Papiermark

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Papiermark
Ancienne unité monétaire
Pays officiellement
utilisateurs
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand (Deutsches Reich)
Symbole local
Sous-unité Pfennig
Taux de conversion Change flottant
Chronologie

Le papiermark (en français le « mark-papier »), officiellement appelé simplement mark, en abrégé , est la monnaie allemande à partir de , date à laquelle la convertibilité en or est suspendue, du fait de l'entrée en guerre. Les billets de banque ont alors cours forcé jusqu'en 1925, et l'Allemagne connaît entre-temps une période d'hyperinflation intense (19221924).

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès l'entrée en guerre de l'Allemagne, le mark, à l'instar du franc français, cesse d'être convertible en or et a cours forcé. L'économie de guerre se met en place, financée en partie à coup d'emprunts publics et par la planche à billets : autrement dit, l’État allemand augmente les dépenses et le niveau d'endettement[1]. Alors que le mark était une monnaie stable, son cours commence à s'éroder sur le marché des changes interbancaire, se met donc en place le régime des changes flottants. Par exemple, entre et , le cours du dollar américain passe de 4,20 à 41,98 marks. En réalité, c'est surtout à partir de l'été 1918, que le cours du mark est chahuté, quand la victoire des Alliés semble acquise. En novembre, le mark entame une dégringolade régulière sur le marché parallèle, la fuite devant la monnaie prend place, on échange du mark contre des monnaies plus stables comme le dollar et la livre sterling.

Le pays entre ensuite dans une phase d'hyperinflation démesurée à partir du début de l'année 1922, phase qui s’accélère de façon exponentielle et ce jusqu'au [2].

Le , le mark-papier est remplacé par le rentenmark, puis le par le reichsmark. Le taux de conversion entre les deux systèmes monétaires est fixé à 1 000 milliards (soit 1 billion) de marks pour 1 rentenmark ou reichsmark[3].

Le rentenmark cohabita avec le reichsmark jusqu'en 1945.

Pièces de monnaie (1914-1923)[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, d' à , l'émission de pièces en argent continue quelque temps : on trouve par exemple des pièces de 1/2 et 1 mark, mais celles-ci sont thésaurisées par la population et les institutions : ce phénomène n'est pas propre à l'Allemagne, on l'observe aussi en France et en Autriche-Hongrie. Les pièces de monnaie de plus petite dénomination (1, 2, 5 et 10 pfennig) furent fabriquées en des métaux moins stratégiques. Au cuivre et au nickel, réquisitionnés par l'armée, succédèrent le fer dès 1915, puis le zinc (cf. ci-dessous). À partir de 1919, et jusqu'en , la faiblesse du mark est telle, que l'institut d'émission, face à l'état de l'économie et au début de l'hyperinflation, doit se résoudre à suspendre la frappe de monnaie. Dès 1918, l'émission de monnaie de nécessité (en allemand : Notgeld) se fait jour : les villes, les chambres de commerce, de grosses entreprises se mettent à fabriquer des pièces de monnaie, parfois dans des matériaux comme la céramique ou la porcelaine (cf. ci-dessous).

Billets de banque (1922-1923)[modifier | modifier le code]

La Reichsbank fut tellement dépassée par le phénomène d'hyperinflation que, dès , elle se mit à imprimer des billets sur une seule face seulement et à surcharger d'anciennes émissions (cf. exemple ci-dessous). Dans les semaines qui suivirent, elle anticipa et fit imprimer pour des billets libellés en billions (1012) de marks !

Monnaie d'occupation[modifier | modifier le code]

Avec l'ordonnance militaire du , l'Oberbefehlshaber der gesamten Deutschen Streitkräfte im Osten (Ober Ost), territoires occupés par l'Armée allemande situé à l'est, dispose désormais de son autonomie concernant la planification, l'économie, la juridiction, les droits de douane. Il a sa propre monnaie, le mark de l'Ober Ost[4]. Il est remplacé à partir de novembre 1918 par l'ostmark (ou auksinas en Lituanie), dans les pays anciennement sous autorité allemande.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Financer la guerre », par Patrice Baubeau et Gerd Ambrosius, Mission du Centenaire 1914-2014, en ligne.
  2. Gabriel Galand & Alain Grandjean (1996), La monnaie dévoilée par ses crises : Volume 1, Crises monétaires d'hier et d'aujourd'hui, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en sciences sociales, 2008, p. 252.
  3. « Die deutsche Währungspolitik von 1914–1924 » par Hermann Bente, in Weltwirtschaftliches Archiv, 25 (1926) 1, p. 134.
  4. Alain Van Crugten et Bronislaw Geremak La Pologne au XXe siècle, 2001, (ISBN 2870278616), p. 66

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carl-Ludwig Holtfrerich, L'inflation en Allemagne 1914-1923 : Causes et conséquences au regard du contexte international, préface d'Alain Plessis, tr. de l'allemand par Bernard Poloni, Paris, Comité pour l'Histoire économique et financière/La documentation française, 2008, (ISBN 978-2110925978).