés (directement par contact doigts/bouche ou indirectement par contact avec les aliments), ils éclosent dans le système digestif et arrivent à maturité en 30 à 45 jours.

Les œufs, d'une taille de 50 µm environ, sont assez volatils et permettent parfois une contamination par voie aérienne.

Cycle parasitaire[modifier | modifier le code]

Cycle parasitaire (CDC, États-Unis).

L'oxyure a un cycle parasitaire intégralement digestif. Ce cycle commence par ingestion d'aliments contaminés par des œufs embryonnés d'oxyures directement infestants (ou par le fait de porter les doigts à la bouche). Les œufs ingérés éclosent dans l'estomac de l'homme, les larves migrent vers les intestins pour donner les adultes (région iléo-cæcale), où a lieu la reproduction sexuée. Deux à quatre semaines plus tard, les femelles commencent à émettre des œufs qui se retrouvent alors dans les selles. La ponte a lieu préférentiellement à la tombée de la nuit et au moment du coucher, ce qui explique notamment la symptomatologie chez les enfants. Les œufs sont auto-embryonnés à la ponte, ce qui signifie qu'ils sont directement contaminants dès leur émission. Une auto-réinfestation est donc possible, notamment chez les enfants et les personnes dont l'hygiène (des mains notamment) est limitée.

Biologie des oxyures[modifier | modifier le code]

Mâles et femelles, fixés par leur bouche à la muqueuse, vivent dans la partie terminale de l'iléon, où ils s'accouplent près du cæcum. Gravides, les femelles gagnent l'ampoule rectale, franchissant activement, le soir, le sphincter, se fixent aux plis radiaires de la marge de l'anus, et y déposent leurs œufs caractéristiques : embryonnés, asymétriques, longs de 50 à 60 microns.

Le cycle parasitaire est simple et direct : ingérés comme souillure, les œufs infectieux libèrent leurs larves dans l'intestin grêle où elles atteignent le stade adulte et se fixent à la muqueuse.

Trois remarques importantes doivent être faites :

  • les œufs, pondus à l'extérieur, ne sont pas mêlés au bol fécal et ne peuvent donc pas être retrouvés par examen coprologique ;
  • les œufs, embryonnés lors de la ponte, sont immédiatement infectieux avec, comme première conséquence, l'auto-infestation par transport manuel direct, de règle chez l'enfant. D'autre part, leur apport massif et la durée (environ 28 jours) de l'évolution jusqu'à la ponte des femelles qui en résulte, expliquent le rythme des poussées d'oxyurose si souvent rattaché à une influence lunaire ;
  • enfin, par ces œufs infectieux qui souillent les vêtements de nuit, la literie et la poussière des locaux, l'oxyurose constitue une véritable « parasitose infectieuse » que favorisent la promiscuité familiale ou communautaire et le manque d'hygiène.

Clinique[modifier | modifier le code]

Parasitose, habituellement bénigne, l'oxyurose atteint plus particulièrement les enfants qui jouent dans les bacs à sable ou certains adultes.

Le signe clinique majeur est le prurit anal : vespéral, intense, obligeant au grattage, il sévit par crises de 2 à 4 jours. Les lésions de grattage aboutissent à l'eczématisation de la région.

Chez la petite fille, il s'étend à la région vulvaire et s'accompagne souvent de vulvite œdémateuse et purulente.

Les signes généraux et nerveux, comme dans beaucoup de verminoses, ne sont pas pathognomoniques ; cependant, pâleur du visage, pincement des ailes du nez, prurit nasal et grincements de dents nocturnes sont, au même titre que le prurit anal, des signes d'alerte.

Les troubles intestinaux sont assez fréquents : anorexie, douleurs sourdes dans la fosse iliaque droite, selles pâteuses ou diarrhéiques. Les retentissements à distance sont l'appendicite à oxyures, qui peut prendre l'aspect de la crise d'appendicite classique, et l'envahissement du vagin et des voies génitales, utérus, trompes, aboutissant à la salpingite à oxyures.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic est fait par identification des œufs dans les selles (examen parasitologique des selles), ou plus rarement lors de l'émission de vers adultes, constatée par l'entourage (petits vers blancs). Cliniquement, le prurit anal doit faire penser à l'oxyurose dont le diagnostic de certitude sera obtenu par le test de Graham, plus simplement qualifié de scotch test, qui consiste à rechercher des œufs sur la marge anale en collant un morceau de ruban adhésif aux abords de l'anus. On peut ensuite constater la présence d'œufs sur le ruban adhésif par examen microscopique.

NB : Le scotch test doit s'effectuer en soirée ou le matin avant la toilette, c'est à cette période de la journée que la femelle d’Enterobius vermicularis descend vers l'anus pour y pondre.

Traitement[modifier | modifier le code]

La molécule utilisée classiquement est le mébendazole (une fois 100 mg en une prise chez l'adulte et l'enfant de plus de 2 ans). Aucun médicament ne détruira les œufs qui sont localisés en dehors du corps, par exemple sous les ongles ; il convient dès lors d'administrer encore 100 mg après deux semaines.

Pour le traitement par flubendazole : une prise unique de 100 mg à renouveler 15 à 20 jours plus tard est recommandée[1].

On n'omettra ni de soigner simultanément tous les contacts, ni les prescriptions prophylactiques : hygiène des mains et des ongles, toilettes périnéales régulières, nettoyage attentif des vêtements de nuit, de la literie et des locaux.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]