United Jewish People

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L'United Jewish People ou United Jewish People Order[1]Souvent simplement désigné en français par UJPO est une organisation juive laïque radicale du Canada[2]. Ses fondements pour affirmer l'identité juive sont le socialisme, la laïcité et la culture juive plutôt que les croyances religieuses. Ce mouvement a eu une grande responsabilité dans la création du Congrès juif canadien (1919) et dans l'animation de syndicats ouvriers et de services d'aide aux plus démunis.

Aperçu[modifier | modifier le code]

L'UJPO compte aujourd'hui près de 1820 membres. C'est actuellement une mouvance minoritaire parmi les 315 120 Juifs vivant au Canada[3]. La philosophie de l'UJPO est proche de l'agnosticisme en faisant référence à l'histoire des Juifs, à leur culture, et à leurs valeurs éthiques plutôt qu'à la religion juive. L'UJPO a actuellement des communautés locales à Winnipeg, Vancouver et Toronto[4]. La communauté UJPO la plus importante se situe à Toronto où près de 1000 Juifs y adhèrent: Le Centre Winchevsky[5], le Morris Winchevsky School, le Toronto Jewish Folk Choir[6], le groupe folklorique The Travellers, le Camp Naivelt à Brampton[7] sont les principales institutions du mouvement à Toronto. Par ailleurs la communauté UJPO de Vancouver publie la revue Outlook[8]

L'UJPO est affiliée au Congrès juif canadien, à la Canadian Peace Alliance ou L'Alliance canadienne pour la paix (CPA/ACP), au Congress of Secular Jewish Organizations (mouvement juif radical aux États-Unis), et au International Institute for Secular Humanistic Judaism

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts remontent aux années 1910 avec l'arrivée d'immigrants juifs radicaux venus d'Europe orientale. L'UJPO évolue à partir de l'Arbeiter Ring. Cette mouvance laïque est précurseur de la fondation du Congrès Juif Canadien en 1919 et de la création de la Ligue du travail en 1926[9]. L'United Jewish People est pendant de nombreuses années associée au Parti communiste du Canada ou du moins aux militants juifs qui y adhèrent. À son apogée dans les années 1940 et 1950, l'UJPO a près de 2500 adhérents à l'échelle nationale du Canada avec des communautés locales à Toronto et Hamilton en Ontario, à Calgary en Alberta, à Winnipeg au Manitoba, à Vancouver en Colombie-Britannique et à Montréal au Québec[10].

Les Juifs appartenant au UJPO furent persécutés pendant la guerre froide. Le 27 janvier 1950, la communauté UJPO de Montréal est assiégée par les forces policières. Les 21 officiers de police détruisent alors des livres, des objets personnels et documents appartenant à des membres du UPJO. Ces policiers agissant en toute légalité sous la Loi du cadenas de Maurice Duplessis. Ce qui permet aussi la fermeture forcée des locaux de la Communauté UJPO de Montréal. La Communauté UJPO de Montréal ne se relèvera pas de ce climat d'antisémitisme. La majorité de ses membres quitteront Montréal pour se réfugier à Toronto où ils seront accueillis chez les membres UJPO[11]. Le silence du Congrès Juif canadien (CJC) sur cette rafle policière est révélateur. Le 29 avril 1951, dans une réunion présidée par le président du Congrès Juif Canadien, Samuel Bronfman, le Comité exécutif du CJC affirme que « [nous] ne croyons pas que la fermeture de l'UJPO soit un problème juif »[12]. Un peu plus tard en 1951, l'UJPO est expulsé du Congrès Juif Canadien[13], tout en étant, à l'époque, la plus grande organisation juive de solidarité sociale à travers le Canada. L'UJPO ne sera réadmis dans le Congrès juif canadien qu'en 1995[14].

L'expulsion de 1951 créa une situation difficile pour de nombreux Juifs dans l'ouest du pays. Une bonne illustration de cette division a lieu lors des commémorations de l'Holocauste à Winnipeg au cours des années suivantes[15].De son côté le UJPO rompt ses sympathies pour le Parti ouvrier progressiste lors de la crise hongroise de 1956[16]. Cette rupture intervient suite aux persécutions faites aux écrivains et intellectuels juifs dans les institutions culturelles soviétiques[17]. Depuis cette mouvance juive a survécu et se concentre dans 3 villes du Canada anglais.

Références[modifier | modifier le code]

  1. la désignation de ce mouvement juif canadien s'est toujours faite en langue anglaise même au Québec francophone
  2. Selon Gerald Tulchinsky, l'UJPO regroupe des Juifs, pas nécessairement tous des communistes, qui, à des degrés divers, ont des idéaux socialistes et qui ont tenté d'actualiser certaines de ces valeurs dans leur vie personnelle et familiale. Voir l'ouvrage de Gerald Tulchinsky : Taking Root: The Origins of the Canadian Jewish Community. Édition Lester Pub. Toronto,1992
  3. Chiffres du recensement canadien de 2006
  4. La communauté UJPO de Montréal a disparu lors de la répression liée à la Loi du Cadenas. La plupart de ses membres ont alors quitté le Québec pour se réfugier au Canada Anglais. lire Gerald Tulchinsky, 1992. Taking Root: The Origins of the Canadian Jewish Community. Édition Lester Pub. Toronto
  5. nommé en mémoire de Morris Winchevsky un militant juif américain radical
  6. Le Jewish Folk Choir donne des concerts mettant en vedette la musique yiddish
  7. un camp de vacances pour les enfants juifs démunis de la région de Toronto. Le Camp Naivelt a 85 ans d'existence. Il fut créé en 1925, voir l'article en anglais
  8. La revue Outlook se situe la plus à gauche des 3 journaux juifs canadiens. Les périodiques hebdomadaires Jewish Tribune publié par B'nai Brith Canada) et Canadian Jewish News (qui reflète généralement les vues du Congrès juif canadien) sont généralement plus conservateurs.
  9. La Ligue du Travail regroupe des syndicats radicaux. Ce sont les premiers syndicats radicaux au Canada anglais après le déclin des Chevaliers du travail vers la fin du XIXe siècle (années 1890). Lire Simon Belkin, 1999, Le mouvement ouvrier juif au Canada, 1904-1920, traduit du yiddish par Pierre Anctil. Rééditions Septentrion.
  10. un résumé historique dansOUR HISTORY - 80 YEARS STRONG http://www.winchevskycentre.org/welcome/history.html
  11. lire Gerald Tulchinsky, 1992. Taking Root: The Origins of the Canadian Jewish Community. Édition Lester Pub. Toronto
  12. [We]« do not believe that the closing of the United Jewish People's Order is a Jewish issue. » Cette expulsion fut votée mais dans la région du Pacifique, où tous les délégués ont été autorisés à voter, la résolution a été rejetée. Lire Ester Reiter et Roz Usiskin, « Jewish Dissent in Canada:The United Jewish People's Order »
  13. Ester Reiter et Roz Usiskin, « Jewish Dissent in Canada:The United Jewish People's Order »
  14. Ester Reiter et Roz Usiskin, Jewish Dissent in Canada: The United Jewish People's Order [archive], conférence présentée aux forum sur les Juifs dissidents dans le cadre du congrès de Association of Canadian Jewish Studies (ACJS) à Winnipeg, le 30 mai 2004 et texte reproduit dans la revue Outlook
  15. Gerald Tulchinsky,1992. Taking Root: The OrigiAvenant 55ns of the Canadian Jewish Community Toronto, Édition Lester Pub. et Irving Abella,1990. A Coat of Many Colours: Two Centuries of Jewish Life in Canada. Édition Lester Pub..
  16. le contexte: occupation de la Hongrie par les troupes soviétiques, répression sur le mouvement ouvrier hongrois, 2,500 Hongrois environ sont tués, et 200,000 hongrois se réfugient à l'ouest. Les arrestations ont continué pendant l'année 1957 supprimant toute l'opposition publique
  17. Une résolution a été adoptée au congrès de l'UJPO en décembre 1956 : For many years we accepted uncritically all developments in the Soviet Union. This was wrong. There were members who questioned the sudden disappearance of Jewish writers and cultural institutions. Their questioning was rejected and dismissed without justification. Developments and events in the Soviet Union, shall be examined and our attitude to them determined on the basis of full, free discussion in the organization dans Gerald Tulchinsky, Family Quarrel: Joe Salsberg, the 'Jewish' Question, and Canadian Communism , revue Labour/Le Travail, numéro 56 ( 2005)http://www.historycooperative.org/journals/llt/56/tulchinsky.html « Copie archivée » (version du 14 février 2012 sur l'Internet Archive)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]