Château Ramezay
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| Destination initiale |
Résidence |
| Destination actuelle |
Musée |
| Style | |
| Architecte |
Paul Tessier dit Lavigne |
| Construction |
1705 |
| Commanditaire | |
| Propriétaire | |
| Patrimonialité | |
| Site web |
| Pays | |
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| Province | |
| Agglomération | |
| Commune |
Montréal |
| Coordonnées |
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Le Château Ramezay est un bâtiment historique situé dans le Vieux-Montréal, à Montréal, Québec[1]. Sa construction s’achève au printemps 1706 comme résidence pour l’ancien gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay[2]. Il sert aujourd’hui de musée administré par la Société d'archéologie et de numismatique de Montréal[2]. Le château représente le style architectural de l’époque par ses murs en pierre, caractéristique d’une résidence imposante de cette période[3]. Cet article explore son histoire, ses caractéristiques architecturales et son jardin.
Histoire
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Le Château Ramezay est le premier édifice classé comme monument historique par le gouvernement du Québec en 1929[4]. Il porte le nom du gouverneur, Claude de Ramezay, qui confie sa construction en 1705 à l’architecte et maître maçon Pierre Couturier, afin d’affirmer son pouvoir et sa situation financière[5]. La maison, considérée par monsieur Ramezay comme « la plus belle maison au Canada », est habitée par lui et sa famille jusqu’à son décès en 1724[2].
Après le décès du gouverneur, le bâtiment est utilisé de différentes manières. Initialement, il est loué par sa veuve, Madame de Ramezay, au Roi afin d’y loger les intendants à Montréal[1]. Après la mort de Madame Ramezay en 1742, ses héritiers vendent la maison à la Compagnie des Indes, qui procède à son agrandissement pour lui donner les dimensions actuelles[1]. La compagnie, chargée de gérer le commerce des fourrures et des textiles en Nouvelle-France, utilise également le château comme résidence pour son agent général à Montréal[1]. En 1754, un incendie affecte le Vieux-Montréal, obligeant la compagnie à reconstruire partiellement le bâtiment entre 1755 et 1757[1].
Après la conquête britannique, la Compagnie des Indes doit vendre le château en 1764[2]. Il est alors acquis par le marchand montréalais William Grant, qui l’utilise comme lieu de commerce[2]. Ensuite, le bâtiment continue de remplir diverses fonctions : résidence pour certains gouverneurs généraux, quartier général temporaire pendant l’occupation américaine de 1775 à 1776, bureaux administratifs, institutions gouvernementales, palais de justice, ainsi qu’institutions éducatives comme l’École normale Jacques-Cartier et la faculté de médecine de l’Université Laval au XIXe siècle[6].
Le bâtiment est acquis par la Ville de Montréal en 1893 afin de le préserver et partager l’histoire de la ville avec le public, en le transformant en musée d’histoire[2]. Le musée ouvre ses portes au public en 1895 et est officiellement inauguré en tant que musée d’histoire, une galerie de portraits et une bibliothèque publique en 1896[2]. Il est reconnu en 1949 comme lieu historique par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada[2]. Au fil des années, de nombreuses rénovations sont effectuées pour préserver le bâtiment et lui rendre son apparence originale, tandis qu’un jardin historique est aménagé à l’arrière[6].
Une tourelle, ajoutée en 1903, renforce l’appellation de château associée à son architecture, typique d’un hôtel particulier au temps de la ville fortifiée[7].
En 1954, le Château subit d'importantes rénovations pour lui donner son apparence originale[8].
Ses abords réaménagés en 2007 recréent un jardin d’agrément à la française comme il en existait aux XVIIIe et XIXe siècles.
Expositions et activités
[modifier | modifier le code]Lors de la visite du Château, il est possible d’y faire plusieurs activités distinctes. La majorité des activités proposées varient tout au long de l’année, ce qui permet aux visiteurs de revenir plusieurs fois par année sans voir la même chose pour autant[9].
Des visites guidées sont offertes tous les samedis et dimanche après-midi pour une durée d’approximativement une heure. Il est également possible d’y réserver une visite de groupe. Ces deux types de visites feront le tour des expositions permanentes seulement, et sont disponibles en français et en anglais uniquement[10].
Il est également possible de faire des visites scolaires à différents niveaux où les visiteurs peuvent s’habiller et vivre comme des enfants du 18e siècle. De nombreuses thématiques sont abordées, telles que la procédure d’échange avec les Premières Nations, leurs modes de communication internes, leur alimentation, ainsi que plusieurs autres aspects. Une option est aussi offerte pour les groupes de francisation[11].
Le château comporte trois expositions permanentes. La première est sous le thème de Hochelaga, Ville-Marie et Montréal. Cette exposition a pour but de faire apprendre davantage aux visiteurs l’histoire de la ville de Montréal, allant de la préhistoire des autochtones jusqu’au 20e siècle. Cette exposition prend forme sous forme d’objets exposés ayant appartenu aux habitants du territoire. Une des pièces les plus impressionnantes de l’exposition est la Salle de Nantes, une salle conçue en boiserie d’acajou qui est originaire du 18e siècle[12].
La deuxième exposition est sous le thème de la vie de château. Elle prend forme dans les voûtes du Château, à l’aide de figurines représentant la famille Ramezay. Elles représentent leur quotidien lors de leur vie en Nouvelle-France avec différentes salles représentant les pièces de leur maison. Cela donne donc l’opportunité aux visiteurs de prendre connaissance de plusieurs informations sur leur vie. Une salle permet aussi à ses visiteurs de se déguiser avec des vêtements d’époque et de prendre des photos qu’ils pourront rapporter à la maison[13].
La troisième exposition est sous la forme d’un parcours multimédia. Les visiteurs suivent un parcours de vidéos éducatives sur différents sujets en lien avec le Château. Chaque histoire est racontée par un personnage ayant eu un impact important sur l’évolution du Château, comme Claude de Ramezay, Gilles Hocquart, Benjamin Franklin, Lady Whitworth-Aylmer et bien d’autres. Chaque vidéo est offerte en six langues[14].
Chaque année, le musée propose des expositions éphémères qui diffèrent d’année en année. Il est possible d’aller consulter les expositions antérieures jusqu’à celles de 2007 sur le site internet du Château[15].
Architecture du bâtiment
[modifier | modifier le code]Le Château Ramezay fut construit selon le style architectural de la colonie française. Plusieurs éléments architecturaux témoignent du régime Français à Montréal[16]. Ses façades et cheminés sont dotées de pierre à moellons. Son toit à deux versants est flanqués de murs-coupe feux, un vestige de sa reconstruction par suite d'un incendie en 1754. Les fenêtres du Château Ramezay sont bordées d'esses en fer forgés. Son toit est recouvert d’une tôle à la Canadienne. Nous y retrouvons aussi des fenêtres des portes et des lucarnes à pignons disposer de manière asymétrique[17].
Hôtes de cet édifice
[modifier | modifier le code]- 1705-1727 : famille de Ramezay[18]
- 1727-1728 : l'intendant Dupuy (location)[18]
- 1730-1745 : famille de Ramezay[18]
- 1745-1764 : Compagnie des Indes[19]
- 1764-1773 : William Grant[20]
- 1773-1840 : gouverneurs du Bas-Canada (location jusqu'en 1778, puis propriétaire jusqu'en 1840)[20]
- - : armée des États-Unis[20]
- 1849-1856 : gouvernement du Canada-Uni
- 1856 : Palais de justice[21]
- 1857-1867 : ministère d'Instruction publique[21]
- 1856-1878 : école normale Jacques-Cartier
- 1878-1889 : université de Laval[21]
- 1889-1893 : cour des magistrats[21]
- 1895 - ... : Société d'archéologie et de numismatique de Montréal (Musée)
Les jardins
[modifier | modifier le code]À l'arrière du Château, un jardin à la française y est aménagé, composé de trois sections principales :
- Un jardin potager
- Un jardin ornemental
- Un verger
On y trouve également des herbes cultivées au XVIIIe siècle à des fins médicinales, plantées au pied des murs.
Galerie
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Vue des jardins
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Vue de l'arrière du Château
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Tramway hippomobile au Château Ramezay, rue Notre-Dame, vers 1870
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Cuisine du Château Ramezay, vers 1890
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Vieux-Montréal – Fiche d'un bâtiment : Château Ramezay - Musée et site historique de Montréal », sur www.vieux.montreal.qc.ca (consulté le )
- « Toute une histoire », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ « Le château Ramezay a 300 ans | Archives de Montréal » [archive du ], sur archivesdemontreal.com (consulté le )
- ↑ Parcs Canada, Montréal, une ville d'histoire, 2004, p.45
- ↑ « Le château Ramezay a 300 ans | Archives de Montréal » (consulté le )
- « Toute une histoire », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ François Rémillard et Brian Merrett, L'architecture de Montréal : Guide des styles et des bâtiments, Montréal, Les éditions Café Crème, , 240 p. (ISBN 978-2-923644-00-4), p. 25
- ↑ Guy Pinard, Montréal, son histoire, son architecture, volume 1, t. 1, Montréal, Edition La Presse, , 346 p. (ISBN 2-89043-225-4), p. 73
- ↑ « Activités », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ « Visites guidées », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ « Programmes éducatifs », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ « Expositions Permanentes - Hochelaga, Ville-Marie, Montréal », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ « Expositions Permanentes - La vie de Château », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ « Expositions Permanentes - Parcours multimédia », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ « Expositions passées », sur www.chateauramezay.qc.ca (consulté le )
- ↑ Louise Pothier, « Un siècle de protection du patrimoine culturel au Québec : quelle place pour le patrimoine archéologique ? : Ouellet, Line (dir.), Jacques Saint-Pierre et Fanny Martel, Portrait du patrimoine culturel protégé par la loi du Québec 1922-2022, Québec, Conseil du patrimoine culturel du Québec, [2022], 158 p. », Rabaska, vol. 22, , p. 259–266 (ISSN 1916-7350 et 1703-7433, DOI 10.7202/1114176ar, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ville de Montréal, « Consultation des bases de données sur le patrimoine », sur montreal.ca (consulté le )
- Guy Pinard, Montréal, son histoire, son architecture, volume 1, t. 1, Montréal, Edition La Presse, , 346 p. (ISBN 2-89043-225-4), p. 67
- ↑ Guy Pinard, Montréal, son histoire, son architecture, volume 1, t. 1, Montréal, Edition La Presse, , 346 p. (ISBN 2-89043-225-4), p. 68
- Guy Pinard, Montréal, son histoire, son architecture, volume 1, t. 1, Montréal, Edition La Presse, , 346 p. (ISBN 2-89043-225-4), p. 69
- Guy Pinard, Montréal, son histoire, son architecture, volume 1, t. 1, Montréal, Edition La Presse, , 346 p. (ISBN 2-89043-225-4), p. 71
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Louise de Ramezay
- Liste des musées québécois
- Liste des châteaux canadiens
- Liste des bâtiments historiques de Montréal
