Vieux Séminaire de Saint-Sulpice

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Ne doit pas être confondu avec Séminaire Saint-Sulpice (Paris).
Ne doit pas être confondu avec Ancien séminaire Saint-Sulpice.
Vieux Séminaire de Saint-Sulpice ; autres appellations : presbytère de la paroisse Notre-Dame de Montréal, presbytère de Notre-Dame, séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, site patrimonial du Vieux-Séminaire-de-Saint-Sulpice
Vieux seminaire de Saint-Sulpice 16.jpg
Présentation
Type
Bâtiment universitaire (d), séminaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Style
Régime français
Architecte
François Dollier de Casson
Construction
1684-1687/ vers 1710 / 1848-1850/ 1907-1908/ 2005-2011[1]
Propriétaire
Statut patrimonial
Immeuble patrimonial classé (juridiction provinciale)
Situé dans le site patrimonial du Vieux-Séminaire-de-Saint-Sulpice (juridiction provinciale)
Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (juridiction provinciale)
Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Vieux-Montréal (juridiction municipale)
Localisation
Pays
Région
Ville
Arrondissement
Ville-Marie
Adresse
116 rue Notre-Dame ouest
Accès et transport
Métro
Coordonnées
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Le Vieux Séminaire de Saint-Sulpice, aussi nommé le Séminaire de Montréal, est le plus vieil immeuble de l'arrondissement de Ville-Marie à Montréal, le seul survivant du XVIIe siècle. Le corps central fut construit entre 1682 et 1685 par M. François Dollier de Casson, supérieur montréalais des Sulpiciens. L'aile ouest fut ajoutée vers 1704-1705 et l'aile est (aujourd'hui détruite) a été érigée en 1715 sous la direction du maçon Alexandre Jourdain dit Labrosse.

C'est un bâtiment classique, en forme de U, de style palatial, avec une annexe en forme de T, le presbytère de la basilique Notre-Dame de Montréal.

La Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice a, depuis ses origines, été le seul propriétaire du bâtiment, qui a joué plusieurs rôles depuis les temps de la colonie.

Situation[modifier | modifier le code]

Le séminaire est attenant à la basilique Notre-Dame.

Vieux séminaire de Saint-Sulpice, juin 2017.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier Séminaire de Montréal[modifier | modifier le code]

À l’heure arrivée à Montréal le 12 août 1657, M. Gabriel Thubières de Levy de Queylus, p.s.s., M. Gabriel Souart, p.s.s., M. Dominique Galinier, p.s.s. et le futur sulpicien Antoine d’Allet [2]furent logés par Jeanne Mance dans son hôpital, au coin nord-est des rues Saint-Paul et Saint-Sulpice[3]. Ils entreprennent alors la construction d’un premier séminaire sur la rue Saint-Paul face à la place Royale. En 1659, les travaux sont en cours. Jeanne Mance revient à Montréal en 1659 et ne peut avancer dans la construction de son hôpital car « les ouvriers étant occupés à la maison du séminaire de messieurs les prêtres ce qui luy estoit un grand obstacle »[4]. Les travaux du premier séminaire se termine vers 1661-1662. Le 25 octobre 1661, M. Guillaume Vignal, p.s.s. accompagné d’ouvriers va à l’île à la Pierre « Pressé d’achever le séminaire alors en construction »[5].

Les sulpiciens vont y demeurer jusqu’en 1685 puis déménagerons sur le site du deuxième Séminaire de Montréal, sur la rue Notre-Dame[6]. Le premier séminaire servira d’entrepôt pendant plusieurs années avant de brûler en 1852.

Le deuxième Séminaire de Montréal[modifier | modifier le code]

Vers 1682, M. François Dollier de Casson, p.s.s., supérieur des sulpiciens à Montréal, commence la construction d’un deuxième séminaire sur la rue Notre-Dame. Cela permettra le rapprochement de la communauté des prêtres avec l’église Notre-Dame de Montréal dont ils ont la charge. Le corps central est construit entre 1682 et 1685. L'aile ouest fut ajoutée vers 1704-1705 et l'aile est (aujourd'hui détruite) a été érigée en 1715.

Au XIXe siècle, les sulpiciens songent à reconstruire le séminaire[7]. En 1840, Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, demande aux sulpiciens de former les futurs prêtres du diocèse de Montréal. Les sulpiciens décident alors d’agrandir le séminaire pour y accueillir les futurs étudiants en théologie d’où la nécessité de construire un Grand Séminaire de Montréal[8].

La démolition de l’aile est effectuée vers 1850[9]. En 1854, les travaux sont arrêtés. Lors d’une visite à Montréal, Louis-Jacques Casault, supérieur du Séminaire de Québec, aurait convaincu les sulpiciens d’établir leur Grand Séminaire sur leur domaine plus espacé de la montagne, rue Sherbrooke[10].

La partie est du Séminaire de Montréal, appelée aile Ostell, a été construite par l’architecte John Ostell.

De 1907 à 1908, une nouvelle aile fut construite à l'arrière.

Compris dans l'arrondissement historique du Vieux-Montréal en 1964, l'ensemble du Vieux Séminaire est classé monument et site historique depuis le 4 juin 1985.

Exposition[modifier | modifier le code]

À l’été 2017, le Vieux Séminaire de Saint-Sulpice ouvre ses portes au public pour la visite de son jardin et de l’exposition De l’idéal mystique, à l’entreprise seigneuriale qui retrace les apports de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice à Montréal. Celle-ci est présentée par les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal et Univers Culturel de Saint-Sulpice dans le cadre des festivités des 375 ans de la métropole. L’exposition s'est tenue du 23 mai au 15 septembre 2017. L'exposition est prolongée en 2018 du 30 mai au 5 août. Le Vieux Séminaire n’avait pas été ouvert au public depuis 1967[11]. Lors de cette année, une exposition a été organisée par l’Association des Anciens du Collège de Montréal dans le cadre des festivités des 200 ans du Collège de Montréal et des 100 ans du Canada. La Commission du Centenaire du Canada avait participé au financement de l’exposition.

Jardins du Séminaire[modifier | modifier le code]

Suivant une tradition monastique, les Sulpiciens aménagent un jardin au XVIIe siècle près de leur Séminaire pour y cultiver fruits et légumes. La disposition géométriques des allées, avec sa pelouse et sa statue centrale, emprunte aux traditions françaises de la Renaissance. Ce jardin, toujours existant, est un des plus anciens aménagements du genre au Canada. Le jardin du Séminaire de Saint-Sulpice a été désignée comme un lieu historique national du Canada en 1981[12] par le gouvernement canadien.

Le jardin situé à l'arrière du Séminaire de Saint-Sulpice en 1946.

L'horloge[modifier | modifier le code]

La façade de l'édifice est orné au sommet par une horloge installée durant le supériorat de M. François Vachon de Belmont, p.s.s., entre 1701 et 1732. Son cadran fut créé à Paris, gravé par Paul Labrosse et doré par les sœurs de la congrégation de Notre-Dame. En 1835, une nouvelle horloge est installée. C’est M. Dauteul, horloger français, qui la fabrique. Toutefois, celle-ci cesse de fonctionner et elle est remisée au XXe siècle. Jusqu'en 1881, il s'agissait de la seule horloge publique de Montréal[13]. Depuis 2004, l’horloge est de nouveau en fonction grâce au programme de restauration du séminaire du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Aiguilles de l'horloge du Vieux Séminaire de Saint Sulpice (1822). Ces aiguilles sont animées par un mécanisme de Jean-Joseph Lepaute, dit Collignon, horloger du Roi, sis au faubourg Saint-Honoré, à Paris. Cette ancienne pendule, avec un mécanisme de bois, aurait été la première horloge publique à Montréal.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bertrand, C., Fauteux, A-E. et Massicotte, E.-Z. (collationnées et annotées par). « Annales de l’Hôtel-Dieu de Montréal rédigées par la soeur Morin ». Mémoires de la Société historique de Montréal. Montréal : L’imprimerie des éditeurs limités, 1921.

Deslandres, Dominique, Dickinson, John A. et Hubert, Ollivier (sous la direction de). « Les Sulpiciens de Montréal. Une histoire de pouvoir et de discrétion 1657-2007 ». Montréal : Éditions Fides, 2007. 670 p.

Harel, Bruno, p.s.s. et Michaud, Josette. « Le séminaire de Saint-Sulpice de Montréal ». Québec : Les publications du Québec, 1990. 22 p.

Lahaise, Robert. « Les édifices conventuels du Vieux Séminaire ». Ville Lasalle : Cahier du Québec / Éditions Hurtubise HMH, 1980. 597 p.

Litalien, Rolland, p.s.s. (sous la supervision de). « Le Grand Séminaire de Montréal 1840-1990. 150 années au service de la formation des prêtres ». Montréal : Éditions du Grand Séminaire de Montréal, 1990. 462 p.

Litalien, Rolland p.s.s. « Les sulpiciens au Canada de 1657 à aujourd’hui » dans la revue Cap-aux-diamants, numéro 58, été 1999, pp. 14-19.

Olga Jurgens, « Vignal, Guillaume », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003, consulté le 4 mai 2018, http://www.biographi.ca/fr/bio/vignal_guillaume_1F.html.

Pinard, Guy. « Montréal : son histoire son architecture ». Tome 2. Les Éditions La Presse, 1986. 421 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. vieux.montreal.qc.ca 2013.
  2. Litalien, p. 15, 1999
  3. Harel et Michaud, p. 8, 1990
  4. Bertrand, Fauteux et Massicotte, 1921
  5. Jurgens, 2003
  6. Harel et Michaud, p. 8, 1990
  7. Harel et Michaud, p. 18, 1990
  8. Lahaise, p. 271, 1980
  9. Harel et Michaud, p. 19, 1990
  10. Pinard, p. 255, 1986
  11. Bulletin Saint-Sulpice du Canada. Juin 1967, no 26.
  12. Parcs Canada, Montréal, une ville d'histoire, 2004, p. 54
  13. Laliberté, Pierre, Bruno Harel, Le Vieux-Montréal vu par Georges Delfosse, Montréal, Ville de Montréal, , 76 p., p. 62
  14. Fonds Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal (P227) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).