Ignace Bourget

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Ignace Bourget
Image illustrative de l’article Ignace Bourget
Mgr Ignace Bourget en 1862
Biographie
Naissance
St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy
Ordination sacerdotale à Montréal
Décès (à 85 ans)
Sault-au-Récollet
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale à Montréal
Dernier titre ou fonction Évêque émérite de Montréal
Archevêque titulaire de Marcianopolis
Évêque de Montréal
Évêque coadjuteur de Montréal
Évêque titulaire de Telmissus

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(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Ignace Bourget, né à Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (aujourd'hui la ville de Lévis) le et mort le à Sault-au-Récollet (aujourd'hui Montréal-Nord) est un ecclésiastique québécois. Nommé évêque de Montréal en 1840, il démissionne en 1876. Durant son long épiscopat, il donne à l'Église de Montréal et à l'Église québécoise en général une armature et un élan qui lui survivront longtemps et feront de l'Église catholique, pendant cent ans, l' «institution dominante du peuple dominé» qu'étaient alors les Canadiens français[1]. L'évêque fait aussi la promotion active d'une pratique catholique très publique, démonstrative, faite de processions, de dévotions et de participation à des associations pieuses ou sociales de toutes sortes: par là, il donne à la culture des Canadiens français une couleur festive et communautaire qui distinguent manifestement ceux-ci de leurs concitoyens protestants, et fortifie leur sentiment de leur appartenance à une nation différente. Par sa détermination à assurer la présence de l'Église catholique dans l'éducation, la santé, les services sociaux et l'aménagement du territoire à une époque où l'État du Canada-Uni se désintéresse tout à fait de ces questions, il a contribué à faire en sorte qu'au moment de la Confédération, en 1867, la juridiction sur ces matières relève des États provinciaux, notamment le Québec. Son influence profonde et durable à la fois sur la conformation de l'Église catholique et celle de l'État québécois font d'Ignace Bourget un des personnages les plus importants de l'histoire du Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Ignace naît le à St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, dans une maison sise sur une terre située entre l'actuelle route Monseigneur-Bourget et le chemin Sainte-Hélène. Un calvaire indique l'emplacement de cette maison aujourd'hui détruite.[2],[3] (46° 47′ 34″ N, 71° 07′ 30″ O).

Selon le Dictionnaire biographique du Canada, l’ancêtre, Claude Bourget, originaire de la région beauceronne de Chartres, en France, avait épousé à Québec, le , Marie, fille de Guillaume Couture, ancien donné des jésuites et compagnon de captivité du père Isaac Jogues[4]. Ignace est donc issu de deux parmi les plus anciennes familles de la Nouvelle-France.

Il est le onzième enfant d'une famille qui allait en compter 13. Son père, Pierre Bourget, était cultivateur. Sa mère, Thérèse Paradis, allait vendre les produits de la ferme au marché de Québec.

On ne sait presque rien de l'enfance d'Ignace, sinon que son frère aîné Pierre (1786-1833) fut prêtre lui aussi. Ce fait est à souligner si l'on considère qu'entre la Conquête de 1760 et les années 1830 au moins, les vocations à la prêtrise furent très rares au Canada. Il faut en conclure que les parents d'Ignace étaient particulièrement pieux. Ordonné en 1814, Pierre Bourget fut curé de Sorel, Châteauguay, Île-Verte et l’Islet entre 1816 et 1833.

Ignace a une constitution chétive et déjà sujette à la maladie, qui sera son lot toute sa vie. Durant son enfance, il fréquente l'école de monsieur Gingras dans la paroisse de Beaumont, voisine de Lévis. Il s'agit certainement d'une école d'une seule classe et d'un seul maître. De telles écoles n'existent d'ailleurs pas dans toutes les paroisses à l'époque, et encore rares sont les parents de milieu rural à y envoyer leurs garçons apprendre à lire et à écrire[5].

Les années de préparation (1811-1840)[modifier | modifier le code]

Études et ordination sacerdotale[modifier | modifier le code]

En 1811, Ignace entre à son tour, après Pierre, au Séminaire de Québec.Selon tous ses biographes, c'est un élève sérieux, mais pas le plus brillant. Très tôt, il est admis dans la congrégation de la Sainte-Vierge, à qui il voue déjà une grande dévotion, qu'il gardera jusqu'à sa mort. Il y fait ses études classiques puis deux ans de grand séminaire. Comme le rappelle Leblond de Brumath, à l'époque, à cause du manque de ressources et du petit nombre des prêtres actifs en paroisse, on ne peut étudier très longtemps ni de manière très approfondie les sciences ecclésiastiques. La formation est axée sur la morale et sur la pastorale, toutes deux indispensables à la pratique du ministère.

À l'été de 1818, Bourget est tonsuré dans la cathédrale de Québec, puis aussitôt envoyé au séminaire de Nicolet pour y enseigner. Comme tous les autres jeunes ecclésiastiques de son temps, il est contraint de continuer ses études de théologie par lui-même, en soirée, tout en enseignant le latin, le jour, aux élèves de douze et treize ans inscrits dans les premières classes du petit séminaire. Après trois ans de ce régime, Mgr Joseph-Octave Plessis, archevêque de Québec, lui confère les ordres mineurs en janvier 1821, puis le sous-diaconat le 20 mai. Nommé secrétaire de Mgr Jean-Jacques Lartigue dès le lendemain, il se rend aussitôt auprès de celui-ci, qui vient tout juste d'être nommé évêque auxiliaire de Plessis à Montréal. À noter que secrétaire de l'évêque est alors un poste important, confié habituellement à un ecclésiastique prometteur pour lui permettre de se familiariser avec l'administration d'un diocèse. C'est à Montréal que le jeune Bourget est ordonné prêtre, le 30 novembre 1822[6].

Secrétaire puis coadjuteur de Mgr Jean-Jacques Lartigue[modifier | modifier le code]

Bourget restera seize ans secrétaire de Mgr Lartigue, de 1821 à 1837[7].

Dans les premières années, il supervise la construction de l'église Saint-Jacques et celle de l'évêché, sis tous deux à l'angle des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine, dans le quartier Saint-Jacques, qu'habite alors la notabilité canadienne-française. Il est entre autres responsable d'organiser des collectes de fonds pour mener à bien ce double projet. Puis, lorsque l'église est ouverte en 1825, il en devient le premier chapelain, c'est-à-dire qu'il doit organiser le culte et répartir les tâches entre les desservants.Vers la fin de la décennie, Bourget enseigne aux séminaristes qui étudient à l'école de théologie implantée par Lartigue à l'évêché: c'est l'occasion pour lui de parfaire ses études théologiques. Parallèlement, il surveille les comptes de la mission de la Rivière-Rouge, dans le futur Manitoba, qui relève alors de la responsabilité de Lartigue comme auxiliaire de l'archevêque de Québec.

Dans les années 1830, Bourget est exposé encore à d'autres tâches, telles que celles requises pour obtenir des lettres patentes pour le nouveau collège de Saint-Hyacinthe. Tout cela se fait dans un contexte de plus en plus difficile: les sulpiciens, seigneurs de Montréal depuis 1657 et curés de l'unique paroisse de la ville, celle de Notre-Dame, sont si mécontents de la présence d'un évêque auxiliaire à Montréal et ils désirent si peu se soumettre à son autorité qu'ils sont prêts à quitter les lieux et à aliéner au pouvoir britannique protestant tous leurs biens, considérables, en échange d'une rente versée par le gouvernement. L'affaire, qui scandalise la population et se rend jusqu'à Rome, prend des années à se régler dans un sens favorable aux intérêts des fidèles. Jaloux de leur indépendance, les sulpiciens s'opposent aussi avec un succès durable à la création d'un diocèse à Montréal. Ce n'est qu'en 1836 que ce diocèse verra le jour et que Mgr Lartigue passera du statut d'évêque à Montréal à celui d'évêque de Montréal.

Par ailleurs, le mécontentement gronde de plus en plus parmi le peuple et la petite-bourgeoisie canadienne-française contre l'arbitraire du pouvoir colonial, qui utilise les deux conseils (législatif et exécutif) pour bloquer les décisions de la Chambre d'Assemblée, favorable aux intérêts de la population locale plutôt qu'à ceux des marchands coloniaux anglais et écossais. Le Parti canadien réclame de plus en plus fort la plénitude des institutions démocratiques britanniques, et notamment un conseil législatif élu et un conseil exécutif (ministres) responsable devant les députés de l'Assemblée. Un mouvement patriote voit le jour, dont certains membres vont jusqu'à promouvoir l'indépendance du Bas-Canada. En face, se dresse désormais un mouvement radical anglophone armé, qui cherche à en découdre. Devant les tensions et la perspective prochaine d'un soulèvement armé, Mgr Lartigue publie en octobre 1837 un mandement dans lequel il condamne l'action des chefs patriotes et appelle le peuple à la loyauté envers les autorités civiles légitimes.

Entre temps, Ignace Bourget a été sacré évêque en juillet 1837. Il devient alors le coadjuteur de Mgr Lartigue, c'est-à-dire son adjoint non plus seulement pour les tâches administratives mais désormais aussi pour les tâches pastorales, avec droit de succession.

Jusqu'à la mort de Mgr Lartigue, survenue en 1840, Ignace Bourget est d'une fidélité et d'une obéissance absolues à son supérieur. Mais son comportement montre qu'il ne partage pas entièrement la même lecture des événements politiques que lui. Bourget se distingue notamment par une sollicitude toute particulière à l'égard des insurgés et leurs familles. Selon lui, ce ne sont pas les troupes patriotes les coupables, mais les chefs qui leur ont monté la tête. Le coadjuteur visite les prisonniers et il assiste les condamnés à mort en passant leur dernière nuit en prison avec eux. En 1839, il écrit aux autorités catholiques d'Australie pour leur demander d'assurer aux 58 exilés les secours de la religion. Au début des années 1840, il multipliera les démarches, avec succès, auprès du gouverneur britannique et auprès de Londres pour le rapatriement de ces exilés.

En tant que coadjuteur, par ailleurs, Mgr Bourget s'initie au travail proprement pastoral de l'évêque. À l'été de 1838, puis à l'été de 1839, il procède pendant plusieurs semaines à la visite pastorale d'une partie du diocèse, tant dans les Cantons de l'Est qu'en Outaouais, pour la confirmation des jeunes, la confession des fidèles, des prédications extraordinaires, la vérification des comptes des fabriques et celle de la conformité des objets du culte. C'est aussi l'occasion de faire plus ample connaissance avec les paroissiens et leurs curés. Au moment où il deviendra évêque en titre, en avril 1840, Bourget aura ainsi visité la moitié des 79 paroisses du diocèse de Montréal. Enfin, à l'été de 1839, il organise la première retraite sacerdotale. C'est une sorte de formation continue pour les prêtres, qui dure une semaine, au cours de laquelle tous prient ensemble, écoutent des conférences, échangent entre eux et renforcent leur esprit de groupe.

Mgr Jean-Jacques Lartigue meurt le 19 avril 1840. Bourget entre en fonction quatre jours plus tard, le 23 avril. Dans son premier mandement à ses diocésains, en date du 3 mai, il écrit: « Nous savons que le Souverain Pasteur nous impose le strict devoir de veiller sur vos âmes, comme devant en rendre un compte rigoureux; et que, s'Il en perd une seule par notre négligence, il nous faudra donner âme pour âme et vie pour vie. Nous connaissons que Nous sommes redevable à tous, aux riches comme aux pauvres; que nous devons nous consumer de soins, nous immoler, nous sacrifier pour votre salut.[8]» Ce sens aiguisé de sa responsabilité personnelle d'assurer le salut de tous les diocésains, au risque même de sa propre damnation s'il n'y parvient pas, explique l'engagement absolu qui caractérisera tout l'épiscopat du deuxième évêque de Montréal.

L'ère des réalisations (1840-1858)[modifier | modifier le code]

Au moment où Ignace Bourget prend possession du diocèse de Montréal, celui-ci est immense. Il comprend non seulement la région de Montréal, mais celles de la Montérégie, de l'Estrie, de Lanaudière, des Laurentides, de l'Outaouais et, au nord, il s'étend jusqu'à la baie d'Hudson. Dans les décennies ultérieures, d'autres diocèses seront découpés à même celui de Montréal. Mais, même dans ces limites rétrécies, la population catholique ne cessera de croître, grimpant de 274 000 à 359 000 âmes durant l'épiscopat de Mgr Bourget. La ville même de Montréal, notamment, ne cesse de se peupler et de s'agrandir: elle passe de 40 000 habitants en 1844, majoritairement anglophones, à 170 000 habitants en 1881, majoritairement canadiens-français. La ville est déjà principalement catholique, mais de peu, dans les années 1840, à cause d'une forte présence des Irlandais; mais à la mort de Bourget, elle l'est désormais à presque 80%[9].

Au Canada-Uni, où tous les groupes sociaux subissent la décision de la Grande-Bretagne d'abandonner le protectionnisme colonial au profit du libre-échange, l'État s'emploie à établir les principaux organes du gouvernement, tels que les ministères et une petite fonction publique à créer les municipalités, à soutenir la construction des infrastructures de transport (canaux puis chemins de fer), et à mettre en place les structures de répression des délits qu'engendre l'augmentation de la misère. Mais l'État laisse à l'entreprise privée, celle de laïques, mais surtout celle des Églises, l'organisation de la vie sociale. À ce mouvement de fond s'en ajoute un autre pour les Canadiens français: ils doivent survivre alors que d'une part, l'Union a été créée avec l'objectif avoué de les faire disparaître comme nation, et que, d'autre part, s'amorce et s'accélère une émigration massive vers les États-Unis. Mgr Ignace Bourget fait une lecture aiguë de cette situation, et il entreprend d'en saisir à la fois les défis et les opportunités[10].

Dès la première année de son mandat, il agit sur les quatre fronts sur lesquels il sera actif tout au long de sa vie: stimuler la foi et la pratique religieuse des fidèles; mieux institutionnaliser l'Église canadienne et assurer son indépendance face à l'État; organiser la société en chrétienté; et partager sa vision du monde ultramontaine contre les doctrines qui lui paraissent pernicieuses, que celles-ci s'appellent protestantisme, libéralisme, ou gallicanisme.

Le renouveau religieux[modifier | modifier le code]

À cette époque de bouleversements économiques et sociaux en Occident, on observe partout un renouveau religieux, tant chez les protestants, notamment en Angleterre, que chez les catholiques des divers pays européens. Partout, les différentes Églises réussissent à attirer les jeunes, à créer autour d'elles de nouvelles solidarités et à donner du sens, pour les individus et pour les peuples, aux immenses transformations en cours.

L'ère est notamment aux grands prédicateurs. Du côté catholique, et français, un nom se distingue: Mgr Charles-Auguste de Forbin-Janson, évêque exilé de Nancy, en tournée aux États-Unis à la fin des années 1830 pour y prêcher de grandes missions dans les milieux de langue française. Avant sa mort, Mgr Lartigue a eu le temps de l'inviter prêcher au Québec. Il y passe quinze mois, en 1840 et 1841. Mgr Bourget lui donne toute l'assistance qu'il lui faut, en dégageant autant que possible son clergé. Dans les villages, ces missions durent plusieurs jours, et jusqu'à quarante dans les grandes villes. Exercices avant l'aube, d'autres dans la nuit, pleins de cantiques et d'illuminations, prédication multipliant les effets et les visions de l'enfer et du paradis, événements inusités, comme ce sermon sur un radeau sur le lac de Saint-Hilaire, confessions nuit et jour des pénitents ébranlés, rien n'est ménagé pour nourrir la foi, susciter la contrition, et raviver la ferveur des foules. Celles-ci accourent d'ailleurs. On estime que la retraite prêché par Mgr de Forbin-Janson à Montréal du 13 décembre 1840 au 31 janvier 1841 toucha les deux tiers de la population catholique de la ville[11].

Le branle est donné, et dans les années suivantes, Mgr Bourget fera organiser périodiquement des retraites paroissiales par son clergé, d'une durée de 10 à 20 jours, pour prendre le relai des grandes missions de Forbin-Janson. Leur effet est prolongé par l'établissement de confréries de dévotion. En février 1841, il érige par exemple l'archiconfrérie du Très-Saint-Coeur de Marie dans la cathédrale Saint-Jacques. Deux mois après, celle-ci compte déjà 2200 membres dans la ville[12]. Cette dévotion se répand aussi rapidement dans les campagnes. Plus tard, Bourget remettra en honneur ou stimulera la création de cérémonies de toutes sortes pour les Quarante-Heures (au temps pascal), la neuvaine à saint Joseph (en mars), le mois de Marie (en mai), le mois du Rosaire (en octobre), et d'autres encore. Toute l'année finira par être scandée par des événements spéciaux donnant lieu à de grandes cérémonies.

Il faut ajouter à cela la popularité du culte des saints et des reliques. Monseigneur Bourget rapporte des reliques de chacun de ses voyages en Europe, il encourage aussi la dévotion à la Sainte-Famille. Le culte des saints est une des traditions qui distinguent catholiques et protestants. Bourget encourage les fidèles à prier les saints, à passer par eux pour transmettre leurs demandes à Dieu.

Dieu lui-même est d'ailleurs présenté beaucoup moins souvent qu'avant comme un père sévère prompt à punir. Bourget, adepte de la pastorale ultramontaine, insiste bien davantage sur Dieu, père miséricordieux, dont on peut s'approcher parce qu'il est capable de comprendre et de pardonner la faiblesse humaine. Les curés sont invités à proposer la communion non plus comme récompense couronnant un grand combat contre soi-même, mais plutôt comme un accompagnement, une source de force et de guérison[13].

On voit d'ailleurs que Bourget lui-même se veut plus large que les pasteurs rigoristes d'autrefois. Dans les débuts de son épiscopat, il fait lire par les curés du diocèse de Montréal deux circulaires sur les bals, dans lesquelles il s'adresse particulièrement aux jeunes pour leur dire que danser est permis, à condition que ce se soit lors de fêtes familiales et en présence des parents[14]. L'évêque encourage aussi partout l'implantation de la Société de tempérance, qui est une sorte de AA du temps: les hommes s'y rencontrent et s'y encouragent, avec l'aide d'un aumônier, à boire modérément ou à ne plus boire du tout.

La population du temps aspire à ces grands rassemblements religieux et à cette pastorale de la réconciliation. Ce sont des moyens de réconfort, pour chacun et pour tous, dans les angoisses personnelles et collectives. La population a soif de la solidarité et de l'entraide qu'on trouve dans toutes les confréries pieuses, dans la Tempérance, et dans les associations paroissiales qui sont fondées un peu partout dans le diocèse pour les hommes mariés, les femmes mariées, les jeunes gens et les jeunes filles. Tous ces mouvements rencontrent une grande popularité, au point que des historiens comme René Hardy ont vraiment pu parler de "renouveau religieux" au milieu du XIXe siècle[15].

L'ultramontanisme est donc une pastorale de la réconciliation et de la solidarité. Celle-ci a permis aux Canadiens français de s'approprier pleinement l'Église après 1840 et d'en faire une institution correspondant à leurs besoins religieux, sociaux et même nationaux. En effet, la pastorale ultramontaine a donné aux Canadiens français une grande visibilité comme nation catholique, une grande force de démonstration, une manière pacifique de s'imposer dans l'espace et de dire, sans confrontation mais puissamment, qu'ils étaient là, et là pour rester[16]. En même temps, la pastorale ultramontaine a mis rapidement en échec les efforts des Églises protestantes pour convertir les Canadiens français.

Le renforcement de l'Église[modifier | modifier le code]

Durant les années 1840, monseigneur Bourget se rend deux fois en Europe, surtout en France. Il part y chercher des renforts. Il obtient que les jésuites reviennent. Il convainc par ailleurs les Oblats de Marie-Immaculée, les religieux de Sainte-Croix, les clercs de Saint-Viateur, les Dames du Sacré-Coeur et les religieuses du Bon-Pasteur de passer l'océan. Ici même, il persuade, parfois sous pression, quelques jeunes femmes et quelques veuves de fonder de nouvelles congrégations: soeurs de la Providence, soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, soeurs de Miséricorde, soeurs de Sainte-Anne. Les vocations deviennent de plus en plus nombreuses. De nombreux bienfaiteurs, dont les Berthelet, frère et soeur, dotent les congrégations montréalaises de terrains et d'immeubles pour les aider à s'installer[17].

Bourget souhaite aussi que les évêques puissent se concerter plus régulièrement et qu'ils parlent d'une seule voix. Malgré les craintes de Mgr Joseph Signay, l'évêque de Québec, toujours anxieux de ne pas susciter l'irritation du pouvoir protestant dans la métropole ni dans la colonie, Bourget fonce. En 1844, il obitent que Rome crée une province ecclésiastique. Les évêques du Canada-Uni se réuniront six fois en conciles provinciaux du vivant de Bourget. Ils mettront au point un catéchisme commun (sauf pour les Irlandais), décideront de la fondation de l'Université Laval, demanderont à Rome la création de nouveaux diocèses et accentueront la romanisation de l'Église d'ici, dont le plus grand signe est la nouvelle cathédrale de Montréal, Marie Reine du monde, bâtie sur les plans réduits de Saint-Pierre de Rome.[18].

L'organisation d'une chrétienté[modifier | modifier le code]

On a beaucoup dit qu'après 1840, l'Église catholique a récolté les fruits de la loyauté manifestée à la Couronne au temps des Rébellions[19]. Cette explication est très insuffisante. L'État libéral qui se construit après l'Union ne s'intéresse tout simplement pas à donner des services aux individus, et laisse l'organisation de l'éducation et de la solidarité sociale à l'initiative privée, laïque ou religieuse, catholique et protestante.

Du côté catholique, plus de personnel religieux permet de combler plus de besoins sociaux. Et plus de besoins suscitent plus de vocations pour y répondre.

Les missions indiennes sont relancées. Le ministère des chantiers est créé pour les bûcherons qui passent l'hiver en forêt. Pour tenter de contrer l'exode vers les États-Unis, qui commence en ces années, des régions sont ouvertes à la colonisation dans les Cantons-de-l'Est et dans les Laurentides, et des sociétés de colonisation, basées en ville, sont créées pour soutenir le mouvement et aider les colons à s'installer. Tout cela n'est pas né dans la seule tête de Bourget, bien sûr, mais il donne à tous ces mouvements un élan décisif et une organisation efficace[20].

Dans la ville même de Montréal, la misère est immense. Durant son épiscopat, monseigneur Bourget voit naître une nouvelle classe pauvre de Canadiens français et d'Irlandais immigrés, les uns comme les autres dépourvus de tout, en cette ère de révolution industrielle. Toute cette population doit affronter six épidémies de typhus, de choléra et de variole entre 1832 et 1885, chacune tuant des milliers de personnes. Il ne faut pas oublier non plus le grand incendie de Montréal, en 1852, qui détruit des quartiers entiers et jette à la rue 10 000 personnes.

C'est dans ce contexte que l'évêque encourage la mise sur pied d'une première conférence de la Saint-Vincent-de-Paul en 1848 pour visiter les pauvres à domicile et leur distribuer des vivres et du combustible; qu'il fait ouvrir un bureau de placement pour aider les chômeurs à trouver un emploi; qu'il appelle les fidèles à soutenir, un sou à la fois, les religieuses qui ouvrent des établissements pour héberger les orphelins, les vieillards, les mères célibataires ou encore les personnes ayant des maladies mentales.

Quant à l'éducation, le projet de Durham de créer au Canada-Uni un seul système soclaire public, entièrement anglophone, meurt dans l'oeuf grâce au refus unanime de l'Église et des députés canadiens-français d'y souscrire. Dès 1842, le Canada-Est a son propre surintendant de l'éducation et son propre système scolaire. Celui-ci s'appuie dès le début sur les religieuses, qui dispensent l'enseignement public en ville et dans les gros villages. L'enseignement secondaire, lui, est entièrement privé et confessionnel.

Les grands combats (1848-1876)[modifier | modifier le code]

La lutte contre les Rouges[modifier | modifier le code]

L’ultramontanisme, ce n'est pas seulement une pastorale du rapprochement de Dieu et de la solidarité sociale. C'est aussi une doctrine. Les ultramontains, entre autres, sont farouchement opposés au libéralisme politique.

En 1844 est fondé à Montréal l’Institut canadien, à la fois lieu de conférences, bibliothèque et salle de journaux ; en 1847, naît le journal L’Avenir ; et en 1848, Papineau revient d’exil. Son neveu, Louis-Antoine Dessaulles, est à la tête du mouvement rouge. Sur le plan politique, le mouvement est républicain et radical.

Mais les Rouges sont aussi des anticléricaux. Ils ridiculisent les croyances de l’Église, Ils veulent abolir ses sources de revenus, à savoir la dîme et les redevances seigneuriales. Ils s’en prennent à son allié politique, qui est le parti réformiste de Louis-Hyppolite LaFontaine.

C’est le début d’une lutte à finir entre les Rouges et l’Église. Celle-ci mobilise les journaux ultramontains (diocésains ou laïques), les sulpiciens, les jésuites. Et, bien sûr, mgr Bourget.

Celui-ci se concentre sur la bibliothèque de l’Institut, qui donne à lire quelques livres à l’index et des journaux protestants qui aiment la polémique religieuse. Entre 1855 et 1859, Bourget harcèle littéralement l’Institut canadien pour que sa bibliothèque soit expurgée de ces publications. L’Institut résiste. Il en appelle à Rome, qui cherche à temporiser. Bourget va jusqu’à lancer une condamnation contre ses membres, si bien que 200 d’entre eux, sur 700, démissionnent.

En novembre 1869, Joseph Guibord meurt. C’était jusque-là un typographe sans histoire. Mais il a refusé de quitter l’Institut canadien. Bourget lui refuse donc une sépulture dans la partie catholique du cimetière de la Côte-des-Neiges. Sa veuve va en procès, puis en appel. L’affaire dure cinq ans. Finalement, en 1874, le Conseil privé de Londres ordonne l’enterrement dans le cimetière catholique. Officiellement, Bourget a perdu. Mais pour avoir le dernier mot, il a désacralisé la parcelle avant la mise en terre. Néanmoins, après trente ans de polémique, les Rouges sont abattus et ne se relèveront plus.

Pourquoi l'évêque s’est-il entêté à ce point ? Entre autres à cause du mouvement italien de Risorgimento, qui, depuis les années 1850, a pour objectif l’unification de l'Italie. Le problème, c’est que pour cela, il faut conquérir les États pontificaux et Rome elle-même. Cela, pour l’Église universelle et pour Bourget, c’est l’horreur. Le Royaume d’Italie est proclamé en 1861. L’unification s’achève en 1870 par l’annexion de Rome. Voilà le contexte que connaît Bourget. Il lit le libéralisme et l'anticléricalisme des Rouges à la lumière du mouvement italien, anticlérical lui aussi. Au moment même de l’affaire Guibord, il est en train de mobiliser 500 zouaves canadiens-français pour voler au secours du pape. D'où son acharnement.

Le démembrement de la paroisse Notre-Dame[modifier | modifier le code]

La querelle de l'Université Laval[modifier | modifier le code]

Les dernières années[21][modifier | modifier le code]

Au moment où il prend sa retraite, Mgr Bourget est malade, épuisé. Bientôt son cas s'aggrave. On met alors à sa disposition la vaste maison du Sault-au-Récollet que Mgr Janvier Vinet, son propriétaire, avait cédée depuis peu à l'évêché. Bourget y arrive le 16 juin 1877 pour y passer les dernières années de sa vie. Il n'a alors pour toute fortune que ses vêtements car il a toujours vécu uniquement pour son travail, sans rien accumuler pour lui-même. Quelques prêtres âgés ou infirmes viennent l'y rejoindre peu à peu. Les soins des pensionnaires et de la maison sont dispensés par les sœurs de la Providence, qui prennent aussi sur elles d'assumer toutes les dépenses relatives à l'évêque. Mgr Bourget mène au Sault une vie relativement active quand même, notamment parce que plusieurs visiteurs s'y rendent pour le voir et lui demander des conseils ou des avis.

Jusqu'au moment de sa mort, il ne sortira publiquement de sa retraite qu'à deux occasions. La première, entre 1880 et 1882, c'est pour quêter de porte en porte dans toutes les paroisses du diocèse, à Montréal même comme dans les campagnes alentour, afin d'obtenir des dons pour réduire l'immense dette du diocèse. En deux ans, il recueille plus de 84000$, somme considérable qui représente environ le dixième de la dette. Cette longue sortie se clôt à Boucherville, où une grande cérémonie est organisée pour célébrer les noces de diamant sacerdotale du vieil évêque. La seconde sortie fut pour aller à Rome, en 1881, dans l'espoir d'obtenir davantage d'autonomie pour la succursale montréalaise de l'Université Laval. Ce voyage éprouvant fut toutefois fait en pure perte, car Rome était bien décidée à ne pas modifier l'entente conclue en 1876. Il faudra attendre après la mort de Bourget pour qu'un règlement plus favorable à Montréal soit finalement obtenu.

Après huit ans de retraite, Mgr Bourget meurt le 8 juin 1885, victime de la maladie urinaire dont il souffrait depuis plus de vingt ans. Laurent-Olivier David précise que la translation des restes du défunt donna lieu, du Sault-au-Récollet à l'Hôtel-Dieu de Montréal et de là à la basilique Notre-Dame à une éclatante démonstration de l'affection et de l'estime dans lesquelles la population du diocèse tenait l'ancien prélat. « Plus de quatre cents voitures, écrit David, escortèrent le char funèbre, et dans le cortège se remarquaient des centaines de prêtres et nombre d'évêques venus de toutes les parties du Canada et des États-Unis, et aussi des représentants de tous les grands corps de l'État. Le long des rues ornées de tentures et d'insignes de deuil, des masses énormes de population assistèrent au défilé de l'imposante procession. (...) Et lorsque les bourdons et les cloches de Notre-Dame appelèrent les fidèles à ses funérailles, toute la population, à ce qu'il sembla, se mit en marche vers la vaste église; le plus grand nombre ne pouvant trouver place dans l'église envahie longtemps avant l'heure du service funèbre, assista de la rue à l'office des morts et s'agenouilla dans la poussière du chemin.»[22]

L'ancien supérieur de Saint-Sulpice, monsieur Louis Colin, prononce une des oraisons funèbres. C'est l'occasion pour lui de reconnaître que « cet évêque fut sans contredit, pour l'Église du Canada, l'homme le plus considérable et le plus prodigieux de son siècle ». Quant à Mgr Alexandre Taché, qui prononce la seconde oraison, il met en valeur la part prise par les évêques Lartigue et surtout Bourget dans la sauvegarde de la nationalité canadienne-française, si vigoureusement appuyée sur la religion catholique[23].

Publications[modifier | modifier le code]

Ignace Bourget est le fondateur d'un périodique, Les Mélanges religieux, qui parait à Montréal de 1841 à 1852. Il est également l'auteur de mandements, d'ordonnances, de lettres pastorales et circulaires, de manuels, de biographies, d'allocutions, de discours, de mémoires et d'essais.

  • Jean-Jacques Lartigue, P.S.S., premier évêque de Montréal, 1777-1840 (1987, 63 p.)
  • Monseigneur Ignace Bourget and the work of the "Providence" - pastoral letters, ordinances, personal correspondence, etc., together with explanatory notes concerning the Institute of the Daughters of Charity, known as the Sisters of Providence (1918, 524 p.)
  • Monseigneur Ignace Bourget et l'Œuvre de la "Providence" - mandements, ordonnances, lettres, etc., accompagnés de notes explicatives concernant l'Institut des filles de la charité dites Sœurs de la Providence de Montréal (1910, 511 p.)
  • Vie de saint Viateur, confesseur et lecteur de l'Eglise de Lyon (1887, 108 p.)
  • Mémoire de l'évêque de Montréal (Mgr I. Bourget) concernant l'intervention du clergé de la province de Québec dans les élections politiques (1876, 19 p.)
  • Fioretti Vescovili ou Extraits des mandements, lettres pastorales et circulaires de Monseigneur Ignace Bourget second évêque de Montréal (1872, 202 p.)
  • Allocution de Mgr. l'évêque de Montréal aux Zouaves canadiens à leur départ pour Rome, 19 février 1868 (1868, 24 p.)
  • Manuel du jubilé en forme de catéchisme - précédé du mandement de Mgr. l'évêque de Montréal, de la lettre encyclique du souverain pontife, et suivi des prières pour les exercices (1865, 62 p.)
  • Questions sur le mariage résumé des conférences ecclésiastiques du diocèse de Montréal, dans les années 1857-1858 (1859, 87 p.)
  • Ordonnance épiscopale, tenant lieu d'ordonnance synodale (1857, 88 p.)
  • Appel à l'ancienne France pour un secours en faveur de la Nouvelle (1855, 40 p.)
  • Manuel de l'Immaculée Conception comprenant un précis historique sur la définition de l'Immaculée Conception, écrit par Mgr l'évêque de Montréal, et une neuvaine préparatoire : suivis d'une octave de méditations et de quelques traits historiques, à l'usage des fidèles et des communautés (1855, 144 p.)
  • La Dévotion au Très-Saint-Sacrement ou Association de prières pour obtenir de N.-S. Jésus-Christ, présent dans le Très-Saint-Sacrement de l'autel, le triomphe de l'Eglise, la conservation et la propagation de la foi (1850, 27 p.)
  • Manuel des sociétés de tempérance et de charité établies dans le diocèse de Montréal le 25 janvier 1842 (1842, 96 p.)

Hommages[modifier | modifier le code]

Monument de l'évêque Ignace Bourget, Montréal, vers 1907

Le était dévoilé, devant la cathédrale de Montréal qu'il avait lui-même fait bâtir, un monument en bronze sur base de granit à la mémoire de Mgr Bourget, sculpté par Louis-Philippe Hébert . À cette occasion, raconte Laurent-Olivier David, une foule immense, parmi laquelle « une douzaine d'évêques, des centaines de prêtres et l'élite de la société canadienne» était réunie pour témoigner de la reconnaissance et de l'affection de la population[24]. Des discours furent prononcés non seulement par Mgr Bégin, archevêque de Québec, et par d'autres prélats, mais aussi par Louis-Olivier Taillon, homme politique représentant le gouvernement du Québec. À noter que la statue de l'évêque se dressait à quelques pas seulement de celle de John A. Macdonald, érigée au carré Dominion. Deux visions de la place du Canada français dans la Confédération continuent donc depuis ce temps de s'offrir aux passants.

Trente ans plus tard, en avril 1933, fut inaugurée dans la cathédrale la chapelle funéraire des évêques. Les restes de Mgr Bourget y ont été transférés dans un tombeau qui occupe le centre de la chapelle.

À l'automne de 1931, le père Frédéric Langevin, de la Compagnie de Jésus, publia une nouvelle biographie de l'évêque[25].

Enfin, en 1956, c'est l'ensemble de la cathédrale Marie-Reine-du-monde qui fut restaurée.

Appréciation par les historiens au fil du temps[modifier | modifier le code]

Le jour même de sa mort paraissait la première biographie de Mgr Bourget, écrite par Adrien Leblond de Brumath. Tout en se défendant bien de le canoniser avant l'Église, l'auteur donne à l'évêque le titre de "saint" selon, dit-il, l'usage des fidèles du diocèse, qui avaient, depuis tant d'années, eu l'occasion d'apprécier l'immense engagement désintéressé de leur pasteur[26]. La plupart des biographies écrites ensuite par des prêtres sont allées dans le même sens. Le jésuite Léon Pouliot, notamment, a passé plusieurs années à rédiger une monumentale vie de Mgr Bourget dans l'intention presque manifeste de soutenir un procès à Rome en vue de sa béatification[27]. Une autre période dans l'historiographie s'ouvre dans les années 1960 et 1970. À l'époque de la Révolution tranquille, le Québec est engagé dans un grand processus de sécularisation, et plusieurs intellectuels sont portés à considérer comme "Grande Noirceur" toute l'histoire du Québec depuis l'échec des Rébellions : ce penchant conduit nombre d'historiens tels Philippe Sylvain ou Nive Voisine[28], par exemple, à juger Bourget lui-même de manière très négative, et à minimiser gravement la portée de son épiscopat. Toutefois, à l'époque récente, Roberto Perin a consacré à Bourget une thèse de doctorat, transformée en livre, qui non seulement redonne sa stature au deuxième évêque de Montréal, mais lui rend sa place, fondatrice et immense, dans l'histoire de l'Église catholique au Canada, et dans celle du Québec dans son ensemble[29].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucia Ferretti, Brève histoire de l'Église catholique au Québec, Montréal, Boréal, , 203 p. (ISBN 2-89052-978-9), p. Conclusion
  2. Le bois de la résidence aurait été récupéré pour construire une maison de la rue Jolliet qui est située dans le Vieux-Lauzon.
  3. Calvaire de Harlaka, emplacement de la maison natale de Ignace Bourget - wikimapia.org
  4. Philippe Sylvain, « BOURGET, Ignace », sur Dictionnaire biographique du Canada, (consulté le 17 janvier 2020)
  5. Adrien Leblond de Brumath, Monseigneur Ignace Bourget, archevêque de Martianopolis (ancien évêque de Montréal), Montréal, Librairie Saint-Joseph, , 110 p., p. 10
  6. Léon Pouliot, s.j., Mgr Bourget et son temps, vol 3, Montréal, Bellarmin, , p. 8-9
  7. Léon Pouliot, Mgr Bourget et son temps, vol. 1, Montréal, Beauchemin, , toute cette section résume les chapitres 4, 5 et 6
  8. Église catholique, diocèse de Montréal, Fioretti vescovili. Extraits des mandements, lettres pastorales et circulaires de monseigneur Ignace Bourget, S.l., s.d. (après 1872), p. 1
  9. Roberto Perin, Ignace de Montréal. Artisan d'une identité nationale, Montréal, Boréal, , p. 27-28
  10. Lucia Ferretti, Brève histoire de l'Église catholique au Québec, Montréal, Boréal, 2e éd. 2009, p. 55-56
  11. Jean Leblanc, Dictionnaire biographique des évêques catholiques du Canada, entrée "Bourget, Ignace, 1799-1885", Montréal, Wilson et Lafleur, 2e édition 2012, p. 284
  12. Léon Pouliot, Monseigneur Bourget et son temps. Tome II: L'évêque de Montréal., Montréal, Éditions Beauchemin, , 277 p., p. 46
  13. Lucia Ferretti, Brève histoire de l'Église catholique au Québec, Montréal, Boréal, , 204 p., p. 61-62
  14. Ignace Bourget, FiorFetti Vescovili : ou, Extraits des mandements, lettres pastorales et circulaires par Monseigneur Ignace Bourget, second évêque de Montreal, offerts à sa Grandeur, pour célébrer les noces d'or de sa prêtrise, par trois anciens camarades du régiment des zouaves pontificaux.Fi, Montréal, Imprimerie du Franc-Tireur,
  15. René Hardy, « Les fondements du renouveau religieux dans le Québec du XIXe siècle: éléments d'une réinterprétation », dans Michel Lagrée, dir., Chocs et ruptures en histoire religieuse (fin XVIIIe-XIXe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes,‎ , p. 33-50
  16. Louis Rousseau, « Crises, choc et revitalisation culturelle dans le Québec du XIXe siècle », dans Michel Lagrée, dir., op cit.,‎ , p. 51-69
  17. Biographies d'Émilie Tavernier, Eulalie Durocher, Marie-Rosalie Cadron, Esther Blondin Sureau et Olivier Berthelet, « Dictionnaire biographique du Canada »
  18. Lucien Lemieux, L'établissement de la première province ecclésiastique au Canada, 1783-1844, Montréal, Fides, , 559 p.
  19. « L'Église et les autorités britanniques », sur paricilademocratie.com
  20. Lucia Ferretti, Brève histoire de l'Église catholique au Québec, Montréal, Boréal, , 204 p., chapitre 4
  21. Léon Pouliot, s.j., Les dernières années (1876-1885) et la survie de Mgr Bourget, Montréal, éditions Beauchemin, , 63 p.
  22. Laurent-Olivier David, Mgr Ignace Bourget et Mgr Alexandre Taché, Montréal, Librairie Beauchemin Ltée, , p. 54-55
  23. Adien Leblond de Brumath, Oraisons funèbres de Mgr Bourget prononcées dans l’église Notre-Dame le 12 juin 1885 par M. Colin, supérieur du Séminaire et à l’évêché le lendemain par S. G. Mgr Taché., Montréal, Librairie Saint-Joseph, Cadieux et Derome, , 42 p.
  24. Laurent-Olivier David, Mgr Ignace Bourget et Mgr Alexandre Taché, op. cit., Montréal, p. 67
  25. Frédéric Langevin, s.j., Monseigneur Ignace Bourget, deuxième évêque de Montréal : précis biographique., Montréal, Imprimerie du Messager, , 298 p.
  26. Adrien Leblond de Brumath, Mgr Ignace Bourget, op. cit., p. 3
  27. Léon Pouliot, s.j., Mgr Bourget et son temps, 5 vol., Montréal, Beauchemin puis Bellarmin, 1955 à 1976
  28. Philippe Sylvain, « Bourget, Ignace », Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11,‎ (lire en ligne)
  29. Roberto Perin, Ignace de Montréal. Artisan d'une identité nationale, Montréal, Boréal, , 303 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages généraux et thèses sur l'Église catholique et les idéologies au Québec

Ouvrages, thèses et mémoires sur Bourget, son œuvre et son époque

  • Marcel J. Rheault, La rivalité universitaire Québec-Montréal. Revisitée 150 ans plus tard, Québec, Éditions du Septentrion, , 286 p. (ISBN 978-2-89448-671-9, présentation en ligne)
  • Roberto Perin, Ignace de Montréal. Artisan d'une identité nationale, Montréal, Éditions du Boréal, , 312 p. (ISBN 978-2-7646-0574-5, présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Micheline Lachance, Rosalie Jetté et les filles-mères entre tutelle religieuse et pouvoir médical (1845-1866) (mémoire de maîtrise en histoire), Montréal, Université du Québec à Montréal, , 223 p. (lire en ligne)
  • David Lavallée, Le culte des reliques sous l'épiscopat de Monseigneur Ignace Bourget (mémoire de maîtrise en histoire), Montréal, Université de Montréal, , 168 p. (lire en ligne)
  • Adrien Thério, Joseph Guibord, victime expiatoire de l’évêque Bourget : l'Institut canadien et l'affaire Guibord revisités, Montréal, XYZ éditeur, , 270 p. (ISBN 978-2-89261-298-1)
  • Benoît Caron, La spiritualité de Mgr Ignace Bourget de 1850 à 1860 (mémoire de maîtrise), Montréal, Université de Montréal, , 137 p.
  • Lucia Ferretti, La société paroissiale en milieu urbain : Saint-Pierre-Apôtre de Montréal, 1848-1930 (thèse de doctorat en histoire), Montréal, Université du Québec à Montréal, , 495 p. (lire en ligne)
  • Jean-Patrice Arès, Les campagnes de tempérance de Charles Chiniquy : un des principaux moteurs du réveil religieux montréalais de 1840 (mémoire de maîtrise sciences religieuses), Chicoutimi, Université du Québec à Chicoutimi, , 347 p. (lire en ligne)
  • Adrien Thério, Ignace Bourget écrivain, Montréal, Éditions Jumonville, , 195 p.
  • (en) Roberto Perin, Bourget and the Dream of a Free Church in Quebec, 1862-1878 (thèse de doctorat en histoire), Ottawa, Université d'Ottawa, , 412 p. (lire en ligne)
  • Lucien Lemieux, L'établissement de la première province ecclésiastique au Canada, 1783-1844, Montréal, Éditions Fides, , 559 p.
  • Léon Pouliot, s.j., Les dernières années (1876-1885) et la survie de Mgr Bourget, Montréal, Éditions Beauchemin, , 63 p.
  • Léon Pouliot, s.j., Monseigneur Bourget et son temps, t. V : Les derniers combats: 1. le démembrement de la paroisse Notre-Dame 1865. 2. Vingt-cinq années de lutte universitaire 1851-1876, Montréal, Montréal, , 319 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gilles Parent, Deux efforts de colonisation française dans les Cantons de l'Est, 1848 et 1851, Sherbrooke, Université de Sherbrooke, , 168 p.
  • René Hardy, Les zouaves pontificaux et la diffusion de l'ultramontanisme au Canada français, 1860-1870 (thèse de doctorat en histoire), Québec, Université Laval, , 445 p. (lire en ligne)
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  • André Lavallée, Québec contre Montréal : la querelle universitaire, 1876-1891, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, , 264 p.
  • André Levasseur, Mgr Bourget et le Programme Catholique (mémoire de maîtrise en histoire), Montréal, Université de Montréal, , 103 p.
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  • Serge Gagnon, « Le Diocèse de Montréal durant les années 1860 », dans Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Le laïc dans l'Église canadienne-française de 1830 à nos jours, Montréal, Éditions Fides, , p. 113–127
  • Yvette-Viviane Majerus, L'éducation dans le diocèse de Montréal d'après la correspondance de ses deux premiers évêques, Mgr J.-J. Lartigue et Mgr I. Bourget, de 1820 à 1867 (thèse de doctorat en histoire), Montréal, Université McGill, , 228 p. (lire en ligne)
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  • (en) Walter Ullmann, The Quebec Bishops and Confederation (thèse de doctorat en histoire), University of Rochester, , 167 p.
  • Léon Pouliot, s.j., Monseigneur Bourget et son temps, t. II : L'évêque de Montréal. Première partie: L'organisation du diocèse de Montréal (1840-1846), Montréal, Montréal, , 278 p. (lire en ligne)
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  • (frère) Adélard-Marie, s.g., Monseigneur Bourget. Premières années d’épiscopat. 1837-1842 (mémoire de maîtrise ès arts), Université de Montréal, , 100 p.
  • Camille Mercure, Monseigneur Bourget premières années d’épiscopat 1837-1842 (mémoire de maîtrise en histoire), Montréal, Université de Montréal, , 101 p.
  • Léon Pouliot, s.j., La réaction catholique de Montréal, 1840-1841, Montréal, s.é., , 119 p.
  • Paul-Henri Barabé, Autour de Mgr Bourget, centenaire, Ottawa, Édition L'Éclair, , 148 p.
  • Frédéric Langevin, s.j., Monseigneur Ignace Bourget, deuxième évêque de Montréal : précis biographique, Montréal, Imprimerie du Messager, (1re éd. 1931), 299 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Laurent-Olivier David, Mgr Ignace Bourget et Mgr Alexandre Taché, Montréal, Librairie Beauchemin, , 141 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Arthur Savaète, Voix canadiennes, vers l’abîme, t. IX : Mgr Ignace Bourget : sa vie, ses contrariétés, ses œuvres, Paris, Librairie générale catholique, , 462 p. (lire en ligne)
  • Adrien Leblond de Brumath, Monseigneur Ignace Bourget, archevêque de Martianopolis, (ancien évêque de Montréal), Montréal, Librairie Saint-Joseph, Cadieux & Derom, , 110 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles, chapitres, sites web

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  • Annick Brabant, « Monseigneur Ignace Bourget, un évêque ultramontain », sur Mémoire des Montréalais, Centre d'histoire de Montréal,
  • Jean Leblanc, « Bourget, Ignace, 1799-1885 », dans Jean Leblanc, Dictionnaire biographique des évêques catholiques du Canada, Montréal, Wilson et Lafleur, coll. « Gratianus », , p. 278-293 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Sylvain, « Bourget, Ignace », The Canadian Encyclopedia / L'Encyclopédie canadienne,‎ (lire en ligne)
  • « Mgr Ignace Bourget (1840-1876) », sur diocesemontreal.org, Église catholique à Montréal,
  • Roberto Perin, « L’Église et l’édification d’une culture publique au Québec », Études d'histoire religieuse, vol. 67,‎ , p. 261–270 (lire en ligne)
  • Mireille Barrière, « Le goupillon, le maillet et la censure du théâtre lyrique à Montréal (1840-1914) », Les Cahiers des dix, no 54,‎ , p. 119–135 (lire en ligne)
  • Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, « Bourget, Ignace », Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides,‎ , p. 191-192 (lire en ligne)
  • Louis Rousseau, « Les missions populaires de 1840-42 : acteurs principaux et conséquences », Sessions d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 53,‎ , p. 7–21 (lire en ligne)
  • Gilles Chaussé, « Les Jésuites et le projet de société de Mgr Bourget », Sessions d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 53,‎ , p. 41–50 (lire en ligne)
  • Huguette Lapointe-Roy, L’engagement social de Mgr Ignace Bourget, vol. 51, Sessions d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, , 39–52 p. (lire en ligne)
  • Philippe Sylvain, « Bourget, Ignace », Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval/University of Toronto, vol. 11,‎ (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gérard Parizeau, « Monseigneur Ignace Bourget, deuxième évêque de Montréal », Mémoires de la Société royale du Canada, vol. 8,‎ , p. 177–219
  • Denise Lemieux, « Les Mélanges religieux, 1841-1852 », Recherches sociographiques, vol. 10, nos 2-3,‎ , p. 207–236 (lire en ligne)
  • Marcel Lajeunesse, « L’évêque Bourget et l’instruction publique au Bas-Canada, 1840-1846 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 23, no 1,‎ , p. 35–52 (lire en ligne)
  • (abbé) Elie-Joseph Auclair, « Mgr Bourget (1799-1885) », dans Figures canadiennes, Montréal, Éditions Albert Lévesque, , 9-21 p. (lire en ligne)
  • Louis Le Jeune, « Bourget », Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Ottawa, Université d'Ottawa, vol. 1,‎ , p. 230-231 (lire en ligne)
  • (en) Paul Bruchési, « Ignace Bourget », The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company,‎ (lire en ligne)

Sources primaires

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]