L'Ange bleu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ange bleu.
L'Ange bleu
Description de cette image, également commentée ci-après

Marlene Dietrich

Titre original Der blaue Engel
Réalisation Josef von Sternberg
Scénario Josef von Sternberg
Carl Zuckmayer
Karl Vollmöller
Robert Liebmann
Heinrich Mann (roman)
Acteurs principaux
Sociétés de production Universum Film (UFA)
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Durée 100 minutes
Sortie 1930

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Ange bleu (Der blaue Engel) est un film allemand réalisé par Josef von Sternberg et sorti en 1930. Il marque la première collaboration artistique entre le réalisateur et l'actrice allemande Marlene Dietrich, qui tourneront six autres films entre 1930 et 1935.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se situe en Allemagne en 1925. Le professeur Immanuel Rath enseigne la littérature anglaise dans le lycée d'une petite ville, où il mène une existence routinière. Vieux célibataire, il est méprisé et chahuté par ses élèves, qui l'appellent professor Unrat (mot signifiant « déchet » en allemand). L'enseignant découvre un jour que certains de ses élèves fréquentent un cabaret mal famé nommé L'Ange bleu. Il s'y rend, dans l'intention de dissuader l'établissement de pervertir ses élèves.

Au cabaret, le professeur Rath tombe sous le charme d'une chanteuse court-vêtue, Lola-Lola. Il l'épouse, abandonne son poste de professeur, dilapide son argent pour Lola-Lola, qui le mène d'humiliation en humiliation. Un soir que la troupe en tournée repasse par sa ville, Rath, au fond de la déchéance, est réduit à un humiliant rôle de clown, tandis que Lola-Lola aguiche l'artiste Mazeppa. Fou de jalousie, il tente d'étrangler sa femme ; la troupe se jette sur lui, Mazeppa lui passe une camisole de force. Une fois calmé et libéré, Rath retourne dans son ancien lycée, et y meurt, les mains crispées sur le bureau d'où il enseignait autrefois.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Marlene Dietrich sur une photographie parue dans la presse. 1931.

Production[modifier | modifier le code]

Casting[modifier | modifier le code]

Après avoir auditionné nombre de comédiennes, von Sternberg choisit de conserver contre l'avis du studio Marlene Dietrich, et ce même malgré l'intervention de la vedette du film, Emil Jannings, qui lui disait qu'il se repentirait de sa décision[réf. nécessaire].

Sur les conseils de Rudolf Sieber, mari de Marlene, von Sternberg laissa à l'actrice la liberté de constituer ses costumes. La première fois que von Sternberg vit Dietrich en Lola-Lola, il dit simplement : « C'est extraordinaire, extraordinaire, tout simplement extraordinaire ! »[réf. nécessaire] Il lui fera une totale confiance dans ce domaine pour les six films qui suivront.

Tournage[modifier | modifier le code]

Von Sternberg tourna simultanément le film en version allemande et en version anglaise[1].

Marlene s'amusait souvent à raconter que lors du tournage de la scène où le professeur Rath tente d'étrangler Lola-Lola, Jannings, qui sentait que Dietrich lui volait la vedette, essaya réellement de l'étrangler[réf. nécessaire].

Après avoir vu les premières rushes du film, Dietrich dira : « C'est un film vulgaire, soit - mais von Sternberg est un... dieu ! Un dieu ! Un maître ! [...] Il peint - comme Rembrandt - avec ses éclairages. Ce visage, sur l'écran... Pas d'erreur, c'est une vraie morue de Lübeck ! Elle sonne “juste” ! Elle est merveilleuse ! » [2]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Broom icon.svg
Les sections « Anecdotes », « Autres détails », « Le saviez-vous ? », « Citations », etc., peuvent être inopportunes dans les articles (septembre 2014).
Pour améliorer cet article il convient, si ces faits présentent un intérêt encyclopédique et sont correctement sourcés, de les intégrer dans d’autres sections.
  • Ce film marque la rencontre d'un des couples de cinéma les plus célèbres et prolifiques : Dietrich et von Sternberg. L'entente et le perfectionnisme artistique entre eux sont tels qu'ils tourneront six autres films ensemble, à Hollywood.
  • Ce film est le premier film parlant tourné en Allemagne. 18e film de Dietrich[3], qui a déjà tourné des rôles mineurs dans des productions muettes, c'est aussi le premier dans lequel elle parle et chante.
  • Emil Jannings, immense vedette de l'époque, venait de recevoir le premier Oscar du meilleur acteur lors de la première cérémonie des Oscars à Hollywood pour son rôle dans Crépuscule de gloire (1928) sous la direction de von Sternberg. Le nouveau film devait au départ mettre à nouveau en valeur son talent. Mais le roman d'Heinrich Mann, Professor Unrat (rôle tenu par Jannings), devient à l'écran Der blaue Engel, du nom du cabaret ou se produit Lola-Lola (rôle tenu par Dietrich). Ce glissement sémantique est révélateur des intentions du metteur en scène.
  • Dietrich toucha un cachet de cinq mille dollars pour les deux versions de ce film, et Emil Jannings un cachet de deux cent mille dollars[4].
  • Josef von Sternberg déclara « Dietrich ne détruit pas l’homme, dans L’Ange bleu, il se détruit lui-même. La faute est sienne, c’est lui qui n’aurait pas dû se lancer dans cette aventure. C’est cela le sujet. »[5]
  • Heinrich Mann, dont le roman est ici adapté, dit : « Le film devra son succès aux cuisses dénudées de Mademoiselle Dietrich. »[6]
  • Lola-Lola, en bas et jarretelles, chante dans une scène inoubliable Ich bin von Kopf bis Fuss auf Liebe eingestellt (« Je suis, de la tête aux pieds, faite pour l'amour »). La chanson a fait l'objet de nombre de reprises, en anglais sous le titre Falling in love again, par Marlene Dietrich au cours de la Seconde guerre mondiale puis lors de ses tours de chants, mais également par : Nina Simone, Klaus Nomi, ou encore plus récemment en version dance par Starbeat. Lors de sa tournée mondiale The Girlie Show, Madonna rend hommage à Marlene Dietrich en interprétant sa chanson Like a Virgin sur l'air de Falling in love again. Elle a également été adaptée en français sous le titre Amoureuse de la tête aux pieds et interprétée par Berthe Sylva.
  • Bien qu'il fasse de Dietrich une vedette en Allemagne, c'est paradoxalement son dernier film dans ce pays, si on exclut Just a Gigolo (1978), de production allemande, mais dont les deux scènes où Marlene apparaît furent tournées à Paris.
  • À la fin du tournage, les studios de la UFA décidèrent de ne pas renouveler le contrat de Marlene Dietrich. La Paramount, studio américain de von Sternberg et distributeur de l'Ange Bleu aux États-Unis, proposa aussitôt à Marlene un contrat à Hollywood[7] ; cette proposition envoyée par câble le 29 janvier 1930 prévoyait un cachet hebdomadaire de 500 dollars, que l'actrice tourne ou non. Le studio voit de plus dans cette allemande une concurrente de taille face à la Suédoise Greta Garbo, star des studios rivaux de la MGM. Par la suite, le contrat que von Sternberg renégociera pour Marlene à Hollywood lui donnera la possibilité exceptionnelle pour l'époque de ne tourner que deux films, avec le metteur en scène de son choix. La Paramount attendit néanmoins que Marlene fasse ses preuves (financièrement parlant) avec son premier film américain, Morocco, avant de sortir L'Ange bleu aux États-Unis. Ainsi, Morocco sort le 14 novembre 1930, et l'Ange Bleu, tourné avant, seulement le 3 janvier 1931. Entre temps, la nouvelle star tourne avec son mentor Agent X 27.
  • Émigrée aux États-Unis, Marlene Dietrich devint une farouche opposante à Hitler ; obtint la nationalité américaine en 1939. Emil Jannings collabora pour sa part avec le régime nazi. Quant à Kurt Gerron, bien que de confession juive, il tourna un film de propagande, Theresienstadt: Der Führer schenkt den Juden eine Stadt (« Therezin : Le Führer donne une ville aux Juifs »), avant d'être déporté dans le dernier convoi pour Auschwitz où il fut gazé.
  • La chanson Marlène du groupe Noir Désir est une référence directe à Marlene Dietrich, en particulier dans cette œuvre.
  • Un remake a été tourné aux États-Unis en 1959 : L'Ange bleu, réalisé par Edward Dmytryk, avec Curd Jürgens et May Britt.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nous commençâmes le tournage : à la première scène en allemand succédait la même prise, mais cette fois en anglais. » In Marlene Dietrich, Marlene D. par Marlene Dietrich, autobiographie, éditions Grasset, 1984, p. 63.
  2. Maria Riva, op. cit., p. 77.
  3. D'après la liste des films de sa mère que donne Maria Riva à la p. 857 de sa biographie.
  4. Marlene Dietrich, op. cit., p. 61.
  5. Josef von Sternberg, « L’Amérique des stars », Cinéma d’aujourd’hui no 8, mai-juin 1976, Seghers, p. 39.
  6. Cité par Vincent Pinel, Le Siècle du cinéma, éditions Bordas, 1995, p. 137.
  7. Maria Riva, op. cit., p. 79-80.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Nolat, « L'Ange bleu (du livre au film) », Roman Ciné, Publibook - Le Petit Futé, Paris, 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]