Adelina Patti
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Adelina Patti
Adelina Patti en 1880
| Surnom | La Patti |
|---|---|
| Nom de naissance | Adela Juana Maria Patti |
| Naissance | 10 février 1843 Madrid |
| Décès | 27 septembre 1919 (à 76 ans) Brecon |
| Activité principale | Artiste lyrique Soprano |
| Style | Opéra |
Adela-Juana-Maria[1] dite Adelina Patti est une cantatrice italienne (soprano colorature), née le 10 février 1843[2] à Madrid et morte le 27 septembre 1919 au château de Craig-y-Nos près de Brecon (pays de Galles).
Sommaire |
[modifier] Biographie
Dernière des quatre enfants de Salvator Patti (1800-1869) et Catherine Chiesa, deux musiciens italiens installés en Espagne, Adelina Patti émigre peu de temps après sa naissance avec sa famille aux États-Unis. Ayant débuté le chant dès l'âge de 9 ans, elle donne plusieurs concerts à travers le pays avec ses deux sœurs aînées, Amalia (1831-1915) et Carlotta (v.1835-1889) également cantatrices, sous l'impulsion de Maurice Strakosch, un pianiste et impresario qui a épousé Amalia en 1852. Leur frère Carlo (1800-1869), sera quant à lui violoniste et chef d'orchestre.
En 1859, à 16 ans, elle débute à l'Academy of Music de New York dans le rôle-titre de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti, puis se rend en 1861 à Londres où elle triomphe au Covent Garden dans le rôle-titre de La sonnambula de Vincenzo Bellini. Ses débuts en 1862 au Théâtre-Italien de Paris dans la même œuvre la font adopter immédiatement du public français.
Surnommée à la manière des divas La Patti, elle interprète principalement les grands rôles de l'opéra italien mais aussi de l'opéra français. Vocalisant avec une « extrême agilité » et dotée d'une émission d'une « égalité parfaite » et d'un timbre « admiré pour sa richesse autant que pour sa clarté », sa voix s'étendait du do3 au contre-fa (fa5)[3].
Le 29 juillet 1868[4], elle épouse à Londres Louis-Sébastien-Henri de Roger de Cahuzac, marquis de Caux et écuyer de l'empereur Napoléon III, de seize ans son aîné[5]. Elle envoie dès lors des invitations indiquant : « La marquise de Caux sera chez elle samedi soir ; la Patti chantera »[6]. Le 7 février 1877, le couple entame une procédure de séparation qui est prononcée le 4 août suivant avec grand bruit car aux dépends de la cantatrice[7], celle-ci ayant été convaincue d'entretenir une liaison avec le ténor Ernest Nicolas dit Nicolini[8]. Le divorce n'ayant été effectif qu'en 1885, elle épouse Nicolini le 9 juin 1886[9], dont elle divorce pour épouser en janvier 1899[10] un suédois, le baron Olof Rudolf Cederström[11].
Elle quitte définitivement la scène en 1906 et meurt le 27 septembre 1919 dans sa propriété de Craig-y-Nos au pays de Galles et est enterrée quelques jours plus tard au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Adelina Patti fit l'admiration de Tchekhov qui, jugeant le chant italien supérieur, érigea la célèbre soprano en modèle au même titre que le ténor Enrico Tamberlick (1820-1889)[12].
[modifier] Ses grands rôles
- Zerlina dans Don Giovanni de Mozart
- Rosina dans Il barbiere di Siviglia et Semiramide (rôle-titre) de Gioachino Rossini
- Gilda dans Rigoletto, Leonora dans Il trovatore ou Violetta dans La traviata de Giuseppe Verdi
- Marguerite dans Faust et Juliette dans Roméo et Juliette de Charles Gounod
[modifier] Citations et hommages
Adelina Patti est évoquée dans de nombreuses œuvres parmi lesquelles :
- La Vie parisienne de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, créée en 1866 :
- Je veux, moi, dans la capitale
- Voir les divas qui font fureur
- Voir la Patti dans Don Pasquale
- Et Thérésa dans le Sapeur
- Anna Karénine de Léon Tolstoï
- Spirite de Théophile Gautier
- Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde
- Nana d'Émile Zola
- Boroña de Leopoldo Alas
- Le Village aérien (Chapitre VI) de Jules Verne
- Franz Doppler écrit en souvenir d'elle et de ses débuts une pièce pour deux flûtes et piano aussi nommée La Sonnambula
Adelina Patti est également largement évoquée par George Bernard Shaw, critique musical majeur de son époque, dans ses Écrits sur la musique.
[modifier] Notes et références
- Stanley Sadie, The New Grove Dictionary of Opera, Macmillan Publishers, New York, 1997, p.918.
- ou le 19 février selon le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Pierre Larousse, 1890, p.1683.
- Notice sur l'Encyclopédie Larousse
- Le Figaro du 31 juillet 1868 sur Gallica.
- Photo du mariage (datée par erreur de mai 1866) sur la base de données des Archives de France.
- Céléstine d'Armaillé, Quand on savait vivre heureux, Montbel, Paris, 2012.
- Alexandre Laya, Causes célèbres du mariage ou les Infortunes conjugales, A. Chevalier-Marescq, Paris, 1883, pp.108-115, sur Gallica.
- Charles Virmaitre, Paris cocu, L. Genonceaux, Paris, 1890, pp.181-182, sur Gallica.
- Georges d'Heylli, Dictionnaire des pseudonymes, Dentu, Paris, 1887, p. 337, sur Gallica. D'Heylli indique par erreur la date de mai 1866 pour le mariage avec le marquis de Caux.
- Le Ménéstrel du 29 janvier 1899 sur Gallica.
- Xavier Marmier, Journal (1848-1890), t. 2, Droz, Genève, 1968, p. 68.
- Catherine Genton, « La Musique de Tchekhov, une médecine de l’âme » in Études t.401, éditions S.E.R., septembre 2004, pp. 227-236.