Les assassins sont parmi nous

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Les assassins sont parmi nous (Die Mörder sind unter uns) est le premier film allemand de l'après-guerre. Il a été réalisé en 19451946 par Wolfgang Staudte dans les studios de la DEFA à Potsdam et à Berlin.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans le Berlin de l'immédiat après-guerre, un chirurgien dépressif, le docteur Hans Mertens, rongé par ses démons et par l'alcool, occupe l'appartement d'une jeune femme déportée qui, tout juste libérée, rentre chez elle. Elle accepte qu'ils cohabitent et à son contact, le médecin reprend pied. Jusqu'au jour où il retrouve son ancien capitaine, un nazi maintenant rangé, dont il connait tous les agissements…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs non crédités :

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Les assassins sont parmi nous est le premier film allemand produit dans l'Allemagne d'après guerre[2],[1], dans sa partie Est, sous le contrôle de l'Union soviétique[3]. Staudte a d'abord tenté d'obtenir l'autorisation de réaliser son film à l'ouest mais il s'est finalement tourné vers les Soviétiques devant le peu d'entrain des officiels américains et britanniques[3]. Le film est tourné dans les décombres de la guerre qui vient de s'achever[2]. Produit sous licence soviétique, il recueille malgré tout un succès critique et commercial dans toutes les zones[2]. Premier film à lancer le genre du Trümmerfilm (en) (film de décombres), il traite des thèmes tels que le désespoir, la survie physique et psychique, la faillite morale[2]. Pour Heide Fehrenbach, « il s'avère être un mélange presque involontaire — et artistiquement fortuit — du néoréalisme italien et de l'expressionnisme de Weimar »[2]. La noirceur du sujet est balancée par le personnage de Susanne, qui à l'image de la toute jeune Hildegard Knef, incarne cette nouvelle Allemagne à reconstruire.
  • Les thèmes centraux sont la culpabilité individuelle et collective, le pardon et le désir de vengeance quand la justice fait défaut. En fin de compte pourtant, c'est un film sur une réconciliation nationale possible. À ce sujet, le bureau de contrôle soviétique exigea que le script s'écarte du récit original sur sa conclusion pour ne pas nourrir trop violemment certains ressentiments.
  • Le film profite de moyens importants dans le contexte de l'époque ainsi que du talent de techniciens de renom comme le directeur artistique Otto Hunte (Metropolis). L'aspect quasi documentaire de la reconstruction est contre-balancé par des choix de prise de vue audacieux et élaborés ainsi que par un travail très abouti sur la lumière.
  • Dans la logique du projet, de nombreux collaborateurs, à commencer par Hunte lui-même, furent des citoyens consentants qui collaborèrent parfois avec le régime nazi.
  • La révélation du film fut Hildegard Knef, toute juste libérée par les Soviétiques. Révélée au grand public, elle remporte l’année suivante un prix d’interprétation au Festival de Locarno pour son rôle dans Film sans titre (1947) de Rudolf Jugert et devient la première nouvelle star allemande de stature internationale d'après guerre.
  • Le film est mentionné dans le roman Fais-moi peur et son titre est d'ailleurs discuté par un des personnages après qu'ils se sont confrontés à Monsieur N.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Les assassins sont parmi nous », arte.tv.
  2. a, b, c, d et e (en) Heide Fehrenbach, Cinema in Democratizing Germany : Reconstructing of National Identity After Hitler, University of North Carolina Press, , 364 p. (lire en ligne), p. 148-149
  3. a et b (en) Heide Fehrenbach, Cinema in Democratizing Germany : Reconstructing of National Identity After Hitler, University of North Carolina Press, , 364 p. (lire en ligne), p. 59-60

Lien externe[modifier | modifier le code]