ABCD de l'égalité

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L’ABCD de l'égalité est un programme français d'enseignement proposé par Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, et dont l'objectif est de lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre[1]. Ce programme est enseigné de manière expérimentale à partir de la rentrée 2013[2] dans quelque 600 classes du primaire et de la maternelle.

L’ABCD de l'égalité est au cœur d'une polémique sur les études de genre[3], ses opposants dénonçant « l'enseignement de la « théorie du genre » ».

Le 25 juin 2014, le ministre de l'Éducation nationale annonce que le bilan jugé positif de l'expérimentation « ABCD de l'égalité » justifie la mise en place d'un « plan d'action pour l'égalité entre les filles et les garçons à l'école » qui vise prioritairement à former les enseignants. Mais dans les faits, il laisse entendre que les ABCD ne seront pas généralisés[4],[5]. C'est le 25 novembre 2014 que Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la Recherche, présente son plan d'action[6], dont la mesure la plus importante est la sortie d'un site proposant « de nombreuses ressources en ligne afin d’accompagner les enseignants, les parents d’élèves et les acteurs de la communauté éducative[7],[8] ».

Objectif[modifier | modifier le code]

Le but est de lutter contre les stéréotypes filles-garçons et de mettre entre les mains des enseignants les outils nécessaires pour éduquer à l'égalité et au respect entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes[9]. L’égalité des filles et des garçons constitue en effet une obligation légale et une mission fondamentale pour l'Éducation nationale. Ce principe est inscrit pour la première fois en 1989 dans la loi Jospin, puis associé à celui de mixité avec la loi Fillon de 2005[10],[11].

Les stéréotypes sont des normes qui font que chaque sexe adopte, dès le plus jeune âge, le comportement que l'on attend d'eux. Par exemple, les filles, encouragées à jouer à des jeux plus doux, sont plus sages alors qu'il est considéré comme normal que les garçons soient plus turbulents. Par la suite, les filles se tournent davantage vers les métiers moins payés, elles délaissent les filières scientifiques malgré de bons résultats scolaires, ce qui perpétue la division traditionnelle des rôles[12].

Le programme[modifier | modifier le code]

La mission principale du programme est de « transmettre des valeurs d’égalité et de respect entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes » selon la loi du 8 juillet 2013 portant « refondation de l'École de la République »[13]. Le dispositif est testé dans dix académies (Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, Corse, Guadeloupe, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Rouen et Toulouse) et 600 classes dans 275 établissements[14] ; Des outils de formation étaient mis à disposition des enseignants. Dans ce cadre, une interview de Véronique Rouyer, maître de conférence, était proposée, dans laquelle elle soulignait que l’école maternelle constituait un lieu de socialisation central dans la construction des inégalités entre les filles et les garçons[15]. ».

Un rapport de 250 pages du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, remis le 15 janvier 2014 à Najat-Vallaud Belkacem, s'attaque aux préjugés filles-garçons. Ce rapport comprend trente propositions visant à remettre en question des stéréotypes encore bien ancrés, comme le montrent des chiffres saisissants, qui truffent le rapport la ministre aux Droits des femmes de l'époque. Pour lutter contre les préjugés qui font que - par exemple - 99% des personnels de crèche sont des femmes et qu'il y a un personnage féminin pour cinq personnages masculins dans les livres de maths, la ministre, qui expérimente dans dix académies les ABCD de l'égalité à l'école, des modules anticlichés pour les petits, devaient reprendre la plupart des idées du rapport et en a anticipé certaines :

Dès le berceau[modifier | modifier le code]

Associer les pères à la préparation à l'accouchement, sensibiliser les professionnels de la petite enfance à ne pas s'adresser en priorité à la maman, et surtout, faire en sorte que ces professionnels soient aussi des hommes... « A 15 ans, c'est dur d'envisager ces métiers pour un garçon », assurait Vanessa Wisnia-Weil, coauteur du rapport. « On propose d'expérimenter ce qui se fait avec succès en Allemagne ou en Ecosse : d'aider les jeunes de 20-25 ans qui cheminent sans trouver leur voie de se reconvertir dans les métiers de la petite enfance, en finançant leur préparation au concours. » A Berlin, ce n'est plus 1% mais jusqu'à 20% d'hommes qui travaillent dans les crèches[16].

A l'école[modifier | modifier le code]

Sanctionner les propos sexistes en cours de récré, comme au Québec, même les innocents « t'es pas cap, t'es qu'une fille ». Mais aussi veiller aux temps de parole... Le rapport recommande d'identifier un référent « mixité » dans chaque établissement, qui permette, aussi, l'autocritique du corps enseignant : des travaux montrent que les profs interagissent plus avec les garçons qu'avec les filles, pourtant jugées plus faciles et meilleures élèves[16].

Au collège-lycée.[modifier | modifier le code]

Repenser l'orientation en y associant les parents. Un guide serait diffusé pour les transformer en alliés d'une orientation moins sexuée (garçons en S, filles en L). « On parle du manque de femmes ingénieurs, mais elles étaient 3% en 1980, elles sont 34% aujourd'hui. C'est dans les métiers non qualifiés que l'absence de mixité reste criante », insistait Marie-Cécile Naves, sociologue. Dans la très longue liste des métiers non mixtes (83% de l'ensemble), le rapport identifiait ceux où il y a de l'emploi (paramédical, transports...) et suggérait de mener une politique de sensibilisation visant à les ouvrir au sexe qui n'y est pas représenté[16].

Sport, santé[modifier | modifier le code]

Le rapport pointait le fait que des campagnes de sensibilisation étaient nécessaires. Plus on descend dans l'échelle sociale, moins les filles font de sport, ce qui joue sur leur santé. Il s'agirait d'obliger les fédérations à faire campagne auprès d'elles, en conditionnant les subventions à cette obligation. Plus largement, le rapport militait pour que les éditeurs s'engagent par contrat à ne pas affubler les femmes de tabliers et les hommes de mallettes dans les livres jeunesse et scolaires. Et suggèrait l'expérimentation d'un logo Photo retouchée dans les médias qui matraquent les ados de clichés de corps parfaits et ultrasexués. « Il ne s'agit pas d'indifférencier les sexes, insistent les auteurs. Mais d'ouvrir le champ des possibles, pour tous[16]. »

Une évaluation du programme des ABCD de l'égalité était attendue le 30 juin 2014.

Les études de genre et la déconstruction des inégalités[modifier | modifier le code]

Les chercheurs spécialistes de la question sont unanimes[12] : il n'existe pas une « théorie du genre », mais des « études de genre ». Ces « gender studies », venues des États-Unis, sont un paradigme universitaire : dans les années 1960 et 1970, plusieurs chercheurs ont étudié les raisons des inégalités hommes-femmes, dont ils ont fait un matériau d'études. En réalité, ces « gender studies » se traduisent par « études sur le genre », et sont donc une discipline universitaire, en aucun cas une idéologie ou une théorie politique. Ces études de genre ont donc pour objectif de déconstruire les inégalités et non les différences et la réalité biologique.

Campagne contre les ABCD de l’égalité[modifier | modifier le code]

Campagne de rumeurs[modifier | modifier le code]

Durant toute la période de leur expérimentation, les ABCD de l’égalité font l’objet d’une campagne où sont lancées de fausses rumeurs[17]. Une de ses plus ferventes ennemies est Farida Belghoul, enseignante devenue disciple du polémiste d'extrême droite Alain Soral. En décembre 2013, Farida Belghoul s'indigne contre les «ABCD de l'égalité » du ministère, dispositif pédagogique destiné à enseigner aux plus jeunes l'égalité entre les sexes. À coups de SMS, de mails et de slogans frondeurs sur le Web, elle dénonce une « théorie du genre », met en garde les parents contre les «cours d'éducation sexuelle avec démonstration dès la maternelle », et autres peluches en forme d'organes génitaux. Elle appelle à une « journée de retrait » des enfants de l'école, une fois par mois. Un vague de panique est provoquée chez certains parents. Le 29 mars 2014, une enseignante de maternelle de Joué-lès-Tours découvre une vidéo de dix minutes, mise en ligne sur le site du collectif des Journées de retrait de l'école (JRE) qui l'accuse d'« attentat à la pudeur » sur un garçonnet de 3 ans. Dalila Hassan, qui se présente comme « responsable de la JRE 37 », y invente un récit terrifiant: un garçon « a expliqué que la maîtresse avait baissé son pantalon, qu'il y avait aussi (...) une petite fille à qui on a baissé le pantalon et (...) que la maîtresse a demandé à la petite fille de toucher ses parties génitales et au petit garçon de toucher les parties génitales de la petite fille et ensuite de se faire des bisous ». Elle dit se faire l'écho des craintes d'une mère tchétchène. À la fin de la vidéo, un slogan : « Vaincre ou mourir. » Le temps d'un week-end, 54 000 personnes visionnent la vidéo. YouTube la retire le 31 mars, elle réapparaît le 9 avril 2014. « On a sans doute atteint l'apogée de la campagne de calomnie, avec des attaques personnelles, qui ont ciblé une école en particulier », estime à l'époque l'inspecteur d'académie d'Indre-et-Loire, Antoine Destrés. L'institutrice, la directrice de l'établissement ainsi que le rectorat de l'académie de Tours-Orléans avaient alors porté plainte pour diffamation contre les JRE. « La famille tchétchène, dont le fils était en classe à la Blotterie, n'a jamais porté plainte, tient à rappeler Patrick Bourbon, porte-parole du réseau Éducation sans frontière (RESF) en Indre-et-Loire. On l'avait cotoyée en parrainant ses enfants quand sa demande d'asile avait été rejetée, puis on l'avait perdue de vue, explique l'ancien instituteur. Mais on ignore comment Farida Belghoul est entrée en contact avec elle »[18].

Éric Zemmour s'était fait le porte-voix des rumeurs les plus folles du Net. Jean-François Copé s'en était pris à un livre pour enfants, "tous à poils"... Dopés par la viralité de Twitter et Facebook, les bruits nauséabonds sortent vite du noyau de l'extrême droite, alimentent les rédactions, la buvette de l'Assemblée nationale, les dîners en ville, jusqu'aux citoyens lambda. Cliquer, transférer, retweeter, même les choses les plus violentes, c'est facile, peu compromettant, pas culpabilisant[17].

Les Journées de retrait de l'école[modifier | modifier le code]

En janvier 2014, Farida Belghoul, militante proche d'Alain Soral[19],[20], est à l'initiative de la « Journée de retrait de l'école »[21]. Elle propose ainsi un boycott de certains jours de classe, affirmant que, sous couvert de ce programme, le ministère tente d'introduire une « théorie du genre » dans les enseignements scolaires[21]. Cette campagne est bien relayée par les réseaux sociaux et par SMS[21], au point que certaines écoles enregistrent 30 % d'absentéisme[22], ce qui conduit Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem à démentir les affirmations de Farida Belghoul[23].

La polémique sur la «théorie du genre» se déplace sur le terrain judiciaire, la FCPE (principale fédération de parents d'élèves) de la Seine-et-Marne annonce par la voix de son secrétaire général Mehdi Azzam qu'elle envoie le 30 janvier 2014 une plainte pour «menaces» au procureur de Melun, après un courrier électronique anonyme soutenant «la journée de retrait de l'école et menaçant explicitement tous les parents élus». L'auteur se réclame de «réseaux insoupçonnés en termes d'influence», soutenant Farida Belghoul, L'expéditeur de ce mail inquiétant affirme que des noms de parents d'élèves FCPE ont été relevés dans toute l'Ile-de-France, et menace de «cibler automatiquement» les parents qui pourraient évoquer la question en conseil d'école[24].

Selon le ministère de l'Éducation nationale, seule une centaine d'écoles publiques sur 48 000 ont été perturbées par des absences d'élèves, après des appels à boycotter l'école qui «apprendrait aux garçons à devenir des filles» ou aux élèves de maternelle à se masturber. Des rumeurs fermement démenties par Vincent Peillon : «l'ABCD de l'égalité», expérimenté dans dix académies, est une «éducation à l'égalité fille-garçon», pas une négation des différences biologiques[24].

Dans «tous les départements de Paris et alentours» la FCPE «porte plainte ou dépose une main courante, et à la FCPE nationale, on est dans la même optique de porter plainte. On ne peut pas laisser intimider nos salariés et nos militants», a déclaré le président de la fédération de parents d'élèves Paul Raoult. «Dans une République démocratique ce genre de pratiques n'est pas tolérable», a-t-il dit, évoquant des tentatives d'intimidation du type : «arrêtez de parler de la théorie du genre. Si vous continuez, on ira plus loin, on sait exactement qui vous êtes, quand vous vous réunissez»[24]. La FCPE, principale fédération de parents d'élève considère que ce projet « développe l'esprit critique des enfants et peut permettre de lutter contre tous les stéréotypes »[25] et « encourage tous les parents à refuser les injonctions d’un petit groupe aux idées d’un autre âge »[26].

Le député PS de l'Hérault Christian Assaf a écrit au ministre de l'Intérieur Manuel Valls, lui demandant de poursuivre en justice les personnes à l'origine des rumeurs.

Au-delà des procédures judiciaires, «il y a un vrai travail pédagogique à faire», a indiqué Paul Raoult. «Il y a des parents qui ont eu peur, qui ont mal compris. Il faut les rassurer, leur expliquer ce qu'est l'ABCD. Leur dire que d'expliquer à des enfants que un garçon, une fille, c'est différent physiquement, sexuellement, mais que socialement ils ont les mêmes droits, cela n'a rien de dangereux». Il faut «rappeler aux parents ce qu'est le rôle de l'école : former des citoyens libres, éveiller leur conscience», a souligné la ministre déléguée à la famille Dominique Bertinotti, dénonçant «une forme de retour à l'obscurantisme».

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a appelé «instamment» les parents d'élèves à renouer le dialogue avec les chefs d'établissements pour permettre «un retour rapide de leurs enfants à l'école». «Il n'existe aucun fait avéré de leçons portant sur la masturbation ou incitant à l'homosexualité», a aussi indiqué Abdallah Zekri, trésorier du Conseil français du culte musulman (CFCM) et président de l'Observatoire contre l'islamophobie, qui a appelé «les parents à reconduire leurs enfants à l'école» et éviter une «manipulation menée par des groupes liés à l'extrême droite». La FSU, première fédération de l'éducation, a dénoncé «un tissu de mensonges, de calomnies et de manipulations», de la part de «mouvances extrémistes».

Le 28 janvier 2014, Vincent Peillon, le ministre de l'Education nationale, a demandé aux chefs d'établissements ou directeurs d'école de convoquer les parents qui avaient boycotté l'école pour les rassurer et leur rappeler que l'école est obligatoire. Il déclare : « Jamais nous ne renoncerons à l’enseignement de l’égalité, que nous inscrivons au fronton de toutes nos écoles. Nous continuerons de lutter contre toutes les discriminations, le racisme, les inégalités, mais je veux très solennellement rassurer tous les parents de France : n’écoutez pas ceux qui veulent semer la division et la haine dans les écoles. Ce que nous faisons, ce n’est pas la théorie du genre, que je refuse, nous voulons promouvoir les valeurs de la République et l’égalité entre les hommes et les femmes. »[27]

Si les « JRE » n'ont eu qu'un impact circonscrit, la campagne de calomnie a, elle, touché sa cible. C'est ce que confirme le rapport d'évaluation des inspections générale, divulgué le 30 juin 2014, qui consacre 7 pages (sur 40) à l'impact de ce mouvement de contestation. Un « phénomène inédit, d'une réelle violence symbolique pour les enseignants et souvent générateur de doutes », écrivent les inspecteurs. Et d'ajouter que « les enseignants ne souhaitent pas prendre le risque d'induire des conflits de valeurs chez les enfants dont elles/ils savent la fragilité et qu'elles/ils respectent »[18].

Les sondages d'opinion sur l'ABCD[modifier | modifier le code]

Le 13 juin 2013, une étude d'opinion commandée par l'UNI (organisation étudiante proche de l'UMP) à l'IFOP auprès d'un échantillon représentatif de 965 personnes (interviews par questionnaire auto-administré en ligne) affichait dans le magazine Valeurs Actuelles[28] (dont un des chroniqueurs hebdomadaires est Basile de Koch, mari de Frigide Barjot) contribuait à créer la confusion entre une pseudo "théorie du genre" et les ABCD de l'égalité, en affirmant que que 57 % des français seraient opposés à l'enseignement d'une « théorie du genre » à l'école[29].

Réagissant aux polémiques accompagnant de nouvelles éditions des manuels de sciences de la vie et de la terre, Hélène Périvier, chercheuse à Sciences-Po, rappelait que « cette « théorie du genre» n'existait pas, que c'est un fantasme : les recherches sur le genre sont parcourues de débats contradictoires »[30].

Selon un sondage BVA du 30-31 janvier 2014, commandé par iTélé (filiale de Canal+), sur un échantillon de 994 personnes, 53,5 % des Français soutiendrait le projet des ABCD de l'égalité, 37 % estimerait que c'est un moyen de diffuser une « théorie du genre » et 33% que ce serait « dangereux »[31].

Opposition idéologique à la lutte contre les stéréotypes[modifier | modifier le code]

La guerre menée contre Najat Vallaud-Belkacem est avant tout idéologique[17]. Alain Finkielkraut déclare, après s'être opposé aux campagnes de fausses rumeurs et de boycott de l'école, à propos des ABCD de l'égalité:

  • « Aujourd'hui on veut introduire le genre dès la maternelle. (...) C'est une vision du monde (...) on va amener les enfants à ricaner de ce passé ridicule, de ce passé plein de préjugés et de stéréotypes, non pas donc admirer le passé mais le regarder avec suffisance. Il ne revient pas à l'école de changer les mentalités, il lui revient d'introduire les enfants dans un monde plus vieux qu'eux. Avec le genre, l'école change de définition.»[32]
  • « Il y a bien une théorie, et même une métaphysique du genre, une métaphysique c’est-à-dire une manière d’appréhender le réel dans sa totalité. Les études de genre reposent sur l’idée que tout dans le monde humain, tout, absolument tout relève de l’histoire. Il y a bien des sexes biologiques mais la différence entre le masculin et le féminin est une construction sociale et historique. Et surtout (...) cette construction il s’agit non de la respecter comme le cadre préétabli de notre existence, il s’agit de la mettre à bas pour accéder à l’égalité pleine et entière, à l’égalité véritable, à l’égalité ultime que représente l’interchangeabilité des aspirations, des rôles, des manières d’être et de faire (...) On s'insurge contre le fait qu'il y ait plus de garçons que de filles à vouloir jouer au rugby (...) Les grandes professions bourgeoises ne sont plus réservées aux hommes, on peut être avocate, on peut être enseignante, on peut être médecin (...), donc il s’agit d’autre chose, il s’agit de faire la guerre à toute trace de masculinité et de féminité, (...) de combattre les superstitions familiales »[33]

Alain de Benoist, principal représentant du mouvement dit de la « Nouvelle Droite » (extrême-droite), juge ridicule de vouloir dissocier le programme ABCD de l'égalité de ce qu'il nomme « l'idéologie du genre ». Il constate que les « outils pédagogiques » fournis aux directeurs d’établissements scolaires liés à ce dispositif, ont pour programme « de « déconstruire » dès le plus jeune âge des « stéréotypes » qui ne peuvent être considérés comme tels qu’à la condition d’adhérer à la théorie du genre»[34].

Pour Laura Slimani, présidente du Mouvement des jeunes socialistes : « Oui, le genre, ça existe et oui, nous allons l'enseigner dans les écoles et c'est tant mieux, parce que ça veut dire plus d'égalité. »[35],[36].

La Manif pour tous[modifier | modifier le code]

Les militants de la «Manif pour tous» ont manifesté au cours des années 2012 et 2013 principalement, pour protester contre la politique de «démolition de la famille» que mènerait le gouvernement selon eux. Né en opposition au projet d’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, ce mouvement conservateur a élargi la base de ses revendications, en s’adaptant à l’actualité[37]. Leur premier rassemblement, le 17 novembre 2012, mené par Frigide Barjot, s'opposait au mariage pour tous. La manifestation du collectif La Manif pour tous, le 2 février 2014 à Paris et à Lyon, mettait la pression sur le gouvernement au moment de la loi sur la famille. Celui-ci leur avait déjà en partie donné raison, en décidant de ne pas intégrer l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes au projet de loi Famille. Ce texte, pourtant a minima, était même repoussé dès le lendemain du défilé dominical par Manuel Valls puis Matignon. Forts de ce succès, les militants de la Manif pour tous concentraient alors leurs efforts contre une supposée «théorie du genre» qui viserait à pervertir la jeunesse de France, en demandant, entre autres revendications, la « suspension immédiate des ABCD dits de l'égalité et la création d'une commission d'enquête parlementaire à leur sujet »[38].

Créé dans le sillage de La Manif pour tous, en mars 2013, par l'Union nationale inter-universitaire (organisation étudiante de droite)[39], l'Observatoire de la théorie du genre a lancé une pétition demandant la fin de l’expérimentation du programme[40].

Soutiens des organisations syndicales et des universitaires aux ABCD de l'égalité[modifier | modifier le code]

Le SNUIPP-FSU, syndicat majoritaire de l'enseignement primaire, le SE-UNSA, le deuxième syndicat d'enseignants, apportent leur soutien au programme et précisent que « Il n’existe pas de "théorie du genre" mais il existe de nombreux travaux dits « sur le genre » reposant sur l’idée que les stéréotypes sexués (par exemple : un garçon ne peut pas jouer à la poupée, les filles ne sont pas faites pour être ingénieur, etc.) sont socialement construits, et que la différenciation sexuelle des places occupées dans la société par les hommes et les femmes n’est pas prescrite par la nature. »[41],[42].

La CFDT, la FEP-CFDT et le SGEN-CFDT, dans un communiqué commun, mettent en garde contre « Des campagnes de désinformation sur la réalité des « ABCD de l’égalité » [qui] sèment le trouble et la confusion auprès de parents. Ces campagnes portent le discrédit sur un dispositif qui vise à éduquer à l’égalité fille-garçon, et à lutter ainsi contre les discriminations sexuelles en agissant aussi bien sur les représentations des élèves que les pratiques des acteurs de l’éducation. »[43]

Pour la CGT : « C’est bien dès l’école pourtant qu’il faut agir, éduquer, lutter contre les stéréotypes de tous genres contre les inégalités filles-garçons, les inégalités en général, contre les discriminations et violences liées au sexe, à l’orientation sexuelle et l’identité de genre, contre l’ensemble des discriminations. »[44]

SUD Education réitérait en mars 2015 son soutien à l'enseignante diffamée par Farida Belghoul (Farida Belghoul a été mise en examen pour complicité de diffamation, lire infra les journées de retrait de l'école (JRE). En mars 2014, le site des JRE avait mis en ligne une vidéo portant de très graves accusations à l'encontre d'une enseignante de l'école maternelle Blotterie à Joué-lès-Tours). Le syndicat, qui a soutenu depuis le début l'enseignante, réaffirmait son soutien moral, matériel et juridique. SUD se félicitait du fait que l'enquête soit élargie à l'ensemble des personnes qui ont attisé les haines sociales et manipulé des personnes en grande fragilité dans un quartier dit sensible . Tout en regrettant que leur collègue diffamée mène seule le combat juridique, bien que l'enseignante ait obtenu la protection fonctionnelle de l'Éducation nationale[45].

Pour Frédérique Aït-Touati (maître de conférence à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'université d'Oxford[46]) : « La polémique sur l'enseignement de la notion de genre serait risible si elle n'était ancrée dans cette histoire longue de la misogynie qui fait de la différence biologique entre hommes et femmes la justification de la hiérarchie des sexes »[47].

Le 29 janvier 2014, une centaine d’universitaires de l’université de Strasbourg publie une tribune intitulée « Pour en finir avec les idées reçues. Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre »[48] où ils affirment que « les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les discriminations, car l’école, le collège, le lycée sont le lieu où les enseignants promeuvent l’égalité et le respect mutuel, où les enfants s’ouvrent au monde qui les entoure, un monde auquel la seule famille ne peut leur permettre d’accéder : les inciter à réfléchir à ce qu'ils sont, sur ce qu'est l'égalité et comment fonctionnent les stéréotypes et les normes sociales est une mission de l’école. Elle joue ainsi son rôle, celui de sociabiliser l’enfant et d’apporter à l’adolescent l’éducation qui lui permettra d’intégrer, un jour, la communauté des adultes »[49]. En quelques jours, 12 000 universitaires cosignent le texte de cet appel[50].

Concernant les "théorie du genre", le milieu universitaire associé aux gender studies a régulièrement expliqué en quoi consistait les études sur le genre[51].

Abandon de la généralisation des ABCD de l'égalité[modifier | modifier le code]

Le 25 juin 2014, quelques jours avant la publication du rapport d'évaluation, le ministre de l'Éducation nationale annonce la mise en place d'un « plan d'action pour l'égalité entre les filles et les garçons à l'école » qui vise prioritairement à former les enseignants. Si le terme des « ABCD de l'Égalité » n'est pas repris, le bilan jugé positif de l'expérimentation justifie, selon le ministre, la formation initiale et continue des enseignants sur l'égalité filles-garçons et la remise d'une mallette pédagogique aux 320 000 enseignants du primaire[4]. Dans les faits, les médias en concluent que le ministre renonce à la généralisation de ce programme d'enseignement[52] de lutte contre les stéréotypes sexués pris pour cible par les "lobbys traditionalistes"[53].

Novembre 2014, nouvelle mouture, une centaine d'outils qui succèdent aux ABCD de l'égalité.[modifier | modifier le code]

Site internet dédié[modifier | modifier le code]

Le détail du " plan d'action pour l'égalité entre filles et garçons " divulgué, mardi 25 novembre 2014, par la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem comprend une centaine de " pistes pédagogiques ", Les grandes lignes de ce plan - formation initiale et continue de tous les personnels, implication des parents d'élèves, production d'outils pédagogiques - avaient été communiquées, le 30 juin, par le prédécesseur de Mme Vallaud-Belkacem, Benoît Hamon.

Le site Internet dédié (reseau-canopé) s'adresse, désormais, autant aux enseignants qu'aux parents d'élèves. Les associations représentatives, FCPE et PEEP notamment, ont été associées tout au long du processus. Les séquences pédagogiques utilisées dans les " ABCD de l'égalité ", pensées pour l'école primaire (de la grande section de maternelle au CM2), n'étaient qu'une dizaine. Elles couvrent désormais " tous les niveaux de la scolarité, de la maternelle au baccalauréat ". Sur le site qui les héberge, le terme de " genre " n'est plus employé. L'éducation nationale entend jouer la transparence en permettant aux parents, en quelques clics, d'accéder aux " essentiels " - une présentation de la démarche et des enjeux du " plan d'action ". Les enseignants ont, eux, à leur disposition une " mallette pédagogique ", sorte de " best of " de la lutte contre les inégalités. On y trouve des " pistes " et " outils " pour le travail quotidien dans et hors de classe, niveau par niveau[6].

En maternelle par exemple, il est suggéré de questionner le terme " l'heure des mamans " en réfléchissant à qui vient chercher les enfants à l'école. Autre piste : prendre des photographies en classe et dans la cour pour inviter à réfléchir sur les comportements des élèves (attitude au travail, durant le regroupement, les ateliers...). En élémentaire, les " jeux sportifs où la mixité et les différences de niveaux ne sont pas un handicap pour prendre du plaisir à jouer ensemble " sont encouragés[6].

En histoire, en classe de 5e, l'une des propositions vise à distinguer " d'un côté ce qui est demandé aux saintes, et de l'autre aux saints ", afin de " mettre en exergue les valeurs qui sont attribuées à la féminité et à la masculinité aux Moyen Âge "," relever les permanences et les mutations " et " montrer que ces critères sont des constructions sociales ". Autre préconisation : un travail sur les tableaux des hommes de la Renaissance ou de Louis XIV, pour " mettre en perspective des critères de virilité très différents de ceux de notre temps ". En 4e, on pourra étudier le discours féministe en poésie. En 1re, l'œuvre de George Sand.

Absence de cadre imposé[modifier | modifier le code]

Reste le sentiment que, sans dispositif formalisé et volontariste, sans cadre imposé, la lutte contre les inégalités pourrait bien se diluer parmi les nombreuses autres missions de l'école. Cela fait trente ans que le combat contre les préjugés sexistes est inscrit parmi les objectifs de l'institution, sans qu'il dépasse le stade de l'injonction. Mais l''objectif affiché est de former 25 000 futurs enseignants par an[6].

Durant le premier trimestre 2015, entre 300 et 500 enseignants s'y connectent chaque jour, se réjouit-on dans l'entourage de la ministre. Mais combien s'en emparent vraiment? Et comment? Dans une tribune publiée par Mediapart en janvier, une quinzaine de chercheurs et d'universitaires - dont Christine Delphy et Eric Fassin - ont dénoncé un « recul idéologique » . « Les pistes pédagogiques proposées sont d'une pauvreté remarquable dans certaines disciplines, et elles laissent bien souvent place à diverses interprétations, y compris dans le sens d'un renforcement des stéréotypes de genre » , écrivent-ils[54].

Au-delà des débats sur le fond, difficile de savoir si, depuis l'arrêt des ABCD de l'égalité, les initiatives en classe se perpétuent. « On continue de travailler sur le sujet mais de manière transversale, sans séquence dédiée » , expliquait une directrice d'une autre école primaire de l'Eure. Dans le quartier sensible où elle exerce, les rumeurs sur la « théorie du genre » étaient allées bon train. « Voir la pression retomber, ne plus être sous le feu des projecteurs, c'est pour nous un progrès.Mais, sur le plan des directives, on y a perdu. On n'a plus d'échange particulier avec la hiérarchie sur le sujet[54]

« Les collègues qui étaient engagés dans l'expérimentation ont maintenu leur cap, pour les autres, sans formation de masse, obligatoire, c'est très difficile » , résumait Sébastien Sihr, du syndicat SNUipp-FSU, majoritaire au primaire.Car le volet formation, sur lequel le gouvernement a centré sa communication, s'attire aussi des critiques. Si la loi impose aux Écoles supérieures du professorat et de l'éducation - les « ESPE » qui ont succédé aux « IUFM » - de traiter du sujet dans leur tronc commun, elles sont libres de construire leurs maquettes de formation[54].

Auditionnée avant l'élaboration des documents pédagogiques - ceux des ABCD de l'égalité, puis ceux du plan d'action -, la sociologue Marie Duru-Bellat déclare « Les enseignants ont la liberté de se saisir de la thématique, mais vont-ils tous le faire? Ils ne sont pas cette avant-garde éclairée qu'on évoque parfois.On retrouve en leur sein les mêmes clivages que dans le reste de la société, et, en particulier, différentes conceptions de l'égalité[54]

Les suites judiciaires de la campagne de fausses rumeurs contre les ABCD de l'égalité[modifier | modifier le code]

Farida Belghoul, figure de proue de cette campagne, est mise en examen pour complicité de diffamation envers un fonctionnaire public. Farida Belghoul a été convoquée mardi 3 mars par un juge du tribunal de Tours, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte après une campagne de calomnie lancée contre une professeure des écoles de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), en mars 2014.

Enseignante, Farida Belghoul a été sanctionnée le 30 octobre 2014 d'un blâme pour avoir notamment critiqué la ministre de l'éducation. Le 26 août, sur le site jre2014.fr, un article publié sous le titre « Belkcacem versus Belghoul », elle avait comparé la nomination de la ministre « chouchoute du lobby trans, bi et cie » à « une déclaration de guerre aux familles de France ».

Farida Belghoul s'affiche notamment aux côtés de l'essayiste d'extrême droite Alain Soral, avec qui elle se serait brouillée récemment mais qui n'en relaie par moins, sur le site de son réseau Égalité et Réconciliation, le lancement des « ABCD de la complémentarité », sortes d'anti ABCD de l'égalité. Ce programme d'actions reposerait sur des ateliers de lecture proposés aux enfants. De « saines » lectures : Frérot et soeurette, Raiponce, La gardeuse d'oies, La jouvencelle au roseau par exemple[18].

Les opposants à l'ABCD[modifier | modifier le code]

C'est lors de la rentrée 2011, à l'occasion de la sortie des nouvelles éditions des manuels scolaires de sciences de la vie et de la terre, avec un chapitre intitulé Devenir homme ou femme, qu'apparait pour la première fois, chez les opposants à cet enseignement, le terme inédit de « théorie du genre »[30].

Pour ses opposants, ce programme de « déconstruction des stéréotypes sexués » détruirait « des repères essentiels à la construction des enfants »[55], constituant une forme de « rééducation des comportements. »

Positions politiques[modifier | modifier le code]

En juin 2011, lors d'une convention tenue par l'UMP sur « La place des femmes dans la société », qui visait à construire le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy en 2012, on pouvait lire dans les propositions du rapport introductif : « Le premier objectif de la promotion de l’égalité des sexes et du respect hommes/femmes dès la maternelle est d’amener les enfants à se sentir autorisés à adopter des conduites non stéréotypées. Il faut aider les filles et les garçons à percevoir positivement leur genre et celui du sexe opposé »[56].

En février 2014, à la suite de la critique du chef de l'UMP, Jean-François Copé, concernant l'un des ouvrages mis à la disposition des élèves dans les écoles primaires[57], ce livre est supprimé par le ministère de l'éducation nationale, des activités pédagogiques des ABCD de l'égalité[58].

Le 19 février, le groupe UMP à l'Assemblée nationale demande la création d'une mission d'information parlementaire sur « genre et éducation », pour « y voir plus clair sur la réalité de la place de l'enseignement du genre dans l'Éducation nationale »[59].

Positions et actions des enseignants[modifier | modifier le code]

Sur le site Café pédagogique, la ministre Najat Vallaud-Belkacem explique le dispositif des ABCD de l'égalité[60].

Pour Jean-Paul Brighelli, après avoir « hésité avant d'apporter [sa] contribution à la polémique artificielle lancée par Farida Belghoul et relayée par tout ce que la France compte d'ignorants, d'obscurantistes et de polémistes intéressés », déclare « l'égalité ne se décrète pas et ne s'enseigne pas »[61].

Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l'institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Créteil, traite des problèmes d'égalité de genre à l'école et souligne combien le système scolaire français est défavorable aux garçons[62],[63], et regrette que le dispositif ABCD ne prenne pas en compte leur échec scolaire précoce et massif[64].

Le journal Sud Ouest pointe dans le Gers, un malaise autour du dispositif ABCD et des instructions officielles interdisant aux enseignants et à leur hiérarchie de communiquer sur le sujet[65].

Dans les écoles qui expérimentent le programme ABCD, les enseignants rassurent les parents et les enfants posent une question « qui ne laisse personne indifférent » (« Pourquoi y a-t-il plus de maîtresses que de maîtres ? »[66])[67].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lise Eliot, Cerveau rose, cerveau bleu. Les neurones ont-ils un sexe ?, éditions Robert Laffont, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Véronique Soulé, « L’égalité à mauvaise école », Libération,‎ 15 avril 2013.
  2. Claire Chartier, « Najat Vallaud-Belkacem lance un programme “anti-sexisme” en maternelle », L'Express,‎ 18 octobre 2012.
  3. « L'“ABCD de l'égalité”, au cœur de la polémique sur la “théorie du genre” », lemonde.fr, 31 janvier 2014.
  4. a et b « Hamon réaffirme l'éducation à l'égalité filles-garçons, sans ABCD », Le Parisien,‎ 30 juin 2014
  5. L'Express | http://www.lexpress.fr/education/abcd-de-l-egalite-benoit-hamon-n-avait-pas-le-choix_1554708.html
  6. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :0.
  7. « Outils pour l'égalité entre les filles et les garçons à l'école : un nouveau site à découvrir ! », sur Réseau Canopé,‎ 25 novembre 2014 (consulté le 27 novembre 2014)
  8. « Outils pour l'égalité entre les filles et les garçons à l'école », sur Réseau Canopé,‎ 25 novembre 2014 (consulté le 27 novembre 2014)
  9. « ABCD de l’Égalité – A Propos », CNDP,‎ Septembre 2013
  10. Marion Braizaz, « La lutte de l’Éducation nationale contre les stéréotypes de genre », Womenology,‎ 13 octobre 2013
  11. « ABCD de l’égalité », FCPE 78,‎ 27 janvier 2014
  12. a et b Philippe Euzen, « L' « ABCD de l'égalité », au cœur de la polémique sur la « théorie du genre » », Le Monde,‎ 31 janvier 2014 (lire en ligne)
  13. « Expérimentation des “ABCD de l'égalité” dans 10 académies volontaires pour transmettre dès le plus jeune âge la culture de l'égalité et du respect entre les filles et les garçons », site du ministère de l'Éducation nationale]
  14. "ABCD de l'égalité" : qu'est-ce que c'est exactement ?
  15. Véronique Rouyer, maître de conférences en psychologie du développement de l’enfant. L'entretien n'est plus sur le site du CNDP mais les recherches de V. Rouyer sont accessibles par exemple sur le site de l'observatoire des inégalités
  16. a, b, c et d Florence Deguen, « Le rapport qui s'attaque aux préjugés filles-garçons », Le Parisien,‎ 15 janvier 2014
  17. a, b et c « Najat Vallaud Belkacem:pourquoi tant de rumeurs ? », Midi Libre,‎ 7 octobre 2014
  18. a, b et c « Farida Belghoul mise en examen pour complicité de diffamation envers un fonctionnaire public », Le Monde,‎ 5 mars 2015
  19. Marie-France Etchegoin, « Antisémite, “national-socialiste” : comment devient-on Alain Soral ? », Le Nouvel Observateur, 26 janvier 2014.
  20. Conférence de Soral et Belghoul annoncé sur le site de Soral
  21. a, b et c Caroline Beyer, « Théorie du genre : des élèves absents du fait d'une étrange rumeur », sur lefigaro.fr,‎ 28 janvier 2014 (consulté le 2 février 2014)
  22. « De fausses rumeurs sur la "théorie du genre" à l'école inquiètent des parents », sur lexpress.fr,‎ 28 janvier 2014 (consulté le 2 février 2014)
  23. Après des boycotts, Peillon dément tout enseignement du « genre » à l'école, Le Monde, 28 janvier 2014
  24. a, b et c « Théorie du genre : les parents FCPE déposent plainte pour menaces », Le Parisien,‎ 30 janvier 2014
  25. Stop à la désinformation sur l'éducation sexuelle à l'École !
  26. FCPE 93; Rumeurs sur la théorie du genre : la FCPE écrit son soutien aux ABCD de l’égalité, Le Parisien, 30 janvier 2014, texte intégral.
  27. Intervention de Vincent Peillon, Séance en hémicycle du 28 janvier 2014 à 15h00, Questions au gouvernement, Théorie du genre à l'école, texte intégral.
  28. Dandrieu Laurent, « Théorie du genre : les Français disent non », Valeurs Actuelles, no. 3995,‎ 20 juin 2013
  29. Sondage IFOP Juin 2013 | http://www.ifop.fr/?option=com_publication&type=poll&id=2280
  30. a et b Véronique Radier, Théorie du genre : ce qui froisse les réacs, Le Nouvel Observateur, 9 septembre 2013
  31. Les Français et les ABCD de l'égalité
  32. Alain Finkielkraut invité de Jean-Jacques Bourdin le 31 janvier 2014
  33. [1] L'esprit de l'escalier du 2 février 2014, Alain Finkielkraut répond à Élisabeth Lévy, une émission RCJ et Causeur « il s’agit de faire la guerre à toute trace de masculinité et de féminité », 4'46 sur 26'27
  34. Alain de Benoist : «Non à la théorie du genre !», entretien, blogelements, 3 février 2014
  35. Vidéo de Laura Slimani
  36. Les délires du genre, Laurent Dandrieu, valeursactuelles.com, 6 février 2014
  37. Sylvain Mouillard, « Un papa, une maman», deux ans de slogans de la Manif pour tous », Libération,‎ 3 octobre 2014 (lire en ligne)
  38. Stéphane Kovacs, « La Manif pour tous veut la fin des «ABCD de l'égalité » », sur Le Figaro.fr,‎ 2 février 2014 (consulté le 2 février 2014).
  39. Delphine Roucaute, « Comment les détracteurs de la "théorie du genre" se mobilisent », sur Le Monde.fr,‎ 25 mai 2013 (consulté le 26 février 2014).
  40. Stéphane Kovacs, « La Manif pour tous se réjouit d'une «première grande victoire» », sur Le Figaro.fr,‎ 4 février 2014 (consulté le 26 février 2014).
  41. SNUipp-FSU, FCPE, SE-UNSA, SGEN-CFDT, ABCD de l’égalité : stop à la désinformation, 29 janvier 2014, texte intégral.
  42. fjarraud, JRE : Les syndicats et les parents se mobilisent, Café pédagogique, 30 janvier 2014, texte intégral.
  43. Marie-Andrée Séguin secrétaire nationale, Bruno Lamour secrétaire général de la FEP-CFDT et Frédéric Sève, secrétaire général du SGEN-CFDT, Égalité hommes-femmes : la CFDT soutient l'ABCD de l'égalité, 14 février 2014, texte intégral.
  44. CGT, L’égalité pour tous. Un droit fondamental, 7 février 2014, texte intégral.
  45. « SUD réitère son soutien à l'enseignante de Joué », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 9 mars 2015
  46. Directrice scientifique de l'École de la Communication, Frédérique Aït-Touati publie un essai chez Gallimard, Institut d'études politiques de Paris.
  47. Frédérique Aït-Touati, Fin de la civilisation (misogyne), Libération, 8 février 2014.
  48. Collectif, « Théorie du genre » : des universitaires alsaciens contre la rumeur, L'Alsace, 29 janvier 2014, texte intégral.
  49. Sandra Boehringer (maître de conférence, université de Strasbourg), Estelle Ferrarese (professeure de théorie sociale et politique, université de Strasbourg) et Jean-Pascal Gay (maître de conférences, université de Strasbourg), « Le genre, l’éducation, la recherche : la bonne rencontre », Le Monde, 31 janvier 2014, texte intégral.
  50. Collectif, 12000 signatures en faveur de l'égalité, du genre et de la liberté, 17 février 2014, page 21, texte intégral.
  51. Voir le film en ligne "tout sur les études de genre", en quatre parties, sur mediapart/Dailymotion, avec Eric Fassin, Laure Bereni, Fabrice Virgili et Danièle Voldman
  52. Site du CNDP sur l'ABCD de l'égalité et la circulaire de Benoît Hamon : « La mise en œuvre de la Convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes dans le système éducatif se poursuit. Les projets pédagogiques visant à lutter contre les discriminations et à prôner le respect et l'égalité sont encouragés. Le cas échéant, les évaluations de ces dispositifs permettent de définir les conditions de leur développement. » (circulaire n° 2014-068 du 20-5-2014)
  53. « Une égalité filles-garçons sans mauvais " genre " », Le Monde,‎ 26 novembre 2014
  54. a, b, c et d Mattea Battaglia, « Egalité filles-garçons : l'élan brisé Le « plan d'action » compense mal l'enterrement des ABCD de l'égalité », Le Monde,‎ 7 mars 2015
  55. Fiche | http://www.vigi-gender.fr/wp-content/uploads/2014/05/Fiche-ABCD1.pdf
  56. Alexandre Boudet, ABCD de l'égalité : quand l'UMP misait sur le genre pour construire son projet présidentiel, Le HuffPost, 12 février 2014, texte intégral.
  57. Jean-François Copé : "Quand j'ai vu ça, mon sang n'a fait qu'un tour", vousnousils, emag de l'éducation, 10-2-2014.
  58. "Tous à poil !" supprimé des activités pédagogiques des ABCD de l'égalité, vousnousils, emag de l'éducation, 14-2-2014.</
  59. AFP, « L’UMP veut une mission d’information parlementaire sur « genre et éducation » », sur 20 minutes.fr,‎ 25 février 2014 (consulté le 26 février 2014).
  60. « Najat Vallaud-Belkacem : "Je crois profondément dans le rôle de l’école" », Le Café pédagogique, 8 novembre 2013.
  61. « Brighelli - ABCD et b.a.-ba : l'égalité ne se décrète pas, Mme Vallaud-Belkacem ! », Le Point, 3 février 2014.
  62. « Égalite de genre : Jean-Louis Auduc commente le rapport Eurydice », Tour Educ, 12 juin 2010.
  63. « Sauvons les garçons ! », site internet des Cahiers pédagogiques, consulté le 5-2-2014.
  64. « Quand l'école veut enseigner «l'égalité» filles-garçons », Le Figaro, 4-10-2014.
  65. « Gers : Le malaise autour des ABCD de l'égalité contraint les enseignants au silence », Sud-Ouest, 4 février 2014.
  66. « "Pourquoi il y a plus de maîtresses que de maîtres ?" », Le Monde, 1-2-2014.
  67. « Fécamp, l’égalité à l’épreuve des bancs de l’école », Le Nouvel Observateur, 5-2-2014

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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